‹ L'onanisme; ou dissertation physique sur les maladies produites par la masturbationChapitre 18 sur 23 · SECTION IX · texte numérisé non relu

SECTION IX

Les Pollutions nocturnes,

J'ai montré les dangers d’une évacuation trop abondante de semence par les excès vénériens et par la masturbation, et j'ai dit, au commencement de cet ouvrage, qu'elle se perdait aussi par les pollutions nocturnes dans des songes lascifs , et par cet écoulement connu sous le nom de gonorrhée simple: j'examinerai brièvement ces deux mala- . dies. | Telles sont les lois qui unissent l’âme au corps, que lors même que les sens sont enchaînés par le sommeil elle s'occupe des idées qu'ils lui ont tran-

^smises pendant le jour.

Une autre loi de cette union, c'est que, sans troubler cet enchainement des autres sens, ou, pour ôter toute équivoque, sans leur rendre la sensibilité aux Impressions exlernes , l’âme peut, dans le sommeil , faire naître les mouvemens nécessaires à l'exécution des volontés que les idées dont elle

«240 L'ONANISME, s'occupe lui suggèrent. Occupée d'idées relatives aux plaisirs de l'amour, livrée à des songes lascifs , les cbjets qu'elle se peint produisent sur les organes de la génération les même: mouvements qu'ils y auraient produit pendant la veille, et l'acte se consomme physiquement, sil se consomme dans

l'imagination. . muc | Ces organes, à leur tour, irrités les premiers, ne réveillent quelquefois que l'imagination , et suscitent des songes qui se terminent comme les précédents. s ] : | Ces principes servent à expliquer les différentes “espèces de pollutions. | La première est celle qui vient d'une surabon- ^ dance de semence; c'est celle des gens à la force de l’âge, qui sont sanguins, vigoureux, chastes. La chaleur du lit venant à raréfier les humeurs, et la liqueur spermatique étant plus susceptible de raréfaction qu'une outre, les vésicules irritées entraînent l'imaginalion , qui, dénuée des secours qui lui feraient voir l'illusion, s'y livre toute entière : l'idée du coit en produit l'effet dernier, l'éjaculation. Dans ce cas l'évacuation n'est point une maladie, c'est plutót une crise favorable, un mouvement qui débarrasse d'une humeur qui, trop abondanie et trop retenue, pourrait nuire, et quoique quelques médecins qui n’ajoutent foi quà ce qu'ils ont vu l’aient nié, il n’en est pas moins vrai que cette liqueur peut, par son abondance, produire des maladies différentes du priapisme où de la fureur utérine, — — — UM UE Un inédecin respectable par son savoir et par son âge, qui a suivi long-tems les armées autri-

L'ONANISME, : ba chiennes en Italie, m'a ditavoir remarqué que ceux des soldats allemands qui n'étaient pas mariés, et qui vivaicut sagement, étaient souvent altaqués

d'épilepsic, de priapisme, ou de pollutions noclurnes, accidents qui venaient d’une sécrétion trop ‘abondante de semence, et peut-être de ce qu'elle avait plus d’âcreté dans un climat plus. chaud que leur patrie, et où la diète est plus succulente. | La docteur Jacouzs, qe j'ai déjà cité ailleurs, avait fait une thèse sur les maladies produites par la privation du plaisir vénérien. RENFAUME en a fait une auire sur la virginité claustrale, dont l'objet est le méme. | Enfin, sans parler de quelques autres, Gaupits met la continence excessive dans la classe des causes des maladies. Il est rare, dit il, qu'elle ne. produise quelques maux : on l'a vu cependant dans quelques homines nés avec beaucoup de lempéra- . ment, et qui forinent beaucoup de semence, ef dans quelques femmes; il fait ensuite l'énumération de ces maux. L'on ne doit doncpoint en nier l'existence, l'on peut en affirmer la rareté, surtout dans ce ciècle qui parait être celui de la faiblesse; et lon se trompe tous les jours, en attribuant indistinctement à celle cause toutes les maladies qui attaquent les personnes nubiles da sexe, en leur Conseillant le mariege pour tout remède ; remède souvent mal indiqué , et souvent nuisible, parce qu'ilne peut pas détruire les vices qui entreteaient la-maladie, et qu'il ne fait qu'ajouter aux maux passés, ceux que la grossesse et les couches

produisent ordinairement dans les personnes languissantes. Je reviens aux pollulions.

L'on a vu que la première espèce, produite par une surabondance de semence qu'elle évacue, n'était pas un mal en elle-même; mais elle peut le devenir en revenant trop fréquemment, et lors même qu'il n'y a plus de surabondance nuisible. J'ai déjà observé qu’ane évacuation disposait à une

suivante, tant est grande la force del'habitude qui

consiste en ce que la réirération des mouvements les rend plus faciles, et qu'ils se produisent par la plus légère cause; observation d'une grande utilité pour l'intelligence de l'économie animale, sur laquelle Gazrex, et surtout Mary, ont dit d'excellentes choses, mais qui n’ont cependant pas encore été plainement traitées; et il en résulte cet inconvénient, c'est que les évacuations en deviennent

une suite indépendamment du besoin, et lors méme

qu'il n'existe pas. Alors elles sont trés fácheuses , et elles ont tous les dangers de l'évacuation ex-

cessive procurée par d'autres moyens. Satyrus ,

surnommé Grypalopex, demeurant à Thasus, eut, dès l’âge de vingt-cinq ans, de fréquentes pollulions nocturnes, quelquefois méme la semence s’écoulait pendant le jour. Il mourut de consomplion dans sa trentiéme année.

ZiuwuERMAN me parle d'un homme d'un très beau

génie , à qui les pollutions avaient fait perdre toute

lactivité de son esprit, et dont le corps était exactement dans l'état décrit par Bognnaavg. L'on vu, page 6, les maux que Horrwann observa après

des pollutions, Les symptômes les plus ordinaires,

quand le mal n'a pas fait encore de bien grands * 2 1 .e

progres, cest un accablement continuel, plus

considérable le matin, et de vives douleurs de .

reins. L'on me consulta, i] y a quelques mois, pour un vigneron ágé de cinquante ans, très robustes auparavant, et que des pollutions fréquentes, depuis trois ou quatre mois, avaient si prodigieusement affaibli, qu'il ne pouvait travailler que quelques heures par jour, souvent même il en. était empêché par des douleurs de reins qui le retenaient au lit, et il maigrissait journellement. Je donnai quelques conseils, dont j'ai ignoré l'exécution et l'effet,

J'ai connu un homme devenu sourd pendant quelques semaines, après un long rhume négligé, qui, quand il avait une pollution nocturne, était. beaucoup plus sourd le lendemain, avec beaucoup de malaise; et un autre affaibli par plusieurs cau«< ses qui , après la pollution, se réveille dans on engourdissement si général, qu'il est comme paralytique pendant une heure, et fort abattu pendant plus de vingt-quatre. e

- L'on peut mettre dans cette première classe les pollutions de ceux qui, ayant été accoutumés à de Íréquentes émissions, les suspendent tout à-coup. Telles étaient celles d’üne femme dont parle Ga4- MEN; clle était dans le veuvage depuis quelque temps, et la rétention du sperme lui procurait des maladies de l'utérus; elle eut, dans le sommeil, des mouvements des lombes, des bras et des jambes, qui étaient convulsifs, et qui furent accompagnés d'une émission abondante de sperme épais, avecla méme sensation que dans le coit. Une danseuse fut bles-

sée par hasard près du sein gauche fort légère= ment; le chirurgien lui prescrivit une diete assez sévère , et lui défendit des plaisirs dont elle était en usage de jouir souvent. La troisème nuit de cetle privation, à laquelle elle se soumit, en né- . gligeant la diète, elle eut une pollution qui, reves nant plusieurs fois toutes lés. nuits suivantes, la maigrissait à vue d'oeil, et lui causait de violents maux de reins. La plaie ne laissait pes de guérir, étl'eut été tout-à fait si elle s'était ménagée pour les aliments. et la boisson. Le chirurgien, ferme dans ses principes, continuait sou interdiction, la saignait et la purgeait. Ennuyée et affaiblie, elle laissa les remèdes, reprit son ancien train , la faiblesse et la douleur se dissipèrent bien vite. — Mais qu'on se garde bien de conclure de cette observation l'inutilité du précepte des plus grands maîtres en chirurgie, qui, fondés sur d'autres observations, interdisent sévèrement le coit aux blessés : il n'y a point de praticien qui n'ait pu se convaincre par soi-méme combien il leur est nuisible. J'en rapporterai un seul exemple dans lequel la masturbation fut mortelle, et don: G. FAÿRICE DE Iiuinex nous a conservé l’histoire. Cosue SoTAN . avait coupé la main à un jeune homme qui l'avait: eue meurtrie par un coup de feu; comme il le connaissait Irés ardent, il lui défendit sévèrement tout commerce. avec sa femme, qu'il avertit aussi du danger. Mais quand tous les accidents furent dissipés, et que la guérison élail en bon train, le ma-lade se sentant des désirs auxquels sa femme ne voulut pas répondre , il se procura , sans cojt, une. émission de semence qui fut immédiatement suivie —

| L'ONANISMES | 145 de fièvre, de délire, de convulsion et d’autres acidents violents dont il mourut au bout de quatre. jours. " t: |

. J'ai vu un jeune marié qui, se jetant étourdiment du siéze d'un cabriolet, tomba à côté : la roue ‘le derrière Ini passa sur le pied, entre le talon et la cheville ; il n'eut ni fracture ni luxation , mais une forte contusion : se trouvant bien au bout de cinq jours il se condaisit comme s'il n'eut poat. eu d'accident. Doux heures aprés tonte la jambe enfla , avec des douleurs inouies et une forte fièvre qui dura près de trente heures. Revenons.

Ge que j'ai dit au commencement de celte sec« tion sur la liaison entre les rêves et les idées dont l'ame s'est occupée pendant le jour, sert à expli-- . quer pourquoi les masturbateurs sont si sujets aux

pollutions nocturnes : leur ame occupée pendant tout le ‘our d'idées vénériennes, se représente pendant la nuit les mêmes objets, et le songe lascif “est suivi d'une évacuation qui est toujours prête à se faire quand les organes ont acquis un degré con- - . sidérable d'irritabilité, VUL :

.. Il est important de prévenir de bonne heure les progrès de l'habitude; et, quelle que soit la premiére cause des pollutions, de ne pas les laisser invétérer. Quand elles ont duré long temps, elles se guérissent très difficilement. «Il n'y a point de « maladie, dit Horrwawx , qui tourmente plus les « malades et donne plus de peine aux médecins,

« que des pollutions nocturnes qui ont duré long- « lemps et qni sónt devenues habituelles, surtout : « si elles reviennent tous les Jours. L'on emploie * les meilleurs remèdes presque toujours inatile-

e ment; souvent même ils font plus de mal que de € bien. » | VR ; QD

Tous les médecins qui ont écrit sur cette mala- - die, en ont dit la guérison trés difficile, et tous les médecins qui ont eu occasion de la traiter , l'ont ‘éprouvé eux-mêmes, et l’on ne doit point en être surpris. À moins que l'on ne püt , ou redonner aux organes leur force, ou diminuer leur irritabilité pendant le temps qui s'écoule entre deux pollulions, ce qui est impossible, ou prévenir tout-àcoup le retour des songes lascifs, ce qui n'est pas plus aisé, on doit être sûr que la pollution reviendra et qu'elle détruira presque tout le bien que peut avoir opéré la petite quantité des remèdes qu'on a employée depuis la dernière: on ne peut donc gagner d'une pollution à l'autre qu'un infiniment petit , et il faut en accumuler un grand nombre avant que d'obtenir un effet sensible.

Coœzrus AuRELIANUS a rassemblé tout ce que les anciens ont dit de micux sur le traitement. Il veut 1° que le malade évite autant qu'il est possible, toute idée vénérienne ; 2° qu'il soit couché sur un lit de matière dure et rafruîchissante; qu'il appli- que sur ses reins une mince plaque de plomb; qu'il applique, sur toutes les parties qui sont le siége de la maladie , des éponges trempées dans de

l'eau et du vinaigre ou des choses rafraîchissantes,.

comme les balaustes, l'acacia , l'ypociste, le psillium; 5° qu'il ne fasse usage que d'aliments et de. boissons qui rafraichissent et qui resserrent ; il lui conseille, 4° les fortifiants ; 5° l'usage du bain froid ; 6° de ne jamais se coucher sur le dos, mais . toujours sur le côté ou sur le ventre. Ce conseil |

L'ONANISME. 147 est plein de bonnes choses ; mais voyons plus distinctement quelle est l'indication qui se présente ; c'est de diminuer la quantité de la semence, et de prévenir les réves. |

La diéte et le régime général sont beaucoup

plus propres à la remplir que les remèdes. Les aliments les plus convenables sont ceux qui sont tirés du règne végétal : Les légumes et les fruits ; parmi les viandes, celles qui contiennent le moins de substance. Dans l'une et l’autre classe , il faut faire choix de ceux qui n'ont aucune âcreté. L'on a déjà vu plus haut l'influence de ce régime sur la tranquillité du sommeil; on ne peut trop le re-

- commander aux personnes aílligées de pollutions

nocturnes, à qui cette tranquillité est si nécessaire. Elles doivent surtout renoncer au souper, ou au moins ne souper que très légèrement ; celte

seule attention contribue plus à opérer la guérison.

que tous les remèdes.

J'ai va, il y a plusieurs années, un jeune homme qui avait presque toutes les nuits une pollution

nocturne, et qui avait déjà eu quelques accès de

cauchemar. Un chirurgien-barbier lui ordonna de boire en se couchant, quelques verres d'eau chaude, qui, sans diminuer les pollutions , augmentèrent la dernière maladie; les deux maux se réunirent et revinrent toutes les nuits; le fantôme du cauchemar était une femme qui occasionnait en. même temps la pollution. Affaibli par cette double maladie et par la privation d'un. sommeil tranquille , il marchait à grands pas vers une consomption. Je lui ordonnai de ne prendre à souper qu'un | peu de pain et quelques fruits crus; de souper de

M PETER e 148. |» L'ONANISME. | | bonne heure, et de prendre en entrant au lit, un verre d’eau fraîche , avec quinze gouttes de liqueur anodine minérale d'Offmann. Il ne ta: da pas à reprendre un sommeil tranquille; les deux maladies se dissipèrent entièrement, et il recouvra bientôt sesforces, — - i2 |

Les viandes indigestes et les viandes noires, surtout le soir sont un véritable poison pour ce mal; et, je le répète, sans la privation d'un souper, surtout animal, les autres remédes ne sont d'aucune utilité. Le vin , les liqueurs, le café nuisent par plusieurs endroits. La meilleure boisson est l’eau pure, sur chaque bouteille de laquelle on peut dissoudre avec succès une drachme de nitre, J'ai cependant vu , il n'y a pas long-temps, un malade à qui le nitre nuisait, en lui procurant de plus fréquentes pollutions : j'attribuai cet effet à deux causes ; l'une, e’est qu'il avait les nerfs trèsfaibles , et dans ces tempéraments le nitre agit: comme irritant ; l'autre, c’est. qu'il augmentait considérablement les urines : la vessie se remplissait plus promptement pendant-la nuit, et l’on sait que la tension de la vessie est une des causes déterminantes des pollutions.

Le précepte que donne Coœzrvs d'éviter les lits mous, est de la plus grande importance, il n'y faut point souffrir de plume : la paille serait de. beaucoup à préférer au crin , et j'ai vu quelques malades qui se sont bien trouvés de couvrir le matelas d'un cuir. Le conseil de ne pas se coucher sur le dos est également nécessaire , cette situation nuit, en contribuant à rendre le sommeil plus agité, et en échauffant davantage les parties géni- -

| L'ONANISME, 149 tale. Enfin, comme l'habitude a ici une très grande influence, et qu'il importe de la rompre,

. l'observation suivante pourra fournir un moyen d'y réussir. Je la tiens d'un italien , respectable pav ses vertus et l'un des plus excellents homines

. que je me rappelle d'avoir vus. Il me consultait

- ‘pour une maladie très différente; mais afin de mieux ninstruire , it me fit toute l'histoire de 5a santé. Il avait été incommodé , cinq ans auparavan! , de pollutions fréquentes qut l'énuisatent totalement. Il résolut fortement le soir de se réveil-

ler au premier moment où une femme frapperait son imagiualion , et s’occupa long-temps de cette idée avant que de s'endormnir. Le remède eut le plus heureux succès ; l'idée du danger et la volonté de se réveiller, unies étroitement la veille à l'idée d'une femme, se reproduisirent , au milieu: du sommeil , en même temps que cette dernière ; il se réveilla à temps, e! celte précaution, réiléré pendant quelques soirs dissipa le mal. | 25 Mais que ces deux derniers cas n'inspivent pas trop de sécurité; il en est contre lesquels les meilleurs remèdes échouent : celui que HorrwANN rapporte (1) en est un exemple, et l'on doit d'avance donner aux malades l'avis qu'il donnait au sien ; C'est que sans une longue persévérance dans l'usage des remèdes, où ne doit en attendre aucun effet, ou plutôt dans ce cas, où le régime est l'essentiel, ce n'est souvent qu'en l'observant longtemps qu'on peut áprouver un soulagement seusi- | ble. Si l'on emploie des remèdes, ils doivent être

(1) Cas. 102.

e-— uu UE

fondés sur la méme indication que le régime. Il n'y a pas long-temps que j'ai vu une saignée assez abondante emporter le mal. Les poudres nitreuses, la limonade , les esprits acides, les laits d'amande peuvent étre d'un bon usage. pe

Une autre espèce de pollutions, ce sont celles des hypocondriaques. La circulation, chez eux e se fait lentement, surtout dans les veines du bas venire, par-là méme, les parties d'ou elles rapporlent le sang, sont souvent engorgées; les nerfs . sont aisément mis en mouvement: leurs humeurs

ont un caractère d'ácreté trés propre à irriter ; leur

sommeil est ordinairement troublé par des songes: voilà bien des raisons de pollutions; aussi, ils y sont extrêmement sujets. « L'imagination, dit « BosnnaAye, produit souvent, pendant le som- « mell, des émissions de semence. Les gens de « lettres les plus assidus , et les rateleux, sont su- « jels à cet accident, et l'écoulement de Ja se- « mence est souvent si concidérable qu'ils tom- « bent dans l'atrophie.» Cette maladie a pour eux des suites d'autant plus fácheuses , qu'ils ne se li-. vrent jamais à quelques excès dins ce genre, sans en être extrêmement incommodés. | [n'ya qu'un moyen de curation, c’est d'attaquer la maladie principale, L'on commence par détruire les engorgemens ; ensuite l'on emploie les bains froids, ct cette salutaite écorce que Dieu. veuille nous conserver. C'est alors véritablement le cas de ces deux puissants remèdes, auxquels on. peut quefquefois allier le mars. Si les attentions. sur le choix des aliments sont nécessaires dans tous les cas, elles le sont particulièrement dans

L'ONANISME, - ‘151 celui-ci. Les hypocondriaques font généralement trés malles digestions; les alimenis mal digérés produisent un gonflement flatteur qui, troublant la circulation, les disposent aux pollutions de deux façons : 1° en gênant le retour du sang dans les veines génitales; 2° en troublant la. tranquillité du sommeil, et en disposant par là même aux rêves. On sent par là la raison de la défense que Pyrnacone faisait à ses disciples, de manger des aliments flatteurs qu'il regardait avec raison

comme nuisibles, tant à la netteté et à la force des |

fonctions de l'ame, qu'à la chasteté. Outre les deux raisons que j'en ai données, pourrais-je ha- Sarder d'en indiquer une troisième, que j'ai eu fortement lieu de soupconner chez denx malades? c’est l'expansion de l'air dégagé des fluides dans les corps caverneux, ce qui produisait une érection et le prurit vénérien. Personne n’ignore que toutes nos liqueurs sont imprégnées de ce fluide, mais que, tant qu'elles sont parfaitement saines, il est comme incarcéré et privé de toutes élasticité, De grands physiciens avaient cru qu'il n'y avait que deux moyens de la lui rendre; un degré de chaleur plus considérable qu'on ne l'observe jamais dans le corps animal, et la putréfaction. Mais une foule d'observations de maladies produites par l'air ainsi dilaté, ont prouvé qu'indépendamment . de ces deux causes, il y avait d'autres altérations

dans les fluides qui opéraient le méme effet; et

ces altérations paraissent plus fréquentes chez les hypocondriaques : ainsi il n'est point étonnant que les corps caverneux soient le siége de ce développement d'air maladif; il n'y a, au contraire, point

ns S edi

KM» o | .y'ONANISME, : | de partie qui paraisse devoir y étre plus exposée : si l'on n'y a pas fait attention plutôt, c'est vrai-semblablement manque d'observateurs , plutôt que d'observations. Celles-ci font sentir toute la néces- | sité d'éviter ces slimens qui, plus chargés d'air que les autres, incommodent, ct par celui qu'ils portent dans le sang. Tout le monde sait que la bière. nouvelle, qui est extrêmement flatteuse, occa- sionne de violentes érections; et J'ai vu, depuis la derniere édition de cet ouvrage, que Turnny, un des plus savants médecins et des plus célèbres praticiens de France, a connu ces érections flat- leuses.

L'on peut placer ici, comme analogue à cette ' derniere. espéce de pollution, et attaquant principalement les mélancoliques, une maladie qu'on pourrait appeler fureur génitale : elle diffère du priapisme et du salyriasis : je la peindrai par une observation, que j'avais déjà publiée dans la première édition latine de cet ouvrage, et omise dans la francaise. Un homme âgé de cinquante ans en était atteint depuis plus de vingt-quatre; et dans ce long terme, 1l n'avait pas pu se passer vingtquatre heures de femmes ou de l'horrible supplément de l'enanisme; et il réitérait ordinairement les actes plusieurs fois par jour..Le sperme était clair, âcre , stérile; l'évacuation trés prompte. Il avait les nerfs excessivement affaiblis , des accès de melancelie, et des vapeurs trés violentes; les facultés abruties, l'ouie t:és, pesante, les yeux extrómement faibles : il est mort dans l'état le plus iriste, Je ne lui.ai jamais conseillé de remèdes, il en avait pris-un grand nombre; plusieurs ne lui

avaient rien fait ; tous ceux qui étaient chauds lui avaient nui , le seul quinquina infusé dans du vin,

que lui avait ordonné Azcginus, ]' avait soulagé , et . Tautorité de ce grand médecin. est un nouveau témoignage bien respectable en faveur de ce remède, On trouve parmi les consultations de Horrmanx un cas à peu-près semblable, le prurit vénérien était presque continuel, et l'àine et le corps était également énervés,

Page 1