OBSERVATION I
Prolapsus de l'utérus compliqué d’ulcérations de In vulve et du périnée. — Prolapsus rectl. — Raccoureissement des ligaments ronds. — Suture vagino-périnéale. — Gucrison. — Par le docteur W. ALEXANDER. |
- Rebecca Mc. Donaugt, mariée et âgée de 38: ans, a été admise à l'hôpital le 18 mai 1885; elle est atteinte. d’un. prolapsus complet de l'utérus. Le col utérin est. ulcéré; la fourchette périnéale est occupée par une large ukération, et, en différents points du vagin, on trouve aussi des ulcérations. La muqueuse rectale est prolabée. Le spectacle qui s'offre au chirurgien lorsqu'il fait écarter les cuisses de la malade est vraiment lamentable: La malade ne peut retenir ses matières, qui sortent à: son insu. Elle dit qu'elle est. venue à l'hôpital dans le seul but de mourir tranquillement. On à ordonné, ce jour-là, le repos
= Mg = le plus complet au lit, un bain et des embrocations sur les parties malades, avecde l'huile phéniquée.
Quelques jours après la malade a fourni les renseignements suivants : Elle a cinq sœurs et un frère, tous bien portants. Elle a eu quatre enfants dont le plus jeune est âgé de 19 ans.
Depuis plusieurs années, dit-elle, elle a-un abaissement de la. matrice, mais ce n’est que depuis 12 mois que l'utérus est sorti pour la première fois entre les grandes lèvres. Elle a mené une vie très irrégulière. Porte de traces de syphilis et aime beaucoup les boissons alcooliques. Un médecin a essayé de la guérir par l'emploi des pessaires, mais après plusieurs tentatives infructueuses il lui. a déclaré « qu’on ne pouvait rien faire pour elle ».
À son entrée à l'hôpital, on a éloigné toute idée d'une intervention chirurgicale immédiate. Pendant trois mois, la malade a été soumise à un traitement antisyphilitique (KL.), bonne nourriture, soins de propreté bien dirigés, huile de foie de morue. Tout cela dans le but de placer la malade en bonnes conditions, pour pratiquer une opération.
Pendant la duréc de ce régime (3 mois) elle a eu deux ou trois fois des symptômes d'embarras gastrique fébrile, qui ont duré deux ou trois jours.
Le 2 septembre la malade a été mise sous l'influence du chloroforme, et on a pratiqué le raccourcissement des deux ligaments ronds, par le procédé déjà décrit. Les ligaments exerçaient un contrôle très manifeste sur l'utérus, et ils étaient forts .et luisants. On en a raccourci trois pouces de chaque côté. Pansement iodoformé. À l'époque de cette opération, l’ulcération du col était cicatrisée, maïs le vagin et la fourchette étaient encore ulcérés. Durant les suites de l'opération, la malade a eu une seule fois une température très élevée ({o°), sans qu'aucune complication du côté de la plaie ait pu expliquer l'hyperthermie. On lui a donné une dose d'antipyrine, et tout est rentré dans l’ordre. Le pansement antiseptique à été renouvelé chaque trois jours jusqu'au 29 septembre, époque à laquelle la cicatrisation des plaies était complète.
L'utérus s'est maintenu dans la position qu'on lui avait donnée le jour de l'opération, mais le relâchement du périnée faisait craindre la reproduction du prolapsus quand la malade commençait à marcher. Ces
Su craintes ont déterminé à faire une opération sur le vagin et le périnée analogue à celle qui avait été pratiquée dans le cas précédent (Obs. I).
Après qu'on eut fait la suture le long de la paroi supérieure du vagin, ce qui fut fait le 17 octobre 1885, le méat urinaire se déroba derrière le pubis ; et, en raison de cette circonstance, on ne fit pas le casthétérisme vyésical pendant les jours qui suivirent l'opération, dans la crainte que cette manœuvre ne püt empêcher la cicatrisation des surfaces avivées.
Plusieurs chirurgiens qui étaient présents à cette opération ont déclaré n'avoir jamais vu un cas aussi défavorable. Et ceux qui ont vu la malade avant l'opération déclarèrent que si lè raccourcissement des ligaments ronds pouvait rendre service dans un cas comme celui-là, il n’y aurait pas à l'avenir de cas qui püt n'être pas justiciable de cette opération.
Le soir de l'opération, la malade a pris deux pilules de morphine. Temp. $. 37°2, C. Pendant le 8, le 4 et le 10 octobre, la température a oscillé entre 37° et 39°,5. Elle a très bien dormi, Sa miction s'est faite spontanément et sans inconvénient aucun. Il s'écoule par le vagin une abondante quantité de liquide muco-purulent. Le vagin a été lavé avec une solution de sublimé à 1 p. 1000.
12 octobre. — Temp. normale. La malade tousse un peu. Elle a perdu un peu de sang par le vagin. On lave la plaie avec de l’eau phéniquée glacée, et on applique une couche de coton sur le périnée qu’on maintient avec un bandage en T. L'hémorrhagie n'a plus reparu pendant les jours suivants.
18 octobre, — On enlève les points de suture. L’écoulement a diminué beaucoup. La malade se sent bien. Lavages au sublimé deux fois par jour.
20 novembre. — La malade se lère pour la première fois. L’utérus est à sa place normale. La cicatrice du vagin est parfaite. Aucun des organes prolabés n'a de la tendance à tomber. L'état général de la malade ne laisse rien à désirer.
14 janvier. — La malade quitte l'hôpital complètement guérie. Nous attendons qu’un temps suffisamment long se soit écoulé pour déclarer la guérison définitive,
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