ACTE II, SCÈNE YI
M. ROUSSET
Il est vraiment fort bien.
POPIN, se tournant tout à fuit vers M. Dous^ct.
Il a surtout, monsieur, les qualités solides I Bien d'autres papillons sortent des chrysalides L'aile plus diaprée...
M. ROUSSI, insii^tant.
Il est fort bien.
POPIN, souriant.
D'accord !
Je ne dis pas cela pour lui faire du tort, Puisque, dans son état, c'est le bon sens qui compte.
M. ROUSSET
Parbleu!
POPlN.
Lui-même ici reconnaîtrait sans honte Qu'il ne possède pas la grâce des Lauzuns, Ni ce brillant d'esprit qu'on voit dans quelques-uns...
Avec amabilité.
Dans monsieur votre fils, pour citer un exemple!
M. ROUSSET, avec un peu d'humeur.
Sachez que désonnais le comptoir est son temple!
POPIN, se récriant.
Pourquoi? pourquoi? chacun a- sa vocation ^
Et tout le monde sait que son intention
Est de vivre en auteur 1 . . . de grossir la phalange ! . i »
M; ROUSSET, vivcniout.
Lui? ,
POPIN^ surpris.
Haisvdus coimaisscz..;
M. ROUSSËT.
Une méprise étrange i
POPIN
Comment! ce qu'il a fait n'est point de votre goût?
IIADAIIE DUFERNAY, amèrement, à H. Roussel.
Voilà Toyez qu'on en parle !
POPIN
On en parle partout ! . .
Souriant.
C'est peut-élie un peu vif pour de la poésie...
A M. Roussel.
Mais tant d* esprit, monsieur, mais tant de fantaisie ! La pièce emplit, ce soir, tout le petit journal...
H. ROUSSET, hors de lui.
Quelle picce?...
POPIN
Le titre est fort oiiginul...
M. ROUSSET, d'une voix étoufTcc.
Quel titre?...
POPIN, souriant.
Ohl modestie!...
M. ROUSSET
Expliquez-vous, de grâce î On ne vient pas ainsi...
POPlN, tirant le journal et indiquant l'endroit.
Tenez ! . . . voici la place.
M. ROUSSET, repoussant la feuille.
C'est impossible!...
POPIN, insistant.
Hais...
M. ROUSSET, parcourant vite, et voyant la signature.
Misérable ! . . .
POPIN, abasourdi.
Pardon. ,
U. ROUSSET, bondissant et froissant le papier.
Son nom ! . . . mon nom ! . . . L'infâme ! il a signé mon nom !
POPIN, se débattant.
Mais... permettez... la pièce esl ravissante, et j'ose...