SALLE FAVART
Du 9 août 1814 au 21 septembre suivant, Mme Catalani donne dix concerts à la salle Favart. Elle commence les représentations lyriques, à ce théâtre, par le premier acte de Semiramide et le premier acte de la Cosa tara : premier exemple d'un spectacle composé de fragments.
La Caccia d'Ennco IV, Puccita, écrite à Paris pour le début de Mme Catalani, dans un rôle comique. Ouvrage de circonstance politique. 28 octobre 1815.
La Capricciosa coretta, Da Ponte, Martini (Vincent-Martin, dit) ; 6 novembre 1815, M,ne Morandi.
1819, 22 mai, pour la rentrée de Mme Mainvielle-Fodor.
// Fanatico per la Musica, Mayer; Mm* Catalani brille dans le rôle écrit pour Mœe Billington ; 14 novembre 1815.
Cette pièce avait été donnée, en 1805, sous le titre de il Pazzo per la Musica.
L'Orgoglio avvilito, Puccita; 30 novembre 1815. Oro non compra Amore, ossia il Barone di Moscabianca, Portogallo ; 23 décembre 1815.
Pénélope, Cimarosa; 31 décembre 1815.
Le Tre Sultane, Caravita, Puccita; 22 janvier 1816. L'air de la Tromba , que Mme Catalani chantait si bien et si souvent , écrit pour cette virtuose, appartient aux Tre Sultane.
Il Ritorno inaspettato, Mosca (Joseph); 25 février 1816.
La Clemenza di, Tito, Metastasio, retouché par Maroli, Mozart; 20 mai 1816.— 1825, Mlle Schiassetti.
Écrite, en dix-huit jours, à Prague, en 1791, pour le couronnement de l'empereur Léopold II.
Le rôle de Vitellia, partant du sol grave pour s'élever au ré sur-aigu, fut chanté par Mme Marchetti-Fantozzi. L'air de Vitellia n° 23 Non più di fiori, le meilleur de l'ouvrage, est l'un des plus beaux que Mozart ait écrits. Un des motifs de cet air (mesure 101e de X allegro) est reproduit par M. Meyerbeer, dans le duo de Robert-le-Diable, Ah! l'honnête homme! avec des modifications qui ne le déguisent pas suffisamment.
La Primavera felice, Balocchi, Paër; 6 juillet 1816. Intermède écrit à Paris pour le mariage du duc de Berri.
L'Impostura, Mosca (Joseph); 24 septembre 1816.
Il Ratto di Proserpina, Da Ponte, Winter (Pierre de) pour le début de Mmes Dickonse et Bartolozzi-Vestris; 7 décembre 1816.
Écrit à Londres, en 1804, pour Mm" Billington et Grassini.
Vltaliana in Algeri, Anelli, Rossini; 1er février 1817; Mmea Morandi-Isabella, Pasta-Zulme.
1821, Galli, Graziani, Bordogni, Mlle Naldi; 1824-26.
1827-28, Mme Pisaroni.
1834, M,le Unger. Ce joyeux opéra reste au répertoire.
Début de Rossini à Paris.
Écrite à Venise, été de 1813, pour le théâtre de San-Benedetto. Galli, Rosich, Gentili (Serafino) et Mme Marcolini.
Nous rencontrons clans le finale de VItaliana in Algeri, le crescendo prolongé, moyen dont Rossini s'était déjà servi pour le finale de Tancredi, moyen qu'il emploiera d'autant plus souvent qu'il en a reconnu l'heureux effet sur le public. Paisiello ravit son auditoire en lui faisant ouïr un crescendo, avec art ménagé, dans le finale célèbre de il Itè Teodoro, en 1784. Mosca, praticien médiocre, musicien dépourvu d'imagination, avait reproduit cette combinaison instrumentale et vocale dans un trop grand nombre d'opéras mort-nés, dont on n'avait pu garder le souvenir. Le crescendo, épée de chevet du pauvre Mosca, ne frappait que de trop faibles coups entre ses mains inhabiles, il devint la Joyeuse, la Durandal de Rossini; ce maître conquit la faveur du public, il excita les transports d'un enthousiasme furibond, frappa des coups certains, décisifs, victorieux avec ce même crescendo, lancé par le génie à travers une situation vivement bouffonne ou tragique. Les vagues de l'orchestre s'élevant du niveau de la mer jusqu'aux nues, en accélérant leur agitation , en donnant plus de force à leurs mugissements; ces accords flatteurs succédant à des accords acerbes, déchirants, alignés sur une basse monotone, tenace, invincible dans son opiniâtreté; cette blanche et scintillante écume de mélodie arrivant au zénith de l'échelle, pour y proclamer sa victoire éclatante, animaient, excitaient, entraînaient l'assemblée entière, un tonnerre d'applaudissements répondait aux éclats de la foudre musicale, dénouement prévu, mais toujours fêté, du crescendo. Témoin l'entrée successive des deux chœurs dans le finale du deuxièmeacte iïOtello. Osez blâmer, critiquer le crescendo après un exemple tel que celui-là !
Generali, pour l'orchestre, Majo, pour la modulation, avaient ouvert la voie à Rossini. Manfroce, de Palma, dans la Calabre citérieure, mort à Naples en 1813, à l'âge de vingt-un ans, avait déjà fait preuve de génie et de talent. Alzira, Ecuba, de ce jeune maître, annonçaient un digne rival de Rossini.
Il Califo di Bagdad, Garcia ; le dialogue parlé, sans récitatif, essayé dans cet ouvrage écrit à Paris, donne de mauvais résultats. MUe Cintisefait applaudir vivement dans le rôle de Zetulbe^
Cette prima donna venait d'accomplir sa seizième année.
22 mars 1817. — 1821.
Zaira, Federici; 20 juin 1817.
Semiramide, Portogallo; 16 septembre 1817. Écrite à Lisbonne pour Mme Catalani; l'air fameux Sonregina, appartient à cet opéra.
Carolina e Filandro, paroles et musique de Gnecco; 11 octobre 1817.
La Sposa stravagante, c'est la Capricciosa pentita, ajustée pour Mme Catalani. Les variations sur 0 dolce concento de il Flauto magico; l'air Chi d'Amor squarcio la benda, chantés par cette virtuose, sont accueillis avec enthousiasme. 21 octobre 1817.
Ces variations avaient été dictées à Ferrari (Jacques-Godefroi), par Mme Catalani.
La Principessa in Campagna, Pucitta; l'air varié pour le violon de Rode, est exécuté pour la première fois dans cet opéra par Mme Catalani. La Placida campagna, polonaise brillante, que cette virtuose exécutait à ravir, est de la Principessa in Campagna. 20 novembre 1817.
La Morte di Mitridale, Nasolini, annonce la mort de l'entreprise; 13 décembre 1817. Le superbe duo II tuo destin, ingrata, que l'on a chanté pendant vingt-cinq ans, appartient à cet opéra.
Concerts donnés par Mme Catalani; le célèbre clarinettiste Baerman (Henri) s'y fait entendre.