‹ L'opera des gueux. Traduction intégraleChapitre 31 sur 55 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

PE ACi i L M , I .OCKIT, émc mm ngistn.

Loocrr.

Compère Pcachum, nous sommes d accord. Vous avez, consenti à être de moitié dans raffairc MacheatL

PEACHUM.

Nous ne nous disputerons jamais à propos d'une exécution. Mais en ce qui concerne cet article, où en sont nos comptes de Tannée dernière?

LOCKIT.

En y jetant un coup d*oeil, vous consuterci. qu'ils sont clairement éublis.

PEACHUM.

Cet arriéré dû par rAdministiatîon nous est fort préjudiciable ! Estime-t-on que nous

devrions faire pendre nos clients gratuitement, alors que nos supérieurs auront du mal à sauver les leurs sans être payes pour cela ? Si nous ne sommes pas mieux rétribues, je vous garantis qu'à ravenirje laisserai vivre d autres coquins en sus des leurs.

LOCKIT.

Peut-être, compère, ont-ils peur que ces affaires ne soit poussées trop loin. On nous traite avec mépris, comme si notre profession n'était pas honorable.

PEACHUM.

La seule raison pour laquelle notre métier pourrait être considéré comme malhonnête, c'est que, à l'exemple des grands politiciens, nous encourageons ceux qui trahissent leurs amis.

LOCKIT.

Un tel langage tenu dans un autre lieu tournerait à votre détriment, compère. Apprenex à être mieux sur vos gardes, je vous prie.

Quand vous critiqucx cette époque, ^^ ^

Soyez, prudent et sage.

De peur que courtisans Fort mal à propos ne se fâchent

Si vous énumércx les vices.

Pour la tribu, c*cst si flagrant.

Que chacun va crier :

« Ah ! c'est moi que Ion vise ! 9

PEACHUM.

Je hs ici le nom du pauvre Ned Clencher. Assurément, compère LxKkit, on a agi un peu cavalièrement dans TafTaire de Ned; car il ma déclaré, dans la cellule des condamnés, que contre somme versée vous lui aviex promis Timpunité pour les deux prochaines sessions.

LOauT.

Monsieur Peachum, c'est b première fois que Ion met mon honneur en doute.

PEACHUM.

Les affaires ne sont plus possibles, si jamab nous agissons d'une façon déshonorante.

LOCKIT.

Qui est-ce qui m accuse ?

PEACHUM.

Vous vous échauffez, compère.

LOCKIT.

Celui qui attaque mon honneur attaque mon existence. Et ce traitement, monsieur, n'est pas supportable.

PEACHUM.

Puisque vous m'incitex à parler, je dois vous dire également que Mrs Coaxer vous accuse de lavoir frustrée de largent qu elle devait toucher pour l'arrestation de Hugh Cheveux-bouclés. Voyons, voyons, compère, nous devons payer ponctuellement nos espions, ou bien nous n'aurons pas de renseignements.

LOCKIT.

Sont-ce là des propos à m'adresser, maraud, à moi qui vous ai sauvé du gibet!

(Ils se prennent au collet,)

PBACHUIL

Si je suis pendu, ce sera pour avoir débarrasié le monde d*un fieffé gredin«

Loacrr.

Cette main remplira l'office de la corde que vous méritez et vous étranglera, vaurien !

PEAOIUM.

Compcrc, compère, nous avons ton tous les deux. Nous serions perdants au même titre dans la dispute, car vous savez que nous pouvons mutuellement nous faire pendre Vous devriez être moins emporté.

Lcxxrr.

Et vous moins exaspérant.

PEACHUM.

Notre intérêt commun, Imtérét du monde, exigent que nous soyons d accord. Je vous demande pardon, compère, d'avoir prononcé la moindre parole qui portât atteinte à votre répuution.

LOCKIT.

Compcrc Pcachum, si je me fâche, je sais également pardonner. Donnez-moi votre main. La suspicion n'est pas digne d un ami.

Je voulais seulement vous donner l'occasion de vous justifier. Mais il faut que je rentre à la maison, car j'attends la visite d'un gentleman à propos de la tabatière que Filch subtilisa dans le parc l'autre soir. Je lui ai donné rendez-vous à cette heure.

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