‹ L'opéra et la symphonieChapitre 23 sur 45 · HAN · texte numérisé non relu

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héroïque, Beethoven se donne un canevas, un sujet défini. La marche funèbre est très belle, la fin est tout à fait neuve. L'auteur y révèle une de ses qualités caractéristiques : il a pour chaque morceau une terminaison particulière, péroraison logique de l’idée rythmique et du sentiment développé. À l'exemple des grands poètes, s’il effleure le côté réaliste d'une situation, c'est pour mieux faire ressortir les sentiments qu’elle inspire. Ainsi les allures martiales, si faciles à traduire pour un musicien, n'apparaissent que dans le trio du scherzo où les cors sonnent une fanfare lente et sombre, épisode lugubre des fléaux de la guerre.

Le final est peu en rapport avec le reste de la symphonie. Le dernier mouvement parait être une apothéose. Quelques années plus tard, Beethoven eüt certainement donné au final le caractère triomphal. C’est ainsi que la symphonie héroique devait finir. Peut-être aussi Beethoven a-t-il voulu refuser à sa manière les honneurs du triomphe à l’homme qui l'avait trompé dans ses espérances.

Quatrième symph, (si bémol), op. 60.

La quatrième symphonie se rapproche plutôt de la première manière. L’adagio, d’un grand style, est plus remarquable par la forme que par la pensée.

Cinquième symph. (ut mineur), op. 617:

Le premier morceau de la symphonie en uf mineur se compose en entier d’un rythme d'une extrême violence et de lambeaux de phrases merveilleusement liés entre eux; ce qui ne l'empêche pas d’être très saisissant el de donner à l'auditeur l’idée d’une sombre fatalité.

Tout est beau dans cette magnifique conception. On blâme cependant les accords lonoœuement répétés qui terminent le final. Cette marche triomphale, d’un caractère grandiose, ne pouvait finir brusquement. Elle devait avoir une fin proportionnée à son ampleur. Cette fin est encore logique, parce que ce morceau représente à l'imagination le défilé d'une foule immense, qui ne peut disparaitre subitement.

Ces accords font image, et terminent bien ce final pompeux:

LI EN 3 Les

Symphonie pastorale.

Sixième symp. (fa majeur), op. 68.

1° Sensations agréables qui s’éveillent dans l’homme à son arrivée à la campagne;

2 Scène près du ruisseau ;

3° Réunion joyeuse des habitants de la campagne ;

4° Orage et tonnerre ;

5 Chant des bergers. Sensations de joie et de reconnaissance après l'orage.

Nous ne dirons rien de cette incomparable et sublime création, nous croirions profaner la poésie, la nature, alma Parens rerum ; elle est d’ailleurs devenue populaire. Les Docteurs, lorsqu'elle parut, furent scandalisés d'entendre dans une œuvre classique le chant de la caille et du coucou. L'idée, la vérité, la poésie, la nature ne sont rien pour ceux qui ne voient dans l’art que le métier ou la tradition. Que de fois n’ont-ils pas reproché à Beethoven de ne pas savoir écrire une fugue!

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