TROISIÈME MANIÈRE
Onzième quat. (fa majeur), op. 15.
Le onzième quatuor est une œuvre de transition, inégale, incomplète, dans laquelle les contrastes paraissent exagérés. Les deux sentiments qui dominent si souvent Beethoven, la violence et une résignation désespérée Sy montrent avec une rudesse, une àpreté qui les rend moins touchants que dans l’allegro du final de l’œuvre 131. Entre la première partie de ce quatuor et l'ouverture de Coriolan l'analogie est frappante ; avec cette diiférence que dans la sublime ouverture qui exprime tour à tour les supplications maternelles ét là violente obstination du fils, les oppositions se fondent avec un art merveilleux.
NP Us Douzième quat. (mi bémol), op. 127.
Le douzième quatuor diffère autant des cinq qui précèdent que le septième diffère des six premiers. On a blâmé comme trop fréquents les changements de rythme et de mouvement; ils n’ont rien de blessant pour l'oreille, et d’ailleurs, ce qu'il y a de plus mobile, de plus fugitif, le sentiment musical, ne s'énonce : pas aussi méthodiquement qu'un syllogisme ou une proposition de mathématique. .
La fin du premier morceau est d’une léoèreté vaporeuse; l'idée fuit d'une partie à l’autre, flexible et suave, semblable à une fumée légère capricieusement emportée par le vent.
Résignation est le mot que Beethoven aurait pu inscrire en tête de l’adagio. Jamais il n’a été si profondément humain. Tout chante, tout est nécessaire, tout concourt à l'effet. Ici, comme dans les ouvrages qui suivront, le sentiment est plus arrêté, plus pénétrant que dans les quatuors précédents. Il donne à l'idée principale les nuances les plus diverses; il exprime une poignante douleur, puis un doux