‹ L'Opéra-Comique pendant la Révolution de 1788 à 1801Chapitre 20 sur 38 · MŒURS · texte numérisé non relu

MŒURS

Aux entrepreneurs du théâtre de V Opéra- Comique-National,

Le bureau central vous a plus d'une fois écrit, citoyens, pour vous inviter à concourir à la solennité des fêtes nationales par la représentation des pièces les plus patriotiques de votre répertoire, et nous ne doutons pas que vous ne vous disposiez à célébrer l'anniversaire du 10 août par des pièces républicaines. Le jour de la fête commémorative d'un des plus grands événemeus de la Révolution, votre théâtre ne doit retentir que des fiers accens de la liberté. Nous sommes persuadés qu'en rendant compte à l'administration supérieure de la surveillance que nous exerçons sur les théâtres, et de l'exécution de la loi qui ordonne d'y représenter les pièces les plus propres à former l'esprit public et à développer l'énergie républicaine, nous pourrons assurer que vous aurez fait représenter les ouvrages dramatiques les plus capables d'inspirer la haine des rois et l'attachement à la République.

Salut et fraternité,

Les administrateurs y

MlLLY, GHAMPEIN.

(1) « L'administration de ce théâtre avait annoncé la première représentation de Fanni Moma pour le 19 thermidor; depuis, elle s'est trouvée obligée de la remettre au 25, par l'indisposition de la C n# Dugazon ; mais à la répction générale du 24, une extinction de voix survenue à la même artiste met l'administration dans la nécessité de ne pouvoir fixer encore le jour de la première représentation. » {Journal de Paris, 25 thermidor an VII.)

(.') Cotte pièce est inédite.

l'opêra-oomique

Un tel avis valait un ordre. Aussi, le lendemain, septième anniversaire du 10 août 1792, TOpéra-Comique affichait-il un spectacle composé de Guillaume Tell et du Franc Breton. Le 22 du même mois, il faisait enfin paraître Fanny Morna, dont le succès fut très vif, grâce à la musique large et expressive de Persuis, et il donnait encore, le 30, un nouvel ouvrage en un acte, V Amour bizarre ou les Projets dérangés, dont Lesur avait puisé le sujet dans une comédie de Thomas Corneille, le Charme de la voix, et dont Berton avait écrit la partition. Puis, à la date du 13 septembre, il recevait du Bureau central, qui décidément multipliait ses communications, un nouvel avis dont on va lire le texte; il s'agissait cette fois de l'anniversaire de la fondation de la République (1) :

Page 1