PREMIÈRE OBJECTION
La suppression de la muqueuse entraîne la perte de Ia sensibilité anale, d’où l’absence de contrôle automatique; donc une opération à objectif fonctionnel suppose la conservation de la muqueuse anale.
Cette objection est évidemment la plus sérieuse que lon puisse faire à la méthode.
Nous y répondrons en renvoyant à notre chapitre sur le résultat fonctionnel de lopération. Nous avons vu qu’en pratique ce résultat est très acceptable, et si, au début, BaBcock voyait 40 % de ses malades contraints de porter une garniture, ce pourcentage a certainement beaucoup baissé actuellement, car à ce moment-là il ne faisait pas exactement l’opération telle que nous l’avons décrite, mais des opérations plus complexes et moins réglées que l’opération actuelle.
Et puis, nous pensons que l’opération de BaBcock a des avantages sur les autres méthodes. Que nous proposerait-on à sa place ? Les résections par voie basse pure ? Nous les éliminons d'emblée, car elles sont incapables d’enlever les propagations lymphatiques hautes qui sont primordiales. La résection abdomino-sacrée ? Nous trouvons illogique de pratiquer une résection osseuse en milieu infecté, les anastomoses, de plus, ont trop de difficulté à tenir et, de fait, avec cette technique, les fistules sont fréquentes, et la mobilisation du périnée antérieur ne suffit pas toujours à les tarir.
Pour les cancers sigmoïdiens, on pourrait nous opposer l'anastomose sur tube colo-rectal telle que la pratique BERGERET. Nous lui préférons l’opération de BaBcock pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, l’intubation réalise une section intestinale
ER types
dans l'abdomen avec ses risques d'infection. En outre, on fait confiance aux hémorroïdales moyenne et inférieure pour assurer la vascularisation du rectum restant, d’où danger de sphacèle qui, se faisant dans la cavité abdominale, entraîne une péritonite aiguë mortelle. Les chirurgiens qui pratiquent cette opération le savent bien, puisque, s’ils voient que la tranche rectale saigne peu, ils n’hésitent pas à faire une recoupe.
De plus, on peut voir survenir une sténose qui prend naissance au niveau du bout supérieur. Il est vrai que certains pensent pouvoir l’éviter en fendant longitudinalement ce bout supérieur pour en sectionner les fibres circulaires.
Et, de fait, après l’intubation, on voit survenir chez certains malades des crises de sub-occlusion lorsque la fistule cæcale est fermée.
C’est pourquoi nous donnons, là encore, la préférence à l’opération de BaBcocK qui, à notre avis, donne peut-être des résultats fonctionnels un peu moins bons que ceux des meilleures réussites de l’intubation, mais qui, dans l’ensemble des cas, nous paraissent plus réguliers.