‹ L'opera des gueux. Traduction intégraleChapitre 49 sur 55 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

LOCKÏT. MACHEATH, PEACHUM, LUCY. POLLY.

LOCDT.

Ne VOU5 tracassez pas, capitaine. L'amour ou l'argent ne vous permettront plus de vous

enfuir une autre fols, car ordre a été donné de vous faire passer immédiatement en jugement.

PEACHUM.

Hors d'ici, coquines ! Ce n'est pas le moment qu'un homme soit harcelé par ses épouses. Vous voyez que le gentleman est déjà enchaîné.

LUCY

O mon époux, mon cœur brûlait de te voir ; mais t'apercevoir ainsi me rend folle !

Mon cher époux ne jettera-t-il pas les yeux sur sa PoUy ? Pourquoi n'es-tu pas venu chercher protection auprès de moi ? A mes côtés tu aurais été en sûreté.

Tourne la tête, cher époux.

LUCY

^^ '*• Jette un regard de réconfort.

La dernière fois que je suis allé sur la

lande. POLLY.

De ce regard, ta Polly meurt.

LUCY

Écoute-moî sans t'csquîver.

POLLY

Ccst Polly qui tlmplorc,

LUCY

C'est Lucy qui te parle.

POLLY

De mon amour sincère Me paies-tu donc ainsi ?

LUCY

Mon cociu- éclate.

POLLY

Le mien se brise.

Devrai-)c...

... Être ainsi dédaignée?

MACHEATH.

Qu'auriez donc voulu que je vous dise.

Mesdames ? Voyex-vous, cette affaire prendra bientôt fin sans que je désoblige lune ou l'autre d'entre vous.

PEACHUM.

Mais le règlement de cette question, capitaine, pourrait éviter un procès entre vos deux veuves.

MACHEATH.

^^^ 55. Où me tourner ? Comment choisir ?

Tom Tinhr est mon -r i

phitM micm. Le jour de notre mort.

Les épouses sont amoureuses

Telles de jeunes mariées.

Une femme pour le mari,

C'est plus qu'il n'en peut supporter ;

Deux à la fois, quelle infortune !

Si je voulais consoler l'une

Cela fâcherait l'autre épouse.

POLLY

Mais si SCS propres malheurs l'ont rendu insensible au mien, un père sera certainement

plus compatissant. Très cher papa, sapprimez. |

les preuves matérielles et tirczrle d*afiairc. Poil y à genoux vous implore.

Quand mon héros au tribunal aie j4.

Entend la sentence fatale, km^pm^ \

Songez, aux larmes de Polly, \

De Polly son épouse.

Il ressemble au marin Qui se débat dans Icau : ^

Mais mourir sur la terre \

Est aussi lamenuble.

Hélas! pauvre Polly!

Avant que mon coeur fût épris, j

Chaque mois était un printemps.

LUCY. I

Si le coeur de Peachum est endurci, vous i

aurez, davanuge pitié de votre fille, mon pire. |

Je sais que tout repose sur votre témoignage i

Comment pouvczrvous alors agir tyrannî- \

quementàmonégard? (s-sgnmiUémi.) \

Quand laccusé défend sa vie, , .^'Li. '

Songez, à votre fille.

etc.

Songcx à son épouse !

La bombe ni 1 cpée

Ne sont toujours fatales :

Ce que témoins affirment

Donne une mort plus sûre.

Pour écarter la foudre.

Sceller alors leurs lèvres

Et désormais mon existence

Le printemps toujours connaîtra.

LOCKIT.

La dernière heure de Macheath est venue, Lucy. Nous savons ce que nous avons à faire, cessez, par conséquent, de geindre ou de pleurnicher.

^^ î^- Comme les grands, il faut parfois

// était un savetier, ^-^ . P .

etc. Que nous sacrihions nos troupes

Pour assurer mieux la retraite ;

Sinon Peachum et moi.

Remplaçant le menu fretin,

A la potence nous irons.

Mettez votre cœur en repos, Polly. Votre

mari doit mourir aujourdliui. Si donc vous

n étiez pas déjà pourvue, il serait grand temps

d*en chercher un autre. C*est une consolation i

pour vous, espace de coureuse. |

LoaoT.

j Nous sommes prêts, monsieur, à vous \

conduire à TOld Bailey. j

MACHUAT». 1

La procédure est déjà prête, ^* >^-

Juges et robins sont assemblés. {

Sans trembler, je m avance.

La mort est une traite.

Traite payable à vue : |

J'acquitterai ma dette !

Adieu, belles enchanteresses, A mes amours je dis adieu. \

Pour vous mieux vaut-il que je meure, i

Vous contentant toutes ensemble, 1

O mes chères épouses.

A prc6cnt, messieurs, je suis prêt à vous suivre.

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