‹ L'Opération d'Alexander (Raccourcissement des ligaments ronds)Chapitre 34 sur 39 · ENS · texte numérisé non relu

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femme dans certains cas, on rendra un service positif et à la.

malade, et à l'humanité.

Nous donnons ici les observations résumées des cas que nous avons pu recueillir dans les publications périodiques.

OBSERVATION XIX. (RÉSuMÉE.)

Rétroflexion chronique avee prolapsus de l’ovaire gauche, chez une femme âgée de 3% ans. Par le docteur W. L. Rem de Glasgow (2).

Symptômes. — Douleurs à la région du sacrum. Leucorrhée. Dyspareunie. Dysménorrhée. Marche difficile. Défécation très pénible, Ces phénomènes durent depuis 10 ans.

Opération Alexander le 10 novembre 1883.

(x) Edinburg med JTourn. 1885 avril, p. 915 et suivantes. (2) Glasgow med., Journ. 1884, p. 371. Comm. à la Soc. méd. eh. de Glasgow, 5 octobre 1884.

VTT: Le 1 + 4

due

Résultat le 24 juillet 1884. Plus de dyspareunie. La position donnée à l'utérus se maintient; la malade peut faire à pied une course de 2 milles. Elle à encore quelques douleurs lombaires et un écoulement mucopurulent venant du canal cervical.

Les cas suivants appartiennent au docteur Imlach, de Liverpool et ils ont été publiés dans l'Edinburg Medical Journal du mois d'avril 1885 (page 913). Nous les reproduisons en entier, ces observations étant déjà un peu laconiques.

16° Cas. — L. P., 25 ans, mariée sans enfants; dysménorrhée et ménorrbagie pendant les dernières années. On raccourcit les ligaments le 3 octobre 1883. Soulagement seulement temporaire. On veut faire l’ablation des annexes de l'utérus, mais la malade refuse cette opération et retourne chez elle. |

2° cas. — R. D., 32 ans, a six enfants, dont le plus jeune âgé de 6 ans. Elle ne passe pas plus d’une sémaine sans perdre du sang; douleurs continuelles dans le bas ventre pour lesquelles elle a été soignée sans succès pendant plus de 2 ans. Opération le 6 janvier 1884. Depuis lors, les périodes menstruelles sont régulières (avril 1885) et toute souffrance a disparu.

3° cas. — J. D., 29 ans, six enfants dont le plus jeune à 1 an. Douleurs continuelles dans le bas ventre. Pas de ménorrhagies ; ovaires prolabés et très sensibles, mais d’un volume normal. Opération le 14 février 1884. Soulagement complet. En février 1885, elle eut un enfant. Pas d'accident pendant la grossesse, mais elle a eu une présentation tranversale (cross-birth) et a maintenant une cellulite pelvienne.

4e cas: — À. K., 20 ans, trois enfants, le plus jeune à 1 an, douleurs continuelles dans le bas ventre et dysurie, apparence chétive; les ovaires sensibles, mais non augmentés de volume ; l'utérus mesure un peu plus * de 10 centimètres (4 pouces). Opération le 26 février 1884, quinze jours après on fit le râclage de la muqueuse vésicale. La femme quitta l'hôpital

= 142 ee quelques jours après, soulagée de ses souffrances, mais sans être complètement guérie.

5° cas. — À. M., 31 ans, maîtresse d'école, non mariée. Dysménorrhée, ovaires prolabés et considérablement augmentés de volume. Opération d'Alexander le 17 mars 1884, Les souffrances ont continué quoique un peu atténuées. Elle ne veut pas se laisser faire l’ablation des ovaires.

6° cas. — A. G., 31 ans, six enfants, dont le plus jeune à 2 ans. Depuis son dernier accouchement, les règles ne sont pas revenues jusqu’à un mois avant son entrée à l'hôpital, époque à laquelle elle eut une perte sanguine qui durait encore lors de son entrée. Elle a gardé le lit pendant trois mois, à cause des souffrances qu'elle éprouvait au bas-ventre.

Opération le 31 mars 1884. Ménorrhagie et douleur disparues. Au commencement de 1885, elle était soignée par le docteur Harvey, pour des souffrances d'une autre nature.

7° cas. — J.T., 27 ans, mariée il y a seize inois, pendant lesquels elle n'a pas vu ses règles; elle a une métrorrhagie qu’elle ne croit pas due à un avortement . Dysménorrhée avant et après le mariage. Opération d’Alexander le 4 avril 1884. Pas de soulagement. Peu de temps après, on enleva les ovaires et on trouva que tous les deux étaient suppurés. Après la castration toute souffrance pelvienne a disparu.

8° cas. — GC. F., 51 ans, deux enfants, dont le plus jeune à » ans: maux de cœur et douleurs de reins continuels. Hyperplasie de l’utérus avec rétroflexion complète; ovaires prolabés et petits. Opération le 25 avril 1884. Guérison complète constatée au commencement de 188».

9° cas. — J. E., 24 ans, trois enfants. À gardé le lit pour douleurs pelviennes, 4 semaines avant d'entrer à l'hôpital. Opération le 29 août 1884. Guérison complète, constatée en mars 1885,

10° cas. — M, R.;, 24 ans, deux enfants: dysménorrhée, douleurs pelviennes continuelles. Opération le 5 septembre 1885. Léger soulagement,

mais il est probable qu'il faudra recourir à la castration pour obtenir une guérison complète.

11° Cas. — À. F., vierge, 18 ans. Malade depuis deux ans, ménorrhagies répétées, dont la dernière persiste depuis cinq semaines. Ovaires prolabés et sensibles; utérus rétrofléchi, mais mobile. Opération le 13 décembre 1884.

La ménorrhagie et la douleur ont complètement disparu.

Nous devons dire que, dans tous les cas dont nous venons de donner le résumé, l'utérus était rétrofléchi, et, sauf la congestion consécutive à la rétroflexion, la seule complication qui existait, était la chute d’un ou de deux ovaires plus ou moins douloureux. |

A côté de ces cas, nous devons rappeler les quatre cas, « de rétroflexion aiguë avec prolapsus douloureux de l’ovaire » du docteur W. À. Duncan, de Londres, (1) dans lesquels le résultat thérapeutique n’a été obtenu qu'une seule fois. Lorsque nous parle:ons du Critérium pathologique, nous tàcherons de mettre en lumière les indications et les contreindications du raccourcissement des ligaments ronds dans les cas analogues à ceux dont nous venons de parler.

D. Grossesse après l'opération d'Alerander.

Nous avons vu que la malade qui fait l’objet de l’observation IX de ce travail, est devenue enceinte peu de temps après avoir quitté l'hôpital et qu’elle est arrivée au terme physiologique de sa grossesse sans avoir présenté aucun phénomène anormal. (Alexander). Bien que chez quelques-unes des ma-

(1) Bristol med. Journ. À juillet 1885.

ee 144 ——

lades du docteur Imlach (1) il y ait eu des avortements anté rieurs, on n’a pas pu constater jusqu'à présent de fausses couches survenues après l'opération. Dans deux cas de grossesse consécutive au raccourcissement des ligaments ronds, la marche de cette fonction a été physiologique. Dans l’une, on a eu une présentation transversale, et chez toutes les deux l'état puerpéral a été compliqué par l'apparition d’une cellulite pelvienne. Après l'accouchement, on a pu constater chez la première de ces malades que l'utérus avait conservé sa position normale, en un mot qu'il ne s'était pas rétrofléchi. La seconde malade, n'ayant pas encore quitté le lit, on ne peut pas dire si ce résultat sera obtenu (Imlach). Trois autres opérées du docteur Imlach, étaient enceintes, au moment de sa dernière publication, et il espère pouvoir plus tard rapporter à l’opération une grossesse et un accouchement normaux.

Ces exemples de grossesse normale après l'opération d'Alexander prouvent que l'utérus ne tire pas sur les ligaments ronds, après leur raccourcissement, comme un homme qui suspendu à un trapèze tire sur ses bras; car, s’il en était ainsi, l'augmentation du poids de l'utérus pendant les premiers mois, allongerait la cicatrice des ligaments, et la déviation ou le déplacement pourrait se reproduire, et provoquer. alors l'expulsion du produit de la conception. Durant l'ascension de l'utérus, au contraire, les ligaments ronds raccourcis, pourraient mettre obstacle au développement de l’organe gestateur, en le ramenant dans une de ces

positions anormales, qui font qu’au dernier mois de la gros- :

sesse, l'utérus tombe en avant du pubis. Aucun de ces phénomènes ne s'étant produit jusqu'à présent, nous sommes en

(x) Alexander. Edinburg med, Journ. 1885, p. 1056.

ss) PS —

droit de conclure que les ligaments ronds raccourcis, obéissent, pendant la grossesse à la loi d’accommodation des organes pelviens à la présence du fœtus, comme lorsque rien ne s’est produit sur ces cordons.

E. Résumé. Mortalité.

En résumant ce chapitre déjà long, nous trouvons qu’on a pratiqué jusqu'à présent 124 opérations d'Alexander, dont un seul cas de mort, celui qui a été publié par le Journal de Mundé. Le docteur W. A. Duncan (Brit. med. Journ) dit avoir entendu parler de T cas de mort, dont il ne donne pas la description, et dont il nous a été impossible de nous procurer les détails, malgré nos recherches à Londres, où nous avons demandé partout des renseignements relatifs à la mortalité de cette opération.

Si donc nous tenons compte seulement du cas de mort (pyohémie) dont nous possédons les détails, nous trouvons que la mortalité de l'opération d’Alexander, est jusqu'à présent de 0,8 p. 100. Si nous ajoutons à ce chiffre les sept morts auxquelles Duncan a fait allusion, la mortalité se trouvera élevée à 6,4 p. 100.

Dans 7 cas, sur 124, on n’a pas pu mobiliser les ligaments ronds, après les avoir trouvés dans le trajet inguinal, ce qui nous donne 5,6 p. 100 de tentatives infructueuses, de l’opération.

Dans 6 cas on n’a raccourci qu’un seul ligament rond, l’autre ayant été cassé ou n'ayant pas été rencontré. En rapportant ce chiffre à 100, nous trouvons que l'opération a été

incomplète dans 4,8 p. 100 des cas, et cependant la situation de l'utérus a été dans ces cas, très améliorée.

Dans 7 cas la déviation ou le déplacement de l'utérus s’est reproduite après le raccourecissement des ligaments, c'est-àdire que l'opération, menée à bien, n'a pas produit l'effet qu'on en attendait dans 5,6 p. 100 des cas.

Nous ne voulons pas rentrer dans une discussion plus détaillée des chiffres car nous croyons plus utile de les laisser parler eux-mêmes tels qu'ils se sont présentés naturellement, que de les torturer de différentes façons, en faisant des additions et des soustractions successives, qui ne pourraient qu'amener la confusion dans notre esprit, et dans celui du lecteur. |

Pour en finir avec le critérium clinique, il ne nous reste qu'à poser une conclusion qui s'impose après avoir parcouru tous les détails dans lesquels nous sommes entré. Cette conelusion est celle-ci : On a quéri certaines déviations et certains déplacements de l'utérus par l'opération qui consiste à raccourcir les ligaments ronds, d'une lonqueur plus ou moins grande, suivant les cas.

Voyons maintenant quels sont les cas dans lesquels cette: opération peut être conseillée.

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