‹ L'Opération d'Alexander (Raccourcissement des ligaments ronds)Chapitre 33 sur 39 · ON · texte numérisé non relu

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Heywood Smith, de Londres (1) a pratiqué aussi l'opération d'Alexander qu'il considère comme une précieuse addition à la thérapeutique gynécologique.

Keith et Croom, d'Edimbourg, ont pratiqué, chacun une fois, l'opération d’Alexander ; ces. deux auteurs sont d'accord pour avouer qu il est très difficile de trouver les extrémités des ligaments ronds, car dans ces cas ces auteurs ont mis plus d’une heure pour faire cette recherche, et Croom a dû se contenter de raccourcir un seul ligament. Nous ne tiendrons pas compte de ce cas, ni de célui du docteur Sinclair, d'Edimbourg, (2) pour tirer des conclusions statistiques; le temps qui s’est écoulé depuis n'étant pas suffisamment long, pour permettre d’apprécier judicieusement les résultats thérapeutiques. Le cas de Keith a été particulièrement malheureux : Les plaies ont suppuré pendant cinq semaines, et onze semaines après l'opération la rétroversion s’est reproduite presque aussi accusée qu'avant l'intervention.

Dans une lettre du docteur W. A. Duncan, publiée le 4 juillet 1885, par le British medical Journal cet auteur dit avoir entendu parler de quelques cas de mort, imputables à l'opération d’Alexander; Le il ajoute « Z am unable at present to give exacst atistiks.

Le docteur W. A. Duncan a ER quatre fois le raccourcissement des ligaments ronds, toujours pour guérir des « rétroflexions aiguës, avec prolapsus douloureux de l’ovaire dans le cul-de-sac de Douglas. » Dans ces cas, les plaies ont guéri par première intention et un seul pansement a suffi pour arri-

(x) British. med. Journ. 1885, p. 1066.

(2) Edinburg med. Journ. 1885, p. 250.

Ve

ver à ce résultat ; mais, le résultat thérapeutique que l'on pour-

suivait n'a été obtenu qu'une seule fois, sur les quatre cas

de Duncan, de Londres. Les trois autres rétroflexions se sont reproduites aussitôt après que les malades ont commencé à marcher. | ‘le

Dans sa lettre au Æritish med. Journal, le docteur Duncan

a négligé de nous dire, combien de temps après l'opération = a fait lever ses malades: ainsi que de quelle quantité il a rac-

En

courei les ligaments. Enfin, s'il a employé les pessaires, intra

utérin et vaginal, pendant le processus de cicatrisation. D'après le docteur Alexander (1) les trois échecs thérapeutiques du docteur Dunean proviennent de ce que l'opération

n'était pas indiquée. En effet, dans « la rétroflexion aiguë avee

prolapsus douloureux des ovaires » le cul-de-sac de Douglas est presque toujours rempli d'adhérences plus ou moins résistantes, condition dans laquelle l'opération d'Alexander est très rarement utile et très souvent dangereuse, si l’on pense à l'action qu'elle peut avoir sur les produits inflammatoires à un degré plus ou moins avancé d'organisation. |

Dans une autre note (2), le docteur Dunean, dit connaître

7 cas de mort à la suite de l'opération d'Alexander, mais il ne donne pas d'autres renseignements sur ces cas ; aussi, ils ne peuvent servir pour faire une statistique sérieuse. D'autre part, le docteur W. A Duncan croit l'opération tellement facile qu'elle pourrait être pratiquée par le premier venu (éyro) ayant quelques notions anatomiques : Alexander et Adams se sont élevés en même temps contre une telle asser-

(x) British med. Jowrn. 29 avril rS8S.

(a) British med. Journ. 5 septembre : 855, 46S. (S) Brit. med. Journ. 35 octobre 1888.

La

tion, ils s'accordent à déclarer l'opération d'une exécution difficile, lorsqu'on la fait pour la première fois.

Le docteur Macfie Campbell a obtenu, sur quatre raccourcis- . sements des ligaments ronds, trois redressements permanents de l'utérus. Le quatrième cas, était un cas de prolapsus compliqué d’adhérences anciennes dont nous donnons l’observation résumée (Voy. Obs. VIII). Dans les autres cas, il s'agissait 2 d’un prolapsus, d'une rétroflexion avec abaissement, enfin 5 d’une rétroversion avec abaissement de l'organe gestateur. «#4 Dans ce dernier cas, tous les accidents pelviens ont disparu © après l'opération; mais la malade a continué à souffrir d’un | asthme récurrent dont elle était atteinte depuis longtemps. Les 4 deux autres malades ont complètement guéri (1). v0 3 Dans une communication à l'Association médicale britanni-

que (séance du 2 août 1883), le docteur Lediard, de Carlisle,

donne le résumé des quatre cas dans lesquels il a pratiqué le raccourcissement des ligaments. Quoique cet auteur n'ait ;

raccourci qu'une seule fois les deux ligaments et que dans les =

autres trois cas il se soit contenté d’en raccourcir un seul Ë il se déclare très satisfait des résultats qu'ils a ob 4 a (perfectly successful), les plaies ayant guéri régulièrement, sauf dans un cas où la cicatrisation a été longue à se pro- L. duire ; l'utérus a été définitivement redressé dans tous les” 72 cas.

nr Dans une lettre adressée par le docteur Burton, chirurgien E. de l'hôpital gynécologique de Liverpool au docteur Alexander, Er il dit avoir raccourci six fois les deux ligaments ronds, pour Ti guérir des cas de rétroflexion ou de rétroversion de l'utérus

2 (1) Liverpool med. und Chirurg. Journ. 1885, p. 256. ns © (x) Alexander. Short. of the round lig. p. 65, London, 1884.

dans lesquels l'emploi des pessaires n'avait produit aucun résultat utile. Les résultats du docteur Burton ont été, d'après hui, très satisfaisants ; nous regrettons cependant qu'un temps suffisamment long ne se soit pas écoulé entre la date des opérations et le jour de la publication de la lettre à laquelle nous faisons allusion. En terminant sa lettre, le docteur Burton déclare que, d'après son expérience, « l'opération d’Alexander est utile, simple, généralement facile, qu’elle n'amène pas d’hémorrhagie et n’est pas douloureuse ».

Dans un cas de rétroflexion opéré par le docteur J. Greg. Smith (1) de Bristol, l'utérus est resté pendant trois mois dans une bonne position, mais au bout de quatre mois, la malade souffrait autant qu'avant l'opération. Cependant, l’utérus n’a pas été examiné pour voir si la reproduction de la flexion était la cause réelle de la réapparition des accidents ; il pourrait bien se faire en effet que des lésions des ovaires ou des trompes fussent la cause des accidents douloureux.

C. Prolapsus des ovaires, consécutif aux déviations de l'utérus.

Dans deux cas, où les symptômes de la chute de l'ovaire se trouvaient comme surajoutés aux phénomènes provenant de la déviation utérine, Alexander a voulu faire l’oophorectomie de l'ovaire douloureux à travers la plaie qu'il avait créée pour faire le raccourcissement du ligament correspondant.

Si l’on pense aux rapports de l’aileron postérieur du ligament large avec l’aileron antérieur, il est facile de com-

(1) Brit. med. Journ. n° 1, 1884.

prendre comment, par la traction de ce dernier, on peut faire remonter l'ovaire, qui se trouve fixé au premier. Et en effet, chez sa première malade, le docteur Alexander a pu facilement attirer dans la plaie mguinale l'ovaire gauche, au moyen des tractions exercées sur le ligament rond correspondant. Une fois que l’ovaire fut dans le canal inguinal, il ouvrit le péritoine qui l’enveloppait, et fit la ligature du hile ovarien, avec un gros fil d'argent. L’ovaire enlevé, Alexander fixa le pédicule à la plaie cutanée à l’aide de sutures. Le reste de l'opération s’est passé comme dans les cas ordinaires.

Les deux plaies ont beaucoup suppuré. Un mois après l'opération, la plaie du côté droit était cicatrisée, tandis que celle du côté gauche ne le fut que quinze jours plus tard. Quatre mois après l'opération, la position de l’utérus se maintenait, et les douleurs ovariennes avaient disparu complètement.

Dans un second cas, Alexander n’a pas réussi à faire sortir l'ovaire en tirant sur le ligament rond. Il a incisé tout le canal inguinal pour aller chercher l'ovaire avec le doigt après avoir ouvert le péritoine. Mais il n’a pas été plus heureux dans cette tentative, car l'ovaire était solidement fixé par des adhérences aux tissus voisins, et même de fortes tractions, exercées à l’aide du ténaculum, n’ont pu le dégager. On a dù se contenter de raccourcir les ligaments ronds qui, malgré les adhérences ovariennes, maintenaient parfaitement l'utérus.

Une péritonite s'ensuivit, compliquée d’une abondante suppuration des plaies. Heureusement, la malade a échappé à ces graves conséquences d’une tentative peut-être trop hardie.

Depuis lors, Alexander a renoncé à cette voie pour faire l'oophorectomie ; l’incision médiane hypogastrique étant de beaucoup supérieure.

Mais il y à des cas dans lesquels les déviations utérines sont aggravées parla présence dans le cul-de-sac de Douglas des ovaires douloureux, mais non fixés par des adhérences. Ces ovaires, ainsi que le fait remarquer Imlach causent des douleurs atroces, insupportables. Cet auteur pense que quand ces organes ne sont pas adhérents, et quand il y a tout lieu de croire qu'ils ne sont pas lésés d’une façon incurable, le redressement de l’utérus diminuera la pression et ramènera les ovaires à peu près à leur position normale (1) ; ce qui permet ainsi de soulager les malades sans enlever ces organes.

A ce point de vue, l'opération d'Alexander a été peu étudiée jusqu'à présent, et cependant c'est peut-être là que se trouve son plus grand avenir, car si par le raecourcissement des ligaments ronds, on peut arriver à éviter la castration de la

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