‹ L'Oncle Sam chez lui: (Mœurs américaines) 73 illustrations (photographies et documents)Chapitre 8 sur 16 · I. sans dot. Aujourd'hui les Américaines se prévalent de I · texte numérisé non relu

I. sans dot. Aujourd'hui les Américaines se prévalent de I

cette coutume désintéressée comme d'une vertu .,

Elle continue d'avoir lieu, et c'est fort bien, en effet, puisqu'ellt: répond à la conception que l'homme du Nord en général, et l 'Anglo-Saxon, en particulier, se sont faites de la femme. » (i).

iRET. De San-Francisco au Canada. (Exig. Fas-

LE PiVORCE

T * Américaine divorce oMssi aisément qu'elle se marie. Le

L^ divorce^ est si facile à obtenir que de jeunes ménages

après quelques jours de vie commune, n'hésitent pas à

se séparer. C'^/ le grand mal social des Etats-Unis et il va

en progressant.

La cause en vient de ce qu'on se marie trop vite et sans se connaître. Le Révérend Michaël de Pittsburg n'hésitait pas, dans un sermon remarquable, de le qualifier de prostitution légale ; il admettait la séparation, mais non point l'établissement d'une nouvelle famille. Un autre Révérend W. Pickard de Cleveland proclamait à son tour que la femme américaine avait contribuée à rabaisser la sainteté du mariage et avait fait du divorce une chose commune. Les statistiques et l'observation sont terriblement éloquentes, (i) ajoutait-il; elles montrent que parmi ce peuple où la richesse et le luxe abondent, on rencontre le plus grand nombre de divorces ; le « High Life » doit se souvenir qu'il exerce une vaste influence et que ceux de la classe moins fortunée suivent son exemple, même dans ses fautes.

D'après le New-York 5«n, il y a actuellement 114.000 divorcées contre 84.000 divorcés ; cette différence s'explique par lé fait que beaucoup d'hommes divorcés se remarient ;

(i) Chicago doit être ûère d'elle-même par le fait qu'elle a d'inscrites 11.834 demandes de divorces seulement depuis le i*^ janvier

dans TEtat de l'Ohio, il y a 7700 femmes divorcées ; dans la Pensylvanie 4000 ; même quantité à peu près dans l'Etat de New- York ; dans TUtah, la province des Mormons, il s'en trouve seulement 35.

Les légistes déplorent la présente constatation ; M. Maurice Blumenthal conseillait une loi générale pour tous les Etats, mais les bonnes intentions des législateurs sont restées et restent à l'état de projet ; cela peut paraître étrange, dans un pays où les lois sont votées et promulguées si rapidement. C'est généralement la femme qui demande le divorce et qui l'obtient ; le mari ne se défendant presque point et même pas du tout. Conmient expliquer cette disposition du mari ? La femme est pourtant un ange, une créature éminemment sociable puisque toutes les veuves et toutes les divorcées se remarient quand elles le peuvent ! Est-ce que le mariage la transformerait en tigresse ? Il faut constater sans essayer d'approfondir ! Devant une Cour de Pensylvanie (véritable moulin à désunion) il a été présenté à la même audience 27 demandes (et il en est ainsi chaque semaine) : 16 pour abandon du foyer conjugal, 3 pour mauvais traitements ; 2 pour infidélité ; 3 pour conduite désordonnée ; 2 pour incompatibilité d'humeur.

A New- York, devant le juge Giegewich, 119 actions en divorce attendirent à un certain moment sa décision ; le mercredi qui est le jour consacré et surnommé « The Grass widow's matinée » réunit à l'audience tous, ceux en quête d'entendre des témoignages révoltants.

Max O'Rell a expliqué qu'il y a en Amérique des gens qui font du mariage une véritable spéculation et qu'il n'est pas rare de voir une jeune fille épouser un individu qui la quitte quelques jours après la cérémonie. Il n'est pas besoin d'ajouter que les bijoux et ses économies disparaissent avec le mari ! « Pourquoi séduire, pense le vaurien ; le mariage est plus facile. » La délaissée peut se consoler avec cettq

LE DIVORCE

réflexion que tout est perdu sauf l'honneur et c'est certainement une consolation.

Il n'est pas rare de voir un homme réclamé par trois ou quatre femmes; excepté dans l'Utah, les peines infligées par les tribunaux sont très sévères. Le concubinage aussi, est puni très sévèrement. A Butler, un homme et une fenmie qui vivaient comme mari et femme sans être légalement mariés, furent d'abord chassés par les habitants, puis mis en prison.

Nous nous trouvions en Amérique, depuis deux mois, quand une dame nous fit sans préambule une étrange question : « Est-ce que les Français battent leurs femmes ? — « Mais, oui, c'est la mode », répondîmes-nous tout interloqués et ne comprenant pas bien. Mais, nous eûmes vite l'explication, en lisant les comptes-rendus des tribunaux. L'Américaine qui recherche le divorce, se plaint toujours des brutalités de son mari ; elle apporte des assertions si révoltantes qu'on les croit avec peine. Toutefois le même cliché revient à toutes les audiences, celui des coups ; « sous l'empire de la boisson il m'a frappée »

Le divorce s'obtient non seulement à peu de frais, mais encore avec la plus extrême facilité. Les instances sont pour la plus grande partie, introduites par les femmes.

Dernièrement, racontait Dixon, un Irlandais fit de son mieux pour prouver qu'il était maltraité, et que le divorce pour lui, devenait une affaire d'urgence.

Le juge fronça les sourcils

« Eh bien ! mon juge, s'écria le pauvre homme à bout d'arguments, je ne veux plus rien dire contre la femme ; seulement je souhaite que vous viviez quelque temps en sa compagnie. »

« Cette raison parut péremptoire au juge, qui s'empressera de délivrer au demandeur son acte d'affranchissement. »

Voici maintenant une chinoiserie curieuse pour l'obtention du divorce.

Dans rOhio, le tribunal de Wellsville avait refusé le divorce à un couple marié depuis une trentaine d'années. Les deux époux avaient cinq grands enfants. Tous deux étaient membres de « Methodist Episcopal Church. » Mais, deux années auparavant la demande de divorce, la femme s'était fait admettre comme membre de « The Free Baptized Holiness Church » et elle redemanda le divorce parce que l'acte d'organisation de « The Free Baptized, etc. défendait à une femme de vivre avec un homme comme son époux. Et le divorce fut accordé (i).

La presse s'est occupée d'un procès présent encore à toutes les mémoires. A Alleghany, deux nouveaux mariés depuis 10 jours, ont demandé le divorce ; la femme a allégué que son mari ne l'était que légalement, produisant le certificat d'un médecin et proclamant bien haut sa virginité. Le président du jury a eu une répartie très plaisante : « Madame, nous regrettons de ne pas être docteur ! » et il finit la phrase dans un sourire ; au contraire, l'époux se plaignait de l'inconduite de sa femme le premier jour des noces. Le jury a refusé de rendre un verdict, les trouvant peu intéressants l'un et l'autre et les obligeant à traîner leur boulet chacun de leur côté. Particularité étrange, toutes les personnes de la contrée s'en montraient confuses comme si elles en étaient responsables, voulant persuader les Etrangers que c'était la première fois qu'elles voyaient un pareil scandale ! Ce sentiment du public prenant fait et cause pour des inculpés se reproduit aussi à l'occasion d'un crime.

Un procès curieux, qui certainement ne s'est présenté devant aucune autre juridiction, s'est déroulé à Pittsburg. Une femme demanda le divorce et l'obtint. Son mari se remaria aussitôt ; alors elle attaqua le jugement disant

( I ) Une femme divorcée conserve la plupart du temps le nom de son mari et ne reprend pas son nom de jeune fille.

LE DIVORCE

que son mari Tavait poussée au divorce et qu'il ne l'avait battue que pour obtenir une séparation désirée par lui. On peut deviner l'embarras du juge ; si la plaignante a été longtemps à réfléchir, d'un autre côté l'homme divorcé a pris une veuve très respectable ; après avoir bien étudié l'affaire, le juge R. S. Frazer a renvoyé la divorcée des fins de sa demande, disant qu'il n'était pas possible d'annuler en cette matière une décision de la cour.

La chronique judiciaire réserve toujours aux lecteurs de plaisantes histoires : Devant le tribunal de Hagertown (Maryland), un sieur S..., âgé de 82 ans, qui possédait une ferme aux environs de Hancock, demanda à être séparé de sa femme, qui habitait à Montgommery (Pensylvanie) et qu'il accusait de l'avoir abandonné. Les époux S... s'étaient mariés en 1852 ; ils avaient cinq enfants dont le plus jeune au moment du procès avait 40 ans !

Un juge de la Cour Suprême de Buffalo a acquitté dans de curieuses circonstances, une femme accusée de bigamie, Mme F.*** de Wilkesbarre (Pensylvanie). Cette femme, en effet, a déclaré qu'elle avait trois jnaris et non pas deux, comme on l'en accusait. Elle a donné des explications si plausibles que le juge n'a pu la condamner. Mariée au Canada, elle s'est divorcée de son mari et s'est crue parfaitement libre de convoler en secondes noces (i). Mais le second mari a suivi l'exemple du premier et s'est éclipsé pour toujours. La brave madame F.*** n'a pas perdu courage et s'est mariée une troisième fois. Le mari numéro 3 a encore plus vite disparu que les deux autres. Il s'est alors présenté un numéro 4 qui veut tenter la fortune ! Alors, MmeF.*** qui se rendait un compte exact de la

(i) Son avocat, faute de paiement des honoraires n'avait pas fait enregistrer le divorce et tant que les honoraires seront encore dus, le divorce ne sera pas encore valable.

valeur d'une propriété bien et dûment garantie, s'est décidée à demander le divorce de ses trois précédents maris. Elle a sauté de joie en pleine audience, lorqu'on lui a annoncé que son premier mariage était seul légal et que toute procédure contre les deux autres maris était inutile. Elle espère que l'affaire va marcher rondement et qu'elle possédera bientôt le numéro 4 selon les formes légales.

Le juge en l'acquittant du fait de bigamie a déclaré que cette fem^me ne savait au juste quel était son nom véritable dans tout ce curieux imbroglio de mariages.

A Steubénville (Ohio) un juge, R. G. Richards a refusé d'accorder un divorce demandé par un mari qui alléguait simplement que sa femme mangeait des oignons verts ?

Un juge de paix doit être toujours d'ailleurs doublé d'un philosophe. Tel est d'ailleurs, d'après le « Chicago Record Herald, » le magistrat Furlong de Brooklyn.

Un jour, Mrs Charles Wood, vint devant lui poursuivant son mari pour abandon. Le ménage n'était marié que de quelques semaines et le magistrat pense qu'il est vraiment pitoyable que leur rêve fut si vite terminé. Il leur conseilla d'oublier leur différend et de retourner ensemble chez eux. Ils suivirent son charitable avis et recommencèrent leur lune de miel si malencontreusement interrompue. Avant de les laisser partir toutefois, le juge de paix prit la jeune femme à part et lui dit à l'oreille : « Gardez votre mari jaloux, rendez-le jaloux et vous serez heureuse. S'il devient jaloux, vous n'aurez plus besoin de revenir ici. Le mari jaloux est bon, le mari jaloux est fidèle, le mari jaloux est aimant, croyez-moi, gardez votre mari jaloux. »

Excellente philosophie en somme et sain avis !

En 1906, le journal « The World » a pubhé la nouvelle d'un mariage et d'un divorce sous la rubrique suivante :

le divorce

Mariage et Divorce par Téléphone (i) Et cela sur deux colonnes :

. Voici l'annonce du mariage ; elle était libellée ainsi : Donnons d'abord les titres :

En Géorgie^ un couple est marié par fil afin de déjouer les parents de la fiancée.

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