DEAN
Il peut arriver cependant que l’on aperçoive, à travers l’incision périnéale, le côlon ayant été abaïissé, une anse grêle procidente, ce qui ne manque pas d’inquiéter le chirurgien. Il serait bon, dans ce cas, de mettre en place une mèche assez tassée.
Le Docteur NaRp a observé une fois une telle éventualité, c’est la conduite qu’il a adoptée, il ne s’est pas produit d’occlusion.
De fait, la péritonisation est impossible, et cela pour deux raisons : il reste trop peu de péritoine, et il y a trop d’intestin à recouvrir.
Il y a très peu de péritoine, car l’opération doit se pratiquer comme un WERTHEIM. On doit repérer les uretères et les respecter, tout le reste doit partir avec la pièce opératoire. II y a beaucoup d’intestin à loger dans le pelvis à la fin du temps abdominal, car grâce à la mobilisation de l’angle gauche, le point de la future section est rapporté très haut, ce qui donne de grandes garanties et constitue, à notre sens, un des principaux avantages de la métohde. Nous. avons déjà dit que la pièce opératoire mesurait, en général, au moins 30 centimètres. Mais BaBcock pense que la péritonisation, praticable dans d’autres types d'opérations, est au contraire un facteur d’occlusion. II dit que la traction des lambeaux peut causer leur écartement entre deux points, ou des déchirures entre lesquelles la pression des anses grêles peut déterminer l’engagement ou la coudure de l’une d’entre elles. ;
Cependant, il est certain que la péritonisation, en tant que moyen d'isolement de l’espace pelvi-rectal inférieur, est un avantage dont se trouve privée l’opération de BaBcock. Effectivement, on peut observer, dans les cas où le temps périnéal a été très laborieux et, de ce fait, plus ou moins septique, une propagation de l'infection vers la cavité péritonéale, ce qu’aurait peut-être évité un diaphragme péritonéal. |
C’est ainsi que l’on pourrait voir s’installer, heureusement
rarement, une péritonite larvée (le malade est sous pénicilline) qui n’en entraîne pas moins la mort (Docteur VILLAR).
L'opération française abdomino-transanale classique ne diffère guère de l’opération de BaBcock que par la présence de la péritonisation rendue possible par une exérèse moins importante vers le haut. Elle n’utilise pas le décollement du côlon descendant et de l’angle splénique, ce qui fait qu’elle n’est applicable que si le sigmoïde et son méso sont longs. C’est en raison de cette moindre étendue de l’exérèse vers le haut que nous lui préférons l’opération de BaBcock.
Nous reconnaissons cependant qu'entre des mains exercées, l’abdomino-transanale peut supporter la comparaison avec l’opération américaine, comme en témoignent les observations du Professeur F. Papin, et la belle série de dix cas rapportée par le Professeur MASSÉ, avec une mortalité nulle, trois récidives et un très bon résultat fonctionnel.