Chapitre II. — Mes dettes ... Glissons
4. — Chapitre III. — Les femmes... Rassurez-vous, mesdames, le roy saura garder les secrets du prince de Galles.
vi. — quand j'étais prince de galles.
Chapitre de mémoires inédits, recueilli par Caran d'Ache. {Le Journal, 1903}.
GUILLAUME ET ÉDOUARD
Bretagne et la France et rien ne nous autorise à supposer qu'au moment où il s'est engagé dans cette entreprise, si difficile en apparence mais destinée pourtant à être couronnée d'un si prompt succès, les sentiments intimes de l'homme n'étaient pas en parfaite harmonie avec la politique du roi. Edouard VII a dépassé l'âge où les souverains peuvent avoir du goût pour les aventures belliqueuses et il est à présumer que « le plus parisien des Anglais » avait gardé au fond du cœur une vive sympathie pour un pays et une ville qui ne lui ont évidemment laissé que d'agréables souvenirs.
Mais, sans élever le moindre doute sur la sincérité des manifestations d'amitié dont le souverain de la Grande-Bretagne se montre si prodigue envers notre pays, nous ne devons pas perdre de vue qu'Edouard VII est avant tout un Anglais et un roi. Certes, il n'a pas au fond du cœur ce sentiment d'hostilité incurable que les plus célèbres ministres de la Reine Victoria, tels que lord Palmerston, lord John Russell et lord Salisbury, éprouvaient à l'égard, de notre pays, mais il connaît trop bien le caractère de ses sujets et il a une notion trop exacte de sa responsabilité devant l'histoire pour sacrifier l'intérêt national à des idées générales ou à des considérations de sentiment.
Pour le moment, la politique du roi se trouve en parfaite harmonie avec les sympathies intimes de l'homme parce qu'une réconciliation avec la France était la première et la plus indispensable condition de l'œuvre que la politique anglaise allait entreprendre en Europe.
Débarrassée de tout souci du côté de l'Amérique, grâce à une entente anglo-saxonne dont les colonies espagnoles avaient fait les frais, et délivrée de tout souci pour la sécurité de ses possessions asiatiques depuis que la Russie, vaincue par les Japonais et affaiblie par une révolution, a été obligée de renoncer à ses rêves d'extension indéfinie, l'Angleterre n'a plus à se préoccuper maintenant que de mettre Anvers et Rotterdam à l'abri des convoitises de l'Allemagne.
Le roi Edouard VII s'est mis vaillamment à l'œuvre pour grouper toute l'Europe autour de l'Angleterre. Grâce à son amabilité, il s'est déjà assuré à très peu de frais l'adhésion de la France et de l'Espagne.
Les pourparlers avec la Russie sont en bonne voie et il ne serait pas impossible que, dans un délai plus ou moins rapproché, l'Autriche ellemême se souvint des liens d'intimité qui l'unissaient autrefois à la Grande- Bretagne.
Ainsi se tourvera réalisée l'idée maîtresse du règne d'Edouard VII : la constitution d'une ligue européenne qui rendra les plus grands services aux intérêts britanniques, tout en ayant pour mission apparente le maintien de la paix.