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Guillaume II ? Un bon allemand, mais du genre bluffeuf

Eugène Ritter, professeur à la Faculté des Lettres de l'Université de Genève, philosophe et historien, auteur de nombreuses publications savantes sur J.-J. Rousseau.

Un esprit judicieux, si moderne qu'il soit, peut toujours considérer la monarchie comme préférable à la république.

Un pays qui a des sites variés : rivages maritimes, plaines, vallées et collines, hautes montagnes, sommets couronnés de neiges éternelles, — est sans doute supérieur à celui qui n'a que des plaines basses et quelques monticules, comme^l' Allemagne du Nord.

Et de même, un état qui possède une dynastie souveraine, dont l'histoire est ,liée à celle de la patrie, et des familles d'ancienne noblesse à côté des classes bourgeoises et populaires, est supérieur à un autre état qui n'a rien de celles-ci.

L'entente cordiale entre la France et l'Angleterre, sous le règne de Louis-Philippe, n'a pas duré quatre ans : depuis l'entrevue d'Eu (septembre 1843) jusqu'à la brouille amenée par les mariages ]espagnols, au mois d'octobre 1846.

Sous Napoléon III, elle n'a guère été plus longue : depuis que les flottes anglaise et; française sont parties ensemble pour la Crimée (octobre 1853) jusqu'aux adresses des colonels français après l'attentat d'Orsini (janvier 1858) et à l'indignation qu'elles firent éclater en Angleterre.

l'oncle de l'ettkope

Le roi Edouard VII a voulu — et il faut l'en louer — renouer ce fil qui s'était cassé deux fois. Les circonstances sont plus favorables que du temps de sa mère : l'Allemagne, en effet, donne des soucis à l'Angleterre, en sorte que celle-ci a plus d'intérêt qu'autrefois, au maintien de son entente avec la France. '

L'Empereur Guillaume II a prononcé beaucoup de discours et pris beaucoup ^d'attitudes; mais c'est en deux occasions, surtout, qu'il est intervenu : d'une façon personnelle et décisive : quand il a congédié M. de Bismarck; et quand il a envoyé au Président Kiùger le télégramme qui a été le point de départ des mauvaises relations entre l'Allemagne et l'Angleterre.

De ce qu'il a fait dans l'un et l'autre "cas," les Français ont-ils à lui en vouloir?

I/ABADiE-IyAGRAVE, unTdes écrivains français les plus verses dans les questions extérieures, admirablement renseigné sur tout ce qui a trait à la politique, aux hommes et aux choses de l'Angleterre.

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