L L'ONANISUF
meilleurs effets. Pourquoi donc ne l'emploie-t-oü pas toujours, et ne le substitue-t-on pas à tous les autres aliments , par une raison qui lui est particuliére, qui en dénalure souvent l'effet, et qui fait qu'il en produit quelquefois un' trés différent de
celui qu'on espérait, et qu'on avait lieu d'attendre?
Cette raison , c'est l'espèce de décomposition à laquelle il est sujet. Si la digestion n'en est pas prompte , s'il séjourne trop long-temps , il y trouve des malières propres à háter ceite décomposition, 1l éprouve les changements que nous lui voyons subir sous nos yeux : la partic butireuse , la cas séeuse, séreuse se séparent; lepetit-lait occasionne quelquefois une diarrhée prompie; d'autres fois il passe par les voies urinaires, ou par la transpira- - lion, sans nourrir; les autres parties , si elles restent dans l'estomac , ne tardent pas à le molester, à occasionner des maladies , des gonflements , des nausées, des coliques; si l'on ne s'en sent pas incommodé d'abord, c'est qu'elles passent dans les intestins, où elles peuvent, il est vrai, séjourner un cerlain temps sans nuire sensiblement; maïs elles y acquièrent une âcrelé singulière; et, au bout d’un certain temps, elles produisent des accidenis que le délai n'a pas rendu moins dangereux,
et l'on peut établir comme une loi qui doit rendre . extémement circonspect , quand on ordonne le
lait dans des cas graves , que si c'est l’aliment dont la digestion est la plus aisée, c'est aussi celui dont liodigestion est la plus fácheuse. L'on a vu plus haut les difficultés que BorrmaAve trouvait dans son usage; mais, quelque grandes qu'elles soient, les avantages qu'on peut en retirer sont assez cons
Aes,
L'ONANISME. 9à sidérables, pour qu'on cherche tous les moyens possibles de les surmonter, et heureusement i] 3^. en a. L'on peut les ranger sous deux classes : les attentions du régime et les remèdes. Je renverrai - J’examen de ceux-ci à un des articles suivants.
Les attentions de régime sont premièrement le choix du lait : pour quelque espèce qu'on se détermine, la femelle qui le fournit doit êlre saine et bien conduite; en second lieu, il faut éviter, pendant qu'on le prend , tous les aliments qui peuvent l'aigrir, et tels soni tous les fruits, tant crus que cuits, el en général tout ce qui a de l'acidité; troisièmement , il faut le prendre dans des temps fort éloignés des autres aliments ; il n'aime aucun mélange, quairiemement, n'en prendre que peu à la fois; cinquièmement, avoir l'estomac, le basventre el les jambes extrémement au chaud, et surtout sixièmement ( sans celte précaution loutes les autres seraient très inutiles), se modérer exirément sur la quantité des aliments, méme les. mieux choisis. L'on ne doit, pendant qu'on prend le lait, donner aucun travail à l'estomac : la plus petite surcharge , la plus légère indigestion y laisse un principe de corruptiou qui corrompt sur-le- .champ le lait, et du plus sain des aliments peut - faire un poison quelquefois violent, et au moins toujours très nuisible. |
Quel lait mérite la préférence? Pour répondre à cette question, je n'entrerai point dans l'examen des différentes sortes de lait; ce serait prolonger mon ouvrage pour un hors d’œuvre ; l'on a là des- sus plusieurs secours , et peul-étre point de meilleur qu'une dissertation, aujourd'hui fort rare, de
gi 00. LCOnANIS“E. e E {eu d’Arrzes, docleur en médecine, et professeur en grec et en morale dans cette académie. L^on n'emploie presque plus aujourd'hui que celui de femme, d'ánesse, de chèvre et de vache. Chacun a ses qualités différentes, c'est la comparäison-dé ces qualités et indication qu'offre la maladie , qui doit déterminer le choix qu'on fait de l’un ou de l'autre. Il y a peu de cas dans lesquels célui de vache ne puisse pas tenir lieu le tous les autres. L'on croit généralement celui de la femme plus fortifiant; c’est l'idée. des plus grands maîtres ; mais l'on appuie cette opinion sur un fondement ruineux , qui est l'usage. qu'elle fait de viandes, sans réfléchir que dans le méme temps on donne [Ia préférence à . celui d'une róbuste paysanne qui n'en mange point, ou du moins très peu, et qui ne vit que de päin et de végétaux. Je crois cependant qu'on pourrait l'essayer avec succès ; les belles cures opérées par son “usage ne laissent aucun doute sûr son efficacité : amais il a un inconvénient qui lui est particülier, est qu'il doit étve pris immédiatement au mamelon qui le fournit :.C'est une précaution dont GaLrEen a déjà connu la’nécessité, et en semoquant de ceux qui ne. veulent pas s’y astreindre, il les renvoie, 4eomme des ânes , au lait ü'ánesse; mais le vase n’exciterait-il pas des désirs qu’on cherche à amor- Air, et ne serail-on pas exposé à voir renouveler laventure du prince dont CaprvAccro nous a conservé, l'histoire? On lui donna deux nourrices; le lait, produisit un si bon effet ; qu'il les mit à méme de lui en fournir de plus frais au bout de quelques Amois s'il se trouvait en avoir besoin, x
L'on croit que le lait d'ánesse est le plus anale«
" dé le dire, c'est une assertion d' opinion. - d'expérience. Ikest le plus séreux et par.
né à
L'ONANISME, 95 gue à enn des femmes; mais qu'on me permette
le plus re elâchant: c'est une erreur. funeste que de le croire plus fortifiant. Des observations jour-
malières démontrent le contraire , et prouvent que
non-seulement. il n'est pes le plus efficace, mais que peut-ét.e il l'est le moins. Je n'en ai pas toujours vu de bons effets, et je ne suis pas le seul: « Il. me semble, m'écrivait Dr Harusn, que ce lait « d'ánesse fait rarement ce qu'on lui. Tuan io | L'inutilitéest un bien grand défaut dans un remède sur lequel on fonde la guérison des maladies les plus graves. HorruANN le conseillait dans les cas où il y avait tout à la fois épuisément et cupidité.
- Avant que de quitter ce qui regarde les aliments
dois finir par le conseil d'Horace; c'est de ne pas faire des mélanges.
L'on sent, sans qu'il soit besoin Mie sur ce conseil , combien il est impossible que des aliments très différente subissent dans le même temps une digestion parfaite. Ce mélange est une des causes qui ruinent les santés les plus fortes , et qui tuent les faibles ; ils ne peuvent l'éviter avec trop de soin. :. Une autre attention également nécessaire et presque également négligée , c'est une mastication exacte, c'est un secours dont les estomacs les plus vigoureux ne peuvent pas se passer long-temps sans décheoir sensiblement, et sans le quel Fe faibles ne
. font que la digestion la plu: imparfaite. Il faut avoir
beaucoup observé pour s'imagiuer jusqu'à quel point il importe à la santé de mácher soigneuse«
nent, J'ai vu les maux d'estomac les plus rebelles,
tse
» e : | et les langueurs les plus invétérées se dissiper par
celté#eule attention, J'ai vu d'un autre côté, des personnes bien portantes tomber dans les infirmités, quand leurs dents endommagées ne leur permeltaient plus qu'une mastication imparfaite , et ne recouvrer leur santé que quand , aprés la perte totale de leurs denis, les gencives acquéraient cette dureté qui les met à méme d'en faire les fonctions. Mais peut-on trop payer la santé! Qu'on est bien dédommagé des sacrifices qu'on lui fait, par le plaisir d'en jouir, par les agréments qu'elle répand sur tous les moments de la vie! « Sans la santé, « dit Hi»rocnATE , on ne peut jouir d'aucun bien, "les honneurs, les richesses, et tous les autres « avantages sont inutiles. » D'ailleurs, ces sacrifices sont bien moindres qu'on ne le croit. Je puis citer plusieurs témoins à qui, dès les premiers jours, . i| n'en a plus rien coûté de renoncer à la variété et à la saveur des mets recherchés, pour se mettre au régime simple. C'est celui qu'indique la natare — et qui plaît aux organes bien constitués. Un palais : sain, qui a toute la sensibilité qu'il doit avoir , ne peut goûter que les mets simples ; les composés , les &ppréts lui sont insoutenables , et il trouve dans les aliments les moins savoureux , une saveur qui échappe aux organes émoussés ; ainsi, ceux qui y reviennent pour leur santé, par raison et avec dégoüts , doivent être sûrs qu'à mesure qu'ils recouvreront celte santé, ils trouveront dans ces aliments des délices qu'ils n'y soupconnent pas. Une oreille fine déméle cette légère différence entre deux tons, qui échappentàune oreille moins sensible ; il en est de méme des nerfs des organes du goût: quand ils
«sont exquis , ils apercoivent les plus légères variétés
des saveurs, et ils y sont semubiedr les buv d’eau en trouvent qui les flattent autant que le Fa- - lerne le plus exquis, et d'autres qui ne valent pas les vins de Brie. Enfin, quand on n'aurait pas l'es. pérance de suivre avec plaisir un régime (ilest aisé de s'accommoder de celui quej ai indiqué) , la satisfaction de sentir qu'en s'y soumettant on remplit un devoir, serait un motif bien pressant, une récompense bien flatteuse pour ceux qui connaissent le prix du bien-être avec soi-même.
Les boissons sont une partie du régime presque aussi importante que les aliments.
L'on doit s'interdire toutes celles qui peuvent augmenter la faiblesse et le relâchement, diminuer .le peu de forces digestives qui restent, porter de l'àcreté dans les humeurs , disposer le genre nerveux à une mobilité déjà trop considérable. Toutes les eaux chaudes ont le premier défaut; le thé les réunit tous ; le café a les deux derniers ; aussi l'on doit s'en priver avec la plus grande rigueur. L'auteur d'un ouvrage au-dessus des éloges, et dont ceux qui s "intéressent pour les progrès de la médecine, attendent la continuation avecla plus grande impatience, a fait du danger de ces liqueurs , un tableau bien propre à en " dégoüter ceux qui les prennent avec le plus de plaisir.
Les liqueurs spiritueuses qui paraissent, au premier coup-d’'œil, pouvoir convenir, én ce qu'elles opèrent précisément le contraire de l'eau chaude, dont réellement elles diminuent le danger si l'on y en joint une petite quantité, ont d'autres grands inconvénients qui doivent les faire rejeter ; ou au
w- L'ONANISME:
moins les restreindre à un usage extrêmement rare; Leur action est trop violente et trop passagère; elles irritent plus qu'elles ne fortifient; et si quel: quefois elles fortifient, la faiblesse qui succède est plus grande qu'avant leur usage : elles donnent d'ail- . Jeurs aux papilles de l'estomae une dureté qui leue óte ce degré desensibiirté nécessaire pour avoir aps pétit, et elles ôtent aux liqueurs digestives ce de: gré de fluidité qu’elles doivent avoir pour aider Cette sensation ; aussi les buveurs de liqueurs ne la connaissent point. « Les personnes, dit l’auteur «t illustre que je viens de citer, qui boivent tous les « jours des liqueurs après le repas , dans la vue de « remédier aux vices des digestions, ne pourraient « guere mieux s'y prendre , si elles voulaient venir « à bout du contraire et détruire les forces diges- « tives. »- ais ux A | TI La meilleure boisson est une-eau de source très pure, mêlée avec partie égale d’un vin:qui ne soit ni lumeux , ni acide : le preinierirrite sensiblement le genre nerveux, et produit dans les humeurs üne raréfaction passagère , dont l'effet est de distendre les vaisseaux, pour les laisser ensuite plusláches; et * d'augmenter la dissolution des humeurs: le second affaiblit les digestions , irrite ,;et procure dés uri: nes trop abondantes qui épuisent les inalades. Les meilleurs vins sont ceux qui ont moins d'esprit et de sel, plus de terre et. d'huilé; ce qui forme ce qu'on appelle les vins moelleux:: tels sont quelques vius rouges de Bourgogne, du Rhône, de Neulchátel, ei un petit Hombre dans ce pays; les vieux . vius. blancs de Grave, ceux de Pontac bien choisis, les vins d'Espagne ; de Portugal, ceux des Cana-
riés, et dans les endroits. où l'on peut en avoir; ceux de Tokai sont supérieurs peut-être à tous les vins du monde en salubrité comme eti agrément,
Pour l'usage ordinaire, il n’en est point de p:éféra-
À ble à ceux de Neufchátel.
Ue
Dans les endroits où l'on n’a pas de bonne eau, on peut la corriger en la filtrant , en la ferrant,.ou en y. faisant infuser quelques aromates agréables, tels que la cannelle, l'anis, l'écorce de citron.
La biére ordinaire est nuisible. Le aum, qui est proprement un exirait de grain aussi nourrissant que fortifiant, peut être d’un grand usage;
riche d'esprit, il ranime autant que le vin et nour-
rit davantage : il peut tenir lieu de boissons et d'aliments. $614 " |
- Parmi les boissons utiles, l'on doit ranger le chocolat , qui appartient peut-étre, à plus juste titre, 3 la. classe des alimënts : le cacao renferme en luimême beaucoup de subsistance nutritive, et le
mélange du sucre et des aromates, prévient ce
qu'il pourrait avoir de nuisible comme huileux. « Le chocolat au lait, dit Lewis, pris à. une dese #qui ne puisse pas surcharger l'estomac, est un “excellent déjeûner pour; les personnes en con- « somption. Je connais un.enfant de trois ans, qui « était au dernier degré de cette maladie, aban- « donné de son médecin, et que sa mère rétablit, & en ne lui donnant que du chocolat à petite doses, : «mais souvent; el il est vrai qu'on ne peut trop & recommander cet aliment à quelques personnes & faibles. » Il en est plusieurs auxquelles il nui-
- rait infiniment.
. .Une attention générale ; c'est qu'on doit éviter
la quantité de boisson quelconque : elle affaiblit les digestions en reláchant l'estomac, en noyant les sucs digestifs , et en précipitant les aliments avant qu'ils soient digérés, elle relâche toutes les parties; elle dissout les humeurs, elle dispose à des urines ou à des sueurs qui épuisent. J'ai vu des maladies produites par l'atonie, diminuer considérablement, sans autre secours que le relâchement d’une partie de la boisson. :
Le Sommeil.
Ce que l'on peut dire sur le sommeil, se réduit à trois articles; sa durée, le temps de le prendre et les précautions nécessaires pour jouir d'un sommeil tranquille. | |
Dès qu'on est adulte, sept heures de sommeil ; ou tout au plus huit, suffisent à tout le monde; il y a du danger à dormir davantage, et à étre plus long-temps au lit: cela jette dans les mêmes maux qu'un excès de repos. Si quelqu'un pouvait s'y livrer plus long-temps , ce seraient ceux qui se donnent beaucoup de mouvements, et de mouvements vifs, pendant le jour; mais ce n'est point ceux-là qui le font, ce sont au contraire ceux qui mènent la vie la plus sédentaire : ainsi il ne faut jamais passer ce terme, à moins qu'on ne soit parvenu à ce point de faiblesse, qui ne laisse pas les forces nécessaires pour étre long-temps levé; en ce cas, il faut l'étre le plus possible. « Moins on dort, dit * Lewis, plus le sommeil est doux et fortifiant, »
ll est démontré que l'air de la nuit est moins sa-
lutaire que celui du jour, et que les malades faibles sont plus susceptibles de ses influences le soir que le matin : il faut donc consacrer au sommeil, pendant lequel nous sommes bornés à une très petite parcelle de l'atmosphére qu'également nous ne pouvons pas éviter de corrompre, le temps oü l'áir est le moins sain et celui où l'usage d'un air moins sain nous serait plus nuisible. Ainsi il faut se coucher de bonne heure et se lever du matin : c'est un précepte si connu, qu'il y a peut-étre de la trivialité à le rappeler; mais il est si négligé, l'on paraít en sentir si peu la conséquence, qui est infiniment plus grande qu'on ne croit, qu'il est très permis dele supposer inconnu, et de le rappeler en insistant sur son importance, surtout pour les personnes valétudinaires : «Si l’on se couche à dix heures, « et l'on ne doit jamais se coucher plus tard, » ce sont les termes de Lewis, « on doit se lever en été « à quatre ou cinq heures, en hiver à six ou sept. « Il est absolument nécessaire , ajoute-t-il, de dé- « fendre aux personnes atteintes de cette maladie, « de se laisser aller à rester dans le lit le matin. » Il voudrait méme qu'on prit l'habitude de se lever aprés son premier sommeil, et assure que, quelque pénible que cette coutume püt étre dans les commencements, elle deviendrait bientót aisée et agréable. Plusieurs exemples prouvent la salubrité de ce conseil. Il y a plusieurs personnes valétudinaires, qui se sentent trés bien au réveil d'un premier sommeil doux et profond, et qui se trouvent dans.un grand malaise, si elles se laissent aller à se rendormir : elles sont aussi sûres de passer bien le jour, si quelque heure qu'il soit, elles se lèvent
108. . L'ONANISMES —-— aprés ce premier sommeil ; que'de le passer désagréablement, si elles:se livrent au second. -
Le sommeil n'est tranquille que quand il n'y a aucune cause d'irritation ; ainsi l'on doit chercher à les prévenir : trois: attentions des plus impordantes sont; 1° de n’être pas dans un air chaud , et de n'étre pas ni trop, ni trop peu couvert; 2° de m'avoir pas froid aux pieds en se couchant, accident trés ordinaire aux personnes faibles ; et qui leur nait par plusieurs raisons; l'on doit, à-cet égard, observerexactement la règle d'Hrppocrare : « Dormir dans un endroit frais, el avoir soin de se « couvrir; » et 5° ce qui est encore plus important, de ne pas avoir l'estomac plein : rien au monde ne trouble le sommeil, ne-le rend inquiet , dou: loureux , accablant , comme une digestion pénible dans la nuit, L'abattement, la faiblesse, le dégoót, l'incapacité de penser et de s'occuperle lendemain, en sont la suite inévitable, 7-5. : :»
— .Rienau contrairene contribue plusefficacement à procurer un sommeil doux, tranquille, continu, et qui raccommode, qu'un souper léger. La fraîcheur, l'agilité, la- gaíté le lendemain: en $0nt les suites nécessaires. ; y TS
Le temps du sommeil; dit avec bien de la raison; Lewis, est celui de la nutrition et non de la diges- Lion ; aussi il exige dans ses malades la plus grande sévérité pour le souper : il leur défend , et jamais défense plus légitime, toute viande le.soir; il ne leur permet qu'un peu de lait et quelques tranches de paint ; et cela deux heures avant que de se coucher, afin que la premiére digestion soit finie avant que de:se livrer au sommeil, Les Aécantes, qui ne
L'ONANISME. 103 connaissaient-point Ja diète animale, qui ne mangeaient jamais: rien de ce qui avait eu vie, étaient fameux parla tranquillité de leur sommeil, et ignoraient ce que c'est que songer. B |
Les mouvements.
L'exercice -est :d'une. nécessité | absolue .: ‘il coüte aux personnes faibles d'en. prendre; et, si €lles ont du penchant à la tristesse, il ést très difficile de les déterminer à se mouvoir : rien n’est cependant plus-propre à augmenter tous les maux qui viennent de faiblesses, que l'inaction ; les fibres de l'estoinac, des intestins, des vaisseaux, sont láches, leshumeurs croupissent partout, parce que les solides;n'ont;pas la force de leur imprimer le mouvement nécessaire; il :naît des stases, des engorgements des obsiructions , des épanchements; là coction , la nutrition , les sécrétions :ne se font point; le-sang reste aqueux, les forces diminuent, €t-tous les:sÿmptômes du mal augmentent. L'exercice prévient tous ces maux , en augmentant la force de la circulation : toutes les fonctions, comme si l'on avait des forces réelles, et cette régularité dans les fonctions:ne tarde pas à en donner : ainsi Peffet du mouvement est de suppléer les forces et de les rétablir, Un autre de ses avantages ‘indépendant de l'auginentation. de la circulation, c’est qu'il fait jouir d'un air toujours nouveau. Une per soune qui.ne se-remue point gâts bientôt celui qui l'environne, evlui nuit : une personne en action en change continuellement, Le mouvement peut sou:
. 104 L'ONANISME ; vent tenir lieu de remèdes; tous les remèdes du monde ne peuvent pas tenir lieu de mouvement.
La fatigue des premiers jours est un écueil contre lequel le faible courage de plusieurs malades échoue; mais, s'ils avaient celui de surmonter ce premier ide ils sentiraient que c’est véritablement le cas où il m'y a que les premiers pas qui coûtent. J'ai été étonné moi-même de voir à quel point ceux m'avaient pas été rebutés acquéraient des forces par l'exercice. J'ai vu des personnes qui étaient fatiguées de faire le tour d'un jardin, parvenir; en quelques semaines, à faire jusqu'à deux lieues de chemin, et se trouver dans le bien-étre àu retour.
L' exercice à pied n'est pas le seul favorable; celui qu’on prend à cheval vaut même beaucoup mieux pour les personnes extrémement faibles, ou pour celles qui ont les viscères du bas-ventre et la poitrine endommagées; dans une plus ines faiblesse encore, celui d'une voiture est à préférer, pourvu qu'elle ne soit pas trop douce. Quand la saison ne permet pas de sortir, on doit se donner du mouvement dans la maison, ou par quelque occupation un peu pénible, owpar quelque jeu d'exercice, tel que le volant qui exerce ao iners tout lé corps. | ^ Le retour de l'appétit, du sommeil, de la gaîté , sont les suites nécessaires du mouvement; mais il faut avoir la précaution de ne prendre jamais un exercice un peu fort aussitót après le repas, et de ne pas manger quand on a chaud, aprés l'exercice: on doit le ‘prendre avant le repas, et se reposer quelques moments avant que de ons
L'ONANISME. 105 Les Evacuations.
/ | Les évacuations se dérangent avec les autres fonctions, et leur dérangement augmente le désordre de la machine; il est important d'y faire attention, afin d'y remédier de bonne heure. Les évacuations qui exigent principalement nos soins, sont . les selles, les urines, la transpiration etles crachats, .— La meilleure façon de les maintenir ou de les ra- . mener au point où elles doivent être, c'est de s'astreindré aux préceptes que j'ai donnés sur les autres objets de régime; quand on est exact, les évacuations, dont le plus ou moins de régularité est le baromètre du meilleur ou du plus mauvais état des digestions, se font assez régulièrement, Celle qu'il est le plus important de favoriser, comme la plus considérable, c'est la transpiration , qui se dérange très aisément chez les personnes faibles, On l'aide en faisant frotter la peau trés régulièrement avec une vergette ou une flanelle; quand elle est trés languissante, on n'a pas de plus sür moyen pour la ranimer, que d'avoir tout le corps couvert immédiatement. de laine. L'on doit éviter d’être trop habillé, dans la crainte de suer, ce qui nuit. toujours à la transpiration , les couloirs forcés restent plus faibles, et s'acquittent moins bien ensuite de leurs fonctions; l'on doit éviter de l'être trop peu, ce qui arrête également toute évacuation cutanée. La partie que tout le monde, et les personnes faibles plus que les autres, doivent tenir plus chaudement, c'est les pieds; l'on ne négligerait pas celte précaution si aisée, s
108 | L'ONARISMES —— lon savoit à quel point elle intéresse la conservation de toute là machine: Le fréquent froid des pieds dispose aux maladies chroniques les plus fàcheuses til y à un grand nombre de personnes sur lesquélles il produit promptement de. mauvais effets; mais ceux surtont qui sont sujets à des maux de poitrine, à des cóliques ou à des obstractions, .n@ peuvent trop se prémunir contre ces dangers. Les sacrificateurs , qui marchaient. toujours pieds..nus sur les pavés des temples, étaient souvent attaqués "de violentes coliques. | TO La salive sé sépare quelquefois trés abondainment chez les personnes faibles :le relâchement des orgines salivaires les dispose à cette copieuse | sécrétion ; et, si les malades la crachent continuel- ]ement, il en résulte deux maux : Yun, qu'ils s'épuisent par cette évacuation; l'autre, que cetie humeur si nécessaire à l'ouvrage dela digestion, qui , sans elle , ne s'opère qu'imparfaitement , là manque , et la rend par là même pénible ct maus vaise. J'ai fait assez sentir les dangers d'une mauvaise digestion, pour.qu'il ne. soit pas besoin d'in-
Sister plus long-temps sur ceux d'une évacuation qui la rend telle : c'est par cette raison que Lewis défend absolument à ses malades de fumer; la fumigalion, entre autres inconvénients; disposant à une salivation abondante, par irritation qu'elle produit sur les glandes qui fournissent à cette sécrétion. Re Lit PEL eH I-a L'inspiration qui se fait d'une personne à l'autre; et dont j'ai parlé plus haut, ne pourrait-elle pas être rappelée ici: comme un moyën ide euration ? CapivAccio avait cru utile defaire coucher son ma-
| L'ONANISME. | 109 lade entre ses deux nourrices; et il est très vraisemblable que l'iuspivation de leur expiration con-
tribua, peut-être autant que le lait, à rétablir ses forces. Exrpogus, contemporain de Capivaccio, et | précepteur de F'ongsrus, qui nous a conservé cette observation, conseilla à un jeune homme qui était dans le marasme , le lait d'ànesse, et de coucher avec sa nourriceé, qui était une femme extrêmement | saine et à la fleur de l’âge; ce conseil réussit très bien, et on ne discontinua que quaud le malade avoua qu'il ne pouvait plus. résister au penchant qui le portait à abuser de ses forces revenues, On pourrait conserver un remède utile, et en prévenir . le danger en ne mêlant pas les sexes.
Les Passtons.
L'on a vu plus haut l'éiroite union de l’âme et du "corps ; l'on. a compris combien le bien-étre de la premiere influait sur le second ; l'on a vu les sinistres effets de la tristesse; ainsi il est presque inutile d'ajouter qu'on ne peut trop éviter toutes les sensalions:disgracieuses de l'àme, et qu'il est de Ja dernière conséquence de ne lui en procurer que d'agréables da ns toutes les maladies, et surtout dans . celles qui, comme la consomption dorsale, dispo- - sent par elles mêmes à là tristesse ; tristesse qui , par un cercle vicieux, les augmente considérablement. Mais, et c'est une des difficultés du traitement, souvent les malades se complaisentà ces sym «ptômes de leur mal, et l'on ne peut pas les déterminer à faire des efforts pour le surmonter ; d’ailleurs il ne faut pas se faire illusion, et croire qu'il n'y
a qu'à ordonner d'étre gai pour qu'on le devienne; le rire ne se commande pas plus qu'il ne se défend, et l'on est aussi peu maitre de s'empécher d'étre "triste , que d'avoir un accès de fièvre, ou une rage de dents. Tout ce qu'on pcut exiger des malades, c'est qu'ils se prêtent aux remèdes contre la tristesse, comme ils se préteraient à d'autres : ces re- -anédes sont moins la compagnie dans ce cas (nous avons vu qu'elle leur déplaisait par des raisons particulières) , que la variété des situations. Le chagement continuel des objels forme une succession d'idées qui les distrait, et c'est ce qu'il leur faut. Rien n'est plus pernicieux aux personnes qui sont portées à se livrer à une seule idée , que le désceuyrement et l'inaction. Rien n'est surtout plus pernicieux à nos malades, et ils ne peuvent éviter avec wop de soin l'oisiveté et l'abandon à eux-mêmes. Les exercices champêtres, les travaux de la campague, les distraient plus puissamment que bien d'auires, Lewis veut qu'on ne voie, s’il est possible, que des objets de son sexe, que les malades ne soient jamais absolument seuls : qu'on ne les laisse — point se livrer à leurs réflexions, qu'on ne leur permettre ni lecture, ni aucune occupation d'esprit; ce sont autant de causes , dit-il , qui épuisent les esprits et qui retardent la cure. Je ne pense- rais pas avec lui qu'on dût absolument leur interdire toute lecture. On doit leur défendre de lire long temps de suite, ne fut-ce qu'à cause de la faiblesse de leur vue‘; on doit leur défendre toute lecture qui demanderait de l'application; on doit leur interdire sévèrement ieules celles qui pourraient rappeler à leur souvenir des idées à leur imagina-
L'ONANISME. | 109 tion des objets dont il serait à souhaiter qu'ils pers dissent la mémoire, mais il en est qui, sans fixer beaucoup l'attention, et sans pouvoir rappeler des images dangereuses, les. distraient agréablement, et préviennent les dangers terribles d’un ennui désœuyré,
Les Remèdes.
- Je suivrai le même ordre que dans l’article précédent. J’indiquerai les remèdes qu’on doit éviter avant que de parler de ceux qu’on doit suivre. J'ai déjà indiqué une premiére classe de ceux qu'on doit exclure, ce sont ceux qui irritent , les remèdes chauds et volatils. Il. y en a une seconde très opposée, et également nuisible, les évacuants. J'ai déja dit que les sueurs , la salivation, les urines abondantes épuisaient le malade. Je ne reparlerai pas de ces évaácuations, l'on sent que tous les remèdes qui les exciteraient, doivent être bannis : il reste à examiner la saignée , et les évacuations des premieres voles. L'indication étant de redonner des forces, pour juger s'ils convienneut, il ne s'agit que de savoir si ces évacuations sont sont propres à la remplir. Je serai court. Il y a deux cas . dans lesquels la saignée rétablit les forces : dans les autres elle les óte , ou quand on a trop de sang, ce n'est pas le cas des personnes en consomption; ou quand lesang a acquis une densité inflammatoire qui,le rendant impropre à ses usages, détruit promptement les forces; c'est la maladie des gens vigoureux, de ceux qui ont les fibres raides et la circulation forte : nos malades sont précisément
MEE 5 Er Ce AES -
dans le cas contraire , la saignée ne peut queleuP | puire (1). «Toutes les gouttes de sang, dit Grz-
& CHRIST, sont précieuses aux personnes qui sont err
- & consomption ; la force assimilante qui le répare
« cst détruite, et ils n'en ont que ce qu'il leur faut « pour soutenir la circulation trés faiblement. »
Lon, qui a trés bien approprié les effets des éva-
cualiors, est positif. « Dans les corps, dit-il, qui « n’ont que la quantité de sang nécessaire, si on « la diminue par les saignées ou par les autres évas « cuations, on diminue les forces , on trouble les « sécrétions et on produit plusieurs maladies.» La facon dont SxNAc parle de la saignée lui donne encore plus sûrement l'exclusion dans ce cas. « Sila — «matière blanche ou rouge manque les saignées - « sont inutiles ou pernicieuses; on doit donc le$ «interdire au corps exténués, dont le sang est en « petite quantité ou a peu de consistance; quand « il ne sort des vaisseaux qu'une liqueur qui à peine « peut donner de la couleur au linge ou à l'eau. » L'on a vu que tel était l'état du sang des masturbateurs , et c'est généralement celui des person nés. faibles et valétudinaires. Que ceux qui travaillent à les guérir par la saignée, comparent leur méthode à ce précepte fondé sur la théorie la plus ( 1) Le docteur Kaempf semble être d'un-avis coñtraire: «Je ne crains pas d’être taxé. d'exagération, dit-il, en assurant que lei grand tiers des enfants contractent la plus destructive des habitudes par suite d'un engorgement sanguin dans les parties naturelles, ou par celui d'humeurs ácres et stimulantes, qui, s'y trouvant arrêtées, forcent ces jeunes êtres à y porter les mains, »
« Ce sont ces mêmes humeurs, ajoute M. Doussin-Dubreuil ,
qui rendent les urines assez brülantes pour qu'elles irritent les organes sexuels, et forcent aussi les enfants à y porter les mains.
__ L'ONANISUE, EE TE . éclairée, et les observations pratiques les plus nome breuses et les mieux réfléchies, ce sont les bases de l'ouvrage dont je les tire, et qu'ils jugent des succes auxquels ils doivent s'attendre.
Les remèdes qui évacuent les premières voies, fortifient, quand ils se trouvent dans ces parties, ou des amas de matière si considérables que par leur masse elles gónent les fonctions de tous les viscères, ou quand il y a dans l'estomac et dans les premiers intestins, des matiéres putrides, dont l'effet ordinaire est une grande faiblesse : dans ces cas là , on peut employer les évacuants , si rien ne les contre-indique , s'il n’y a point d'autres moyens de débarrasser les premières voies, ous'il y a du danger à ne pas les évacuer promptement (1). Ces
. (1) L'onanisme. peut avoir pour résultat l'engorgement. des . glandes du cou, et méme des écrouelles, qui sont toujours une suite du dérangement des fonctions de la peau. Ce genre d'obstruction est toujours accompagné de digestion difficile et d'une grande difficulté d'aller à la Une dba Ae iL à ee sujet deux observations que nous empruntosds$'à M. Doussin-Dubrenil :
« Une demoiselle , âgée de 15 ans, éprouvait aux parties naturelles.des démangeaisons si vives et des pertes si fréquentes , pendant le sommeil , que ses forces en étaientextrámement affaibl es; - quoique vertueuse , elle ne pouvait résister au besoin qu'elle - éprouvait de se soulager en y portant fréquemment les mains ; comme l'habitude s'était contractée sans qu'elle y eût été conduite par des conseils, je ne crus pas devoir attribuer l'irritation et les démangeaisons à d'autre cause qu'à l'obstruction des viscéres du ba:-ventre, et des glandes des intestins , obstruction dont l'existence n’était pas équivoque, et qui, comme cela arrive presqué toujours, se rencontrait avec une grande mélancolie ; les désobstruans me paraissant donc indiqués , je les lui ai prescrits, et j'ai eu la satisfaction de les voir produire des effets si avantageux , que quoiqu'il y. eût déjà deux ans que cette jeune personne eut commeacé à s'abandonner à une habitude qu'elle n'avait pu maîtriser malgré son excellente éducation, elle y avait tout.à-fait
dis : ^ L'ONANISME.
trois conditions se trouvent rarement chez les personnes qui sont dans un état de consomption, chez lesquelles la faiblesse et l'atonie des premières voles est une contre-indication toujours présente aux purgatifs ou aux éméliques. I1 y a le plus souventun autre moyen d'en. procurer l'évacuation. successive , c'est d'employer lés toniques non asrenoncé au bout de six mois de traitement ; événement qui n'a pas tardé d’être suivi du rétablissement de sa santé, sur lequel sa famille était loin de compter ; elle avait alors 17 ans et demi. » ^. «Une autre Jeune personne, aussi vertueuse que la précédente, et douée d'un tempérament bilieux , s'apercoit , à l'áge de 18 ans, d'une perte blanche dont la matière est si ácre , qu'elle lui cause alternativement des cuissons en urinant, et de fortes démangeaisons , dont elle essaie sans cesse de se soulager en portant les mains sur ses organes sexuels ; des médecins qu'elle consulte, et à qui elle assure qu'elle n'a jamais eu derelations avec desindividus de l'autre sexe , n'en regardent pas moins cette perte comme la suite d'une conduite suspecte, et la traitent d'aprés cette opinion; mais, comme cela devoit être, sans aucune espèce de succés , ce qui l'oblige à s'adresser à d'autres qui, ne connaissant pas plus Ja cause du mal que les premiers, ne réussissént pas mieux à la détruire. - | : WE eue « Les accidents ne cessaient de s’aggraver , lorsque cette demoiselle vint me consulter ; comme je suis toujours dans l'usage de demander aux malades des deux sexes s'il ne leur est jamais arrivé de se livrer à l'onanisme, et de leur faire sentir la nécessité de ne me rien cacher, j'appris d'ellé qu'elle n'avait pu s'empécher de porter souvent ses mains sur ses parties naturelles, et que ce n'était que de ce moment qu'elle avait commencé à s'apercevoir de sa perte; que son ventre était alors trés volumineux et trés dur , et le bas de ses jambes presque continuellement enflé ; effets ordinaires de l'engorgement des viscères. Mnt Je.crus que je n'avais rien de mieux à faire que de dissiper cet engorgement , qui chez ellc a cedé encore avec moins de difficulté que chez la personne dont il vient d'être question, quoiqu'elle fàt âgée de trois aus de plus; sans doute parce qu'elle était douée d'une constitution tout-à-fait lymphatique, et que par conséquent la matiére obstruante était susceptible d'une plus grande flui-
dité. » :
L'ONANISME, M5 tringents: tels sont un grand nombre d’amers, qui, en redonnant du jeu aux organes, produi- - sent le double bon effet de digérer ce qui peut l'étre, et d'évacuer le superflu. Il y a enfin rarement du danger à ne pas les évacuer promptement ; ce danger a lieu quelquefois dans les maladies aigués; l’âcreté des matières que la chaleur augmenle, et la prodigieuse réaction des fibres , peus vent occasionner des symptómes violents, qui n'ont jamais lieu dans les maladies de langueur, dans lesquels les évacuants, proprement dits, ne sont par là même jamais, à beaucoup prés, aussi nécessaires, et sont, comme je l'ai dit, trés souvent contre-indiqués, L'atonie, le manque d'action, sont la cause des amas; quand il s'en fait, et qu'on les vide par un purgatif, l'effet est dissipé; mais la cause qui l'a produit est considérablement augmentée; l'on a à réparer le mal existant, et celui que le remède a fait. Si l'on ne parvient pas à y remédier promptemeut, l'effet se reproduit plus vite qu'auparavant, et si l'on se laisse aller à employer ' de nouveau les purgatifs, on augmente une seconde fois le mal: on fait d'ailleurs contracter aux intestins une paresse qui les empéche de faire leurs fonctions, l'on parvient au point de ne plus avoir d'évacuations que par art; en un mot, les purgatifs, dans les embarras des premieres voies chez les personnes faibles, ne produisent une diminution dans l'effet qu'en augmentant la cause, ne soulagent pour le moment, qu’en empirant la mas ladie. L'on ne suit cependant que trop cette méthode, les malades l'aiment, elle paraît plus promple; et effectivement, pourvu que la chute j : :
434 x GNANISNE.
des forces ne soit pas trop constantes: ils se Arouvent soulagés pour pèu de jours; Jémal ,il est vrai, revient; mais on aime mieux- l'attribuer à insuffisance qu'à l'opération du reinéde auquel on s’affectionne; d'ailleurs , les malades sont pour le soulagement présent, et peu de médecins ont le courage de s'y opposer : il est cependant bien important en médecine comme en morale, de savoir sacrifier le présent à l'avenir; la négligence de -cette loi peuple le monde de malheureux et de va- Zétudinaires. H serait à souhaiter que l'on put inculquer à tant de médecins et à tant de malades,
de beau morceau qu’on trouve dans la Pathologie "e GauBius, sur tous les maux que cel abus des
purgatifs entraîne.
N'y a-t-il point de cas, dira-t-on, dans lesquels les émétiques | et les purgatifs puissent être admis pour les malades dont je parle ? Sans doute, il en est quelques-uns, mois t:ès rares ; et il faut bien de bic Paine pour ne pas se laisser tromper aux signes
ui paraissent indiquer les évacuants , et qui souvent dépendent d'une cause qu on doit attaquer par tous autres remèdes. Je n’entrerai point dans le détail de ces 4istinctions, il serait hors de place, et il me suffit d'avoir averti que les évacuants doivent rarement avoir lieu dans cette maladie. Lewis croit qu'un émétique doux peut préparer utilement les. premières voies pour les autres remèdes; mais il ne veut pas qu ’on aille au-de là : pinsieurs cas m'ont appris qu'on pouviit el qu'on devait trés souvent s'en passer, et j'ai rapporté plus haut deux observations de HorrmANN, qui prouvent tout le danger .de cer eméde, Sans expérience, le seul bon sens
L'ONANISME. 119 persuade qu’un remède qui donne des convulsions, doit peu convenir dans des maladies qui sont l'effet . des convulsions réitérées, - Al E
C'est en combattant la cause qu'on détruit le mal; pour peu qu'on en enlève chaque jour, on est sûr que l'eff:t disparaîtra sans crainte de retour. Si l'on n'agit que sur l'effet, le travail de chaque jourest nou-seulement inutile au jour suivant, mais presque toujours nuisible. Bos Après avoir indiqué ce qu'on doit éviter, que doit-on faire? J'ai marqué plus haut les caractères que doivent avoir les remèdes , fortifier sans irriter. ]l en est quelques-uns qui peuvent remplir ces deux indications : cependant le catalogue n'en est pas long, et les deux plus efficaces sont, sans cons tredit, le quinquina et les bains froids. Le premier de ces remédes est, depuis près d'unsiècle, regardé, indépendamment de sa vertu fébrifuge, comme l'un des plus puissants fortifiants et comme cal- mant. Les médecins modernes les plus célèbres le regardent comme spécifique dans les maladies des nerfs. L'on a vu qu'il entrait dans l'ordonnance de Boznnaavz, rapportée plus haut, et VANDERMONDE s'en est servi avec beaucoup de succès dans le trai- “tement d'un jeune homme que des débauches en feinmes avaient jeté dans un état très fácheux. Lewis le préfère à tous les autres remèdes ; et Srenezin, dans la lettre dont j'ai déjà parlé plusieurs fois, dit qu'il le croit le plus efficace de tous. Vingt siècles d'expériences exactes et raisonnées ont démontré que les bains froids possédaient les mêmes qualités, Le docteur BaynAnn en a prouvé l'usage. plus particulièrement dans les désordres
£10. — L'ONANISME, produits par la masturbation et les excès vénériens, surtout dans un cas où, indépendamment de l'impuissance et d'une gonorrhée simple, il y avait ure si grande faiblesse, augmentée, il est vrai, par les saignées et les purgatifs, qu'on regardait le malade comme au bord du tombeau. i & Lzwis ne craint pas d'affirmer encore plus positivement leur efficacité : « De tous les remèdes, « dit-il, soit internes, soit externes, il n'y en aau* € cun qui égale les bains froids : ils rafraîchissent, « ils forlifient les nerfs, et ils aident Ja transpiration «plus efficacement qu'aucuns remèdes inté- « rieurs; bien ménagés, ils sont plus efficaces dans : « Ja consomption dorsale que tous les autres re-- « mèdes pris ensemble. » L'on doit méme remarquer que les bains froids ont , comme je l'ai déjà dit . del'air, unavantage particulier, c'est queleuraction dépend moins de la réaction, c'est-à-dire, des forces de la nature, que celles des autres remèdes: ceuxci n'agissent presque que sur le vivant, les bains froids donnent du ressort méme aux fibres mortes. L'union du quinquina et des bains froids est indiquée par la partie de leurs vertus ; ils opèrent les mémes effets, et étant combinés, ils guérissent des maladies que tous les autres remèdes n'auraient fait qu'empirer. Fortifiants, sédatifs ,lébrifuges, ils rendentles forces, diminuentla chaleur fébrile et nerveuse, et calment les mouvements irréguliers, produits par la disposition spasmodique du genre nerveux. Ils remédient à la faiblesse de l'estomac, et dissipent trés promptement les douleurs qui en sont la * suite. Ils redonnent de l'appétit, et facilitent la digestion et la nutrition; ils rétablissent toutes les
sécrétions, et surtout la transpiration; ce qui les
rend si efficaces dans toutes les maladies eatarrhales et cutanées; en un mot, ils remédient à
toutes les maladies causées par la faiblesse, pourvu .
que le malade ne soit attaqué ni d'obstructions indissolubles, ni d'inflammations, ni d'abcés ou d'ulcères internes, conditions qui n'excluent, même nécessairement, ou presque nécessairement, que les bains froids, mais qui permettent souvent le quinquina. - | | - J'ai vu, il y a quelques années, un étranger, âgé de vingt- trois ou vingt-quatre ans, qui, dès sa plus tendré enfance, était tourmenté par des maux de tête cruels et presque continus, vu la fréquence et la longueur des accès, qui étaient toujours accompagnés d'une perte totale dé l'appétit. Le mal avait considérablement empiré par l'usage des saignées, des évacuants, des eaux purgatives, des bains chauds, des bouillons et d'une foule d'autres res mèdes. Je lui ordonnai les bains froids et le quinquina : les accés devinrent en peu de jours plus faibles et beaucoup moins fréquents. Le malade, au bout d’un mois, se crat presque radicalement guéri; la cessation des remèdes et la mauvaise sai» Son renouvelèrent les accès, mais infiniment moins violemment qu'auparavant ; ilrecommencala même cure au printemps suivant, et la maladie vint à être si légère qu'il crut n'avoir plus besoin de rien. Je suis persuadé que les mêmes secours, réilérés une ou deux fois, le guériront radicalement.
Un homme de vingt huit ans était désolé, dépuis bien des années, par une goutte irrégulière, qui se
jetait toujours à la têle, et occasionnait des dés-
ang. c | L'ONANISME. - t ordres effrayauts sur le visage. ll avait. consulté plusieurs médecins, et essayé des remèdes de plu- Sienrs espèces , depuis peu, un vin médecinal, composé des aromates les plus pénétrants, infusés dans e vin d'Espagne: tous, et surtout le dernier, avaient augmenté le mal; l'on avait appliqué des ' Vésicatoires:aux Jambes, qui oécasionnaient des symplômes violents; et ce fut à cette époque que je fus mandé Je lui conseillai une forte décoction de quinquina et de camomille, qu'il continua pendant six semaines, et qui lui redonna plus de santé qu'il n'en avait eu depuis bien des années. Il serait inutile de rapporter.un plus grand nombre d'exemples, surtout étrangers à la inatiére , pour prouser la vertu fortifiante de ces remèdes, si bien. démontrée depnis long-temps , et dont tout indique l'usage. dans celte maladie; usage dont les plus heureux succès on! confirmé l'utilité. | .. Quand j'ai employé le quinquina en forme liquide, j'ai ordonné la 4écaction d'une once avec douze onces d'eau, ou suivant l'indication, de vin rouge, cuit pendant deux heures dans un vaisseau bien fermé, pour eu prendre trois onces trois fois : par jour. Je place les bains froids le soir, quand . la digestion du diner est enhiérement finie; ils cons tribnent à procurer un sommeil tranquille. J'ai vu. vn jeune masturbateur qui passait les nuits dans l'insomnie la plus inquiète, et qui était baigné tous les matins dans des sueurs colliquatives; la nuit qui suivit le sixiéme bain, il dormit cinq heures, et se leva le matin sans sueur, et beaucoup mieux. Le mars est un troisième remède, trop employé dans tous les cas de faiblesse, pour qu'il soit néces-
| L'ÓNANISME, —-— 519 saire d’insister sur son efficacité comme fortifiant; comme il n’a rien d'irritant , il est extrémement approprié à nos malades : on le donne, ou en sube stance , ou en infusion ; mais la meilleure prépaparation , ce sont les eaux martiales préparées par | CHE et surtout les eaux de Spa, l'un des plus puissants toniques qu'on connaisse, et un tonique qui, bien loin d’irriter, adoucit tout ce que les humeurs peuvent avoir de trop âcre. Les gommes, la myrrhe, les amers, les aromat s les plus doux, sont aussi d'usage. Ce sont les circonstances qui doivent décider sur le choix entre ces différents remèdes, Les premiers que j'ai indiqués méritent généralement la préférence ; mais il peut se trouver des cas
qui en exigent d’autres : on peut, en général, leë
choisir dans toute la classe des nervins, en prenant, pour boussole dans ce choix, les précautions que j'ai indiquées plus haut. C'est une maladie de nerfs; on doit la traiter comme telle, et souvent on l'à fait, et on a réussi, sans en connaître la cause. Il est vrai, et des observations incontestables me l'ont démontré, que l'ignorance de cette cause, et par là méme la négligence des précautions qu'elle exige, a d’autres fois rendu infructueux les traites ments les mieux indiqués. en apparence , sans que les médecins pussent pénétrer la cause de ce peu de succès. : Y. ij:
-J'ordonnai au jeune homme des pilules dont la myrrhe faisait la base , et nue décoction de quinquina, qui eurent le plus heureux succès: « Je m'aperçois chaque j; ur, m'écrivait-il, seize & jours aprés avoir commencé ces remèdes, du.
mi
120 L'ONANISME. ud « grand bien qu'ils me font; mes maux de téle ne sont plus ni si fréquents, ni si violents; je ne ]es ai plus que lorsque je m'attache trop: l'estomac va mieux, je n'ai plus que rarement les” douleurs dans les membres.» | | Au bout d'un mois, la guérison fut complète, à cela près qu'il n'avait pas et n'aura peut-être jamais les forces qu’il aurait eues sans sa mauvalse conduite. L'échec que la machine reçoit dans le temps de l'aceroissement, a des consé-. quences qui ne se réparent poinl. Puisse cette vérité étre bien imprimée dans l'esprit des Jeunes gens! elle a été depuis peu fortement préchée. « La Jeunesse, dit Linnæus, est un temps impor- « tant pour se former nne santé robuste. Rien « n'est plus à craindre que l'usage prématuré ou .« excessif des plaisirs de l'amour : il en naît des « faiblesses dans la vue, des vertiges, la diminu- « tion de l'appétit, et méme l'affaiblissement de « l'esprit et de la raison. Un corps énervé dans la. « jeunesse n'en revient plus , sa vieillesse. est ^& prompte et infirme , et sa vie coürte. » Seize cents ans avant ce grand naturaliste, PruTARQUE , dans son bel ouvrage sur l'éducation des enfants , avait recommandé ]a formation de leur tempérament comme une chose extrêmement importante. - « L'on ne doit, dit-il, négliger aucun des soins - « qui peuvent contribuer à l'élégance et à la force « du corps (les excès dont je traite nuisent autant — e à l'une qu'à l'autre); car, ajoute-t il, le fonde-- « ment d'une vieillesse heureuse, c'est une bonne « constitution dans la jeunesse; la tempérance
" ndi Rel
| L'ONANISME. 121 « et la modération, à cet âge, sont un passeport « pour vieillir heureusement (1). » -
À l'observation précédente, dont le succès parait dà au quinquina , j'en joindrai une autre dans laquelle les bains froids furent le principal remède. Un jeune homme d’un tempérament bilienx, instruit au mal dès l’âge de dix ans, avait toujours été, dès ce temps-là, faible, languissant, cacochyme; il avait eu quelques maladies bilieuses qui avaient eu beaucoup de peine à se guérir; il était exirémement maigre, pâle, faible, triste. Je lui ordonnai les bains froids et une poudre avec lacréme de tartre, la limaille et très peu de cannelle, dont il prenait trois fois par jour. Dans moins de SIX semaines , il acquit une force qu'il n'avait jamais connue auparavant,
Un grand avantage des eaux de Spa et du quinquina, c'est que leur usage fait passer le lait. Les
. (f) « Pour préserver les jeunes gens de l'onanisme, dit M. Doussin-Dubreuil, ou des désordres qui en-soat une suite lorsqu'ils ont commencé à s'y livrer, on a essayé d'en conduire dans les hôpitaux destinés à la réparation de ces désordres ; ces visites ont souvent servi de prétexte pour amener d'abord la conversation sur la situation d'autant plus déplorable des individus qui en étaient les victimes, que plusieurs d'entre eux setrouvaient rivés du bonheur de donner le jour à des enfants jouissant d'une té parfaite , et ensuite sur ce qui concerne notre production ; mais on ne peut faire faire de semblables visites qu'à ceux quisont âgés au moins de douze à quatorze ans : c'est à cet âge qu'on pourrait conduire les personnes du sexe dans les salles des mêmes hópitaux uniquement composées de jeunes filles dont la santé se trouverait détruite par la même cause ; et si, comme cela arrive assez souvent, il était de ces malades qui eussent aux organes sexuels des-ulcérations qui en seraient le résultat, il ne faudrait pas hésiter à le$/ rendre témoins des tourments auxquels elles seraient en proie, et méme les faire assister aux pansements.
AR |^. L'ONANISME, eaux de Spa partagent cet avantage avec quelques. autres eaux. L'on a vu plus haut que HorrwANN ordonnait le lait d'ánesse avec un liers d'eau de - Selter. De za MeTTERIE nous à conservé une belle
observation de Borraaave. «Ce duc aimable, je « iraduis mot à mot, s'était mis hors du mariage H « je l'ai remis dedans par l'usage des eaux de Spa
.« avec le lait. » S n nad SUDORE
La faiblesse de l'estomac; qui rend la digestion irop lente, les acides, le peu d'activité de la bile, les engorgements dans les viscères du bas-ventre,
sont les principales causes qui empêchent la digestion du lait , et qui n'en permettent pas l'usage. Les eaux qui remédient à toutes ces causes, ne | peuvent qu'en faciliter la digestion, et le quinquina qui remplit les mêmes indications , doit aussi se marier très bien au lait. L'on peut employer ces. remèdes ou ávant, pour préparer les voies, ce qui est. presque toujours nécessaire, ou en méme teinps (1). | |
(1) Ce n'est pas tout-à-fait l'avis du docteur Doussin-Dubreuil: qui s'exprime dans son ouvrage sur l'onanisme:
« Ce qui rend difficile la prescription des remédes propres à rétablir la santé des individus qui se sont livrés à l'onanisme, ce sont des accidents qui donnent lieu à des indications tout-à -fait opposées , telles que l'irritation des nerfs et leur faiblesse; surtout lorsque cette faiblesse est partagée par l'estomac , au point. de le rendre incapable de bien digérer: mais sl jexamine que l'irritation de ce genre de solides n'est qu'une conséquence d. son appauvrissement, et n'existe que parce que l'individu a fait des pertes fréquentes qui n'ont point été réparées par une nutrition | suffisante, au fur et à mesure qu'elles ont eulieu , je ne vois plus qu'une seule indication à remplir , celle de fort appart digestif et de graduer le travail qu'on lui confie d’après le rétablis-
sement de ses facultés; rétablissement qui est souvent long à ar-
| L'ONANISME. 128 Je rétablis parfaitement en 1753, un étranger qui s'était tellement épuisé avec une. courtisane ,
river : aussi ai-je toujours soin de conseiller des aliments aussi faciles à digérer qu'abondants en sucs nourriciers ; je ne suis point . d'avis, lorsque leur digestion est pénible, d'employer, du moins. tant que l'irritation subite de trop puissants toniques, comme le quinquina, la geüitiane, et autres, parce qu'ils peuvent augmenter l'irritation, et rendre l'estomac encore plus paresseux. Je crois ne pouvoir mieux faire que de copier littéralement le traite. ment que je conseille en général aux malades de ce genre. « Il est bien entendu qu'il serait inutile d'entreprendre la guérison d'une jeune personne qui continuerait de se livrer à son malheureux penchant; le médecin ne devra donc conseiller l'usage d'aucun médicament, avant d'avoir acquis la plus grande certitude à cet égard, et s'il y parvient, il devra, lorsque cétte "personne y aura renoncé, attendre encore deux mois, qu'il emploiera à la nourrir le mieux possible mais toujours avec ménaement; c'est seulement aprés ces deux mois qu'il lui fera pren- 8 tous les matins à jeun et à une heure d'intervalle, deux verres d'eau fraiche, où auraient infusé, à froid, pendant vingtquatre heures, des feuilles d'oranger ; la quantité de ces feuilles est de dix pour une carafe d'eau ordinaire. r Je viens de dire que la jeune personne devait boire à jeun deux verres de cette infusion. Si, cependant, elle passait facilement, on pourrait lui en faire prendre un troisiéme verre, une demiheure avant diner, et méme un quatriéme, en se couchant, si elle ne soapait point, ou une demi-heure avant de souper, si elle était dans l'usage de faire cé repas, |. € J'ai souvent observé que lorsqu'il n'existait aucune lésion or- . ganique , cette infusion suflisait pour rétablir des santés bien dé- Jabrées, mais je dois dire qu'on se livrait en méme temps à des exercices du corps plus ou. moins prolongés qui excitaient l'ap« ^ pétit, et rendaient l'estomac en état de bien digérer. . Je le répète, le médecin ne doit jamais perdre de vue que les pertes précieuses auxquelles donnent lieu l'habitude secrète, et qui produisent tout le désordre, exi;;ent qu'on s'occupe sérieusement de fortifier l'estomac, pour que ce viscére soit en état de pourvoir, si je puis m'exprimer ainsi, au besoin de tout ce qui compose l’organisation.
« Toutes les fois que je suis consulté par des personnes dont Ja maladie est le résultat de l'onanisme , je n'oublie jamais de demander si les digestions se font avec facilité, et lorsque la ré-
i24 e L'ONANISME.
qu' A était. incapable d'un acte de viriité : son 'estomac était aussi extrêmement affaibli, etle manque de nutrition et de sommeil ant réduit à une grande imaigreur. À six heures du matin, il
ponse est Affirmative , là guérison me parait de le contraire me présénte beaücoup plus de difficultés. =
« Si au bout de six semaines ou de deux mois d'usage de |’ infusion ci-dessus, je ne m'apercois pa: de quelque amélioration , ila langue est chargée d'une sibure blanche et épaisse, si les digestions continuent de, se faire avec lenteur, si les selles sont trés rares, je substitue à l'infusion de feuilles d' oranger la décoctioa $uivanie, qui doit êire rendue plus ou moins legére, survaut l’âge de la personne ou la faiblesse de son estomac ; car , ainsi que je viens de vous le dire , il faut prendre garde que les toriques qui sont certainement ir diqués pour detruire les effets: de l'babitude secrète, ne deviennent irritants et n'éloignent. ‘par consé= ue du but que l'on se ; ropose.
DÉC: CTION. |
Prenez : de quinquina concassé , un n demi-gros ; .
ee de racine de patience fratche deux gros ;. de sommités de petite centaurée , une jiucée; de véronique mâle, une pincée.
pour trois verres d'eau.
On fera bouillir le quinquina un quart d heure ; la racine et les deux pl- ntes ne doivent qu'iufuser, on lai-sera reposer jésqu'à froid, on passera dans un Eine fin , ‘et l'on enformieri'trols doses . qui devrónt être prises , la premiére à jeun, la sec pe une heure avant diner, et la dernière cing heures après,
I est facilé de voir que cette bois-on est bien plus tonique que Ja premiére , quoique chaque végétal qui entre (ans sa composition se trouve à une dose trés légère; mais il ne faut pas moins
eu observer les effets avec la | lus grande attention; il est des personnes pour lesquelles elle serait trop échauffante , tandis que peur d'autres 1l serait necessaire d' augmentei la quantité de ces mémes végétaux,
« L usage de cette décoction devra être continue au moins pera dant un mois ou six semaines. ks ,
|^. L'ONANISMEs | 125 prenait six onces de décoction de qninquina à laquelle ou ajoutait une cuillerée de vin de Canarie : une heure aprés, il prenait dix onces de lait . de chèvre qu'on venait de tirer et auquel on ajou- . tait un peu de sucre et une once d’eau de fleur d'oranger. 1l dinait d'un poulet rôti froid, de pain et ' d'un verre d'excellent vin de Bourgogne, avec autant d'eau, À six heures du soir, il prenait une seconde dose de quinquina ; à six heures et demie, il entrait dans un bain froid, dans lequel il restait .dix minutes, et au sortir duquel il entrait dans son lit. À huit heures, il reprenait la méme quantité de lait, et il se levait depuis neuf heures jusqu'à dix. Tel fut l'effet de ces remèdes, qu'au bout de huit jours il me cria avec beaucoup de joie ; quand j'entrai dans sa chambre, qu'il avait recouvré le signe extérieur de la virilité, pour me servir de T'expression de Bvrroy. Âu Dout d'un mois, il avait presque entièrement repris ses premières forces. Quelques poudres absorbantes , quelques cuilleréés d'eau de menthe, souvent la seule addition d’un peu de sucre, quelques pilules , avec l'extrait de quinquina , peuvent aussi contribuer à prévenir | da dégénération du lait. L'on pourrait. aussi employer cétte gomme nouvellement introduite dans
. quelques endroits d'Angleterre, sous le nom de
gummi rubrum Gambiense, et sur laquelle on trouve une petite dissertation dans l'excellente collection que publie la nouvelle Société de Médecins formée à Londres ; elle fortifie et elle adoucit : ce sont les deux grandes indications dans les ma- . jadies dont il est question.
Enfin si, quelqae soin qi 'on prenne, il- était