‹ L'Opération d'Alexander (Raccourcissement des ligaments ronds)Chapitre 31 sur 39 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

Rétrofiexion de l'utérus. — Raccourcissement des ligaments rænds. Par M. le professeur Dupray. (Communiquée par M. Louis Beurnier, interne des hôpitaux, aide d'anatomie de la Faculté.)

La nommée Victorine Primault, agée de 38 ans, mariée, cuisinière, — Entrée le 29 juin 1885, à l'hôpital Lariboisière, salle Sainte Marthe. Service de M. le professeur Duplay.

Père mort à 78 ans d'apoplexie.

La mère morte à 49 ans d’une fièvre typhoïde.

Sept frères, tous bien portants.

Réglée à 16 ans et demi ; depuis lors règles régulières.

Aucune maladie antérieure pendant l'enfance.

À 22 ans a eu une hémoptysie, qui ne paraît pas avoir été supplémentaire, mais qui n’a d’ailleurs pas eu de suites.

Mariée à 28 ans, un premier enfant 14 mois après. Cet enfant meurt à 20 jours du choléra infantile.

Un autre enfant en 1880, qui meurt aussi de cholérine à l’âge de 7 MOIS.

Les deux accouchements ont été très laborieux, mais sans application de forceps. Le dernier accouchement a duré 1 heure, le second 15 heures,

Aussitôt après le premier accouchement, marche très difficile ; la malade se plaignait de tiraillements dans les reins et de pesanteur dans le ventre. Elle fut obligée de quitter tout travail et de s’aliter, M. Siredey la soigne par les douches et les bains sulfureux. Aucun soulagement. Après le second accouchement, marche absolument impossible. La situation assise est même très difficile. Douches et bains. Santé générale bonne pendant tout ce temps. Au moment des règles, douleurs très violentes, irradiées surtout dans le flanc droit et se produisant par intervalles.

Constipation opiniâtre depuis le premier accouchement. Miction normale.

Signes physiques. — Par le toucher vaginal on arrive sur le col de l'utérus, qui est à son niveau ordinaire ; il est gros, de consistance nor-

male. Les culs-de-sac antérieur et latéraux sont libres et on n'y provoque pas de douleur par la pression du doigt. Mais, en plaçant le doigt dans le cul-de-sac postérieur on sent une masse formée par le corps de l'utérus. Ce dernier n’est pas très mobile; néanmoins en plaçant. l'index en avant de la lèvre antérieure du col et en accrochant pour ainsi dire cette lèvre, on fait basculer le col et à sa suite le corps de l'organe sans trop de difficultés, jusqu’à ce qu'on lui ait rendu sa situation normale. Toutes ces manœuvres se font sans douleur pour la malade.

Par le toucher rectal on sent parfaitement la paroï postérieure du corps appliquée par le rectum, et l'angle que fait cette paroï postérieure avec celle du col. On repousse en avant et on relève le corps avec le doigt sans trop de peine.

Raccourcissement des ligaments ronds sans difficultés le 30 octobre 1885. Pessaire Gariel. Flexion des cuisses et des jambes; traversin sous le creux poplité.

Tous les jours le pessaire est retiré avec précautions, et une injection de propreté, avec acide borique et eau tiède, est pratiquée dans le vagin.

Pansement tous les deux, ou trois jours. Au deuxième pansement on enlève les points de suture de la peau; mais on laisse les deux tubes à drainage jusqu'au cinquième pansement, parce qu’il y a un léger écoulement purulent, surtout du côté droit. Au bout de 15 jours tout pansement est enlevé, et on met une plaque de diachylon sur l'endroit des incisions. La région opérée n’a été que très peu douloureuse. Pas de traces de péritonite.

Pendant ce temps on a dù sonder la malade.

Pas de réaction fébrile, si ce n’est 38° dans l’aisselle le quatrième jour ; l’état de la malade, mauvais avant l'opération, n'est pas altéré par elle. Malheureusement il se développe au sacrum une vaste eschare, due à la négligence de l'infirmière qui a laissé cette région en contact avec de l'urine pendant plusieurs heures. Au même moment la malade se plaint de cystite due aux sondages répétés. Quoi qu'il en soit, l’opération. elle-même n’a eu aucune suite fàcheuse, et l’utérus ne s’est point déplacé. Comme l'enflure n’a pas encore permis de faire lever la malade et qu'il ne s’est n’ailleurs pas encore écoulé un temps assez long, on ne peut dire actuelle ment quel sera le résultat définitif de l'opération.

OBSERVTION XVI.

Bétroffexion de l'utérus, avee un léger degré d’abaissemené Opération d’'Alexander, par M.le professeur Dupray (due à la bienveillance de M. L. Beurnier, interne des hopitaux).

La nommée F. Petit, âgée de 32 ans, cuisinière, est entrée le 24 octobre 1885, à la salle Sainte-Marthe, n° 20, service de M. le professeur Duplay.

Père assez bien portant. Mère aussi, excepté qu'elle a eu un prolapsus utérin à la suite d’une cinquième couche, 10 frères et sœurs, dont 3 seulement survivants.

Dans l'enfance elle à eu la rougeole et la fièvre typhoïde.

Réglée à 13 ans et demie. Les règles cessèrent à 16 ans pendant 4 mois, puis reviennent régulièrement.

Mariée à 21 ans.

Premier enfant à 22 ans. La grossesse est très douloureuse; l’accouchement pas très difficile, dure 10 heures. L'enfant meurt à 6 mois de bronchopneumonie.

La malade croit s'être levée trop tôt après l'accouchement (9 jours). Dès ce moment, elle dit sentir une tumeur pesente au niveau de la fosse iliaque droite. Pas de douleurs. Elle va voir un médecin, qui ne donne que des injections. |

Deux ans après, seconde grossesse très pénible, et fièvre typhoïde après le quatrième mois de la grossesse. Accouchement, abcès des seins; la malade recommence à travailler 2 mois après l'accouchement. À Ja suite de l'apparition à ce moment d’un prolapsus complet de l'utérus, accompagné de cystite et de perte blanches.

Entrée chez M. Siredey il y à 8 ans ; on applique un pessaire qui ne . maintient pas l'utérus. Injections de coaltar saponiné, peu d'amélioration.

Deux ans, après, l'impossibilité de travailler devient complète. Pesanteur abdominale considérable, constipation ordinaire, miction normale.

Signes physiqnes. — Le toucher vaginal donne la sensation d'un volume ordinaire et de consistance normale. On pénètre dans les culs-de-sac antérieur et latéraux qui sont libres, non douloureux. Dans le cul-de-sac

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postérieur on sent l'utérus, qui est aussi très facilement perceptible par le rectum. Cet utérus est très mobile. En pratiquant la petite manœuvre que nous avons indiquée dans l'observation précédente, on le remet en place avec la plus grande facilité. Par le toucher rectal on sent l’angle formé par la paroi postérieure du corps et le col.

Un détail à ajouter ici, c'est qu'il y à non seulement, une rétroflexion très prononcée, mais encore un léger degré d’abaissement de l’utérus, ce qui fait que l'opération est doublement indiquée.

Raccourcissement des ligaments ronds, qui sont très volumineux ; l'opération ne présente pas de difficultés. Anesthésie au chloroforme. On donne à l’opérée la mème position qu'à l’opérée précédente.

Pessaire Gariel, enlevé et replacé chaque matin pour faire l'injection vaginale à l'acide borique.

Le pansement, comme chez la première malade, est renouvelé tous les deux, puis tous les trois jours. Comme chezelle, les points de suture dé la peau sont enlevés au deuxième pansement. (Comme chez elle aussi, il se produit un peu de suppuration, surtout à droite, ce qui oblige à laisser les drains une quinzaine de jours. Peu de douleur au niveau des plaies. Aucune réaction du côté du péritoine.

Cathétérisme les six premiers jours. .

La température n’a atteint qu’une fois 38° dans l’aisselle, et l'état général s’est conservé excellent.

L'utérus ne s’est pas déplacé; mais on n'a pas encore permis à la malade de se lever.

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