CAS DE DIVORCE ENTENDU PAR TÉLÉPHONE
DANS l'État d'indiana
L* avoué ne peut pas être présent.
Néanmoins il gagne sa cause en plaidant le procès par fil téléphonique.
Elwood, Ind, 18 mai — Mrs. N. de Arcadia, par l'entremise de son avoué J. W. Flippen de Tipton, demande le divorce au « Hamilton circuit court ». Quand le procès fut appelé, l'avoué qui était engagé dans un autre cas important, ne put être présent. Il appela le juge au téléphone et lui expliqua la situation, demandant que le juge con-
(i) Le 15 août 1906, le corrrespondant d'un journal écrivait :
< En Amérique, tout est prétexte à fêtes, à cérémonies, à lunch. On ne s'y contente pas des réjouissances pour les âançaiUes, pour le mariage, voilà qu'on est en train d'y instituer ceUes du divorce. A Boston, où l'initiative de cette solennité vient d'être prise, le père d'une jeune femme divorcée a lancé des lettres d'invitation à un lunch, auquel ont été conviés les amis et connaissances, pour célébrer un événement qui permet à la divorcée de reprendre son nom de jeune fille.
On ne dit pas si la gaieté a régné jusqu'à la un, ni si le premier époux se trouvait parmi les invités. Ce serait pourtant très américain. »
(2) Divorce Case Heard by Téléphone in the State of Indiana.
Lawyer Couldn't Attend.
Nevertheless He Wins the Case by Conducting the Trial Ovêr ikê Wire.
LE DIVORCE
sente à juger le cas par téléphone. Le juge Neal y consentit volontiers et les arrangements furent bientôt terminés. — Les témoins furent réunis dans chaque cour du défendant et de la demanderesse.
Les témoignages furejit fournis comme d'habitude ?
L'avocat présenta ses eirguments toujours par téléphone ; il finit ainsi son plaidoyer : « Ma cliente est une femme rafiinée et de bonne conduite, pendant que son mari est un gredin et pas du tout fait pour le mariage. Je demande qu'elle obtienne le divorce. »
« Le divorce est prononcé » répondit vivement le juge et on passa à une autre affaire. »
Quelle dut être la stupéfaction de l'imprimeur de New- York qui reçut certain jour ime commande de cartes d'invitations libellées ainsi :
Madame Israël Murray réclame le plaisir de ^otre présence à la célébration de son divorce avec M. Israël Murray, mercredi soir lo juillet dix neuf cent un, à neuf heures (i).
Le Directeur d'une des plus grandes compagnies de fabrication de l'acier, qui avait eu des débuts plus que modestes et était devenu millionnaire, j ugea, quand la fortune lui eut souri que sa famille était de condition trop inférieure pour lui. Le charmant homme, l'aimable époux, dont les journaux s'occupèrent beaucoup à l'époque, força sa femme à demander le divorce après lui avoir assuré un avenir princier, pensant que l'argent pouvait compenser l'affection et l'amitié ! '
(i) Aux Etats-Unis, on compte 84.000 hommes divorcés et 1 14.000 femmes divorcées, soit 30.000 femmes de plus que d'hommes. Les hommes se remarient donc plutôt que les femmes.
Le ménage avait un fils, la mère demanda que la garde lui en fut confiée. La sœur du peu galant millionnaire en question, appelée en témoignage, resta du côté de sa bellesœur. Sa déposition est intéressante. Voici ce que le Gazette- Times (i) publiait : « — miss... (la belle-sœur) fut un témoin
intéressant. Elle corrobora les déclarations de Mrs X
que Z... (le millionnaire) avait délaissé sa femme et qu'elle et sa mère avaient, à différentes reprises, mais sans succès essayé d'amener une réconciliation. Son frère a-t-elle dit avait perdu de vue son « home » étant absorbé par les affaires et infatué avec la « Fast Life » de New- York.
— Considérez- vous, dit le juge à la belle-sœur,, votre frère comme un gardien convenable pour son fils !
— Certainement non.
— Pourquoi ?
— Pour la raison qu'il n'est pas une personne assez convenable pour que. son fils s'associe avec lui. Il n'a pas de « home » et ses amis ne sont pas de bons compagnons pour un jeune homme de l'âge de mon neveu. Je ne pense pas qu'aucun homme de New- York soit bon pouf se charger d'un garçon de cet âge.
— Voulez-vous parler de tous les hommes de New- York.
— Je ve.ux dire, répliqua la belle-sœur — tous les hommes
riches de New-York,
Si en France, tout finit par des chansons, aux Etats-Unis, tout finit par des originalités. Un Cercle des divorcés vient d'être fondé à Cleveland (Ohio). Le centre de ce cercle était tout indiqué en raison de la quantité des divorces prononcés dans ce Comté, qui possède le plus grand nombre de « fabriques de divorce ». Une première réunion a eu lieu chez un médecin de la ville qui a été élu président. On a
(i) A. Pittsburg.
jeté ie& bases de la cousiiimicm do cerck.. Ton? ks membres paieront nu droit d'entrée et mif cotif^atioii annneDc dont le montant servira à paiper }fs fraif^ dr divarre. En ienmt partie, «n conséquence, non seulement ie? divorcéB, maÎB anssi ceux gni intenteront â îenr femme imo action en divorce, Les membrej- du C^^rcle se rcHmiront dans nn locail où ik tronverom tonte? les aise? possible ponr leur iaire oublier ce loyer perdn. TV manT'ais plaisants font cDuiii k" bmiî gne J'on connnencera par établir nn oonrs de contnre ponr ajyrendre à condne les bontons. Knfin ime des primijMles daîwfy de la constitntjon dn C>roîe porte que icmi membre du Cercle devra kair ïcs^ fcmmes^ : s'il a le malheur de se remarier, il sera bontensement ohasso du Cerde. Avant de lever la séance, nn membre dn Oerole, nn divorcé, a proposé d'ofirir nne médaille en on oméo d*^ diamants, an jo^ qni anra prononcé le phis de dix'oroos dans nne année.
Puisque nous sommes sur le sujet du divorce, racontons d'apirès le journal ♦ Los Ams^el^ Tim-es * cette amusante anecdote :
Par ce temps de nombreux divorces, disait notre a>nlV^ro un homm^e doit faire bien aiUniion ax-ec quclk /vt>v»««<' il se marie et foui spêeiaUmeni doit bien voir s'il ne se remarie pas avec une femme avec laquelle il a été divoix^é 2\ iKWs auparavant î Car, le fait est réel, il vient d'aniver ]mS is^^ment à un homme de la cité de Montana. Ktant downn amoureux d'une femme il fit sa déclaration, (ut accepté et précisément par la femme dont il avait été divon é il y a 23 ans. Ce ne fut qu'après la cérémonie qu'il s'aporvnt tic la chose !
Des avoués n'ont pas craint d'annoncer dans les joui naux qu'ils pouvaient procurer facilement le divorce po\n 40 dollars.
Nous avons entendu dire par un juge que les procès de divorces étaient pour lui un travail très désagréable parce que les témoignages montraient souvent des faits très révoltants.
M. Maurice B. Blumenthal assistant du District- Attorney de New- York disait que le seul moyen d'empêcher ' les usines à divorces d'avoués ou d'autres, était d'avoir une seule et même loi pour l'Amérique et une seule et même loi pour le divorce (i).
A propos de divorce, citons ce fait qui s'est passé l'année dernière à Saint-Louis (Missouri) Une dame, Mme Charles G... dont le mari est enfermé dans un asile d'aliénés, a obtenu le divorce. Une demi-heure après (vous avez bien lu ! une demi-heure après), elle s'est présentée devant le juge Cronin, en compagnie de M. Cleirence T. T**, de Houston (Texas), demandant à être mariée immédiatement. Le juge de paix a consentie sa demande et les a mariés sur-le-champ.
Avant d'épouser M. T. T. madame G. qui est très riche d'ailleurs, avait mis de côté 30.000 dollars pour assurer à son ancien mari Charles G. des soins empressés et constants dans l'asile où il se trouvait interné.
Dans un éditorial de cinq colonnes, J. S. Drake Ford, éditeur du Yorkville S, C Yeoman annonçait que plutôt que de continuer avec sa femme, il préférait choisir peirmi les trois alternatives suivantes : le suicide, le whisky ou le divorce. Il disait que son respect pour la religion lui défendant le suicide, et son respect pour lui-même ne lui permettant pas de rechercher la consolation dans une boisson forte, il demanderait le divorce.
Les lois de l'Etat ne sanctionnant pas cette procédure.
(i) Dans une récente réunion des Sociétés catholiques tenue à Buâalo, on a voté une motion contre le divorce, proposant la séparation de corps et de biens, demandant tout au moins aux pouvoirs publics que les gens divorcés ne pussent se remarier encore.
LE DIVORCE
il annonçait dans le journal dont il est éditeur depuis dix ans, qu'il allait suspendre sa publication, ce qui lui permettrait d'aller où il pourrait obtenir la délivrance que les statuts de Santa-Carolina lui dénient.
En toute justice pour sa femme, d'ailleurs, il considérait qu'il était juste de déclarer que son caractère n'était pas en question.
Terminons ce chapitre consacré au divorce, par cette anecdote amusante racontée tout récenunent par un de nos confrères de la presse américaine qui avait spirituellement intitulé son article : Plus de querelles dans le ménage.
Voici le récit :
« Un fermier et sa femme des environs d'Anderson, dans rindiana, sont mariés depuis nombre d'années ; mais, depuis sept ans, la brouille était dans le ménage et, à chaque instant, survenaient des querelles suivies, à la fin, d'une séparation. Cependant à leur âge avancé, les deux vieillards n'ont pas jugé convenable de demander le divorce. Ils ont donc pris un autre moyen pour régler leur différend ; ils ont signé un contrat en présence des autorités judiciaires, et en vertu duquel ils s'engagent à ne plus se quereller et à vivre heureux ensemble. Ce contrat porte en substance qu'à la suite de fréquentes querelles, ils ont failli se divorcer. Mais arrivés à un âge où l'on réfléchit, ils s'engagent publiquement par le présent acte à ne plus s'exposer à rompre les liens du mariage par leurs querelles, jusqu'à la fin de leurs jours.
« Ils le promettent sur leur honneur. En conséquence : Le mari, John, s'engage à ne plus sortir sans le consentement de sa femme Marguerite, à ne pas fréquenter des femmes de mauvaise vie sans le consentement écrit de ladite Marguerite. John s'engage à se conduire à l'égard de Marguerite, sa femme, comme un bon et fidèle mari et à ne lui donner jamais le moindre motif de se plaindre ou de demander le divorce. De son côté, la fenrnie, Marguerite,
s'engage, en présence de ces promesses, à prendre John en affection, à remplir ses devoirs d'épouse et de ménagère, et à maintenir John dans le sentier de la paix et du bonheur.
Le contrat, rédigé en bonne et due forme, a été signé par les deux conjoints devant le juge qui l'a revêtu de son sceau.
Si beaucoup de ménages pouvaient suivre'un tel exemple, les cas de divorce seraient bien moins fréquents.
, -li
Humanité!
SI r Américain est T homme d'affaires par excellence, il est aussi le plus humain des hommes ; il donne volontiers ; sa charité est discrète; son aide, délicate et sa philanthropie sans bornes. Dans tous ses actes on peut apercevoir Vomhre d*une bienfaisance. Ses domestiques sont traités avec la plus grande mansuétude ; il leur parle doucement, leur accorde un confortable en rapport avec son train de maison. Nous avons vu, à Tusage de bonnes (ce qui ne se voit pas en France hélas !), des chambres chauffées au gaz, éclairées à Télectncité, un plancher recouvert d'un large tapis ; bien des chambres de bourgeois en France, n'ont point tant de luxe ; et malgré nous, nous songions à nos pauvres mansardes d'étudiants, situées au premier étage en descendant du Ciel, où nous grelottions en hiver pendantqu'en été, nous pensions habiter sous l'équateur !
L'employé a aussi un sort digne d'envie ; le décorum obligatoire de nos administrations n'existe pas. Fait-il trop chaud ? Vite il se -mettra à l'aise, travaillera en bras de chemise, ôtera même son gilet, et nul ne s'en offensera que ce soit dans une banque, dans une grande maison de commerce, ou dans une petite boutique ; un ventilateur électrique aérera l'appartement et de l'eau fraîche, glacée même, est à la disposition de quiconque.
Dans l'atelier de l'une des plus grandes usines de fer, nous avons été fort surpris de voir plusieurs kilos de glace apportés chaque matin pour le confort des ouvriers.
Cette humanité qui nous a fait tout de suite aimer les Américains et les respecter, nous pouvons la voir encore dans la loi. Un homme commet-il une faute légère pour la première fois, au tribunal, devant son repentir, ses regrets, le juge ne l'acquittera pas, ne le condamnera pas ; il suspendra simplement la sentence, n'entachant point la vie du coupable. Cette loi, n'est-elle pas plus généreuse, plus libérale que la loi Bérenger française ? Vraiment, en France, on ne sait pas pardonner !
Un homme est-il condamné ? à moins d'un grand crime, il aura toujours le choix de payer l'amende ou de faire de la prison. Les étrangers en rient et disent qu'en Amérique l'argent est la fin de tout ! Peut-être, mais, n'est-il pas préférable de payer que de subir l'humiliation de la cellule ? La loi dans tous les pays du monde, exige une sanction ; sa sévérité ne s'étend pas seulement au délit, car ses conséquences sont graves — perte de réputation, de travail pour quelques jours à l'ombre. Payer ? n'est-ce pas ce qu'il y a de plus vexant et c'est encore plus moral ; un coupable peut échapper au contact pernicieux de la prison qui est bien l'école de tous les vices ; le cœur pourri n'a rien à y gagner et la conscience honnête tout à y perdre !
Voici une histoire touchante et qui montrera ce qu*est le grand cœur américain ; pour ne point être accusé de romanciers à l'imagination trop féconde, nous citerons tous les noms.
Une petite fille Margaret May Blanche Kinney, âgée de 13 ans, devint orpheline. Les autorités de Lyconning County où elle habitait, la remirent au Rév. Thompson, directeur du « Children's Temporary Home » à Wilkingburg qui, à son tour, la confia en vue d'adoption à M. John W. Miller de Meadville.Le caractère indomptable de l'enfant obligea ce dernier à la renvoyer à l'asile. Bientôt un incendie détruisit la maison charitable, en faisant quatre victimes ; deux femmes et deux petits enfants furent
HUMANITÉ
brûlés vifs. Horreur ! on découvrit que le feu avait été mis par la fiUette ; elle avoua sans paraître se rendre compte de son crime, donna des détails qui écartèrent tous les doutes et ajouta qu'elle avait fait dissoudre des allumettes dans le café des pensionnaires ! Elle expliqua que la cuisinière Tavait battue, qu'elle l'ennuyait et que son désir était de se sauver. Un juge la condamna à être envoyé à Morganza, pénitencier pour les jeunes vicieuses. Là, on refusa de l'admettre ; puis on pensa à l'envoyer chez les faibles d'esprit. Le public se passionna pour cette affaire ; un juge (dont nous regrettons bien d'avoir oublié le nom) déclara que l'enfance est naturellement perverse, qu'elle a en soi de mauvais instincts qui se développent ou s'annihilent suivant la direction familiale. Un autre, à l'appui de cette thèse, raconta qu'ayant perdu sa mère, il resta avec deux autres frères à la charge de son père qui se remaria. La belle-mère fut une mégère pour eux; exaspérés, ils voulurent la jeter dans im puits et sans l'intervention du chef de famille heureusement arrivé à temps, ils devenaient des assassins ! Et aujourd'hui, les trois jeunes gens sont bien établis et de parfaits honnêtes hommmes.
Mais cela ne résolvait pas la question ; Margaret était toujours sans conseil, quand un jeune avocat fut chargé d'eue et se mit en rapport avec les autorités. Le docteur A. V. Chessown après examen, déclara : « Cette enfant est née de parents très honnêtes mais fort pauvres, son intelligence est moyenne et je crois que les malheurs ont été la cause de l'aberration de son esprit. Elle semble repentante ; elle s'ennuie de la solitude, de sa maison, de son église et de son école ; il lui faut la liberté... »
Une femme de bien, madame Turner, se présenta à l'audience accompagnée de son fils Alfred ; elle demanda qu'on lui remit la fillette, donnant toutes les garanties possibles et montrant à la Cour, lé portrait d'un jeune
homme aujourd'hui marié, qu'elle avait adopté dans les mêmes conditions !
Au milieu du plus grand silence, alors que le public était sous le coup d'une émotion indicible, le juge J. D. Shafer s'adressa doucement à la jeune Margaret :
« Maintenant, nous avons décidé de suspendre la sentence et de vous laisser avec cette bonne dame et son fils. Vous connaissez les charges très sérieuses qui existent contre vous ; nous pourrions vous envoyer dans une prison tout le reste de votre vie ; mais, nous avons pensé que ce n'était pas une place pour vous. Vous trouverez chez Mme Turner une excellente maison, une famille dévouée, et ce, aussi longtemps que nous n'entendrons plus parler de vous. Nous avons confiance dans votre conduite future. C'est tout. » — et, simplement, Mme Turner prit l'enfant par la main et partit suivie de son fils. N'est-ce pas admirable de chanté.
Humanité aussi cette pieuse coutume de conserver à bord des navires les corps des soldats décédés pendant la traversée à leur retour des Philippines, laissant ainsi aux parents la suprême consolation de rendre les derniers devoirs à l'être qui leur était si cher.
Ceci contraste singulièrement avec la morgue d'une grande ville industrielle (que tout le monde reconnaîtra sans que nous en citions le nom) ; nous avons été étrangement impressionnés de trouver dans une ville aussi riche le monument des morts dans un désarroi complet. Les cadavres des noyés, des suicidés ou des malheureux sans identité, étaient étendus sur une table légèrement relevée ; point d'appareils frigorifiques; les morts étaient à côté les uns des autres dans une remise contenant une vingtaine de voitures.
Un jour que nous parlions en termes chaleureux de l'admiration que nous éprouvions devant la grande humanité des Américains, un Français nous dit : « Sur la
HUMANITÉ
plage de Woods Holl, j'ai trouvé tous les dix ou quinze pas des mouettes se débattant sur le sable avec les deux ailes arrachées ; les gens qui leur font la chasse pour orner les chapeaux, ne se donnent pas la peine de tuer les malheureuses bêtes ; et ce qu'il y a de piquant, c'est que la loi du Massachussetts ne permet pas à un naturaliste de
le Bnoilyn EagU.)
Inconsiqnence : Une Américaine reproche sa cruauté
à un gamin qui cherche à atteindre de sa fronde un
oiseau, alors qu'elle en porte un sur son chapeau qu'il
a bien lallu tuer pour en parer sa coiffure.
ramasser un œuf et il y en a des quantités sur le bord de la mer ! » Ce que nous disait le Français était vrai, mais, il ne faut pas juger un peupJe sur un fait particulier ; dans chaque pays, on peut trouver des actes d'atrocité et encore le fait qui précède n'a eu qu'un temps, Mme Eckels de Baltimore, par une plainte à la société protectrice des
animaux a fait supprimer cette coutume barbare. D'ailleurs 200 dollars d'amende et un an de prison font réfléchir !
Un grand défaut que nous avons constaté chez les Etrangers, et spécial aux Français, c'est de ne voir toujours que les mauvaises choses alors qu'il y a tant à admirer. Faudrait-il juger les Allemands par la compassion ridicule d'un habitant de Jersey City et dire qu'ils n'ont delà sensibilité que pour les bêtes ? En effet, nous avons trouvé dans un grand journal de New- York, le récit suivant : « M. R. S... possédait un gros chien Booby, auquel il tenait beaucoup ; c'était un excellent animal, doux comme un mouton et aimé de tout le monde dans le quartier. Booby est mort de vieillesse. Son maître lui a fait faire un cercueil doublé de satin et, accompagné de nombreux amis, est allé l'enterrer à l'endroit où doit se trouver plus tard le parc d'Ogden avenue. Le cercueil couvert de fleurs avait été placé sur une petite voiture d'enfant que traînaient deux des fils de M. S... En avant, il y avait une fanfare qui exécutait des marches funèbres ; sur le bord de la tombe elle a joué le « Wacht am Rhein » Puis, un des assistants a fait l'éloge funèbre du fidèle Booby, pendant que son maître pleurait comme s'il avait perdu un de ses enfants. »
La société protectrice des animaux est connue en France, mais assez peu développée; en tout cas, elle n'est pas aussi stricte qu'en Angleterre. Une aimable américaine de passage à Paris, nous écrivait : « Je suis surprise de voir la brutalité des cochers de fiacre pour leurs chevaux. En Amérique, on ne permettrait pas cela. » La réflexion est juste pour ce qui concerne la France ; en Amérique, on ne brutalise pas les chevaux de fiacre parce qu'il n'y a pas de fiacres ! mais, notre gentille amie a oublié de regarder les chevaux de trait qui sont tous pourvus d'un mors brisé, pesamment chargés et caressés par une lourde main de nègre armée d'un fouet court et cordonné !
HUMANITÉ
Sans exagération, on peut dire que les mulets sont, en Amérique, les animaux les plus^maltraités du monde entier ; ils galoppent toujours dans les côtes comme dans les descentes, mais un mulet n'est pas un cheval Vous voyez
bien qu'il ne faut pas s'arrêter aux détails et que le mieux est de constater les mérites. Une grande vertu n'efface- 1elle pas bien des défauts ?
LÀ LOI PE LYNCH
TOUS les Européens ont entendu parler de la fameuse Loi de Lynch,
On nomme, aux Etats-Unis, Loi de Lynch {Lynch Law) la justice sommaire que ce peuple exerce contre les individus qui jouissent de l'impunité par Tinsuffisance des lois. Ce nom vient d'un certain John Lynch, colon de la Caroline au xvi® siècle, que ses concitoyens investirent d'un pouvoir discrétionnaire, afin de juger et de réprimer immédiatement les désordres nécessairement inséparablesd'une colonie naissante.
La loi de Lynch est le plus souvent appliquée aux nègres On verra plus loin pourquoi (i).
Dans certains Etats, le population nègre est trois ou quatre fois supérieure à la population blanche; à Georgestown (Caroline du Sud) on compte sept nègres pour un blanc. Les noirs n'ont pas le caractère pacifique qu'on leur accorde
(i)« Cette loi, plus souvent appliquée que les peines légales, ne connaît que deux peines, l'exil ou la mort. Le banissement est d'ordinaire précédé de fustigation ou d'emplumage — supplice qui consiste à plonger la victime dans un tonneau de goudron, puis àla rouler dans un amas de plumes. — La peine de mort que l'on applique est presque toujours la pendaison, parfois la fusillade, et en quelques cas, heureusement très rares, le bûcher. Dans son message de 1 89 1 , le gou vernemeur du Texas donne même une sanction à cette « loi » en recommandant aux citoyens d'en finir vivement avec les meurtriers comme ils font avec les « voleurs de chevaux »
{Diplomatie and Consular Reports Trade and Firrance, Foreign Office 1891 ï)9 823) ; en quelque comté de cet Etat, la police est accompagnée de dogues qui suivent l'homme à la piste. »
Elisée Reclus — Lois des Etats-Unis, p. 807.
généralement, excepté dans les états où il sont en infime minorité ; sans éducation, ils vivent comme des bêtes et ont leurs instincts; non seulement ils assassinent mais ils commettent sur les femmes blanches d'atroces attentats, sans épargner les fillettes. Alors, c'est un besoin de protection commune, un désir de vengeance qui dégénère bientôt en guerre de races ! (i)
Lewis Harris, homme de couleur avait été arrêté pour avoir tenté de violer une jeune fille du village d'Aberden; il fut enfermé dans la prison de Belair. Pendant la nuit, une foule énorme attaqua la prison. Des coups de feu furent échangés entre la foule et le Shérif qui, avec ses aides gardait la prison. La lutte fut courte, car des hommes masqués enfoncèrent la porte avec des marteaux de forgeron et envahirent la cellule de Lewis Harris. Ils lui passèrent un nœud coulant autour du cou et Tentraînèrent au pied d'un énorme peuplier qui borde la route voisine de la prison. Pour tout interrogatoire, on lui demanda s'il avait quelque chose à dire. Le nègre répondit : « si j'ai commis ce
(i) Parlant des nègres, voici ce que disait en Louisiane, un personnage célèbre à notre confrère Jules Huret :
« ...Provisoirement c'est une brute, pas méchante, c'est vrai, douce même, mais pourrie de vices. Quand il a travaillé une semaine, il se repose la semaine suivante ; il ment pour le plaisir de mentir ; il ignore les lois de la dignité humaine. Il ne se marie pas ou guère il change de femme comme un animal.... La salacité du nègre est sans limite. A certaines époques, il devient la proie sans défense de ses instincts. Et alors, la vue d'une femme blanche le rend complètement fou. Il sait qu'il sera lynché, pendu, brûlé une heure après, cela lui est égal. Rien ne l'arrête. C'est le gorille déchaîné 1
« Les nègres sont des êtres mineurs, des enfants sauvages, qu'il
faut surveiller et guider pour des siècles encore.
« Qu'ils deviennent d'abord des hommes moralement libres, qu'ils prouvent qu'ils méritent leur liberté, et alors on pourra voir mais seulement alors... » (p. 375).
{De New-York k la Nouvelle-Orléans).
LA LOI DE LYNCH
crime c'est que j'étais ivre et ne savais pas ce que je faisais ; je ne me souviens de rien.» « Faites votre prière » lui dit un des honmies et ceux-ci lançant la corde par-dessus une branche de l'arbre, ils tirèrent Harris qui se trouva suspendu en l'air, aux vifs applaudissements de la foule, mais, la branche se brisa sous le poids du nègre qui tomba sur le sol; alors, la corde fut aussitôt passée par-dessus une autre branche et le nègre qui poussait des cris et des gémissements fut de nouveau et pour de bon cette fois lancé dans les airs. L'extrémité de la corde fut attachée à un poteau voisin et les exécuteurs de la loi de Lynch criblèrent à coups de revolver de plus de 200 balles le corps du nègre et se retirèrent sans bruit. Harris resta suspendu à l'arbre jusqu'au lendemain matin ; la police vint alors le dépendre et le jury du Coroner qui fit l'enquête, déclara, selon l'usage en pareil cas que Harris avait trouvé la mort entre les mains d'inconnus.
Un nonmié Porter avait assassinée une fillette de 10 ans après lui avoir fait subir les derniers outrages. Il prit la fuite, mais ceux qui travaillaient aux champs, quittèrent la charrue, ceux qui passaient en voiture abondonnèrent leur attelage ; tout le monde se mit à sa poursuite ; toutefois il fut rejoint par des policemen qui, sous ime bonne escorte le conduisirent à la prison. La police de Denver craignant la colère des habitants, résolut de le mener dans une autre ville.
La foule ne fit qu'augmenter ; des milliers de personnes entouraient la j)rison ; les membres de la famille Frost (famille de la petite victime) menaçaient d'employer des moyens violents à l'égard du shérif. Le police ne pouvait suffire pour écarter et contenir la foule irritée. Pendant ce tempSjle jeune Porter qui entendait les cris de mort proférés contre lui lisait la Bible et priait tout en exprimant le regret de son crime ; cependant il ne perdait pas son sang-froid.
Dans l'après-midi, Porter fut conduit secrètement à la
gare de V Union Pacific pour être amené à Hugo sans s'artêter à Linion où se trouve le chemin. Mais les « vigilants » surveillaient tous les mouvements de la police, ils s'étaient organisés avec soin et lorsque le train fut arrivé près de Linion, un comité choisi parmi la foule des « vigilants » a fait signe au mécanicien d'arrêter. Les seize honmies bien déterminés qui composaient le comité de vigilance ont sauté dans le train et, malgré les protestations du Shérif et de ses aides, ils emmenèrent Porter. Ils se rendirent' à Lake Station à peu de distance de Linion, afin d'exécuter le nègre à l'endroit même où il avait commis son crime.
Le père de la jeune Louise Frost était venu de Denver dans le même train que Porter et s'était mis à la tête du cortège. L'enlèvement de Porter et sa conduite sur le lieu de l'exécution se passèrent dans le plus grand ordre. Des reporters et des télégraphistes suivaient afin d'envoyer des compte-rendus complets aux journaux. Lorsqu'on fut arrivé à l'endroit où la jeune fille avait été tuée, le père de l'enfant demanda que le nègre fut brûlé sur un bûcher. D'abord les « vigilants » s'opposèrent à ce projet cruel, mais ils finirent par y consentir. Des traverses de chemin de fer furent apportées par charretées et on érigea un bûcher. En attendant le jeune Porter était gardé à vue près de là ; il tremblait de tous ses membres et tenait une Bible à la main; on ne lui fit pas subir la moindre mutilation. A 6 heures et demie du soir, il fut attaché sur le bûcher et le malheureux père, mit le feu lui-même à la pile de bois. Une foule énorme venue de tous les coins du Comté de Lincoln, était à ce moment réunie sur le lieu du supplice.
Le jeune nègre resta calme jusqu'au moment où les flammes commencèrent à toucher sa chair. Il se mit alors à pousser des hurlements affreux. Son agonie dura 20 minutes. Il avait été attaché avec des chaînes à un poteau sur le bûcher et pour activer les flammes, « les vigilants » versaient du pétrole sur les traverses !
LA LOI DÉ LYNCH
L'exécution du nègre fut épouvantable. Le nègre criait: «Laissez-moi partir, j*ai encore quelque chose à dire. Mon Dieu ! mon Dieu ! laissez-moi partir » En attendant le feu continuait son œuvre. Le corps se consumait, le nègre hurlait, se secouait et les chaines rendaient un bruit lugubre. A la fin le corps a glissé le long des chaînes, la tête en dehors du bûcher et les pieds seuls dans les flammes. Pour hâter sa mort, les « vigilants » ont de nouveau jeté sur son corps des planches saturées de pétrole et le feu activé a vite accompli son œuvre. Le nègre s'est évanoui et n'a pas tardé à expirer.
Les autorités judiciaires du Comté de Lincoln poursuivirent une enquête dans le but de traduire devant les tribunaux les personnes qui brûlèrent sur un bûcher Joseph Porter(i) Le Shérif, interrogé à ce sujet, répondit qu'il serait impossible de trouver dans le comté ou dans les comtés voisins un jury qui voulut condamner ceux qui ont pris part à l'exécution sommaire. L'affaire n'eut pas de suite.
A ce propos, les ministres méthodistes de Chicago écrivirent au Président Mac Kinley pour attirer son attention sur cette exécution cruelle et firent ressortir que 2.000 personnes subirent la loi de Lynch dans ces dix dernières années. Ils invitèrent le Président à proposer une loi qui mette fin à ces exécutions sommaires.
Rien n'a été fait. Le Président Roosevelt n'a pas pu rien faire. Cela peut paraître étonnant dans un pays où les nouvelles lois se font si vite.
(i) Le Président Rooseelt s'est élevé contre les lynchages. Les exécutions sommaires lui ont inspiré cette sentence tragique. « Quiconque a jamais pris part à la mort d'un criminel par l'horrible supplice du feu doit perpétuellement, dans la suite, garder en son cerveau et dans son âme le spectacle affreux de sa propre action ; il ne peut plus jamais redevenir le même homme qu'avant. »
Cest à cause de cette loi de Lynch que les Américains ne sont pas à la tête de la civilisation. Ils le savent parfaitement (i).
Dans la Caroline du Sud, en août dernier la loi de Lynch était une fois de plus appliquée ainsi qu'en témoigne la dépêche suivante adressée au Courrier des Etats-Unis par l'un de ses correspondants :
Columbia (Caroline du Sud), i6 août. — Le nègre Bob Davis qui, lundi dernier, avait blessé gravement Mlle Jennie Brooks et avait ensuite essayé de la violer, près de Greenwood, a été captiuré cet après-midi par une bande d'hommes partis à sa poursite aussitôt après que la nouvelle du crime fut connue. L'exécution a eu heu ce soir à 7 heiures 30, malgré la présence du gouverneur Hesnvard qui a essayé, mais en vain, de faire respecter la loi.
Le gouverneur est arrivé sur les lieux peu de temps après avoir appris la capture du nègre. Il est monté sur une plateforme construite à la hâte sur une haie de la ferme appartenant au père de la victime, et de là a harangué la foule. Ses paroles ont été applaudies, mais la foule n'a rien voulu entendre au sujet de la remise du nègre entre les mains de la justice. Après le discours du gouverneur, elle a entraîné le nègre hors de la vue du gouverneur, à peu de distance de la maison de M. Brooks, et là Davis a servi de cible à des centaines de personnes qui ont criblé son corps de baUes de revolver et de fusil.
Aussitôt après la capture du nègre il avait été confronté avec sa victime et reconnu. Cette confrontation a été des plus émouvantes.
La milice faisant actuellement les manœuvres à Chickamauga, le gouverneur n'avait pas de troupes à sa disposition, et c'est pour cela qu'il est venu seul à Greenwood,
(i) Le Magazine The Arena a donné ces chiffres relativement à l'application de la loi de Lynch :
104 en 1903 ; 86 en 1904 ; et 66 en 1905.
LA LOI DE LYNCH
espérant faire entendre raison à la foule. Il avait donné Tordre à ses gardes et aux Richland Volunteers de se tenir prêts à se rendre sur les lieux, mais la foule était tellement déterminée qu'il a renoncé à leurs services.
Voici encore un terrible exemple de la loi de Lynch. Citons ces deux nouvelles publiées le même jour par le Courrier des Etats-Unis à New- York d'après les dépêches de son correspondant :
Corinth (Mississipi), 28 septembre. — Le 19 août dernier M. Whitfield en rentrant chez lui trouva le corps de sa femme étendu sur le plancher de la pièce où elle se trouvait. La tête avait été enlevée du tronc à l'aide d'un rasoir et le mari ayant été inunédiatement prévenir la police et ses voisins, un grand nombre de citoyens partaient peu de temps après à la recherche du meurtrier. Plusieurs personnes furent arrêtées, mais toutes purent prouver un alibi. Les choses en étaient là et on désespérait de pouvoir retrouver l'assassin lorsqu'un jeune nègre arrêté dans les environs de cette ville, après avoir comparu devant un comité de douze citoyens, pressé de questions, a fini par ■avouer qu'il avait assassiné Mme Carrie Whitfield pour pouvoir plus facilement voler ce qu'il pouvait trouver dans la maison.
Un meeting des citoyens de la ville a eu lieu aussitôt et, à l'unanimité, il a été décidé que le nègre subirait la loi de Lynch. Celui-ci a demandé à ce qu'on lui fasse grâce pendant 24 heures afin que sa mère et son frère qui demeurent à Memphis viennent l'embrasser pour la dernière fois. Le délai lui a été accordé et on attend les parents à une heure avancée de cette nuit. Il est certain qu'aussitôt après les avoir embrassés le nègre subira la loi de Lynch.
Corinth (Mississipi), 28 septembre, minuit. — L'assassin de Mme Whitfield a été, ce soir, brûlé vif et jusqu'au dernier moment a fait preuve du plus grand courage.
Sa famille était arrivée et il a demandé à son frère de prendre soin de ses enfants et de son bien, après quoi ilaété conduit au cimetière où un bûcher avait été élevé. On Ty a fait monter après que ses vêtements ont été imbibés de j)étrole, et le mari et le frère de la victime, armés de torches, y ont mis le feu.
Plusieurs centaines de personnes, venues des environs, assistaient au supplice. Le spectacle était horrible, le nègre grimaçant se tordait sous la douleur, enfin sa tête tomba sur sa poitrine. Il était mort.
La foule a continué à entretenir le bûcher et ne s'est dispersée que quand le corps du nègre a été réduit en cendres.
Si en France on usait de pareils procédés qui sait si cela ne donnerait pas à réfléchir aux apaches et ne hâterait pas la diminution de leur nombre.
Il n'y a pas que les blancs qui pratiquent la loi de Lynch. Les nègres ne se gênent guère pour en faire autant.
A ce sujet, une correspondance de Butte (Montant) citait le fait suivant :
Un train de marchandises qui traversait la réserve indienne* Crow Wing a écrasé une femme indienne qui traversait la voie et qui a été tuée sur le coup. Un Indien qui l'accompagnait a aussitôt assemblé un certain nombre de ses partisans qui se sont emparés du serre-freins. La police indienne a été aussitôt appelée et quand elle est arrivée au village elle a trouvé les Indiens dansant autour d'un poteau auquel était attachée leur victime qu'ils s'apprêtaient à torturer et à brûler. Les Indiens se sont fâchés de ce que la police intervenait dans leurs petites réjouissances et la situation a, pendant un moment, failli devenir grave. Après maint pourparlers, les descendants des héros de Fenimore Cooper, ont consenti à relâcher le « visage pâle >> qui était plus mort que vif et avait déjà recommandé son âme à Dieu.
LA LOI DE LYNCH
Comme on le voit, il était temps vraiment que la police arrivât. Hélas ! combien de fois anîve-t-elle trop tard, et ise montre-t-elle impuissante.
L'abolition de cette loi de Lynch est une bien grave question qui semble presque impossible à résoudre. Une Société nègre de Boston voulut protester contre cette même loi de Lynch, mais elle fut un peu effrayée par la lecture d'une lettre d'une dame Nolaù de Delta (Caroline du Sud), disant que son mari, pasteur du temple méthodiste de cette ville, avait été pendu par des Blancs pour avoir formé une société ayant pour objet d'empêcher les exécutions sommaires.
Il résulte des statistiques officielles que, pendant l'année 1899, la loi de Lynch à été appliquée à 107 personnes, dont 23 Blancs et 84 Noirs. Ces faits ne se sont passés que dans quatre Etats du Nord, tous les autres appartiennent aux Etats du Sud. C'est dans la Géorgie, le Mississipi et la Louisiane que les exécutions sonmiaires sont les plus nombreuses ; elles ont été appliquées pour meurtres, violences sur les femmes et incendies. Dans un cas, la victime avait été mise à mort pour intempérance de langage et dans im autre, la foule s'est trompée et a exécuté un innocent ! (i)
Mais il ne faudrait pas juger toute l'Amérique par ces incidents ; malheureusement les journaux entretiennent trop le public de ces faits regrettables et voilà comment on méconnaît un grand peuple.
Sous la Rubrique : «Les gaîtés de la Potence » un grave
(i) Si la loi de Lynch est indigne d'un grand peuple, il faut reconnaître pourtant qu'il n'est pas toujours possible de maintenir la colère populaire. Les Nègres — dans les Etats où ils sont 10 pour 2 blancs — sont abominables ; ils violent les petites filles, les lemmes ; il sont absolument sauvages, bien entendu sur cette question-là seulement,
journal américain inscrivait cet article : On ne se rend pas généralement à une exécution capitale comme à une partie de plaisir. Il semble pourtant que dans T Arizona l'application de la peine de mort ne doit plus effrayer personne et qu'on puisse sans terreur aller voir pendre un homme, si l'on en juge par l'invitation suivante : lancée par le Shérif du Comté de Navajo pour une exécution qui devait avoir lieu à Holbrook : •
« Monsieur, vous êtes cordialement invité par la présente à assister à la pendaison d'un assassin nommé Georges Sunley. Son âme sera envoyée dans l'éternité le 8 décembre, à 2 heures après-midi. Les méthodes les plus récentes et les plus perfectionnées dans l'art delà strangulation scientifique seront mises en usage, et on fera tout ce qu'il sera possible de faire pour que l'entourage soit plaisant et que l'exécution soit un succès. »
Mais le public n'a pas pris l'invitation du bon côté et a trouvé que, pour une invitation à assister à la pendaison d'un homme, les termes étaient trop gais. Le Shérif s'est empressé de complaire à l'opinion. Il a renvoyé l'exécution au mois suivant et il a lancé l'invitation suivante, imprimée sur papier de deuil : « C'est avec le plus profond regret et le plus grand chagrin que je vous invite à assister à l'exécution décente, humaine et privée d'un être humain, nommé George Sunley pour crime, meurtre. Il sera exécuté lundi à deux heures de l'après-midi. On compte que vous vous conduirez d'une façon respectueuse ; on ne permettra à personne de tenir des propos grossiers ou insultants. Rien de ce qui pourra troubler le solennité ne sera toléré. »
La loi de l' Arizona exige que le Shérif lance des invitations à l'exécution, mais la loi ne dit pas en quels termes elle doit être conçue. Pour éviter à l'avenir, tout contretemps fâcheux, la législature de l' Arizona a établi une formule légale.
Et elle fait éprouver une si épouvantable terreur cette
LA LOI DE LYNCH
loi de Lynch que pour y échapper les malheureux sont capables de tout.
En voici un exemple.
Le 23 mars dernier, arrivait mourant à la Nouvelle- Orléans (Louisiane) un nommé Baster Martin qui venait de passer par une terrible aventure. Martin, quoiqu'il soit de race blanche et nouvellement marié,avait été accusé d'avoir attaqué une jeune fille blanche.
Un tribunal s'était formé et, malgré ses protestations énergiques d'innocence, il venait de se voir condamner à subir la loi de Lynch, lorsqu'il put se débarrasser de ses gardiens et prendre la fuite.
Sous une grêle de coups de feu, Martin s'enfuit à travers champs, et une émouvante chasse à l'homme commença.
Dans sa fuite, le malheureux rencontra une voiture attelée, s'en empara et continua sa course vers les bois, à toute vitesse, toujours poursuivi par la foule qui tirait sur lui.
A un certain moment le cheval s'abattit et Martin dut continuer sa coiu*se à pied. Il rencontra, à douze milles de Berwick city, un nègre nommé Richard WilUams,il l'accusa de vouloir l'arrêter et feignit de tirer une arme de sa poche. Le nègre, se voyant en état 'de légitime défense, abattit le fuyard d'un coup de revolver. Or, Martin n'avait pas d'armes sur lui et le nègre a été arrêté.
Martin a demandé aux autorités de Berwick de relâcher le nègre Williams, disant qu'il l'avait menacé pom- se faire tuer lui-même afin d*échapper à Vapplication de la loi de Lynch !
L'ÉPUCATION
L'enfance est très protégée aux Etats-Unis, et quand on dit la prootection de r Enfance, on ne dit pas un vain mot. Il y a d'ailleurs à son sujet une législation des plus sévères et d'autre part il y a aussi dans le peuple américain une volonté morale qui s'impose pour cela.
On veut sauvegarder les enfants pendant leur développement jusqu'au jour où ils seront devenus des hommes en stimulant leur individualisme et en musclant leur corps.
Ce qu'il importe surtout, avant tout même, aux Américains qui s'occupent de l'enfance, c'est que chacun des enfants puisse devenir un « Self made man », un fils de ses œuvres comme on dit en France.
Dès qu'un enfant peut aller seul, (dit notre confrère Francis Dortet de New- York) on l'abandonne à ses propres mouvements. Le meilleur moyen d'apprendre à nager est de se jeter à l'eau : c'est une vérité élémentaire. Ce n'est pas r habitude que les bonnes suivent en grognant les promenades et les jeux des jeunes garçons. Quant aux mères, elles ont bien autre chose à faire qu'à les traînel" accrochés à leurs jupes. Et le temps de «Shopping» de coUHÎ" de boutique en boutique, où le prendraient-elles donc ? Car c'est là une occupation essentielle des femmes américaines. Si par hasard elles amènent un baby, il existe dans certains grands magasins une très pratique institution. Avant de faire leurs emplettes, elles se débarrassent du moutard encombrant en échange d'un tiket. Il attend dans une salle en compagnie de jouets et de petits compagnons sous l'œil
^^Ê l'oncle SAM Ll]1 ^^^1
^V , bénévole d'une gardienne spécialement attachée A ^^^| ^^r service. Puis ayant termine leurs achats, les mamans d^^^^l ^M senteot le liket reçu et on leur rend le baby tout comm^^^^l
^H vestiaire on remet à l'ouvreuse sa canne ou son P^^^^H
A Mais, générdj^^H ment, on laisse a^P^| enfants prendre à leur ' guise de l'exercice, soit à la maison, soit au dehors. En France il n'y a guère que les enfants des classes pauvres qui sortent et vont à l'école an loin sans être accompagnés. A New-York, les meilleures familles ont adopté ce système.C'est d'abord par raison d'é-
des domestiques étant fort c personnel nombreux quand il une même maison. En second li tement que leurs fils ou leurs fi dans la rue. Le public se charg leur protection. Si l'on se p brutalité quelconque, on risqu vaudrait une amende élevée à respect aussi puissant, il n'est contre sur les avenues les plu tiers les plus éloignés des grt craignent point la foule et do
Dans leurs jeux, ils font preu w 104
conomie, car les gages oiiteux il faudrait avoir un y a plusieurs enfants dans 2U, les parents savent parfailes ne courent aucun risque e de leur surveillance et de ermettait envers eux une eraît d'être écharpé et cela
l'agresseur. Entourés d'un pas étonnant que l'on ren-
animées ou dans les quarupes de marmots qui ne nt l'assurance fait plaisir à
ve des mêmes sentiments de
■ précocité. On peut voir, par les temps de neige, par eJtémîîle des petits bonshommes de 6 à 7 ans glisser à plat ventre sur leurs traîneaux du haut des pentes de l'Hudson à des îsses vertigineuses. Ils dorment l'impression que plus tard ils seront de rudes jouteurs; pour l'instant ils font une belle provision d'audace.
! Pour être heureux, il faut avoir une bonne santé.quelque aisance, des loisirs indépendants, le goût des livres et de la musique, d'excellents amis, une aimable femme... et un bon cigare ». Cette phrase renferme la satire du bonheur, mais la fortune semble avoir prodigué aux Américains toutes ces prospérités. Tout jeune l'Américain apprend donc à se diriger lui- I même, il a des volontés que la famille respecte.
I/ONCIE SAM CHEZ LtH
■ Il ne faut faire aux enfants nulle peine ; même légère »
Certes l'éducation des garçons est moins sentimentale que la nôtre, mais le résultat en est meilleur; les fils ne comptent pas sur pajia ; sitôt sortis de l'école, ils se suffisent en partie à eux-mêmes ; l'argent qu'ils gagnent sert à leur entretien et il est rare qu'un jeune homme de i8 ans vive aux dépeins des siens ; de bonne heure, il est aux
prises avec les dfficultés de la vie.
L'Américain a une teinte de tout ~
et à l'âge voulu, il peut se diriger vers la profession qui l'intéresse le plus, L'instruction, bien que les programmes des grandes écoles soient surchargés sans raison et sans utilité, n'est point absorbante et laisse aux élèves beaucoup de liberté pour les sports qu'ils pratiquent avec passion, c'est pourquoi les Américains ont une génération robuste, ^^^ peut-être indisciplinée, sûrement entre-
^^^^^ prenante et hardie.
IJl» La fille américaine est très pexson-
^Vfl nelle, indépendante encore plus; c'est un
^^^K être d'exception. Elle va, vient comme il
^^1 lui plaît, elle achète ses toilettes suivant
^^1 le crédit de son père qui, légalement, en
^^H est responsable ; comme sa mère, elle a
^^H ses réceptions, ses lunchs, ses amies. Elle
V^^ est jolie et aime qu'on le lui dise, elle
■ ^Ê recherche le compliment, les émotions
■ I * very exciting * ; elle adore le /tiriage " M qui, pour la jeune fille est toujoi
^ -^j. pectueux ; d'ailleurs le respect
w io6 M
de Ions
l'éducation
lui est assuré ; un Français ne peut approcher avec une jolie fenune sans lui débiter des galanteries ; rAméricain est plus réservé ; il reste le camarade.
Dans la rue elle n'a à craindre ni une insulte ni une proposition malhonnête (i) ; s'il lui en prend la fantaisie, elle peut aller seule ou accompagnée d'un jeune homme au théâtre comme à bicyclette et personne n'y trouve rien à redire. Il est impossible de reconnaître une jeune fille d'une jeune mariée ; la toilette est la même ; le mariage lui donne seulement un autre relief mondain avec de nouveaux amusements.
Sarah Bernhart a loué fortement le système d'éducation donné aux jeunes filles américaines.
« J'ai trouvé, a dit la grande artiste, l'américaine supérieure à la femme du vieux continent. Elle mène une vie différente dont on n'a pas l'idée en France. Là (en Amérique) le mari et la femme ont une vie spéciale et une existence distincte. La femme est intellectuelle dans le sens le plus large du mot et le mari travaille pour elle.
La jeune fille américaine est jolie et élégante ; elle se marie le plus tard possible et cela se comprend, étant donné la liberté dont elle jouit ; elle retarde son mariage parce que pendant qu'elle est libre, elle évite le fardeau inséparable du mariage. »
Il est bon d'ajouter que Sarah Bernhardt, ne l'a connue qu'au théâtre où l'américaine ne lui a pas ménagé les applaudissements !
M. Gaston Deschamps, que nous avons déjà cité a parlé aussi avec beaucoup d'enthousiasme de l'éducation des jeunes filles américaines au point de vue physique. Le Nouveau-Monde, a-t-il écrit à son tour, est un gigantesque
( I ) Elle connaît tout ou devine tout ; aussi rougit-elle pour des sous-entendus qu'une Française du même âge ne comprendrait pas !
atelier de beauté ; on n'y sculpte peut-être pas assez de belles statues en bronze ou en marbre, mais on y façonne des idoles vivantes I
« J'ai vu, continue-t-il, Smith, cette admirable colonie universitaire où une armée de onze cent trentetrois jeunes filles se préparent aux luttes de la vie en apprenant le grec, le latin, la chimie, les mathématiques, rhébreu, la « marche militaire », la natation, le canotage, le tour du trapèze, Tart de grimper au mât de cocagne. »
« Miss Brown ou miss So, grimpant au mât de cocagne ! En Angleterre on aurait crié « Shoking » ; en Amérique, on s'en est bien amusé ! »
M. Deschamps a écrit sur les universités américaines des pages splendides et merveilleuses de vérité. Il est vrai de dire que le système de sports et d'exercices a créé une minerve moderne.'
En Amérique, unie fille est toujours la bienvenue dans un ménage qu'il soit millionnaire ou pauvre ; dans la même famille, on voit fréquemment le garçon au travail et la fille au collège ; le fils est pâle, délicat, la fille forte et pleine de santé.
« Sang bleu » ou « arrivée » — rarement parvenue — elle a son mérite propre, non pas celui de ses ancêtres.
Dans une conférence qu'il fit à l'Université de Colombia, M. Cambon, alors ambassadeur de France à Washington, s'exprima ainsi :
« Déjà les femmes américaines savent apprécier les modes françaises et elles s'initient rapidement à l'esprit français; les Américaines doivent les imiter et chercher à comprendre le génie français. »
Si les Américaines s'habillent à la mode française, c'est qu'on peut les habiller mieux que partout ailleurs ; il faut espérer qu'en France, M. Cambon a invité les Françaises à connîdtre davantage leurs sœurs américaines qui par-
<• io8 *
l'éducation
lent un français très correct avec cette intonation étrangère qui ajoute un charme réel à la prononciation, mais elles peuvent s'exprimer aussi en allemand et en espagnol !
Dorothy Dix, dans un remarquable article du Dispatch de Pittsburg disait « qu'une fille est le « bibelot » de la vie américaine, qu'elle représente la classe cultivée et si elle est plus resplendissante que n'importe quelle autre, c'est quelle doit remplir l'idéal masculin. Un Allemand est satisfait avec une femme d'intérieur ; un Anglais réclame la bonté et l'intelligence ; le Français demande l'innocence et l'ingénuité ; l'Américain lui, désire toutes ces vertus et c'est pourquoi il ne se marie que très rarement avec une étrangère. »
A la vérité, Vâme féminine américaine est enchanteresse^ raffinée jusqu'à l'extravagance, parfois sensitive jusqu'à la gêne ; l'américaine conndt la littérature de trois ou quatre peuples ; ses yeux ont visité tous les musées, admiré les plus beaux paysages et son cœur ne renferme que de l'enthousiasme.
Coquelin aîné citait à son dernier voyage une épigramme du général Horace Porter qui est toute la définition de la femme américaine : « The american girl is like a pin ; she has a head which prevents her from losing herself ! » (i)
A ce sujet, c'est ici le moment de rappeler que dans une motion faite devant le « Lake View Woman's Club » Mrs Lydia A. Coonley Ward déplora l'atmosphère artificielle qui enveloppe l'enfant moderne et fit un éloquent appel à la sincérité et à la simplicité qui avait caractérisé le « Home » et la famille des pionniers.
« Nous avons, disait-elle, trop de vie artificielle dans la famille moderne. Retournez à la simplicité de vie de
(i) La femme américaine ressemble à une épingle ; elle a une tête qui l'empêche de se perdre. >
nos ancêtres et permettez à votre enfant de la partager dans toute son ampleur. Voulez-vous que votre maison soit faite pour la dignité ou pour la gaîtë ? Les mères doivent renoncer aux nourrices et vivre plus dans la chambre des enfants. La plus belle chose du monde est de voir une mère passant son temps avec ses enfants. Ne leur donnez pas des jouets extravagants.
« Vivez la vie que vous souhaitez pour vos enfants — Enseignez-leur le bien et le mal et alors vous n'aurez plus besoin de les gronder éternellement. »
L'évêque James Me Goldrick,de Duluth,un des hommes les plus éminents de l'Eglise du Nord-Ouest, a déclaré devant une classe de l'Académie Saint- Joseph (Institution catholique romaine), que l'éducation américaine ruinait les génies et ne leur donnait pas une chance de se manifester. Il a fait aussi une attaque sévère au sujet des bienfaits de Andrew Carnegie, assurant que le maître de forges dépenserait mieux son argent en dotant les institutions d'éducation qui éduqueraient réellement et ne laisseraient pas les esprits emmagasiner des acquisitions mentales sans utilité pratique. Il a dit aussi : « Les neuf dixièmes des génies de notre pays ont été détruits par une méthode d'éducation qui empaquette, pour ainsi dire, l'esprit de l'infortuné élève avec un nombre illirnité et varié de faits. Je ne peux pas comprendre comment un tel amas de débris de connaissances mentales peut être accepté comme une éducation réelle. Les élèves préparés comme des machines ne donnent pas les hommes dont nous avons besoin. »
« M. Carnegie a fait une seule bonne chose parmi les nombreuses qu'il a faites et qui montrent un faux jugement c'est celle d'avoir donné lo.ooo.ooo de dollars pour une investigation spéciale. Les autres dons n'ont pas répondu à leur but, et il n'a pas su apprécier la méthode de faire le bien qu'il voulait faire
« Au lieu de donner une éducation solide et réelle à la
« IIO «b
^^^^ffise du peuple, il lui a donni^ des bibliothèques pa^SB^^^^| ^V zaines, par vingtaines. C'est beau et excellent mais rda ^^H ^H n'a i)as donné un résultat remarquable. Ses bibliothèques ^^H ^^1 ^'^^^ remplies de ^^^|
^H livres dont les go ^H ]K>ur cent sont des ^^H bouquins de Htté- ^^H rature américaine, ^H bon marché et ^H mauvais et dont ^^M les meiJleurs n^' ^^M sauraient faire di'^ ^H lecteurs pensant
^H « D'autre part.
^H le professeur arm - ^H ricain. dans ^H majorité des culK ^M ges américain-.
^^H n'est autre cbux ^H qu'un« salarié dans ^H une cage ; » teUes ^^M sont les paroles ^^P prononcées par V M.LéopoIdMabil- ^Ê leau, conférencier ^L otlicie! de l'Al- ^^fe (tance Française, ^^K au cours d'une couf ^HT Chicago. Il a dit éga ^^H collèges américains f ^H seurs qui y étaient no ^H et d'écrire ce qu'ils \ ^^H de leurs actions étal ^^H nistration de ces collé
Carùalute\de AHdr6 Ciiinegie
Peler NtnraU le reprtsenle comnie nn eufem jounut aire dans l« ktlna. — 11 » voulu surtout Œillet
rence qu'il a faite à l'Université d ement que les professeurs, dans le ndés par des particuliers, les profes mmfe n'étaient pas libres de pense oulaient et que la plusgrande parti ?nt contrôlées par le conseil d'admi jes. M, Mabilleau qui pst le dirocteu