SALLE OLYMPIQUE
Furberia ePuntiglio, Marcello di Capua; 1" mai 1801.
Non irritar le Donne, ovvero Use dicenteFilosofo, Portogallo (Marco Simao, dit) parce qu'il était Portugais ; le même jour. Raffanelli, Parlamagni , Lazzarini , Pasini , Cicerelli , Cajani. Mme> Strinasacchi, Parlamagni, Menghini. Début de l'auteur à Paris; 1er mai 1801.
Il Matrimonio segretto, Bertatti, d'après Garrick et Colman, Cimarosa; 10 mai 1801. Raffanelli, Parlamagni, Lazzarini, Mmes Strinasacchi, Parlamagni, Menghini.
1803, Nozzari.
1806. Barilli, Tarulli, Bianchi, Mme Canavassi.
1808, Barilli, Ranfagna, Garcia, Mmes Barilli, Muraglia, Mosca.
1816, Garcia, délicieux Paolino, Mme Morandi.
1819, Mme Mainvielle-Fodor.
182i-26, 7 janvier 1830, ■*■ Sontag, Damoreau (Cinti), Malibran.
1830, 2 novembre, début de Lablache.
1831, Davide, Mme Méric-Lalande.
1831, octobre, Mme Tadolini.
1834, Lablache, Tamburini, Rubini, Mme Tadolini.
1844, Lablache,, Ronconi, Mario, MmeB Persiani , Brarnbilla (Marietta).
1850, Calzolari, Lablache. Ferranti, Mmes Sontag, Giuliani, Ida Bertrand.
Le dramma giocoso, que Cimarosa rendit si fameux, est d'origine anglaise. Garrick et Colman sont les premiers auteurs d'une comédie intitulée : The Clandestin Marriage, représentée avec succès à Londres. Cette pièce, traduite, ajustée par deux anonymes, devient un opéra français; Kohault (Joseph), Bohémien, la mit en musique. Sophie ou le Mariage caché parut, à la Comédie-Italienne de Paris, le 4 juin 1768, et fit les délices d'un théâtre où l'on applaudissait le Diable à Quatre, les Sabots, et d'autres drôleries du bon vieux temps. Acteur de notre Comédie- Italienne, Bertatti recueillit la pièce nouvelle, et l'opéra tout à fait oublié de Kohault donna la première idée d'un des chefs-d'œuvre de l'art. On sait que le Mariage secret de Desfaucherets ne ressemble que par le titre au drame de Garrick et Colman. Une Heure de Mariage, d'Etienne, procède évidemment de la comédie de Desfaucherets.
Le Nozze di Figaro, il Matrimonio segretto, sont des ouvrages de commande. Joseph II, empereur d'Allemagne, avait demandé le premier à Mozart, en 1786. Léopold II, successeur de Joseph II, retint à Vienne Cimarosa, qui revenait de Saint- Pétersbourg, en 1792, et l'invita gracieusement à lui donner une œuvre de sa façon. L'empereur, enchanté de l'improvisation, fit compter douze mille francs au musicien voyageur ; d'autres disent douze mille florins : somme très satisfaisante à l'époque où Cimarosa, Paisiello, Guglielmi, venaient de s'engager réciproquement à ne livrer leurs partitions qu'au prix fixe de 2,400 francs.
Le nouvel opéra fut exécuté par Tasca, Farnucci, Benelli, MmeS Tomeoni, Bussani et Balsamina : succès magnifique, en-
thousiasme, fanatisme, délire. On rendit compte à Léopold de cet heureux résultat; l'empereur n'avait pu se trouver à la première représentation, il s'arrangea de manière à ne pas manquer la seconde. En effet, il était dans sa loge au commencement de l'ouverture; il écouta l'ouvrage avec la plus grande attention et sans manifester aucuneopinion sur le mérite de la musique, sans donner aucun signe d'approbation ou d'ennui. Le brillant auditoire, qui s'était déjà prononcé, dont les transports d'admiration avaient éclaté la veille, était fort inquiet sur ce que le souverain pensait du Matrimonio segretto.
— Nous serions-nous trompés? disaient-ils, et faudra-t-il réformer notre jugement pour le formuler sur celui de l'empereur ?
La scène était d'autant plus dramatique et plaisante, que la sévère étiquette de la cour ne permettait pas d'applaudir. Cet opéra, couvert de bravos à sa première apparition, était écouté cette fois avec un silence glacial. Enfin, lorsque le dernier morceau fut terminé, Léopold se leva, disant hautement :
— Bravo, Cimarosa; bravissimo 1 tout est admirable, enchanteur, ravissant; je n'ai point applaudi, pour ne pas perdre une seule note de ce chef-d'œuvre. Vous l'avez entendu deux fois, je ne dormirai pas sans avoir le même avantage. Chanteurs et symphonistes, passez dans la salle voisine ; que Cimarosa vienne y présider le banquet préparé par mon ordre; et quand vous aurez pris un repos suffisant , nous recommencerons. Bis pour tout l'opéra que nous devons fêter comme il le mérite; en attendant, je donne un petit à-compte des applaudissements qui lui sont destinés. »
Léopold battit des mains; à ce signal, une tempête de bravos éclata dans la salle, et l'opéra fut redit en entier après la collation.
Pour trouver un exemple d'un tel événement, il faut remonter jusqu'au temps de Scipion l'Africain. L'Eunuque de Térence obtint un si grand succès à sa première exhibition, qu'il fut représenté deux fois en un jour, bis die. C'est la plus belle marque d'admiration que l'on pût donner alors aux œuvres de ce genre.
Caries comédies n'étaient faites que pour servir deux ou trois fois au plus : et VEunugue fut joué deux fois en un jour, le matin et le soir; ce qui n'était peut-être jamais arrivé pour aucune pièce. Le titre de l'Eunuque fait mention de cette circonstance flatteuse, ainsi que du prix reçu par l'auteur : huit mille pièces, valant à peu près mille francs de notre monnaie. Aucune comédie n'avait été payée aussi bien.
Térence et Cimarosa sont les seuls qui, jusqu'à présent, aient obtenu sur le même théâtre, deux victoires en un jour. Le chefd'œuvre de Cimarosa, il Matrimonio segretto, fut deux fois couvert d'applaudissements dans la même soirée, et Mozart, qui venait de mourir, n'avait pas joui du triomphe de ses opéras admirables; leurs beautés ne furent appréciées, généralement exaltées, que plusieurs années après.
Je puis citer un succès très brillant dont le résultat fut tout à fait contraire : Il Matrimonio parut deux fois de suite, et presque sans interruption, devant la même assistance; Laodicea, de Paër, ne put pas être achevée le jour de sa première représentation à Padoue, en 1798, tant on fit répéter de morceaux. Il fallut attendre le lendemain pour connaître la fin de l'ouvrage.
Benelli (Antonio-Peregrino), chanteur et compositeur habile, mais n'ayant qu'une voix médiocre, créa le rôle de Paolino, qui n'était point alors ce qu'il devint plus tard. Lorsque la pièce fut mise en scène à Naples, en 1793, et que Cimarosa put faire manœuvrer un virtuose tel que Viganoni, les duos : Cara, non dubitar, et Signor, deh permettete ! morceaux de la plus haute importance, vinrent enrichir l'œuvre déjà reconnue complète. Cara, non dubitar, prit la place d'un trio d'introduction que Geronimo, Paolino, Fidalma disaient à leur entrée en scène. Ils revenaient du cours, et vantaient les agréments de la promenade: Oh! che gusto andare a spasso ! Le superbe récitatif obligé. Corne tacer-lo pot ? qui maintenant reste isolé dans le second acte, amenait un air en si bémol où la voix de la prima donna concertait avec quatre violons récitants. Cet air fut démoli, sans doute à cause des difficultés que présentait son exécution, et le quintette en si bémol : Deh! lasciate ch' io respiri! vint se for-
mer avec ses débris ; la cabalette resta dans la partie de Carolina. Je possède cet air orné de quatre violons concertants.
Un autre air, peu remarquable, où l'on avait introduit quel ques mots anglais et français, air que l'on supprima peu de temps après que Mrae Morandi l'eut chanté, succédait, en 1816, à ce même récitatif obligé. — Je suis une fille, simple, ignorante; s'il faut parler français, je ne sais dire que : Zè souis votre servante. Faut-il m'exprimer en anglais? j'ai toutdit quand j'ai dit : Audojodou.» Carolina chantait cet air au comte Robinsone pour l'engager à renoncer à son désir de l'épouser.
L'air de Fidalma, celui de Carolina : Signora contessina, si bien chanté par Mme Barilli ; un trio du second acte, en ut, troishuit, dit par Geronimo, Fidalma, Elisetta; l'air bouffe de Robinsone faisant l'énumération de ses défauts, pour déterminer Elisetta à renoncer au mariage projeté, sont depuis longtemps supprimés. Le duo de Farinelli : In fiorito prato ameno, parodié, fut substitué fort adroitement à cet air bouffe. Pellegrini, Mlle Cinti, chantaient encore ce duo : Nà, non credo a quel che dite, bien digne de figurer dans l'œuvre de Cimarosa, tant le style de création, d'exécution de ce maître y brillent d'un vif éclat. Le duo Signor, deh permettete! l'ensemble final de la pièce ont été considérablement abrégés. Renversée de fond en comble, l'ouverture a subi des transformations, qui certes n'ont pas été faites par l'auteur; on y reconnaît des erreurs, non pas de musicien, mais de copiste. Après avoir signalé plus d'une fois les défauts de cette jolie symphonie, défauts que je me gardais bien d'attribuer à son auteur, M. Pacini m'a donné raison sur tous les points en publiant le texte véritable de Cimarosa, découvert en Italie. Ce qui n'empêche pas tous nos orchestres de répéter l'ancienne et détestable version.
Les rôles de Carolina, de Geronimo, furent remplis à Naples, en 1793, par Mme Miller et Raffanelli, comédien parfait; Barilli, Lablache brillèrent ensuite du plus vif éclat en représentant le même personnage. Michot, acteur de la Comédie-Française, Michot qui savait si bien faire rire et pleurer dans une même scène, avait pris des leçons de Raffanelli.
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Soixante-sept représentations du Matrimonio segretto suffirent à peine au public napolitain ; jamais opéra n'excita plus vif enthousiasme, et, ce qui est sans exemple, l'illustre maître fut obligé de tenir le clavecin aux sept premières, afin d'y recevoir les témoignages de l'admiration générale.
En 1822, à Vienne, Lablache exécutait, dans les salons, des duos avec MmeTomeoni, qui, trente ans auparavant, s'était signalée par la création du rôle de Carolina, écrit pour elle par Cimarosa, et se comportait encore en virtuose émérite. Mme Tomeoni chantait, en 1T86, à notre concert spirituel avec le plus brillant succès.
La Pietra simpatica, Palma; 30 juin 1801.
La polonaise, Sento che son oicino al mio maggior contenta, qui jouit d'une si grande vogue pendant vingt-cinq ans, appartient à cet opéra.
// se dicente Filosofo, Cimarosa ; 16 juillet 1801.
Giannina e Bernardone [Georges Dandin), Cimarosa; 18 juillet 1801. Repris en 1812.
Danseurs grotesques; 22 juillet 1801.
I Xemici generosi, Cimarosa; 9 août 1801. — 1808.
Mme Barilli triomphe, s'élève jusqu'au sublime, dans la cavatine : Frà mille perigli, le duo Piaceri delV anima, contenu soati! et l'air passionné : Fanciulla sventurata.
Le trio charmant : Ditemi il tostro nome, l'admirable quintette : Stanco ma non ferito, appartiennent à cet opéra.
Logroscino, 1730, est l'inventeur du finale, que Piccinni perfectionna; mais c'est à Cimarosa que nous devons les trios, les quatuors, les morceaux concertés introduits pendant le cours de l'action dramatique. Ce maître les fit entendre, pour la première fois, dans// Fanatico per gliantichi Romani, opéra qu'il écrivit en 1773, à Naples, pour le théâtre des Florentins.
Presque tous les rôles bouffes de Paisiello, de Cimarosa, de GugUelmi, ont été composés pour Gennaro Luzio, comédien excellent, homme d'esprit, digne prédécesseur de Raffanelli, de Lablache. Luzio cherchait la vérité dans les moindres détails de
ses rôles, et se révoltait contre l'usage absurde qui défendait aux acteurs de tourner le dos au public pendant l'exécution d'une pièce, bien que certaines scènes eussent exigé que le personnage en agît autrement. — Il faut pourtant que je les habitue à me voir de tous les cotés, dit Luzio. » En effet, le voilà remontant la scène, et montrant dans son plein ce que le parterre ne voulait point envisager. Un houra d'indignation éclate dans les loges, et répond aux sifflets du parterre. Luzio laisse calmer l'orage, le public avait beaucoup d'affection pour l'artiste qui le faisait rire de si bon cœur. On lui pardonne, espérant qu'il ne se permettra plus une semblable licence. Luzio, poursuivant son entreprise, recommence* le lendemain, et la tempête suit de près la nouvelle offense; le tumulte fut plus violent et dura plus longtemps cette fois. Quelques voix menacèrent même l'acteur de le chasser du théâtre, s'il ne se montrait pas plus respectueux envers le public. — Il faudra bien que je les accoutume à me voir de tous les cotés, » disait le malicieux novateur à ses camarades effrayés par les cris d'une opposition formidable.
Le troisième jour, Luzio, sous le costume de don Gruffo, dans i Nemici generosi, entre en scène, le théâtre représentait une chambre fermée; il pose sa canne dans un coin, et, levant le bras qui tenait son chapeau, frotte l'intérieur de ce couvre-chef contre le mur du fond, comme s'il cherchait un clou pour l'y suspendre. Ce jeu de scène était accompagné de lazzies très divertissants. Don Gruffo poursuit sa recherche du clou sur le mur à droite, et n'est pas plus heureux. Arrivé sur l'avantscène, il frotte son chapeau dans le vide, et toujours à la même hauteur. Enfin, quand il remonte vers le fond, en suivant le mur de gauche, il rencontre le bienheureux clou sur lequel son chapeau reste accroché.
Le public n'attendit pas ce dénouement pour comprendre le sens de l'apologue en pantomime. — Bravo, Luzio! s'écriait-on de toutes parts. On applaudit à l'ingénieuse leçon que l'acteur venait de donner à son auditoire, en lui prouvant qu'un quatrième mur était censé fermer l'ouverture du théâtre, et que le
public admis dans la salle n'existait point pour le personnage agissant sur la scène. Enfermé dans sa chambre, don Gruffo peut et doit se promener à sa fantaisie, sans s'inquiéter s'il présente telle ou telle face à des curieux qui ne sont pas censés assister à ses exercices.
Luzio (Gennaro) vivait encore il y a trois mois; les journaux d'Italie ont annoncé la mort de ce vétéran, depuis longtemps retiré du théâtre.
/ Mammalucchi ed i Pirati, ballet où les danseurs grotesques figurent; 25 août 1801.
La Molinara, Paisiello; 2 septembre 1801, Raffanelli, Mme Strinasacchi. Écrite à Naples en 1788.
1809, Mme Festa. 1811, Mme Gregorj. 1819, Mme Ronzi de Begnis.
Le petit air Nel cor più non mi sento, varié tant de fois, est de la Molinara.
Paisiello écrivit le rôle charmant de Rachelina pour Celestina Coltellini.
Lesbino e Carlotta, Mayer (Simon) ; 27 septembre 1801. Début de l'auteur à Paris.
L'italiana in Londra, Cimarosa; 17 octobre 1801. — 180i.
La cavatine Se m'abbandoni, qui fit le tour de l'Europe, est de Mengozzi.
La Pace, cantate à six voix, parodiée sur des morceaux de musique de Mozart, Cimarosa, Paisiello, Guglielmi, Winter; 21 novembre 1801, à l'occasion des traités de paix de Campo- Formio, etc.
La Serva Padrona, Paisiello; 21 novembre 1801. Début de Martinelli, M™ Strinasacchi; 22 décembre 1813, Barilli, Mme Giacomelli.
Il Marchese di Tulipano, ossia il Matrimonio inaspettato, Paisiello; 13 décembre 1801.
Il Calzolaro, Cimarosa; il Maestro di Capella, Cimarosa; l'Axiro, Haydn; le ténor Bianchi (Antoine débute par ces trois intermèdes qu'il joue tout seul; o janvier 1802.
Clôture ; 13 janvier 1802.