‹ L'Opération d'Alexander (Raccourcissement des ligaments ronds)Chapitre 26 sur 39 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

| Prolapsus de l’utérus.—[@pération d’Alexander. — Guérison. (Rapp. par le docteur Alexander, p. 58, loc. cit.)

Ann. B., journalière, âgée de 32 ans se présenta à l'hôpital, le 25 avril 1882, avec un prolapsus de l'utérus. Le col de l’organe apparaissait au dehors de la vulve. Cette femme a eu quatre enfants, qui sont tous morts peu de temps après la naissance, Le prolapsus date de son dernier accouchement qui eut lieu il ya deux ans. Depuis lors, elle se plain, de douleurs qui siègent dans la région lombaire, et dans la profondeur de l'excavation pelvienne. Elles font tellement souffrir la malade qu’elle considère la vie comme une charge insupportable.

Cette femme est forte, bien musclée. Elle a un vagin large.

Elle a accepté, avec enthousiasme, l’idée d'une opération qui lui offrait la chance d'une guérison radicale, car elle avait horreur des pessaires dont l'emploi présentait chez elle les difficultés inhérentes à l’excessive dilatation vaginale.

Le 24 mai 1882, on raccourcit les ligaments ronds chez cette femme et les parties excédantes, longues, de chaque côté, de 6 centimètres, furent pelotonnées et fixées dans l’angle interne de la plaie. C’est le premier cas dans lequel on #’a pas coupé la partie éxcédante des ligaments, manœuvre inutile lorsque ces parties ne sont pas très altérées.

25 mai. — Le chloroforme employé comme anesthésique n’a pas provoqué de vomissements. -— Temp. m. 37°, temp. s. 35°,4,la malade n’éprouve aucune douleur.

26 mai. — On fait le pansement des plaies qui ne présentent rien d’anormal. — Temp. m. 36°,7,s. 37°,7.

27 mai. —- Temp. m. 37°,9,s. 37°,5.

28 mai. — Pansementdes plaies, suppuration peu abondante. — Temp. m3; (803766:

30 mai. — Pansement des plaies. Rien d’anormal. La température est normale. |

2 juin. — Les plaies sont cicatrisées, dans les fdeux tiers externes de

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leur étendue, il reste à la partie interne une petite surface granuleuse qui suppure encore. On n’emploie pas le pulvérisateur pour faire le pansement, et on continue à faire celui-ci avec de la gaze phéniquée.

7 juillet. — La patiente est complétement guérie de ses plaies, etelle se lève pour la première fois.

30 juillet. — Exeat. Elle s'engage à venir une fois par mois, pour faire voir l’état de son utérus.

La situation morale et pécuniaire de cette femme paraissait très défavorable. Aïnsi, elle fut admise à l'hôpital le 4 août 1882, pour des accidents dus à l’abus des boissons alcooliques. Le monde était pour elle trop plein de tentations. Aussi, elle résolut d'y renoncer, et de rester pendant quelque temps comme balayeuse à l'hôpital. De cette façon, on a pu examiner cette femme à plusieurs reprises, et surtout on a eu l’heureuse occasion de la montrer au docteur Emmet, de New-York, et au docteur Sutton, de Philadelphie, qui, tous les deux, trouvèrent son utérus en parfait état le 8 septembre 1882.

Cette malade fut présentée à l'Institut médical de Liverpool, le 6 novembre 1882, c'est-à-dire, 6 mois après l'opération, et, à cette époque, l'utérus occupait la mème situation qu’on lui avait donnée le jour de l’opération. Elle à été vue, pour la dernière fois, dans les premiers jours de 1883, et à cette époque son utérus gardait encore une bonne position.

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