‹ L'opéra et la symphonieChapitre 20 sur 45 · RARE · texte numérisé non relu

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plus sa pensée doit être inspirée, son imagination féconde. Un grand génie d'invention peut seul vaincre la monotonie résultant de la réunion de quatre instruments de la même famille. Le type de cette famille est, il est vrai, le violon, le plus sympathique de tous les instruments, le seul sur lequel la sensibilité puisse se produire sans eflorts, le seul qui se prête à des nuances sans nombre, à des délicatesses infinies. Dans la symphonie l'effet est toujours un peu matériel, la sensibilité s’y fait difficilement jour. Dans le quatuor, au contraire, elle peut, grâce au petit nombre d’exécutants, être tantôt individuelle, tantôt collective; et dans ce dernier cas, elle acquiert une puissance électrique. La puissance et la sonorité qu’on peut obtenir dans un quatuor dépassent la somme produite par chaque instrumentiste pris séparément : phénomène analogue à celui qu’en économie politique on appelle force collective el qui est ici le résultat d'une pensée toujours vraie, d'une interprétation euphoniquement et expressivement juste. « Ge qui fait la gloire de l’homme, dit un philosophe moderne, ce n’est pas de consommer d'immenses trésors à des bagatelles ;

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c'est par la pensée, le talent, l'invention, de faire beaucoup avec peu; c’est, à l'exemple du Créateur, de faire de rien quelque chose. »

Quatuors et Symphonies de Beethoven.

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