‹ "L'oncle de l'Europe" devant l'objectif caricaturalChapitre 111 sur 121 · GALLIFFET · texte numérisé non relu

GALLIFFET

II. — L,e bâron Albert I/umbroso, le bibliothécaire honoraire du prince Victor Napoléon, directeur de la si curieuse Revue Napoléonienne et le savant' éditeur de la Bibliographie de Napoléon.

GUILLAUME ET EDOUARD

1. — Mes ongles roses, c'est encore à Paris que je les dois et à sa « Rosée-Pnglés », qui supprime poudre, pâtes et vernis, et que Chamberlain m'envie tant.

2. — Ce cher Joé,en voilà un à qui l'on fait une réputation d'élégance et qui ne sera jamais qu'une caque sentant son quincaillier d'une lieue.

3. — La vraie élégance restaient nos déjeuners inoubliables chez Maxim's (queïious fondâmes s'il vous plaît), avec cet enfant terrible de général et l'impeccable prince^irbltfc*. 4- — ■■.Pour sabler le saint-marceaux, citez-moi endroit du globe plus élégant que le buffet Ruzé, au pesage de Longchamps.

* Le général de Galiffct et le prince de Sagan.

m. -t quand j'étais prince de galles. . . Chapitre de mémoires inédits, recueilli par Caran d'Ache. (Le Journal, 1903).

l'oxcle de i/europe

« Quelle doit être la caractéristique du souverain moderne ? Je prévois qu'à une telle demande, vous recevrez les réponses les plus disparates Ce sera le cas, si habituel, de tôt capita tôt sententiœl

« Sans être le Prince de Machiavel, le souverain moderne ne doit pas devenir une machine automatique à signer les décrets. Une tête médiocre appartenant à un homme de cœur et de conscience gouvernera mille fois mieux qu'une aristocratie, soit-elle de l'intelligence, de l'argent ou de la noblesse, — elle gouvernera cent mille fois mieux qu'un groupe de parlementaires. C'est là qu'est la supériorité des monarchies : les ministres passent, les souverains restent; les ministres ne font rien qui puisse leur faire perdre leur portefeuille ; les rois n'ont aucun intérêt à protéger celui-ci plutôt que celui-là; ils ne protègent que ceux qui, en travaillant à la grandeur du pays, travaillent à la grandeur du souverain. Nous avons en Italie, dans notre serment de fidélité, la formule que le bien de l'Etat et celui du Roi sont inséparables. Il est évident qu'un Roi ne travaille jamais à sa déchéance : donc jamais à la ruine de son pays. Un Président de République ne saurait avoir ce même équilibre moral et intellectuel.

Quant à la caractéristique du souverain moderne, il n'est plus per. mis, après 89, qu'il ne soit pas libéral dans le grand et dans le beau sens du mot ; il ne lui est guère permis, non plus, d'être le re travicello mis en ridicule par notre fameux Sbarbaro ; il faut qu'il renonce à giacere supino, comme notre célèbre philosophe et ministre, Ruggero Bonghi, a dit du pauvre et regretté Humbert, dans un article de la NuoVa Antologia qui a fermé à son auteur, pendant longtemps, les salons du Quirinal, et qui l'a fait rayer de la liste des invités aux bals du Palais Royal. Tellement il est vrai, que, même pour une persona grata, toute vérité n'est pas bonne à dire !

Quant à suivre une politique contraire aux vues de la majorité des Chambres, il me semble qu'un souverain y est d'autant plus autorisé que la majorité des Chambres, basée sur des convenances et des questions de parti, est loin de correspondre toujours aux vues et aux vœux du pays.

Quant à Edouard VII, l'enquête me semble prématurée; nous le ver rons, à l'heure décisive, à l'œuvre. Son passé de Prince ne laissait guère prévoir, certes, le souverain qui est né en lui ; jamais Edouard VII n'a percé sous le Prince de Galles. Mais, en le jugeant le type idéal du souverain moderne, on a, peut-être, trop cédé à la surprise — bien légitime, du reste, — de voir ce clubmen, grand joueur et grand fiirteur, devenir enfin sérieux.

Guillaume II « puissant génie » ? Hum ! Grand talent, certes : mais de là à le comparer à Charlemagne ou à Napoléon, comme vous le faites dans votre texte des enquêtes...

GUILLAUME ET EDOUARD

Du reste, en me souvenant de la règle que « le pavillon couvre la marchandise », je vais vous dire mon opinion en empruntant à un célèbre historien allemand son jugement.

Théodore Mommsen, excellent ami de mon père, a souvent parlé devant moi de son Empereur.

Pour lui, c'était un... exalté, qui ne savait et qui ne sait pas où il va. C'est surtout son ingratitude à l'égard de Bismarck qui mettait Mommsen hors de lui. Notez que Mommsen faisait preuve, en parlant ainsi, d'une admirable impartialité, bien digne du grand historien de Rome, de la République et de l'Empire Romain : en effet, Mommsen avait toujours été, au Reichstag, l'ennemi personnel et acharné du « Chancelier de Fer ». S'il critiquait donc l'Empereur d'avoir oublié ce que Bismarck avait fait pour l'Empire, c'est que Mommsen mettait la Justice et la Vérité au-dessus de tout. Il est vrai que c'est l'historien et non le député qui parlait devant moi.

La réconciliation complète et sincère entre la France et l'Allemagne pourra-t-elle jamais être accomplie, demandez-vous ? Qu'y a-t-il, là, d'impossible ? Songez à la Reine Victoria venant à Paris s'incliner, accompagnée de Napoléon III, devant le tombeau des Invalides, songez à l'entrevue d'Alexandre II et de Napoléon III à Stuttgart, en septembre 1857, deux ans après la grande guerre franco-russe de Crimée !...

Gugljëlmo Ferrero, historien et philosophe, le célèbre auteur de l'Histoire de Rome.

Il m'est impossible de définir la caractéristique du souverain moderne. Les conditions de chaque pays sont trop différentes. Une politique qui est bonne pour un Etat, pourrait être pernicieuse pour un autre. Il ne reste qu'à souhaiter que tous les souverains s'inspirent aux véritables intérêts de leurs pays ; et qu'ils ne les sacrifient jamais aux intérêts dynastiques.

Le roi d'Angleterre est un homme intelligent et moderne, qui a su très bien adopter la décoration traditionnelle de la monarchie avec les nécessités pratiques de l'époque où nous vivons. Il serait difficile de dire la même chose de l'empereur d'Allemagne. Guillaume II est, sans doute, un souverain intelligent et actif ; mais il me semble avoir une idée trop surnaturelle et mystique de son rôle. Quant aux comparaisons avec Charlemagne et Napoléon Ier, elles me semblent au moins prématurées.

27j l'oncle de l'edroi'e

1. — C'est le prince du guidon qui m'a initié aux ivresses de l'auto ?t de là date ma passion pour les Diétrich, à moteur vertical ( bien entendu).

2. — Vous l'avouerais-je ? le donnerais tous les Windsor et tout Malborough-House pour les dîners du Pavillon de Bellevue.

3. — A-Paris, j'ai pris pour règle de ne saluer que les gentlemens coiffes du « Tout-Reflets » Léon et je n'ai jamais transigé depuis.

4. — Sachant depuis longtemps ce que c'est qu'une cravate !...

iv. — quand j'étais prince de galles.

Chapitre de mémoires inédits, recueilli par Carau d'Ache. (Le Journal, 1903).

GUILLAUME ET EDOUARD

Edmond Picard, membre du Sénat belge, professeur de droit à l'Université nouvelle de Bruxelles.

1. — La Monarchie ? Une forme historique qui s'en va. Elle en est à sa dernière expression : la Présidence des Républiques. Je parle pour la race e uropéo -américaine.

2. — Edouard VII ? Un fêtard, quand il était candidat au trône, un souverain très convenable depuis qu'il est sur le trône. Lire l'Henri IV de Shakespeare. Un bon anglais.

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