‹ L'opération de HartmannChapitre 13 sur 55 · L'INCISION · texte numérisé non relu

L'INCISION

Hartmann préconisait une incision iliaque gauche. Soupault la recommande également. Tous deux lui reconnaissent l’avantage de donner un jour suffisant et la possibilité de faire un anus én situ sans contreincision seconde.

On peut cependant lui faire un reproche: Elle reçoit en colostomie le bout supérieur. Celle-ci sera ouverte au second jour, donc avant la cicatrisation de la plaie opératoire, qui risque ainsi d’être continuellement souillée et infectée.

L’incision médiane sous-ombilicale, elle aussi, a ses défénseurs. La majorité des chirurgiens français et étrangers semblent lui réserver leur préférence.

On lui reproche cependant de perdre le bénéfice d'exploration d’une petite incision iliaque gauche qui permet de faire le bilan des lésions. Si celles-ci se

révèlent inopérables, on réalise ainsi un anus de dérivation et à peu de frais. C’est ce qui faisait proposer

par Hunckler la technique de Luquet : longue inci-

sion de Mac Burney à gauche. Dissociation des muscles. Incision du péritoine. On peut alors faire une exploration de la tumeur. Si celle-ci est extirpable, extériorisation de l'anse sigmoïde,.section et suture du bout inférieur et réintégration. Mise du bout supérieur en anus terminal. Puis laparotomie et exérèse.

En réalité, il nous semble bien difficile, par cette incision, d'apprécier l’opérabilité d’une tumeur rectosigmoïdienne et de juger de la technique appropriée.

Coffey préconise une incision latérale droite, verticale, passant à 3 cm. en dehors de la ligne médiane et remontant au-dessus de l’ombilic. Cette incision lui permettrait une exploration plus complète de la cavité abdominale, un examen du foie plus facile. Elle évite en outre la proximité de l’anus artificiel, ce qui diminue les risques d’infection de la paroi. En réalité, cette incision nous parait plus complexe que la médiane et ses avantages sont plus théoriques que pratiques.,

Le débat se résume à deux incisions possibles : l'iliaque gauche, la laparotomie médiane sous-ombilicale. Pour nous, notre préférence va à cette dernière..

Nous lui trouvons une série de qualités : plus de simplicité, plus grande bénignité, rapidité certaine. Elle donne en outre plus de jour sur le haut rectum ; elle permet la mise en place d’une valve sus-pubienne,

1e, M MN

et de protéger avec le maximum de sécurité la grande cavité péritonéale par des champs abdominaux.

Elle prend en outre une importance toute particulière lorsqu’après exploration, l’opération par voie abdominale s’avérant insuffisante, on est contraint de décider une exérèse abdomino-périnéale. Sur nos 25 cas rapportés, c’est à elle que nous avons eu recours 24 fois ; une seule incision iliaque gauche, (Observation 16).

Page 1