‹ L'Opération de Kronlein dans les Affections de l'OrbiteChapitre 20 sur 30 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Traitement des angiomes caverneux de l'orbite.

« L’exurpation convient aux angiomes caverneux, d'habitude bien limités, peu adhérents aux tissus voisins et que leur siège profond ne permet guère de traiter d'autre façon. Dupuytren, Dieulafoy, Rognetta, Parisse de Græfe, Wecker. ete., l'ont employée avec ‘succès. Berlier la conseille également, mais elle doit être complète pour éviter la récidive. Le globe de l'œil doit être ménagé, si la vision est conservée, et même dans le cas d’amblyopie, si sa structure n’est pas trop altérée, 1l est bon de ne pas en faire l’extirpation. De Græfe dût enlever l’œ1l de son malade pour atteindre la tumeur. Dieffenbach, Bowmann, Hodges, Galezowski, Wecker, conservèrent l'organe, mais ce dernier n'y parvint qu'après trois quarts d'heure d’une dissection très pénible, après avoir détaché les muscles droit externe et droit supérieur à leurs insertions scléroticales. Encore son opérée, loin de recouvrer la vue, la vit disparaître à peu près complètement au bout de quinze mois « par une atrophie manifeste du nerf optique. Il serait done à désirer que l’extirpation de l’angiome fut faite de bonne heure, mais l'impossibilité d’un diagnostic positif arrête longtemps la main du chirurgien » (CnauveL, Art. Orbite,

Dict. Dechambre).

L'opération de Krônlein répond à tous les desiderata de Chauvel. Elle permet d'aborder de bonne heure l'angiome caverneux, et de l'enlever complètement avec le minimum de lésions opératoires dans l'œil et ses annexes.

Nous avons joint aux cas d'angiomes caverneux l’ob-

servation d’une tumeur pulsatile de l'orbite enlevée par

la méthode de Krôünlein. De nouveaux faits seraient nécessaires pour apprécier les bénéfices de cette intervention dans le cas de tumeur pulsatile.

OBSERVATION XXXIX (VALUDE). — Angiome caverneux de l'orbite. — Opération de Krünlein. — Guérison (Annales d'Oculistique,

1900, t. CXXIV, p. 119).

M. Hub... âgée de 8 ans. La mère a constaté le début de l’exophtalmie dans l'année 1894. Je la vois en 1895 à la consultation de mon service des Quinze-Vingts, et je constate une forte protusion inféro-externe de l’œil gauche. La ponction exploratrice ramenant deux centimètres cubes de liquide sanguin altéré me donna le diagnostic d’angiome caverneux de l'orbite. Je pratiquai chez cette fillette l’électrolyse de la tumeur angiomateuse, mode d'intervention qui m'avait réussi dans un cas semblable, et, en effet, en une ou deux séances, j'obtins la disparition de l’exophtalmie. La vision de l'œil restait bonne.

Au bout d’un an, l’exophtalmie se reproduisit et je recommençai l’électrolyse avec le même succès, mais aussi avec la même réeidive au bout d’un an. Bref, pendant quatre ans, je dus, une fois chaque année, exécuter l’électrolyse orbitaire chez cette enfant.

Depuis dix-huit mois, les électrolyses, même répétées et pratiquées avec d’assez fortes intensités (10 à 12 milliampères pendant cinq minutes), restèrent sans effet sur la tumeur.

Au mois d'octobre dernier, l'enfant présentait une exophtalmie en bas très prononcée de son œil gauche. Les mouvements du globe sont un peu limités. Par la palpation on sent profondément une tumeur mollasse, située dans l'orbite, en haut et en dedans.

A l'ophtalmoscope, on reconnait une légère hyperémie du nerf

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