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le corps de l’utérus uni au col par l'intermédiaire d’une articulation, nous pourrions dire que le corps exécute sur le col des mouvements antéro-postérieurs très étendus, tandis que les mouvements du col sur le corps sont très limités. Nous pourrions dire aussi que les mouvements de latéralité de l’un et de l’autre sont très limités. Mais les organes contenus dans la cavité pelvienne non seulement sont très mobiles, mais sont sujets aux plus grands changements de volume. Journellement, la vessie et le rectum se trouvent alternativement remplis par l'urine et par les matières fécales et ensuite vidés de leur contenu. Et comme les femmes sont plus souvent que les hommes victimes de certaines bienséances sociales, il s’ensuit chez elles une tendance très accentuée à la constipation et un état habituel de plénitude vésicale.
L'action de la distension de la vessie sur l'utérus mobiie a été acceptée par tous les auteurs ; M. Sappey, dans son livre d'anatomie, insiste tout particulièrement sur ce point, et il pense que la vessie pleine peut refouler la matrice jusque dans un état de rétroversion complète, ce qui est vrai dans certains cas, ainsi que nous le verrons plus loin.
Quant à l’action de la distension rectale sur l’ étarus elle n’est pas moins évidente : le rectum refoule en avant l'utérus, et dans certains cas de constipation habituelle, il n’y a que la vessie qui puisse s'opposer à ce que ce refoulement ne porte l'utérus contre la symphyse pubienne. Mais ce n’est pas tout : les anses intestinales elles-mêmes, par la nature de leurs fonctions, sont sujettes aux plus grandes variations dans leur volume et dans leur position. Tantôt elles remplissent les culs-de-sac péritonéaux en avant et en arrière de l’utérus, tantôt elles se laissent déplacer par la dilatation du rectum ou de la vessie, et
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sont alors refoulées en haut, de façon à graviter de tout leur
poids exclusivement sur le fond de l’utérus.
Nous voyons done qu'à l’état normal, les. moyens de ss de l'utérus laissent jouir cet organe d’une grande mobilité, et
que sa position dépend du conflit qui a lieu entre trois forces
de direction contraire, que nous pourrions classer ainsi : l° une force antérieure ou vésicale agissant obliquement d'avanten arrière et dé bas en haut ; 2° une force postérieure ou rectale, agissant d’arrière en avantet un peu de bas en haut; 3° une force supérieure ou respiratoire, dont la façon d’agir est un peu
- plus compliquée. Cette dernière, lorsque la vessie et le rectum
sont pleins, agit directement de haut en bas, mais quand ces
organes sont vides, son action pourrait alors être comparée à
celle d’un étau qui embrasserait l’utérus dans toute l'étendue de la surface péritonéale de cet organe (le fond et les deux faces du corps). L'action de cette force doit être contre-balancée par la résistance du diaphragme périnéal.
Ceci s'applique à la femme supposée entièrement nue, ou habillée de façon que rien ne comprime l'abdomen. Lorsque la femme est habillée avec tous les raffinements de la mode, une nouvelle force vient s'ajouter à celles que nous venons d'énumérer. Elle dépend de la compression exercée par le corset. La direction de cette force est un peu difficile à déterminer, et elle est modifiée par plusieurs circonstances, telles que la flaccidité plus où moins grande de la paroï abdominale, l’état du rectum et de la vessie, la plénitude ou la vacuité de l'intestin grêle, etc..Si l'on pense à la solidité de la paroi postérieure de l'abdomen et à la compressibilité de la paroi antérieure, on peut admettre que le corset agit tout d’abord en refoulant en arrière et en bas le paquet intestinal, d'autant plus que c’est
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es au niveau des fausses côtes et du creux épigastrique que l'on exerce une constriction plus énergique, et que c'est par là qu’on a l'habitude de commencer le resserrement de cet appareil, qui n'a d'autre avantage que de rendre en beauté ce qu'il fait perdre en santé. De plus, le corset fixe la paroi antérieure de l'abdomen et place la cavité abdominale dans les conditions d'une cavité cylindrique à parois rigides; son action vient donc s'ajouter à celle exercée par la force respiratoire, c'est-à-dire qu'elle concourt à pousser l'utérus de haut en bas et à accentuer la position dans laquelle cet organe se trouve, au moment où la parot abdominale a été immobilisée.
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Si les fonctions utérines exigent de la matrice une si grande mobilité, elles la condamnent aussi à éprouver les plus grandes variations de volume : la congestion menstruelle et la grossesse sont les deux causes normales de ces changements, qui ont fait dire à Simpson, dans son magnifique livre de clinique obstétricale, « qu'aucun organe du corps, dans « son état normal et physiologique, n’est plus sujet que « l'utérus à de grandes et frappantes variations de volume ». Cruveilhier, parlant sur le même sujet, s'exprime ainsi : « Aucun tissu n’est plus extensible, plus malléable, « que le tissu de l'utérus, lorsqu'il a subi le ramollissement « qui accompagne constamment son hypertrophie. Il s'al- « longe et s'étend dans tous les sens, et ce n’est que lorsque « sa distension est portée outre mesure qu'à l’hypertrophie « succède l’atrophie (1). »
Ainsi donc, si nous considérons qu’à l’action des forces que nous avons étudiées plus haut vient s'ajouter le poids de
(1) Anat. path., liv. XIE.
RAD EX ETES à = EURE TMS