‹ L'Opération d'Alexander (Raccourcissement des ligaments ronds)Chapitre 30 sur 39 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Rétreoversion de l’utérus. — Catarrhe vésieal et vessie irrita. hle concomitants. — MRaccourcissement dles figaments ronds. Guérison.— Par ALExANDER. — (Short of. the ronad lig., page 46.)

Miss C., demoiselle àgée de 22 ans, qui au mois de mai 1883 consulta le docteur Alexander pour des accidents qu’elle éprouvait du côté de la vessie, et qu’on avait attribués à un catarrhe vésical, avec exagération de

l'irritabilité de cet organe. Cette demoiselle qui est musicienne de profession (joueuse de violon) croit que sa maladie provient de la nécessité, inhérente à sa profession, qui l’oblige à retenir son urine pendant longtemps. C'est une fille de grande stature, pâle, anémique, et sa mauvaise santé générale paraît dépendre de quelque état local.

On lui conseilla un traitement médical reconstituant dont la noix vomique où son alcaloïde constituait la base principale. Pendant quelque temps elle se trouva mieux, grâce à ce traitement, mais l'amélioration était seulement temporaire, car elle disparaissait dès qu'on cessait le traitement. Après quatre mois d'alternatives dans la santé de cette fille, on fait comprendre à la mère la nécessité qu'il y avait à faire un examen minutieux des organes génitaux. Peu de jours après on put faire cet examen, après anesthésie chloroformique, et on constata l'existence d’une RÉTROVERSION complète de l'utérus ; on replaça ensuite l'utérus au moyen de l’hystéromètre et on tâcha de le maintenir réduit, à l’aide d’un pessaire de Hodge.

Quinze jours après, on dut enlever ce pessaire, à cause de l'irritation locale qu'il avait causée. À peine le pessaire fut-il enlevé, que l'utérus reprit sa position anormale.

Le volume de la matrice était normal, et sa mauvaise position dépendait sans doute de la dilatation de la vessie. Pour guérir les accidents du côté de ce dernier organe, il fallait tout d'abord empêcher le col utérin de comprimer le fond de la vessie.

L'opération était ici doublement indiquée, pour redresser l'utérus, et pour corriger l'inclinaison en arrière du réservoir urinaire.

L'idée d’une opération fut acceptée avec enthousiasme par la fille et par la mère, qui la croyaient préférable à l'emploi indéfini d’un traitement par les pessaires, si répugnant aux sentiments d’une jeune fille.

Le raccourcissement des ligaments ronds fut pratiqué le 28 novembre 1885, par le docteur Alexander, habilement assisté par les docteurs Irvine et Brannigan. Les ligaments furent découverts grâce à une incision qui n'avait pas plus de 2 centimètres et demi, la malade ne perdit que quelques gouttes de sang. Les ligaments étaient les plus petits qu'Alexander eût jamais vus, mais, par contre, ils étaient fermes et résistants. On appliqua un petit pessäire de Hodge pour soutenir l’utéru

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pendant la cicatrisation des plaies, et pendant la convalescence on continua le traitement tonique qu’on avait essayé avant l'opération.

Les plaies guérirent par premièreintention, mais un petit abcès se produisit le long de la plaie, du côté gauche, abcès qui s'ouvrit pendant la seconde semaine.

Vingt et un jours après l'opération, la malade commença à se lever, mais elle ne sortit pas de chez elle avant le 1°° janvier 1884, car on avait voulu, pendant ce temps empècher, autant que possible, l'accumulation de l’urine dans la vessie.

Le petit pessaire de Hodge qu’elle portait lui causait si peu de gène, qu'elle fut quelque peu surprise, lorsqu'on lui parla d'enlever quelque chose qu'elle portait dans son vagin, et dont elle ne se doutait pas. Aussi on résolut de le laisser en place, pendant deux mois de plus, dans le but de donner à la vessie le temps de revenir à son état uormal.

Le 14 février, le pessaire fut enlevé lorsque tous les phénomènes morbides dont avait souffert la malade avaient déjà disparu. L’utérus est en très bonne position et la malade jouit d’une bonne santé générale.

Seize mois après l'opération (Ann. of Surgery, mai 1885), l'état général de la malade est très bon. L'utérus garde la position qu’on lui a donnée, mais de temps en temps, miss C. fait des poussées de cystite.

Voici le résumé de deux observations communiquées par le docteur Reid, à la Société Médico-chirurgicale de Glasgow, le 5 octobre 1884 : (1).

OBSERVATION XIII. (résumxe.)

Rétroversion chronique de l’utérus necompagnée de lhypertrophie de l’organe, chez une femme âgée de 7 ans.

Symptômes. — Douleurs de reins. Leucorrhée. Vessie irritable. Diarrhée abondante. Délire pendant les époques menstruelles. Ces symptômes existent, plus ou moins accusés, depuis 8 ans.

Opération d’Alexander, le 3 novembre 1883.

(x) Glasgow med. Journ. 1884, p. 57r.

= 122 == Résultat constaté le 24 juillet 1884 : La diarrhée a diminué. L'utérus est petit et en bonne position. Le délire pendant les règles a disparu complètement, et la malade peut marcher librement, contrairement à ce se qu passait avant l'opération. La diarrhée et la leucorrhée apparaissent ét” disparaissent alternativement. Elle ressent encore quelques douleurs dans la région lombaire.

OBSERVATION XIV. (nésumée.)

Rétroversion complète, avec hypertrophie de l’utérus chez une femme âgée de 4% ans.

Symptômes. — Douleurs lombaires très gènantes. Leucorrhée. Défécation pénible (bearing-down). Impossibilité de marcher, qui l’a obligée à garder la chambre pendant la dernière année. Les débuts de la maladie

remontent à 13 ans.

Opération d’Alexander le 20 février 1884.

Résultat le 26 juin 1884 : L’utérus est en antéversion légère. La défeccation se fait normalement, sans aucune douleur. La femme peut rester levée pendant toute la journée, et est capable de faire une course d’un mille, sans se fatiguer. La santé générale est très améliorée.

En ce qui concerne l'acte opératoire, le docteur Reïd pose les conclusions suivantes : 1° Les plaies doivent être maintenues aseptiques; 2° On trouve plus facilement le ligament, en se plaçant du côté du ligament sur lequel qu’on opère; 3° Il est plus facile d'attirer le ligament hors du canal inguinal, en le prenant avec une pince hémostatique à mors plats et larges, que si on le saisit avec les doigts; 4 Les bouts des ligaments ronds doivent être coupés et non pas pelotonnés dans la plaie; D Enfin l'emploi de la bande élastique de Lister, est très utile dans cette région, pour prévenir le passage des germes septiques entre la peau et les pièces de pansement.

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