‹ L'Opéra-Italien de 1548 à 1856Chapitre 35 sur 69 · L'OPERA-ITALIEN A VERSAILLES · texte numérisé non relu

L'OPERA-ITALIEN A VERSAILLES

// Marchese di Tulipano, de Paisiello. — Giannina e Bernardone, de Cimarosa, — La Frascalana, de Paisiello. — Mme Krumpholz.

Le Roi Théodore à Venise, opéra traduit de l'italien, musique de Paisiello, triomphait à Versailles, depuis trois mois, sur le théâtre delà ville. Mécontente de l'exécution de cet ouvrage, la reine le fit représenter sur le théâtre de la cour par des virtuoses choisis, parmi lesquels figuraient Garât, Azevedo, Richer. On le mit en scène à l'Académie royale de Musique le 11 septembre 1787, et sa destinée ne fut pas heureuse.

Neuville et Mlle Montansier, entrepreneurs des spectacles suivant la cour, réunissent une compagnie de chanteurs italiens, qui débutent à Versailles par il Marchcse di Tulipano, de Paisiello. Ces virtuoses donnent trente représentations entrais mois; la recelte en était assurée au moyen d'une souscription de 360 livres par personne. MMe Jules de Polignac avait négocié cette affaire dramatique, et la reine daigna solliciter les seigneurs et les dames pour augmenter le nombre des abonnés.

Cette troupe était un détachement de celle qui desservait, à Londres, le théâtre de Hay-Market. C'est le premier exemple d'une compagnie italienne qui, tour à tour, chante en France, en Angleterre; avec cette différence que la saison d'hiver était réservée aux Anglais. Été de 1787.

La. prima donna assoluta, Storace ;'Anna-Celina), ne voulut point être du voyage. Versailles dût se contenter de Mme Bennini, l'altra prima donna, cantatrice remarquable ; Calvesi, Mengozzi, ténors; Morelli, première basse; une Anglaise, chantant les seconds rôles, secondèrent fort bien Mme Bennini.

Ces Italiens revinrent pendant l'été de 1788; ils représentèrent pendant ces deux saisons :

Il Marchese di Tulipano, musique de Paisiello. Gli Schiaviper Amore. —

Giannina e Bernardone, musique de Cimarosa. Imitation du George Landin de Molière.

L'Italiana in Londra . —

Le Gelosie villane, musique de Sarti.

La Frascatana, musique de Paisiello.

U Geloso in Cimento, musique d'Anfossi.

Mme KRUMPHOLZ,

Harpiste célèbre, faisait l'ornement des concerts de Paris ; sou expression était entrainante, son habileté supérieure se jouait avec les difficultés; la nature, en lui donnant le génie de l'instrument, lui révéla le secret d'une multitude d'effets inconnus aux autres harpistes, et qui prêtaient à son exécution un charme, un caractère inimitables.

Xaderman, Dalvimare, Bochsa, Mlle Aline Bertrand, Théodore Labarre, ont tenu successivement le sceptre de la harpe, que Mm- Krumpholz leur avait transmis. Il est en ce jour aux mains de notre prodigieux Godefroid.

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