‹ L'oncle Million: comédie en cinq actes et en versChapitre 73 sur 122 · ACTE III, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IX

MADAME DUFERNAY, lui serrant la maiu.

Merci!...

ETIENNE, hésiUnt.

J'ai cru. . . malgré mon âge. . .

Pouvoir goûter cncor. . . les douceurs du ménage. . .

MADAME DUFERNAY, vivement.

Quoi doiic? quoi?...

ETIENNE

Vous allez rire, mais c*est égal. . .

J'ai rattaché mon cœur au lien conjugal.

MADAME DUFERNAY, hors d'clie-mémc.

Vous!...

ETIENNE

C'est un vieux projet qui dormait dans mon âme.

MADAME DUFERNAY.

Vous plaisantez !

Pourquoi?

MADAME DUFERNAY.

Soixante ans ! . . .

ETIENNE, avec feu.

Je réclame!

Soixante ans, moins sept jours, — ne me vieillissez pas !

MADAME DUFERNAY, avec ironie.

Oh! oh!

ETIENNE, montrant Alice.

Depuis dix ans j'accompagne ses pas. . .

Mais, puisque l'avenir est tout couleur de rose. On n'a plus grand besoin du vieil oncle morose, Et votre choix, d'ailleurs, me prouve clairement Que je ne suis pas fort en fait de jugement !

MADAME DUFERNAT, changeant de ton.

Ah ! très-bien !.. c'est cela ! ... je comprends votre idée ! Vous pensiez, sur le coup, me voir intimidée, Et qu'on pouvait ainsi, jusqu'en cette maison, Par une gascoimade embaucher ma raison !

ETIENNE, comme piqué, vivement.

Gasoonnade? Un moment ! . . . Vous confondez, — j*époiise !

HADAME DOFERNAY, avec colère.

À votre aise, après tout; je n'^i si^s point jalouse, S'il vous plaît de subir maint brocard mérité!...

ETIENNE, se redressant.

J'ai ce courage!,

MADAME DUFERNAY.

Ou mieux, cette témérité; Car il en faut, vraiment, pour oser de la sorte. . .

ETIENNE, l'interrompant.

Cliez moi, je suis le maître.

MADAME DUFERNAY, avec emportement, lui moutruul

le fond.

Eh bieu, voici la porte!

ALICE, courant à DAdame Dufemay.

Quoi ! . . . notre seul ami ! . . .

MADAME DUFERNAY, à Etienne, sans répoudre à Alice.

Secouez sur le seuil Mes observations qui gênent votre orgueil !

Vous êtes libre ! allez ! . . . Sans qu'on vous porte envie. Vous pouvez désormais arranger votre vie, Et fouler sous vos pieds, tout en philosophant. L'estime de la mère et l'espoir de l'enfant. . . Mais vous ne pourrez pas, — tout maître que vous êtes, — Vous vanter, quelque jour^ d'avoir courbé nos têtes !

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