‹ L'opéra et la symphonieChapitre 22 sur 45 · REA · texte numérisé non relu

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s’assouplit et devient plus sympathique. Le menuet est remplacé par un andante qui n’est pas sans analogie avec celui du quatuor en ué mineur (op. 18), mais plus varié, plus incisif, plein de nuances toutes nouvelles. Le début de l’adagio est écrasé par l'accompagnement dont les intentions paraissent trop mullipliées.

Plus tard, en un cas semblable, il simplifiera l'exposition comme dans les andantes des œuvres 127 et 135, où l'accompagnement prend la forme du chant, fait corps pour ainsi dire avec lui. Enfin, le chant de cet adagio revient sans nécessité, et l'accompagnement a un caractère matériel qui allanguit l'intérêt sans rien ajouter à l'expression.

À partir de ce moment, le génie de Beethoven s’accentue d'une façon continue. Les quatuors en 221 mineur et en ui majeur ont une grande originalité. Le premier morceau du quatuor en ut se distingue par la variété des rythmes, par la spontanéité des idées que le sentiment plus que le développement du sujet relie les unes aux autres. Le trait chantant du premier violon, qui n’est ni un chant ni un récitatif, est très remarquable. L'andante ne

Mit/1: roues ressemble à rien de ce qu'on avait fait jusqu'alors, et le final est très dramatique, tout en restant une fugue presque régulière.

Dixième quat. (mibémol), ap. 74.

Avec l’andante du dixième quatuor, Beethoven a mieux exprimé qu’il ne l'avait encore fait la douleur intime et profonde qui l’a dominé toute sa vie.

Symphonie héroïque.

Troisième symph. (mi bémol), op. 55.

La troisième symphonie porte en tête ces mots : Sinlon1ia eroica per festeggiare il sovvenire d'un gran’ uomo. « L'idée de Beethoven, raconte F. Riès, son élève et son ami, était de glorifier Bonaparte, premier consul. Il le comparait aux plus grands consuls romains. La partition portait pour intitulé : Bonaparle, plus bas : Luigi van Beethoven.

Ce fut moi qui appris à Beethoven que Bonaparte venait de se déclarer empereur. Beethoven se mit en fureur et déchira l'intitulé.

2 40 2 L'ouvrage reçut alors seulement le nom de symphonie héroïque. »

Chez un homme tel que Beethoven, plus les actes sont rares, plus ils sont significatifs. Grand admirateur des héros de Plutarque, il suivait avidement la politique de son temps et, comme cet Ancien, il pensait qu’étant homme, rien d'humain ne devait lui être étranger. Sa musique fut l'écho de ses pensées et de ses sentiments. Un siècle le sépare du candide Haydn et du sensible Mozart.

Weber ne comprit rien à cette phase nouvelle du génie de Beethoven. « Il n’est plus question, écrit-il à ce propos, de clarté, de développement des passions auxquels les vieux maîtres Gluck , Hændel et Mozart croyaient à tort. » Weber se trompait étrangement. C’est au contraire dans la science et la variété des développements qu'est l'immense supériorité de Beethoven sur tous les compositeurs sans exception. Quant au défaut de clarté, nous en reparlerons plus loin; aujourd'hui encore, pour beaucoup de gens, clarté veut dire simplicité, et profondeur obscurité.

Pour la première fois, dans la symphonie

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