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serons forcé de nous demander quelles sont les indications de cette opération, et nous nous occuperons alors du critérium pathologique.
Si les ligaments ronds raccourcis, éomme nous l'avons dit plus haut, devaient supporter constamment le poids de l'utérus, ils finiraient par céder à ce poids, en reproduisant la maladie dont on avait tenté la guérison. D'une part, l’adhérence des ligaments aux piliers deviendrait presque impossible à cause de la traction constante exercée par l'utérus sur les points de suture et d'autre part si l’on obtenait ce résultat autoplastique, son action finirait par devenir nulle, par suite de l'allongement
- de Îa cicatrice ou des ligaments ronds eux-mêmes. Mais, si
nous nous rappelons ce que nous avons dit sur les conditions générales de la statique pelvienne, il nous sera facile de comprendre comment l'utérus cesse de tirailler les ligaments ronds, lorsqu'à l’aide du raccourcissement on a rétabli la diréction de la cloison pelvienne. Et, en effet, de la nouvelle position dans laquelle on place l'utérus il résulte que les intestins doivent descendre dans le cul-de-sac postérieur de façon à pousser l'utérus d’arrière en avant et un peu de bas en haut, c'est-à-dire contre la face postérieure de la symphyse pubienne. L'élasticité intestinale sera dans ce but renforcée par la force respiratoire, dont la résultante viendra tomber, maintenant, derrière la face postérieure de l'utérus, de telle sorte que cet organe, au lieu de tirailler les ligaments ronds, aura de la tendance à accentuer la position dans laquelle on l’a placé, en diminuant ainsi la tension de ses cordons sus-pubiens.
Ainsi que le fait remarquer Alexander, ce n’est que dans des circonstances rares (1) que les ligaments raccourcis ont à sup-
(x) Et encore dans ces circonstances, les ligaments ronds ne supportent pas THÈSE MANRIQUE. 6
porter momentanément le poids de l'utérus. Pour expliquer ce fait, Alexander emploie une comparaison qui nous parait très heureuse : « Un vaisseau, dit-il, est souvent maintenu sur une mer tranquille par une faible corde, qui céderait à la tension exercée par la millième partie du poids du bateau, et qui serait allongée ou rompue, si le bateau était constamment exposé à un fort courant. Le cable est cependant capable de résister à une violence temporaire, et PS son aide le vaisseau regagne la position primitive (1). >
La dilatation de [a vessie est la cause la plus Kévuente du tiraillement des ligaments ronds, après leur raccourcissement, mais l’action vésicale est en partie annihilée par deux conditions dont profite l'utérus dans sa nouvelle position. D'abord, le développement de la vessie dans ces circonstances se fait aux dépens des deux tiers inférieurs de la cloison pelvienne, tandis que le tiers supérieur se dirige en avant, ce qui fait que les ligaments n'ont pas à supporter tout le poids de l'utérus, qui, à ce moment, se trouve appliqué sur le fond et la face postérieure de la vessie, de telle sorte que les forces intra-abdominales tendront à placer l'utérus dans l’antéversion forcée par leur action sur la face postérieure de cet organe. Il résulte de là que la tension exercée sur les ligaments ronds est ex partie adoucie par les nouvelles conditions statiques dans lesquelles se trouve l'utérus après l'opération d’Alexander.
Nous verrons plus loin qu'après l'opération d’Alexander les femmes se plaignent quelquefois d’envies fréquentes d’uriner.
tout le poids de l’utérus mais ils maintiennent, simplement, le redressement de cet organe, et nous savons qu'il est plus facile de soutenir un fardeau dans un équilibre instable, que de le porter d'un endroit à un autre (Alexander).
(x) Alexander. Short. of round. lig., p. ro.
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