‹ L'Oncle Sam chez lui: (Mœurs américaines) 73 illustrations (photographies et documents)Chapitre 11 sur 16 · III · texte numérisé non relu

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du Musée Social à Paris, avait choisi pour sujet de cette" conférence : « Des idées fondamentales de l'instruction publique en France ». Il est nécessaire que le professeur parle et pense comme il lui convient, même si ses idées sont contraires à celles du conseil d'administration de l'université où il enseigne. Cette liberté n'existe pas dans la majorité des universités américaines dont un gr^d

nombre ont été fondées par des particuliers. H paraît qu'il est fortement question d'améliorer cet état de choses.

L'éducation américaine a du bon, cependant et il faut ' le dire : les travailleurs ne sont pas hostiles aux riches. M. Jules Cambon, alors qu'il était ambassadeur de France à Washington, disait dans une interview au correspondant de l'Echo de Paris, en parlant de la grève dans les aciéries que l'ouvrier en Amérique n'était pas hostile à l'aristocratie

l'éducation

de V argent, à V aristocratie capitaliste, parce qu'il croyait qu'avec de l'intelligence et de la bonne chance il pouvait devenir lui aussi un Carnegie ; aussi, au lieu d'être jaloux, il dit que « Carnegie played his game fairly ! » (Il a bien joué son jeu !) (i).

Quand il s'agit de l'hygiène et de l'éducation physique, les Américains font les choses largement. Voyons par exemple, ce qu'ont fait et ce que font encore les Bostoniens pour donner de l'air à leur ville, avec la pensée bien arrêtée que cet air pur et vivifiant, doit être, avant tout, destiné aux enfants des pauvres comme aux enfants des riches.

Ils se préoccupent moins d'embellir Boston et ses environs par des squares à la fois coquets et spacieux, que de permettre à toute la jeunesse du district de prendre ses ébats sur des terrains spécialement aménagés pour eux, pensant que. ces enfants deviendront aussi des hommes d'une plus grande capacité productive et que, par suite, le district récupérera tôt ou tard les millions dépensés en achat et en transformation de terrains.

« La municipalité de Boston, dit Mme Arvède Barine vota, en 1878, une première somme de 2.250.000 francs pour achats de terrains à aménager en parcs.

« Actuellement, le district de Boston a déjà dépensé 166 millions en réservoirs d'air et il n'est pas au bout.

(i) Dans le même curieux interview, M.Jules Cambon disait : « Quand on retourne en Europe après avoir vécu quelque temps avec les Américains, tout parait petit en France. L'Amérique est si colossale, si jeune, qu'elle a en réserve, en magasin, bien d'autres surprises. »

Un journaliste américain de nos amis, venu en France, disait : « La Seine paraît un ruisseau, les maisons petites, les montagnes des collines ; quand on voit un Français payer, il a l'air de compter ce qu'il a dans sa poche. »

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