SCÈNE VIII PEACHUM, POLLY, MRS PEACHUM
MRS PEACHUM, d'un ton très passionné.
^^^ 7. Notre Polly est une sale ^arce
Ab! Lcmàru gît aa • r • r i ' •
tmwUhmv^ifmi Qui tait h de nos enseignements.
Eduquez donc les filles !
Il leur faut robes et capelines.
Fichus, gants, crinolines.
Pour les gonfler de vanité.
Appeler les hommes à leur côté.
Notre Poil y est une sale garce, etc.
Fieffée coquine ! Ah ! vaurienne ! Ça m*afiecterait moins que vous fussiez pendue, car vous auriex pu avoir cette infortune ; mais faire sciemment une telle folie! La donxelle est mariée, mon cher.
PEACHUM.
Mancc ! Le capiuine est un audacieux qui s exposera à tous les risques pour avoir de Targent ; il croit assurément qu*elle représente une fortune. Croyei-vous que nous aurions vécu à Taise si longtemps ensemble, si nous avions été mariés, votre mère et moi ? Ah! vaurienne!
MRS PEACHUM.
Je savais que c*était une fameuse garce ; et la voici mamtenant qui s*est mariée stupidement, cela pour singer les gens de la haute.
Pouvcx-vous subvenir aux besoins d'un mari joueur, buveur et coureur ? Aurez-vous asscx d'argent lorsque vous vous disputerex chaque jour à qui gaspillera le plus? Peu de maris et femmes supportent allègrement les tourments de la vie conjugale. Si vous teniez à vous marier, n aviex-vous donc qu'un voleur de grand chemin à introduire dans notre famille? Eh bien, sotte coquine, tu seras aussi maltraitée et aussi délaissée que si tu avais épousé un lord!
Que la colère, ma chère, ne vous fasse pas dépasser les limites de la décence, car le capitaine fait figure de gentleman dans sa profession. Outre ce qu'il a déjà, je sais que SCS affaires deviendront plus florissantes encore, à moins qu'il ne meure : or, ce sont d'excellentes perspectives pour une épouse. Dites-moi, coquine, êtes-vous ruinée ou non ?
MRS PEACHUM.
Avec sa fortune, Polly aurait pu fort bien
briguer Talliancc cl*unc personne distinguée. Oui, la chose était parfaitement faisable, espace de coureuse '.
PEAUiUM.
Quoi! La donxelle est-elle muette? Parier, ou je vous arracherai de vive force une réponse. Etcs-vous réellement liée à lui par le mariage, ou avez.-vous seulement de Tincli-
nation pour lui ?
(IllaphÊd.J
POLLY, potuUÊÊi éks cris.
Oh!
MRS PEACHUM.
Ah ! qu elle est a plaindre, la mère qui a de jolies filles ! Serrures, verrous et barreaux, leçons de morale, aucun obsucle ne les arrête; elles passent à travers tout. Elles trouvent autant de plaisir à duper un père et une mare qu'à tricher aux cartes.
]e saurai bientôt si vous êtes nuuiéc.
PoUy, en éloignant Machcath de notre maison.
POLLY
^^ *\ Entravc-t-on rameur ?
/MM0mj, etc. Obéis-tu, Cupidon, à nos mères ?
A sa flamme, mon cœur glacé aurait fondu.
Si doux fut son baiser
Quand il me pressa dans ses bras
Que je préférai l'épouser, Craignant les amers reproches.
MRS PEACHUM.
Alors tous les espoirs de notre famille s'évanouissent à jamais?
PEACHUM.
Et Macheath pourra faire pendre son beau-père et sa belle-mère à seule fin de s'approprier la fortune de leur fille.
POLLY
Je ne l'ai pas épousé délibérément, comme c'est la mode, pour l'honneur ou l'argent. Mais je l'aime.
MRS PEACHUM<
Tu laimcs! c'est encore pire! Je croyais cette fille mieux élev^. Oh ! mon époux, sa folie me rend folle! Ma tête chavire, je n'en puis plus. Oh !
(lElU s'épommù.J
PEACHUM.
Vous voyez, misérable, dans quel eut vous avez réduit votre pauvre mère ! Un verre de cordial, à l'instant Conmie la pauvre fenmie prend la chose à coeur!
(Vollj sort et npteni avec U cwrJtal.)
POLLY
Donnez-lui un autre verre, papa ; ma mère absorbe une double dose chaque fois qu'elle est indisposée. Ceci, voyez-vous, la ranime.
MRS PEACHUM«
La petite montre tellement d'intérêt et d'empressement, que je trouverais presque en mon coeur la force de lui pardonner.
^^^ 9. Il fallait te contenter, Polly,
.lÊi) De badiner et d'embrasser ;
Tu n'éloignes les hommes Que pour les retenir.
Mais il insista tant
Et tellement il me plut.
Que comme moi
Eussiez- vous fait, ma mère...
MRS PEACHUM.
Pas avec un voleur de grand chemin...
Triste coquine !
PEACHUM.
Ecoutez, ma chère, il arrive assex communément qu'une donxelle prenne époux sans le consentement des parents. Vous connaissez la faiblesse de la femme.
MRS PEACHUM.
Oui, certes, le sexe est faible. Mais pour
sa première faiblesse, une femme devrait, il me semble, se montrer quelque peu exigeante, car c*est alors ou jamais le moment pour édifier sa fortune. Après cela, elle n aura plus qu à se garder à carreau et elle pourra faire ce qui lui plaira.
PEACHUM.
Tranquillisex-vous ; j'ai trouvé un moyen qui arrangera bientôt les choses. Pourquoi étes-vous si mélancolique, Polly ? Puisque ce qui est fait ne peut être défait, nous devons nous efforcer de prendre notre parti de la situation.
MRS PEACHUM.
Eh bien ! Polly, autant qu'une femme puisse pardonner à une autre, je te pardonne. Votre père a trop d'affection pour vous, friponne.
POLLY
Alors, tous mes chagrins sont terminés.
AIR la
Thomas, je m pmx p0S^ etc.
PEACHUM.
Jolies paroles dans la bouche d'une donxclle qui vient de se marier !
POLLY
pétais comme un bateau ballotté par les vagues,
Et qui, pourtant, craignait Tescale ;
Car au port serait confisquée
Sa cargaison de contrebande.
Les flots sont apaisés,
Olmefifablejoie!
A l'abri donc sur le rivage.
Je n'en demande davantage,
pai tout en ma possession.
J'entends des pratiques dans l'autre pièce. Occupex-vous d'elles, Polly ; mais revenez sitôt après leur départ. Si c'est le gentleman qui vint hier pour la montre à répétition, dites-lui de repasser demain. Car j'ai prêté la montre à Suky Straddle pour qu'il figure décemment ce soir dans une taverne de Drury
Lanc. Si Tautrc gcntlcaun vient chercher Yépéc i poignée d'argent, vous savex que Jcmmy Sourdls-fironcés la emportée à Tunbridge, et qu il ne sera pas de retour avant mardi soir.