I. —— L’INCISION
Il est certain que l’incision de BABCOCK, telle que nous l’avons décrite, oblique gauche, est très pratique. Nous avons vu qu’elle donne un jour excellent et un accès facile sur le côlon descendant et le sigmoïde. A ce point de vue là, aucune autre incision ne peut lui être comparée. |
Cependant, elle n’est peut-être pas idéale pour les manœuvres basses (dissection du rectum dans l’espace pelvi-rectal inférieur), manœuvres cependant de première importance, puisque lorsqu'on passe au temps périnéal, la dissection rectale doit être complète. Nous avons déjà dit que l’emploi d’une large valve sus-pubienne tenue par un deuxième aide est préférable à l’écarteur de Ricarp. En outre, il est indispensable d’avoir de très longs instruments (aiguilles, pinces, ciseaux). C’est pourquoi, lorsqu’on prévoit que le côlon sigmoïde est long et mobile et que, par conséquent, on ne sera pas obligé de décoller le côlon descendant, ni de libérer l’angle gauche pour faire l’abaïissement, le Docteur VILrAR propose de donner la préférence à la laparotomie médiane, avec laquelle on a un accès plus facile sur le rectum et la vessie. Pour faire cette prévision, il utilise le lavement baryté qui permet d’appré-
ru
cier la longueur du sigmoïde et sa mobilité. Bien entendu, dans les cas où il est court et peu mobile, on emploie lincision de BaBcock, car le décollement colique serait sinon impossible, du moins très laborieux par l’incision médiane.
Cette dernière a un autre avantage : en la prolongeant au-dessus de lombilic, on peut explorer le foie, manœuvre malheureusement impossible avec l’incision de BaBcocx.
II. —— PROCÉDÉ DESTINÉ À ÉVITER UNE ASCENSION TROP IMPORTANTE DU CÔLON EXTÉRIORISÉ
Nous avons vu qu’à la fin de l'intervention, on laissait pendre au dehors un segment de côlon long de 7 ou 8 centimètres qui, dans les jours suivant l’opération, remontait pour disparaître entièrement ou partiellement. Il peut arriver que cette ascension soit trop importante et que l’orifice intestinal finisse par se trouver, tout au moins en partie, au-dessus du sphincter, surtout si une portion de cet intestin extériorisé s’est sphacélée. Il en résulte alors une fistule.
Le Docteur NaRp a imaginé un dispositif qui permet d’obvier à cet inconvénient et qui s’est montré très efficace. Il est très simple à exécuter, plus difficile à décrire; un schéma en facilitera la compréhension.
On prend deux drains en caoutchouc qui s’emmanchent exactement l’un dans l’autre. Le plus gros doit mesurer 2,5 centimètres environ de diamètre extérieur. On place le moins large dans l’autre en le faisant dépasser de 2 centimètres environ.
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On introduit cet ensemble dans le côlon et on le pousse jusqu’à ce que l’on éprouve une résistance : la partie
proéminente du drain le moins gros a dépassé le sphincter,
le bord du gros drain est arrêté par lui. Le dispositif est en place. On coupe les drains au ras de l’orifice colique que l’on solidarise avec leur tranche de section au moyen de quelques points. Un solide fil de lin est serré et noué autour du cylindre intestinal, à 1,5 centimètre ou 2 centimètres de son extrémité supérieure. Il produira, par compression des tuniques intestinales contre les drains en ce point, un sphacèle de celles-ci dans toute la portion située au-dessous de lui.
Lorsque les drains tomberont, au bout de quelques jours, le côlon, s’étant à peu près accolé aux tissus voisins dans sa traversée de la partie inférieure du pelvis et du canal anal dépouillé, n’aura plus guère tendance à remonter. La partie extériorisée, qui ne mesurera plus que 1 ou 2 centimètres, pourra, dans certains cas, se réduire; dans l’éventualité inverse, on la sectionnera au bistouri électrique ou au thermocautère.
Ce dispositif très ingénieux est tout à fait recommandable. Il a donné entière satisfaction au Docteur NaRp qui l’emploie depuis un certain temps.
Dans les dernières opérations de BABcock qu'il a pratiquées, il place même le fil de lin de striction destiné à limiter le sphacèle, au ras de la partie supérieure du gros drain. Il n’a plus ainsi à faire de retouche par la suite.