‹ L'oncle Scipion (volume 2)Chapitre 4 sur 10 · ION · texte numérisé non relu

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3uce songeur, tandis me moue soucieuse, ire-t-ii; ainsi, eu as u as peut-être été un refuse de te donner .. Seulement, dame !

ivais moment..., un vérité, mais de tran-

isolé de vous gêner, qu'à vous être udie.

, sans beaucoup de }uiez me mettre à I emploi... dans vos

, se prend le menton idvement la tête:

'ourle quart d'heure îssaire... A te parler des draps pour l'ar- |u'elle promettait...

mais elle a échoué .'une administration LIS a joués, le minisplus de patriotisme u changer mon ■fusil ;.,. Dieu merci, rien rgie que cette dame mptoir, ec à laquelle

t^S l'oncle scipion

il faut que je te présente... M*"*^ Clémence, veiive dé mon ancien associé Sain tôt, une vaillante femme qui a soutenu mes efforts avec une affection, une abnégation surhumaines...

— Monsieur Mouginot! interrompt avec un accent de prière M™® Saintot qui rougit.

— Non, non, madame, insiste mon oncle, laissez-moi dire la vérité à cet enfant... Tu vois, Jacques, dans M"^^ Saintot une créature angélique, unefemiiiedetêteetdecœurqui a souffert presque autant que moi de nos communs déboires, mais qui s'est relevée héroïquement et qui m'aide à lutter en attendant que j'aie trouvé un autre filon!

Pendant que Scipion Mouginot prononce ce discours, un pâle sourire effleure les lèvres chagrines' de la mère d'Alice; ses yeux bruns, qui ont l'expression candidement affectueuse et résignée de ceuk d'un bon chien, deviennent humides et se tournent vers mon oncle avec des lueurs d'admirative reconnaissance.

— Mesdames, poursuit Scipion en étendant les mains vers M"^^ Clémence et sa fille, voici la grave question qui se pose devant nous... Mon neveu Jacques, ici présent, vient se jeter dans mes bras en invoquant la foi jurée et en sollicitant ma protection... Dois-je le repousser ou dois-je, malgré les diflfîcultés de l'heure actuelle ' — lirie heure de transition, mais dé transition

1er près de moi le Hls frayer un chemin vers

■ vers moi un regard

Ta bien -fait, monsieur sa voix douce.

lUt le garder! s'écrie et autoritaire, bouche des enfants!

oncte. Donc nous gar- 1 y a pour trois, il y a ion garçon, j'écrirai à jourd'hui, soyons tout' ence, il faudrait voir à uer le veau gras pour r Jacques... Voudriezvous occuper de ces

silendeXisement, passe revient, un panier au îne, sur sa tête et sort

cle me questionne sur enfui et me montre prend pas un temps nagasin se trouve une relée, communiquant lisine, éclairée par un

IfO L ONCLE SCIPLON

jour de souffrance; puis vient une pièce encombrée de registres, d'échantillons de toute provenance, qui sert à la fois de dortoir et de cabinet de travail. C'est tout.

Pendant que mon oncle m'explique les avantages de ce modeste logement a provisoire, » je me demande, non sans inquiétude, où il compte me coucher. — Peut-être croit-il que je suis descendu à l'hôtel ? — Cette incertitude au sujet de mon futur gîte me tracaàse et je voudrais bien en toucher quelques motsù mon subrogé-tuteur; mais, d'une part, les désHlusions qui pleuvant sur ma tête depuis mon arrivée m'ont paralysé, et, de l'autre, k présence de la petite AÛce m'intimide. — Nous sommes rentrés dans la salle à manger, où la fille de M™' Clémence s'occupe d'étendre une nappe sur la table et de dresser le couvert. Elle vaque à ces détails de l'air entendu d'une personne qui sait où tout pose ei qui agit comme si elle était chez elle. Elle m'apprend rapidement que sa mère occupe dans la maison un appartement séparé, mais qu'elles prennent leurs repas en commun avec mon oncle qui est devenu leur associé pour l'exploitation du commerce des toiles des Vosges; seulement le magasin a été mis au nom de M™^ Clémence, par égard pour la respectabilité de Scipion Mouginot, qui ne saurait déroger jusqu'à être marchand de toile.

leurtri encore de la riens de faire du haut ai un peu l'air d'une maussademenc dans l'Alice va de la table la cuisine, pose une Te, arrange symétrilier, tout cela avec la autille de branche en

ent, j'éprouve une déplus a la petite Alice s ; la désinvolture d'une

ne me paraît pas que t produit sur elle l'imiptais.

et le séjour d'Alice à eux l'importance d'un e n'ai été, moi, pour IX accidents de son ïcondaire d'un passant întrevue, a été plus ra-

par les distractions î nia solitude provinles jours; mais Alice, Parts, était sans douce es qu'elle m'a quasi çon de me regarder et ^le me fasse mauvais

visage, mais elle m'adresse la parole avec une . insouciance aimablement IndifTérente.

Au moment oîi je me livre à ces réflexions, M"* Clémence rentre avec ses provisions. Elle dispose sur le buflfet une boîte de sardines, une volaille achetée chez le rôtisseur, une terrine de foie gras, des raisins et trois bouteilles cachetées. Peu après, on sonne à [a porte; je vois entrer successivement une écaillère qui apporte des huîtres et un patronet en veste blanche qui exhibe un plat de côtelettes de porc toutes chaudes, avec leur garniture de cornichons.

En un clin d'œil, ces victuailles sont rangées sur la nappe, le vin est débouché, les sardines transvasées dans un bateau en porcelaine, et le poulet rôd (ait pendant à la terrine.

— A tablel s'écrie mon oncle, qui a passé un veston et qui s'assied à côté de M'"= Clémence. Ma foi! Jacques, tu vas dîner à la fortune du pot... Mais noits ne nous attendions pas, ce soir, au plaisir de rompre le pain de l'hospitalité avec toi.

Je reste ébaubi de l'abondance de ce diner improvisé en une demi-heure et qui aurait demandé une journée de préparation à M'"^ Mouginot-Péchoin. C'est cela qu'ils appellent « la fortune du pot?» Pour des gens qui ont des ennuis d'argent, il me semble que ce menu est encore un ordinaire fort acceptable. j

M"^^ Clémence me sert une douzaine d'huîtres. Je n'en ai jamais mangé, et j'avoue même que la vue seule de ces coquillages me cause une vive répugnance. Néanmoins, je ne veux pas avoir Fair trop provincial, et je me force à les avaler, mais j'ai l'air si malheureux en les tortillant dans ma bouche, que l'irrévérencieuse Alice. éclate de rire. Scipion Mouginot a repris sa belle humeur. Il se démène pour mettre tout le monde à son diapason. M^^ Clémence seule reste sérieuse et ne sourit que du bout des lèvres. Comme ils me croient très affairé avec les huîtres, mon oncle et elle échangent de mystérieux propos auxquels, d'ailleurs, je ne comprends absolument rien.

— Vous avez vu ces messieurs? interroge anxieusement M"'® Clémence.

— Oui..., c'est-à-dire... je n'ai vu que l'avoué, mais ça suffit.

— Hé bien?

— Tranquillisez-vous... On rédigera une petite revendication..., de quoi clore le bec à Plumerel, et tout sera fini...

Les réponses de Scipion Mouginot paraissent rassurer M™* Clémence, qui pousse un soupir de soulagement. Sa figure reste pensive, mais elle se mêle davantage à la conversation et sourit plus fi-anchement aux saillies de son associé. L'oncle paraît jouir d'un appétit robuste et d'une inaltérable sérénité. — La serviette passée dans le

gilet et étalée sur la poitrine, le front lisse, l'œil Ûmpide et la bouche épanouie, il gobe ses huîtres avec délectation, déguste son chablis en connaisseur et parle comme un livre, sans perdre une bouchée. — Affaires de Bourse, libre échange, échelle mobile, — U aborde toutes ces questions avec une verve éloquente, et il- les tranche aussi aisément qu'il découpe une aile de volaille.

M°" Clémence, Alice et moi, nous ne comprenons rien à la science économique, mais nous sommes tout de même éblouis, fascinés par la facilité d'élocution de ce beau parleur, et nous l'écoutons avec une égale admirarion. Est-ce l'effet de la terrine de foie gras ou du chablis première? Suis-je grisé par la faconde de l'oncle, le vin blanc, ou les yeux bruns d'Alice ? Je ne sais trop, mais l'aplomb de mon subrogé-tuteur commence à me raffermir; mes espérances se relèvent comme les plantes après la pluie; je reprends confiance en l'avenir, à la vue de Scipion Mouginot si fringant, si plein d'entrain et de superbe, même au miUeu des revers.

Aussi, quand on trinque au dessert pour ma bienvenue, c'est avec une légère pointe d'insouciante crânerie que je choque mon verre contre celui de mes hôtes et surtout contre celui de la petite AUce. Je suis tellement ensorcelé par son sourire, je subis déjà si fort l'enfièvrement de Paris, que je tombe moi-même dans le péché

)ubb que je reprochais à la ce.

is plus que, la veille, à Jeanres se sont choqués pour me jx recour; je ne pense plus s Zëlie, du cousin Delorme ;mble qu'ils aient reculé très se pénombre. Je n'ai d'yeux ;aux hôtes, et je pousse Tenir jusqu'à ne pas même avoir ngratitude.

ins si bien autour de la table

si amusant que nous ne nous I temps qui s'écoule. Tout à isulte sa montre:

Jacques doit être fadgué de faut pas le retenir...

ir Mouginot, observe douce- :e, je crois que votre neveu

tout droit et qu'il comptait

;nd mon oncle, tu n'as pas l'hôtel, Jacques?

égative, il ajoute :

[ue mes effets sont restés à je porte toute ma fortune n moment méditatif, puis se aintot :

iy6 l'oncle scipion

— OÙ diantre pourrions-nous bien coucher Jacques, madame?

Celle-ci ëmet l'avis de dresser un lit dans le magasin.

— Eh ! parbleu, oui, dans le magasin ! s'écrie Scipion Mouginot en riant; ce ne seront point les draps qui manqueront !

En un din d'œil la table est desservie, la nappe enlevée, et on s'occupe de mon installation.

Chacun se met à la besogne. Mon oncle ôte un de ses matelas; M""' Clémence monte chez elle et en redescend avec des couvertures; on étend le tout sur le comptoir du magasin^ un rouleau de toile me servira de traversin et la petite Alice me prête son oreiller. U ne demi-heure après, le Ut étale sa blancheur sur le comptoir de chêne bruni. M"'* Saintot et Alice remontent dans leur appartement en me souhaitant une bonne nuit, et je reste dans mon dortoir en tête-à-tête avec l'oncle Scipion.

— Allons, dit-il en posant un bougeoir sur une chaise et en tâtant le lit improvisé, tu y dormiras bi'en tout de même, à condition de ne pas trop t'agiter, car tu risquerais de faire ta culbute.. . Enfin, une nuit est bientôt passée, et nous prendrons des mesures pour te trouver un meilleur gite... Là-dessus, bonsoir, Jacques... Demain, nous causerons des choses sérieuses...

Il gagne sa chambre, je me déshabille à la

sciPioN IÎ7

s, et à l'aide d'une chaise :... Il est un peu dur, et place qu'imparfaitement ma couchette de Jean- Is pas moins avec satîs- I fatigue, le sommeil ne ; l'aurais espérë. Le roule fracas des lourdes sonnent à chaque instant Js des fredons de guitare chanteur ambulant qui le marchand de vin du de gaz de la cour jettent [S de blafardes lueurs sur ;es de toile et de poupées ■ suis à Paris m'enfièvre; agitent sur ce comptoir laque instant de dégrinfin cependant, l'odeur e à m'assoupir, ma tête i a appartenu à la petite pensant à elle.

4 E lendemain, je suis réveillé en sursaut ' par le roulement d'une voiture de 'laider,qui revient de la gare et qui rentre avec son chargement de vases de cuivre pleins de lait. Je me frotte les yeux en cherchant où je puis bien être. Je m'étire en m'étonnanc de me sentir légèrement courbatu, et je me souviens enfin que j'ai dormi sur les planches peu élastiques du comptoir. Je ne sais trop quelle heure il est; mais, au tapage de la cour ec aux rumeurs ' qui viennent de la rue, je me rends compte que la matinée doit être déjà avancée, bien que le jour tombant des fenêtres soit encore singulièrement terne. Je saute à bas de mon comptoir et je procède en hâte à ma toilette, dans la crainte d'être surpris en déshabillé par les clients ou par

('ingt minutes après, lavé, il} cap, je vais avec précaue de la salle à manger. Pas :Ie Scipion dort encore. Du le silence. — Je songe qu'à armacie Mouginot-Péchoin euses visites. Il parait qu'à ard qu'en province. J'ouvre jenché sur la barre d'appui, erle spectacle de la cour, partements, on semble être ion oncle. — Une femme t traînant des savates ëcuun fripier accroche le long is de soldat et de vieilles e sur le bord de sa croisée ent serrés dans une presse e toute nature s'échappent liées et se confondent dans )ur, comme un bourdonne- ^Uement de semelles dans ier, grincements de limes -tac de machines à coudre, ire des sauterelles dans un j'écoute ce réveil du Paris le main se poser sur mon le et me trouve face à face de frais et boutonnant son

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— Bonjour, Jacques, dit-il gaiement. Déjà levé?... Excellente habitude!... As- tu bien dormi?... Oui... Parfait! Maintenant que nous sommes seuls, conte-moi ton histoire et dans quelles conditions tu as quitté la pharmacie de mon frère Victor.

Je lui confesse franchement mon altercation avec Aristide, mes voies de fait, la colère des Mouginot-Péchoin, ma terreur d'un internement chez Pestel et mon départ de la papeterie.

Il m'écoute en souriant et en se frottant les mains ; puis, quand j'ai terminé le récit de mon aventure, il répond :

— Allons, tout pourra s'arranger... Je vais écrire à Victor pour lui apprendre ton arrivée chez moi et lui offrir de me charger de ton éducation. D'après la façon dont les choses se sont passées, j'ai des raisons de croire qu'il acceptera ma proposition.

Je me confonds en remerciements et j'assure mon oncle de ma vive gratitude.

^-* Tu n'as pas à me remercier, poursuit- il dignement, je suis tout bonnement l'impulsion de mon ciœùr... Ça, parlons peu et parlons bien. Nous sommes, tu le vois, trop étroitement logés pour te conserver ici; je vais donc être forcé..., momentanément, de te caser dans une pension où tu acquerras, je l'espère, les notions indispensables pour me seconder* dans l'exploitation du

inquerai pas de dtJcou-

ma figure s'est atlonivé la petite Alice que ip? N'ai-je fui la rage lur être enTernié dans isupportable encore?...

: ma mine désappoin-

s'agit pas d'une turne Linstîtut linéraire et ex sur ma recommanami à moi, un esprit x)ussé l'enseignement e la routine universiiginale, son érudition :nt est le rendez-vous iscingués de ta France stoi de ton heureuse nn a une intelligence •st une mère pour ses ras choyé comme l'en-

isfàit; néanmoins, au ; vague tristesse s'élesur les prés, dans les

ide, eu ne seras pas à ndras passer tous tes

léi l'oncle scipion

dimanches avec nous... Voilà qui est entendu; je vais écrire à mon frère Victor, nous déjeunerons, et ensuite je te conduirai à l'institut Cornevin. Le temps est beau, nous ferons la route à pied et, dans le trajet, je te montrerai un bon bout de Paris.

Tandis qu'il prononce ces derniers mots, M™^ Clémence et Alice sont entrées. Mon oncle les met au courant de ses projets, puis il retourne dans sa chambre composer l'épître destinée aux Mouginot-Péchoin. M"^® Sain tôt, après m'avoir adressé quelques encouragements affectueux, s'occupe des préparatifs du déjeuner, et je reste seul avec Alice.

Elle a revêtu son tablier de lustrine et, tout en chantonnant, elle met en ordre les plumes et les livres sur son pupitre. Je la suis des yeux, avec une muette admiration, et je me sens le cœur gros à la pensée de la quitter si vite. Elle devine, sans doute, que mon regard est attaché sur elle, car brusquement elle se retourne ;

— Pourquoi, dit-elle avec un malicieux sourire, avez-vous cette figure navrée?... Êtes-vous si fort tracassé d'aller en pension chez les Cornevin ?... Il n'y a pas de quoi. Ils sont très aimables, et vous ne vous ennuierez pas chez eux.

— Vous les connaissez ?

— Je crois bien*.. Nous sommes allées quelquefois avec ma mère à leurs soirées... C'est très

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