Y'ONAKISHE
impossible de soutenir le lait, on pourrait essayer le lait de beurre ; je l'ai conseillé avec succès à un jeune homme, pour lequel un principe d'hypocondrialgie me faisait craindre le lait entier. Les bilieux le boivent avec plaisir et s'en trouvent toujours bien: on doit le préférer au lait, toutes les fois qu'il y a beaucoup de chaleur, un peu de fièvre, une disposition érisypélateuse, et il est surtout d'un très grand usage , quand les excès vénériens produisent une fièvre aiguë, telle que celle dont mourut larnazr. Malgré la faiblesse, les toniques
nuiraient: la saignée est dangereuse; le fameux Jonsron, mort baron de Zibendorf, il y a plus de
quatre-vingts ans, l'avait déjà défendue positivement dans ce cas; les cures trop rafraichissantes ne réussissent pas, comme VANDERMONDE le prouve, et comme je l'ai vu moi-même; mais le lait de beurre réussit très bien, pourvu qu’il ne soit pas
trop gras. Il calme, il délaie, il adoucit , il désal= -
tére, il rafraîchit, et en même temps il nourrit et il fortifie; ce qui est bien important dans ce cas, dans lequel les forces se perdent avec une promptitude dont on n'a point d'idée. GiLcHRisT , qui ne fait pas grand cas du lait dans l'éthisie , loue extrémement lelait de beurre dans la méme maladie. 1 [es TG = Depuis la dernière édition de cet ouvrage , faite il ya quelques années , j'ai été consulté par plusieurs personnes énervées : quelques-unes ont été entièrement guéries; un assez grand nombre considérablement soulagées; d'autres n'ont rien gà« gné; et, quand le mal est parvenu à un certain point, tout ce qu'on peut espérer, c'est que les re-
| L'ONANISME. cd - . mèdes arrétent les progrès du mal : j'ai ignoré une partie des succès. :
Le lait, dans presque toutes ces cures, a été l'a- Jiment principal: le quinquina, le fer, les eaux smartiales et le bain froid ont été les remèdes, J'ai. mis les malades entièrement au lait, d'autres n'en prenaient qu'une ou deux fois par jour. — spa
—. Le malade, dont j'ai détaillé la maladie dans Ia section V , où j'en ai promis le traitement, ne vé- Cut, pendant trois mois, que de lait, de pain bien cuit, d'un ou deux œufs sortant du ventre de la poule, par jour, et d'eau fraîche, au moment où on l'apportait de la fontaine. Il prenait du lait quatre fois par jour : deux fois au sortir du pis sans ‘pain, deux fois chauffé, avec du pain. Le remède était un opiat, composé de quinquina, de conserve d'écorce d'orange et de sirop de menthe. Il avait
l'estomac couvert avec un emplâtre aromatique : on lui frottait tout le corps avec une flanelle tous les matins ; il prenait le plus d'exercice qu'il pouvait à pied et à cheval, et surtout il vivait beau« coup en plein air. Sa faiblesse et ses maux de poitrine m'empéchérent de lui conseiller les bains froids à celte époque. Le succès des remèdes fut
el, que les forces revinrent , l'estomac se rétablit, il put au bout d'un mois faire une lieue de chemin
à pied, les vomissements cessèrent entièrement, les douleurs de poitrine diminuèrent considérable ment, etil continue, depuis plus de trois ans, à être dans un élat fort tolérable : il revint peu à peu aux aliments ordinaires, parce qu'il se dégoûta du lait.
Les parties génitales sont toujours celles qui re-
PUR es con HOMNANIUE, Lo couvrent le plus lentement leurs forces, souvent. méme elles ne les recouvrent point, quoique le reste du corps paraisse avoir recouvré les siennes.2 Tont peut prédire à la lettre, dans ce cas, que la partie qui a péché sera celle qui mourra, — .
- J'ai toujours trouvé plus de facilité à guérir ceux
qui se sont épuisés par de grands excès , en peu de temps, dans l'áge fait, que ceux qui se sont épuisés à la longue par des pollutions plus rares , mais coinmencées dans la première jeunesse, et qui ont . enipéché leur accroissement , et ne leur ont jamais laissé acquérir toutes leurs forces. On peut envisager les premiers comme ayant eu une maladie
. très violente, qui a consumé toutes leurs forces 3. mais les organes ayant acquis toute leur perfeclion, quoiqu'ils aient beaucoup souffert, la cessa- tion de la case, le temps, le régime, les remèdes
peuvent les rétablir. Les secondes n'ont jamais
— laissé former leur tempérament ; comment le rétabliraient-ils? II faudrait que l'art opérát, dans l’âge de maturité, ce qu'ils ont empéché la nature d'o-
» pérer dans l'enfance et dans la puberté : on sent. combien cet espoir est chimérique ; et les observalions me prouvent tous les jours que les jeunes gens
^qui se sont livrés à cette souillure dans l'enfance, à l'époque du développement de la puberté, époque qui est une crise dela nature, pour laquelle toutes ses forces lui sont nécessaires , l'observation me prouve, dis-je, que ces jeunes gens ne doivent point espérer d’être Jamais vigoureux et robustes, et ils sont très heureux quand ils peuvent. jouir d'une santé médiocre, exempte de grandes maladies et de douleurs. | :
Ceux qui ne se repentent que tard, dans un âge où la machine se conserve, quand elle est bien montée, mais où elle ne se répare que pénible- ‘ment, ne: doivent pas non plus avoir de grandes espérances : au- dessus de ins senda ans, il est rare de rajeunir, | |
Quand j'ordonne le quinquina avec du vin, je. ne fais pas vivre ‘uniquement de lait, mais je e prendre le remède le matin, et du lait le soir. J'ai trouvé quelques malades pour lesquels il a fallu changer cet ordre : le vin, pris le matin , les fai- E cnt constamment vomir. :
Quand j'emploie les eaux minérales, j'en fais boire quelques bouteilles pures, avant que de: les méler avec du lait.
Quand le mal est invétéré, il dégénère ordi | rement en cacochymie , et il faut” commencer par la détruire, avant que de travailler au rétablissement des forces : c'est dans ce cas que les évacuants sont quelquefois indipensablement nécessaires, et opèrent très efficacement. Les fortifiants , les - les nourrissants, le lait ordonnés dans ces circonslances, les jettent dans une fièvre lente, et le malade perd ses s forces, A peopertion de l'usaga qu'il en fait.
Quand des excès prompts jettent tont-à-coup dans des faiblesses si considérables qu'on a lieu dé eraindre pour la vie du malade , il faut recourir aux cordiaux actifs , donner du vin d' Espagne avec un peu de pain, des bouillons succule nts, avec des œufs frais; mettre le malade au lit , et lui appliquer ‘sur l'estomac des flauelles irempéés dans du vin chauffé avec de Ia thériaque.
Dans les cas où les excès vénériens ontoccasionné une fièvre aiguë, on ne doit employer la saignée que quand elle est indiquée par la plénitude et la dureté du pouls; et il vaut mieux en faire deux petites qu'un grande. La décoction blanche de Peau d'orge, avec un peu de lait, quelques prises de nitre , des lavements avec une décoction 'de fleurs de Bonhomme, quelques bains de pieds tiédes, et pour nourriture des bouillons de veau farineux, sont les remèdes véritablement indiqués, et ceux qui ont réussi trés promptement dans les où je les aj employés. ;
Les symptómes demandent rarement un traitement particulier, et ils cèdent au traitement général. On peut cependant joindre quelquefois les fortifiants externes aux fortifiants internes, quand on veut fortifier plus particulièrement une partie; et. j'ai souvent conseillé avec succès, des épithèmes ou des emplâtres aromatiques sur l'estomac, et il n'est pas inutile d'envelopper les testicules dans une fine flanelle trempée dans quelque liquide fortifiant, et de les soutenir par l'usage du suspensoire. ! | | . L'on peut placer ici ce que dit Gorrzn : « J'ai « quelquefois guéri la goutte sereine, occasionnée # par des excès vénériens, en employant les forti- -« fiants internes et des poudres nasales céphaliques,
« qui, par l'irritation légère qu'elles produisaient, « délermipaient un plus. grand afflux d’esprits « animaux sur le nerf optique. 1
Il serait inutile d'entrer dans de plus grands détails sur la cure; quelque étendue que je leur donnasse, ils ne pourraient jamais servir à guider les
L'ONANISME. 131 malades sans le secours d’un médecin, pour lesquels ils seraient inutiles. Je me suis plus étendu sur le régime, parce que, quand le mal n’a pas fait de grands progrès, joint à la cessation de la cause, il peut seul opérer Ia guérison, et que chacun peut
s’y astreindre sans aucun danger. Il ne me resterait, pour terminer celte partie, qu’à joindre la cure préservatoire : j'ai senti que cet article manquait à la première édition de cet ouvrage , et que c'était un vide essentiel. Un homme célèbre dans la république des lettres par ses ouvrages, et plus respectable encore par ses talents, ses connaissances et ses qualités personnelles, que par son nom; par les emplois qu'il remplit si dignement dans une des premières villes de Suisse; [sEriN, secrétaire d'état à Bâle (il voudra bien me permettre de le nommer), m'a fait sentir ce vide d'une manière bien polie. Je rapporterai le fragment de sa lettre avec d’autant plus de plaisir qu'il marque précisément ce qu'il faut faire. « Je souhaiterais, m'écrit-il, de voir de « volre main un ouvrage dans lequel vous expli- - . « queriez les moyens les plus sûrs et les moins dan- * gereux, par lesquels les parents, pendant le temps « de l'éducation , et les jeunes gens, lorsqu'ils sont « abandonnés à leur propre conduite, pourraient t le mieux les préserver de la violence des désirs, « qui les porte à des excès dont naissent des ma-- « ladies si horribles, ou à des désordres qui trou- « blent le bonheur de ia société et le leur propre. « Je ne doute pas qu'il n'y ait une diète qui favo= «rise particulièrement la continence. Je crois « qu'un ouvrage qui nous l'enseigaerait, joint à la « description des maladies produites parl'impureté,
192 | | L'ONANISME. —— « vaudrait les meilleurs traités de morale sur cette e.malière, »: P pes BÉ .
- lla, sans doute, bien raison.; rien ne serait plus important que cette addition qu'il désire; mais rien de plus difficile en la séparant des autres parties dé l'éducation, non-seulement médicinale, mais morale. Pour traiter cet arlicle à part, si l'on voulait le traiter bien, il faudrait établir un grand nombre ‘de principes qui prolongeraient beaucoup trop ce petit ouvrage, et qui lui sont d'ailleurs trés étrangers. Quelques principes généraux, et isolés des. principes et des divisions nécessaires, non-seulement seraient peu utiles, mais pourraient devenir dangereux ; ainsi il vaut mieux renvoyer ce traité à faire partie d'un plus considérable sur les moyens de former un bon tempérament, et de donner aux jeunes gens une santé ferme ; matiére qui, quoique traitée par d'habiles gens, n'est pas encore épuisée, tant s'en faut, et sur laquelle il y a une foule de choses extrêmement importantes à ajouter, aussi bien que sur les maladies de cet âge. Aussi, malgré moi, je ne toucherai point ici cet article. Tout ce que je puis dire , c'est que l'oisiveté, l'inaction. le irop long séjour au lit, un lit trop mou, une diéte -succulente , aromatique , salée, vineuse, les amis suspects, les ouvrages licencieux, étant les causes les plus propres à porter à ces excés, on ne peut "les éviter avec trop de soin. La diète est surtout d’une extrême importance, et l'on n'y fait pas assez d'attention. Ceux qui élèvent les jeunes gens devraient avoir présente la belle observation de saint Jérôme : « Les forges de Vulcain, les voleans du « Vésuve , et le mont Olympe, ne brülent pas de
'« plus de flammes que les jeunes gens nourris de « mets succulents et. abreuvés de vins. » MENIOT,
— fun des médecins de Louis-le-Grand, dés le anlieu jusqu' à la fin du siècle dernier, parle de feinmes que l'exces d hypocras jeta dans une extase vénétienne. L'usage du vin et des viandes est d’autant lus fácheux , qu'en augmentant la force des aiuillons de la chair, il affaiblit celle de la raison, qui doit leur résister. Le vin et les viandes hébétent l'âme, dit Piurarque dans son Traité du manger desviandes, ouvrage qui devrait être généralement lu. Les plus anciens médecins avaient déjà connu -Finfluence du régime sur les mœurs : ils avaient. l'idée d’üne médecine morale, et GALIEN nous a “laissé, sur cette matière, un petit ouvrage qui est peut-être ce que l'on’ a de mieux pusqu ‘à présent. L'on sera convaincu, après Pavoir lu; de la réalité - de sa promesse. « Que ceux qui nient que la diff4- « rence des alimeuts rend les uns tempérants , les « autres dissolus ; les uns chastes, les autres incon- € tinents; les uns courageux , les autres poltrons; « ceux-ci doux , ceux-là quéréllénrs; d'autres mo- « destes, les derniers présomptueux ; que ceux, « dis-je, qui nient cette vérité, viennent vers mol; € qu'ils suivent mes conseils pour le manger et le « boire, je leur promets qu'ils en retireront de « grands secours pour la philosophie morale; ils ^4 s ntiront augmenter les forces de leur âme; ils « acquereont plus de génie, plus de mémoire, plus « de prudence, plus de diligence. Je leur dirai aussi « quelles boissons , quels vents, quelles tempéras — € tures. de l'air, quels pays ils doivent éviter ou € choisir. » HippocRATE, PLATON, ÁnisTroTE , PLus
a4 5 L'ONANISME. | | CTARQUE, nous avaient déjà laissé de trés bonnes choses sur cette importante matière ; et parmi les ouvrages qui nous restent du pythagoricien Pon- uinz , ce Zélé anti-chrétien du troisième siècle, il y en a un de l’Abstinence des viandes, dans l-quel il reproche à Firmus Castricius, à qui il l'adresse, d'avoir quitté la diète végétale, quoiqu'il eût avoué qu'elle était Ia plus propre à conserver la santé et à faciliter l'étude de la philosophie; et il ajoute : Depuis que vous mangez de la viande, votre expé- - rience vous a appris que cet aveu était bien fondé. Il y a de trés bonnes choses dans cet ouvrage. . Le préservatif le plus efficace, le seul infaillible, c'est, sans contredit, celui qu'indique le grand homme qui a le mieux connu ses semblables et toutes leurs voies; qui a vu non-seulement ce qu'ils sont, mais ce qu'ils ont été, ce qu'ils devraient être, et ce qu'ils pourraient encore devenir, qui les a le plus véritablement aimés; qui a fait les plus grands efforts en leur faveur ; qui s'est sacrifié pour eux, et qui en a été le plus cruellement persécuté, € Veillez avec soin sur le jeune homme; ne le. «laissez seul ni jour ni nuit; couchez tout au x moins dans sa chambre. Dès qu'il aura contracté «cette habitude, la plus funeste à laquelle un « jeune homme puisse être assujéti , il en portera « jusqu'au tombeau les listes effets, il aura tou- « jours le corps et le cœur énervés. » Je renvoie à l'ouvrage méme pour liré tout ce qu'il y a d'excellent sur celte matière (1). |
(1) On lit dans l'ouvrage'ayant pour titre : Des ÆEgarements 8e crels : Ju
La peinture du danger, quand on s’est livré au
mal, est peut-être le plus puissant motif de cor-
. La question aussi intéressante que délicate à résoudre, et qui a déjà été agitée par quelques-uns de ceux des médecins qui ont traité ce sujet, est celle de savoir si les jeunes gens doivent être assez instruits pour étre persuadés qu'il est impossible de se régénérer, et donner le jour. à des enfants sains lorsqu'on se livre à
: Ponanisme , et à quel âge on doit leur donner ce genre d'instruc-
tion.
« Quoique, je le répète, cette question ait été agitée déjà bien des fois , eile n'a point été discutée avec toute l'atteption et le sé rieux qu'elle exige : pour moi je pense, que s'il est des jeunes filles que l'on. doit s'empresser d'instruire, (et ce ne peut jamais être que celles que l'on soupcoune de s'étre déjà rendues coupa-
bles , ou d’être sur le point de le devenir), il en est d'autres.à qui } q
de semblables lecons seraient inutiles et d'autres pour qui elles seraient dangereuses , troubleraient leur repos, et les conduiraient peutétre.à l'habitude qu’on chercherait à prévenir. D'ailleurs il est plus que superflu de faire valoir les avantages de la vertu devant des êtres qui en ont toujours fait la base de leur conduite, à moins que de fortes raisons ne fassent craindre qu'ils -
ne cessent d'en suivre 1e sentier; il faut donc être bien prudent
dans le choix des jeunes personnes que l'on ne peut s'empêcher d’instruire, pour les garantir d'un mal dont on penserait que l'approche serait imminente. j 3145
« S'il se trouvait quelqu'un qui pensát que c'est exposer la pu» deur de ces jeunes personnes que de chercher à les instruire sur ce point, je répondrais d'abord que cette instruction ne doit jamais
être donnée qu'à celles dont je viens de parler, ‘et ensuite que
pass
dans le cas méme où l’on se tromperait , il vaudrait mieux qu'elles la recussent de personnes sensées que de perfides camarades qui
pourraient profiter de leur ignorance, pour la faire tourner au . profit de leur lubricité: comment éviteraient-elles des écueils
dans !ésquels auraient intérêt à les faire tomber celles mêmes qui jouiraient déjà de leur estime et de leur confiance? Il est dangereux de laisser de jeunes filles prendre conseil d'autres jeunes filles sans cesse occupées de chercher des complices. —— ; « Au surplus voici des préceptes que je crois devoir donner à: ceux qui, mus par un sentiment d'humanité, par un amour bien prononcé pour l'ordre social, se chargent d'élever la jeunesse ; mais , je le répéte encore, on ne doit songer à instruire que les individus que l'on soupconne être déjà dans le précipice ou prêts
136 | L'ONANISME, rection : c'est un tableau effrayant, bien propre à faire reculer d'horreur, Rapprochons-en: les prin»
€ipaux traits. Un dépérissement général dela ma-
chine ; l’affaiblissement de tous les sens corporels ét de toutes les facultés de l'àme; la perte de l'i-
: magination et de la mémoire ; l'imbécillité, le mé-
* e - ES E . 9 pris, la honte, l'ignominie qu elle entraîne après soi: toutes les fonctious troublées , suspendues ,
douloureuses; des maladies longues, fâcheuses ,
bizarres, dégoütantes; des douleurs aigués et toujours renalssanles; tous les maux de la vieillessedans l’âge de la force; une inaptitude à toutes les ocenpations pour lesquelles. l'homme est.né; le rôle humiliant d’être un poids inutile à la terre; les mortifications auxquelles il expose journelle-, ment; le dégoût pour tous les plaisirs honnêtes x
Yennui, l'aversion des autres et de soi qui en
est ls suite; l'horreur de la vie, la crainte de devenir suicide d'un moment à l'autre ; l'angoisse pire qne les douleurs ; les remords pires que l'angoisse, rémords qui, croissant jou nellement et prenant sans doule une nouvelle force quand l'áuie n'est plus affaiblie par les liens du corps, serviront peut-
à y tomber , soit par suite de fréquentations suspectes , ou de lec:
tures au milieu d. «quelles on les aurait surprises, soit à raison d une constitution robuste , irritable , qui les rend par conséquent aptes à tirer parti de la moindre circonstance pour découvrir des
! sensations qui leur paraissent d'avance être un besoin.
« On a proposé des instructions écrites ; pour moi je pensé qu’elles doi\ ent étre orales comme le sont celles que leur donnent
. des êtres corrompus qi, blasés pour la plupart, sur tous les gen»
ves de plaisirs, n'éprouvent de jouissances qu'à faire des vietimes j ur
de
L'ONANISHE. 13% être de supplice éternel. et de feu qui ne s'éteint point : voilà l'esquisse du sort réservé à ceux qui se conduiront comme s'ils ne lé craignaient pas.
— Avant que de quitter l'article du traitement »]é dois avertir les malades (et cet avis regarde également tous ceux qui ont des maladies chroniques , . | surtout quand elles sont accompagnées de faiblesse) . qu'il: ne doivent point espérer que l'on puisse réparer dans quelques jours, des maux qui sont le produit des erreurs de quelques années. Ils doivent s’altendre aux ennuis d'une cure longue, et s'astreindre scrupuleusement à toutes los règles du régime : si quelquefois elles paraissent minutieuses, c'est parce qu'ils ne sont pas en état d'en sentir l'importance ; et il faut qu'ils se répètent sans cesse que l'ennui de la cure la plus rigide est fort inférieur à celui de la maladie la plus légère. Qu'il me soit p^rmis de le dire; si l’on voit des maladies cu rables qui ne guérissent point parce qu’elles sont mal traitées, l'on en voit aussi un grand nombre que l'indocilité du malade rend incurables, malgré les secours les mieux indiqués de la part du mé:lecin, HiPPoCRATE exigealt, pour mieux s’assu« rer du succès, que le malade, le médecin et les assistants fissent également leur devoir: si ce con- ! £ours élait moins rare, les issues heureuses seraient plus fréquentes. » Que le malade, dit Angréx, soit €ourageux et qu'il conspire avec le médecin cons ire la maladie.» J'ai vu les maladies les plus rebelles céder à l'établissement. de cette harmonie; el des observations trés récentes m'ont démontré que la férocité méme des maladies cancéreuses
cédait à des cures ordonnées peut-être avec .
quelque prudence, mais surtout exécutées avec une docilité et une régularité dont les succès font — l'éloge,