‹ L'opération du trépanChapitre 19 sur 114 · MANUEL OPÉRATOIRE DES TI1ÉBIDS · texte numérisé non relu

MANUEL OPÉRATOIRE DES TI1ÉBIDS

chevelu, puis avec la tarière par une série de trous, on limite une pièce osseuse de forme carrée. Si entre les trous il existe des ponLs osseux assez considérables, ils sont coupés avec la scie.

Le pansement s'effectue au moyen de sucre, de beurre, de miel et de safran; on recouvre le tout de résine, et par-dessus on place un chiflon enduit de cire et un cataplasme d’herbes.

Au bout de vingt ou vingt-cinq jours environ, pendant lesquels le pansement a été renouvelé chaque jour, l’os se détache sous la simple traction d’un crochet ( cl Krctaf).

Le séquestre enlevé, si la surface du cerveau est animée de battements, les thébibs estiment que tout va bien. Si au contraire les battements ne sont pas appréciables, si la plaie exhale une mauvaise odeur et si le cerveau est noirâtre, la situation est considérée comme grave. C’est alors qu’ils ont recours à un topique spécial, qui est l’huile d’œuf, que l’on obtient par la calcination de jaunes d’œufs dans un vase de terre placé sur le feu. Les topiques employés ultérieurement sont le beurre purifié, puis le miel pur et le sucre, plus tard le lait de femme purifiée, c’està-dire ayant dit ses prières (A. VédrènesJ.

Les thébibs trépanent dans tous les cas de fractures du crâne; ils ne se préoccupent guère de l’hémorragie pouvant se produire pendant l’opération et ont recours, pour l’arrêter, à la cautérisation au fer rouge.

Lors de fissures du crâne avec accidents graves, la trépanation céphalique est exploratrice et curatrice.

Le cuir chevelu est incisé en II, puis on fait quatre trous dans l’os avec la tarière. Si, arrivé au diploé, le sang sort par l’ouverture, le tliébib s’arrête et fait le pansement indiqué plus haut. Si la douleur persiste, il excise les lambeaux de peau, et fai L des traits de scie entre les trous jusqu’à ce que la portion osseuse ainsi circonscrite soit enlevée.

Outre l'ouverture primitive du crâne, ils font aussi fréquemment l’ouverture secondaire tardive : c’est surtout quand des troubles cérébraux persistent après le traumatisme et quand ils pensent que du pus est collecté entre le crâne et le cerveau. Si un corps étranger est enclavé dans les os, il est enlevé par le procédé de la trépanation carrée, avec la portion d’os qui l’étreint.

Notons que jamais ils ne portent l’instrument tranchant sur la subslance cérébrale elle-même ; s’ils la trouvent malade, ils appliquent sur elle leur fameuse huile d’œufs.

Quand les lésions du crâne sont multiples sur le même individu, les trépanations sont multiples. « Aussi n’est-il pas rare de voir des têtes d’indigènes maculées de cicatrices blanches, minces, glabres, plus ou moins larges, de forme irrégulière, arrondie, ovalaire ou quadrilatère, à bords découpés, les unes déprimées, les autres superficielles, lisses et uniformes, ou offrant des inégalités toutes plus ou moins adhérentes'. » Ces cicatrices sont généralement sensibles au froid et doivent être tenues couvertes.

d. A. Védrènes, loc. cil., p. 838.

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