John Lubbock, L'Homme préhistorique, Paris, 1888 t I
cessives par rotation de l’extrémité pointue du silex? est-ce en circonscrivant une portion d’os, au moyen d’un morceau de silex aplati, aminci et ébréché de façon à former scie? ou bien est-ce
par usure de l’os par simple raclage avec un silex coupant?
Sans doute la première hypothèse paraît très plausible. Un morceau de silex à extrémité mince et étroite, mis en rotation par la main, fut sans doute le premier instrument à la portée des opérateurs néolithiques, et c’est ainsi qu’ils ont dû manœuvrer tout d’abord. Us agissaient par une sorte de térébration des os du crâne, et ils pouvaient, au moyen de perforations multiples, enlever une rondelle servant d’amulette.
Nul doute, à ce compte, que l’on ne puisse rattacher à l’âge de pierre la découverte du trépan exfolïatif.
Comme l’a décrit Prunières *, on voit ce procédé de rotation à la main encore employé par les bergers de la Lozère, pour trépaner les moutons atteints de tournis. La seule modification qu’ils y aient appor-
Fio. 24. — Poinçon en pierre (d'après Lubbock).
1 . Prunières, Sur les crânes perforés et les rondelles crâniennes ( Association française pour l’av. des sciences, volume de Lille, 1814, p. 623).
PROCÉDÉS DE TRÉPANATION NÉOLITHIQUE 2t>
tée, c’est la substitution d’une pointe de couteau à la pointe d’un silex. i
« D’après Gillman, c’était aussi la méthode
usitée chez les sauvages de l’Amérique du Nord, dans le cjrand Mound de la rivière rouge et dans un autre Mound , près de la rivière de sable non
Terrier et Péraire. — Trépûii.
loin du lac Huron ; on en a également retrouvé la Irace dans une ancienne sépulture indienne, près de Saginan »
Chez les Indiens de l'Amérique du Nord, le lieu d’élection de la trépanation était le sommet du crâne, la forme des orifices était régulièrement ronde. Ces orifices étaient petits, leur diamètre variant de 10 à 15 millimètres : telle est la perforation des Indiens du Michigan.
Mais, pour P. Broca1 2, ces trépanations étaient posthumes; elles étaient pratiquées pour « per-
diez les Dayaks, de Bornéo (Muséum, nu 5916), le crâne est orné d’élégantes arabesques, et une charnière permet de soulever la rondelle comme le couvercle d’une tabatière et de la remettre ensuite en place (fig. 29).
C’est au procédé des perforations multiples que s’est rattaché Just Lucas- Championnière pour expliquer les trépanations chirurgicales des temps préhistoriques. Ce chirurgien, en se servant d’un morceau de silex, est parvenu à faire luimême, par perforations successives, des ouver-