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l'utérus lui-même, périodiquement congestionné par la fonc-
tion cataméniale, nous voyons que les conditions de stabilité de cet organe sont très précaires, et qu'il suffit du plus petit dérangement dans la distribution de ces forces ou dans les conditions des résistances (périnéeet ligaments) pour faire
disparaître l'équilibre pelvien, et pour placer l’organe gesta-
teur dans une position vicieuse.
Nous ne voulons pas aborder ici la discussion dé “he idées, qui ont encore cours dans la science, et d’après lesquelles les déplacements utérins seraient toujours précédés d'un état maladif de cet organe, d’une congestion par exemple. Nous sommes, cependant, de ceux qui croient que les déviations et les déplacements de l'utérus peuvent être ou primitifs ou symptomatiques. En un mot, nous acceptons des déviations primitives et des déviations pathologiques, par la même raison qu'on accepte des luxations traumatiques et des luxations pathologiques.
Dans la grande classe des déviations et des déplacements symptomatiques il faut faire une distinction très importante, au point de vue du traitement, entre les déplacements ou les déviations consécutives à une maladie des organes voisins ou à la présence d’une tumeur dans l'utérus lui-même, et les déviations ou les déplacements qui accompagnent certains états congestifs ou inflammatoires de l'organe gestateur. Quant au premier de ces groupes, leur histoire est celle de la maladie dont dépend la déviation, et nous avertissons dès à présent qu'il ne rentre pas dans notre sujet. Nous
voulons insister très brièvement sur les déviations pri-
mitives et sur celles qui sont consécutives à une « lésion vitale » de l'organe gestateur.
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Parmi les causes qui amènent les déviations ou les déplacements de l'utérus normal, on trouve les suivantes :
Débilité générale, produisant l'affaiblissement et le relichement des supports utérins (Dunean) ; |
Efforts musculaires violents;
Oceupations sédentaires ;
Mauvaise application du corset;
. Distension de la vessie ou du rectum ;
Chutes et traumatismes divers.
Tes mêmes causes, plus les suivantes, produisent les déviations ou les déplacements, lorsque l'utérus est plus ow moins congestionné.
Grossesses répétées;
Ruptures du périnée ;
Subimvolution ;
Métrites aigue ou chronique ;
Absence de tonicité du tissu utérin;
Prolapsus du vagin, eystocèle, rectocèle.
L'état dans lequel se trouve une femme qui vient d’accoucher nous présente réunies toutes, ou. à peu près toutes, les causes capables d'amener un déplacement ou une déviation de l'utérus.
Lorsque l'utérus sain se dévie d’une façon permanente, la cireulation pelvienne et par conséquent celle de l'utérus, s’altère profondément. La partie la plus déclive de l’organe ainsi dévié se congestionne, et cela pour deuxraisons : 1’par la pesanteur, et 2° par l'obstacle qui trouble la cireulation veineuse. Cet obstacle à la circulation de retour a à peine besoin d’être discuté, il rentre dans la loi d'anatomie pathologique générale qui nous apprend que toute compression exercée sur une veine produit
she la congestion de la région d’où vient cette veine. Et le système veineux de l'utérus est particulièrement disposé à se ressentir de toute compression exercée sur lui. :
D'après les recherches de Davalz (Th. 1859), de Richet, de Cavasse et de plusieurs autres auteurs (1), le plexus veineux utéroovarien et les veines utéro-ovariennes qui en émanent ne présentent que de rares valvules, ou du moins des valvules insuffisantes pour s'opposer au reflux du sang dans leur intérieur, c'est ce dont il est facile des’assurer par l'expérience. Du reste, les veines qui forment ce plexus et celles qui en émanent sont plongées au milieu d’un tissu cellulaire lâche, et sont par conséquent très exposées à ressentir les compressions exercées par les organes voisins. Le plexus utéro-ovarien étant placé entre les deux lames séreuses du ligament large, il est très naturel de conclure que toute déviation de la cloison pelvienne doit retentir forcément sur la circulation en retour de l'organe gestateur.
L'analyse des phénomènes congestifs que l’on trouve dans les déviations de l’utérus est très compliquée :
Voici, par exemple, une dame qui se dispose à assister à une noce. Pour être « plus habillée », elle ne manque pas de serrer son corset plus que de raison. Ainsi, passez-moi l’expression, elle étrangleson ventre. En bonne société, elle fait un repas abondant, en un mot, elle surcharge son ventre inextensible. Et naturellement on garde les « bienséances » : on est très heureux de se faire passer pour un corps glorieux. Le bal vient ensuite et entre bons amis ïl ne faut pas se faire prier. Mais tout n'est pas plaisir sur cette terre et la fatalité a voulu que la fluxion cataméniale commençât, ce même soir, chez notre dame
(x) Kolb. Anat. path. de l’ulérus, 1868.
= sous l'influence des excitations différentes qu’elle a souffertes. Son utérus qui était déjà plus ou moins dévié, par le dérèglement des forces qui pèsent sur lui, est maintenant plus lourd à la suite de la congestion menstruelle. Si, à ce moment, le rectum vient à se vider, l'utérus aura une grande tendance à se précipiter dans l’espace vide produit par la sortie des matières, grâce à un mécanisme très facile à comprendre.
Il nous semble difficile de ne pas admettre que, dans ce cas, qui n’est que le résumé de ce que nous voyons se passer tous les jours, un utérus normal ne puisse se dévier d’une façon permanente.
Dans le cas que nous avons choisi comme exemple, la congestion active de la menstruation sera remplacée par la congestion passive causée par l'obstacle à la circulation en retour, et la malade, puisqu'elle est déjà malade, commencera à parcourir le cycle symptomatique des déviations utérines, cycle sur lequel nous ne voulons pas insister, car cela dépasserait les limites que nous nous sommes imposées. (Voy. plus loin, Critérium pathalogique.)
Soutenir qu'il vaut mieux guérir les lésions « vitales » de l'utérus dévié, et le réduire ensuite, n’est qu’avouer l’impuissance des moyens dont nous disposons pour maintenir la réduction, car il est clair, d’après les recherches de Davalz, Richet, Cavasse, Hewitt, Klob, ete., qu'en plaçant l'utérus dans une bonne position, on fait cesser l'obstacle à la circulation en retour, et on place la maladie utérine dans de meilleures conditions pour être traitée par une médication appropriée.
Pour en finir avec ces considérations générales, il nous reste à faire ressortir, de tout ce que nous venons de dire, quelles sont les causes de la difficulté qu’on trouve à maintenir réduits les
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Le es déviations et les déplacements de l'organe gestateur: Ce que nous voulons dire maintenant n’est que le corollaire obligé de ce que nous savons sur lastatistique pelvienne. Ces causes, nous pouvons les diviser en deux classes : Causes vitales et Causes mécaniques.
Que l’état congestif, voire même inflammatoire, qui règne dans un utérus dévié soit primitif ou qu'il soit secondaire, ses conséquences seront les mêmes: il augmentera le poids de l'organe, et tendra à exagérer de jour en jour la déviation. Si la congestion est venue à la suite de la déviation, elle ne fera que renforcer la cause qui l’a produite ; si, au contraire, c’est la congestion qui a ouvert la scène morbide, la déviation qui en résultera ne fera que congestionner davantage l’organe gestateur. Et nous sommes forcé de conclure, quoique cela paraisse paradoxal, que, dans les cas dont nous parlons, l'effet vient s'ajouter à la cause pour aggraver la condition de la malade.
Dans les deux cas, l'utérus est non seulement augmenté de volume, mais augmenté de poids. Mais il n’est pas également congestionné dans toute son étendue, car nous savonsque c’est la partie la plus déclive qui se congestionne le plus.
C'est cette partie plus lourde de l'organe qui transforme les versions en flexions et les abaissements en prolapsus; c'est elle; aussi qui prénd une part active dans la reproduction de ces déviations, une fois qu’on les a réduites.
L'allongement des ligaments utérins doit nous servir de trait d'union pour passer de l'étude des causes vitales à celle ‘ des causes mécaniques.
Que l'utérus soit dévié, ou qu'il soit déplacé, ses ligaments se trouvent toujours allongés, tiraillés et lorsque leur
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élasticité & été tvaineue, leur rôle, comme agents de soutien de l'utérus, dévient presque nul. Nous avons vu que la déviation de l'utérus est corrélative de celle des ligaments larges, ce qui n'est que très naturel; car ces ligaments ont parmi leurs fonctions celle de limiter les mouvements antéro-postérieurs ou de latéralité auxquels la matrice se trouve exposée. Lors donc que ces mouvements dépassent la mésure, il faut absolument que la résistance dés ligaments larges soit vaincue, et qu'ils soient allongés et déviés dans le même sens que l'utérus. Dans les déplacements, l’allongement atteint aussi les ligaments utéro-sacrés, lesquels se trouvent, dans ces cas, étendus en éventail sur la face antérieure du sacrum, ce qui indique la tension qui s'exerce sur.eux (Le Gendre). Si le ressort propre à ces ligaments a disparu, 1l est facile de prévoir ce qui arrivera lorsqu'on réduira la déviation ou le déplacement : les ligaments se plieront sur eux-mêmes, ainsi que nous avons pu le voir plusieurs fois à l’amphithéätre. Si l’on réduit un utérus placé dans ces conditions, il arrivera ce qu’on remarque dans certains cas de luxations pathologiques dans lesquelles les ligaments ayant perdu leur ressort, il est très facile d'affronter les surfaces articulaires, mais il est presque impossible de maintenir efficacement la coaptation.
Nous ne ferons que mentionner à côté du relâchement des ligaments l'affaiblissement du périnée, ainsi que l'absence de tonicité des parois vaginales, causes qui non seulement amènent les déviations de l'utérus, mais aussi rendent leur traitement très difficile.
Nous devons mentionner parmi les causes vitales de la reproduction des déviations et des déplacements, la congestion chronique du tissu vasculaire qui entoure le col utérin