TROISIÈME OBJECTION
Si l’anse sigmoïde et son méso sont courts, l’opération n’est pas réalisable.
IL est certain que nous touchons là au point névralgique de la question.
Il est indispensable, avant d'émettre des opinions, de faire un court rappel anatomique.
P. Duvaz à décrit quatre types de côlons pelviens :
1° Côlon pelvien long avec méso long; 2° Côlon pelvien long avec méso court; 3° Côlon pelvien court avec méso long; 4° Côlon pelvien court avec méso court.
Il est évident que le premier type est très favorable et rend l’abaissement particulièrement facile. C’est lui qui se rapproche le plus de la disposition embryonnaire. D’après TESTUT, il correspond à l'éventualité la plus fréquente. En principe, les trois autres types ne diffèrent de celui-ci que par une extension plus grande du processus d’accolement. On peut donc, par décollement du côlon descendant,
SUR a
donner de l’étoffe au méso, et par décollement de l’angle gauche, donner de la longueur à l'intestin. On arrive ainsi à ramener ces cas défavorables au premier type.
Pratiquement, dans les cas extrêmes, on pourra peut-être se trouver obligé de renoncer à l’opération, mais cette éventualité nous paraît très rare. La rencontrer forcerait à employer une autre technique. La méso-sigmoïdite rétractile nous paraît pouvoir réaliser une telle éventualité.
On nous objectera alors que, même avec une étoffe mésocolique et une longueur intestinale suffisantes, les possibilités d’abaissement se trouveront compromises par la traction des artères sigmoïdiennes. Nous avons déjà dit que l’on doit lier une où deux sigmoïdiennes, souvent pour éviter cette traction, quitte à rapporter un peu plus haut le point de la future section intestinale. Nous avons dit aussi qu’en explorant les vaisseaux droits en comprimant une sigmoïdienne que l’on se propose de lier. il est possible de se rendre compte de la limite qu’atteindra la zone ischémiée. Cette limite se trouve bien au-dessous du point intestinal situé en regard de la dite sigmoïdienne. On peut compter sur une certaine longueur d’arcade sous-jacente. Ajoutons même qu'il s’agit non d’une arcade simple, mais de plusieurs arcades au niveau du côlon sigmoïde.
On n’a pas la prétention d’amener la terminaison d’une sigmoïdienne jusqu’à la région anale, qu’il s’agisse de la première, de la deuxième ou de la troisième. Si l’on ne pouvait faire confiance à une certaine longueur d’arcades sous-jacentes, il ne servirait à rien de lier une artère sigmoïdienne, car la suivante poserait le même problème.
De ces considérations découle un précepte essentiel respecter les arcades.