‹ L'opération du trépanChapitre 20 sur 114 · MANUEL OPÉRATOIRE DES TIIÉBIBS · texte numérisé non relu

MANUEL OPÉRATOIRE DES TIIÉBIBS

La trépanation carrée ou angulaire, seule possible avec la scie, est pour ainsi dire spéciale aux indigènes de l’Aurès ; toutelois de Mortillet en a relaté un cas 1 observé sur un crâne trouvé par un instituteur, M. Souché, dans un tumulus du département des Deux-Sèvres (fig. 301.

Un autre crâne, ainsi trépané, a été, au rap-

Fig. 43. — Perforations péruviennes : 1° perforations

chirurgicales multiples (Montogazza) ; 2“ perforation posthume (Mason).

port de M. Squier, découvert dans un antique tombeau de la vallée de Lucaz, près de Cuzco, au Pérou 3.

D’autres crânes (fig. 43) démontrent que la trépanation crânienne était en usage chez les Incas 3.

L'un présente à la partie latérale droite du

1. Bulletin delà Société d' Anthropologie, Paris, 1882, p. 142.

2. Voir la communicalion de P. Uroca à l’Académie de médecine, séance du 6 juillet 1867 ( Ga z. hebdom., 1867, p. 443), et Squier, Incidents of tlie travel and exploration in the land of lhe Incas (New- Yorlc, Hasper's, 1877, p. 466, et appendice A, p. «77-380).

3. Mantegazza, .La trepanazione dei crani nell antico Peru (Est. deir Archivio per l’ Anlropologia e l'Etnologia, br. in-8°, 13 p. et fig., 1886).

frontal et du pariétal un trou de trépan, et les caractères du tissu osseux circonvoisin permettent d’affirmer que l’opération a été elfectuée sur le vivant; il n’y a aucune trace de fracture sur le crâne voisin, l’étude attentive de l’ouverture osseuse, qui est hexagonale, à bords étroits et réguliers, fait présumer qu’elle a été faite, non avec un instrument spécial, mais avec un instrument vulgaire, un ciseau, un burin, par exemple. Une momie péruvienne du musée d’ethnographie de Paris, au Trocadcro, pourrait fournir un bon exemple de ce système; mais nous nous demandons si, dans ce cas particulier, il ne s’est pas agi plutôt d’une rondelle posthume taillée pour enlever le cerveau.

11 en est de même d’une tète de négrito sculptée par les Dayaks de Bornéo avec une patience rare et un véritable goût artistique (fig. 29). Ainsi •lue nous l’avons dit, elle porte à l’occiput un grand trou qui paraît avoir été fait avec une scie et qui est comparable aux perforations posthumes de notre âge de pierre.

Aperçu historique de la trépanation.

Antiquité (trois auteurs). — C’est Hippocrate (400 av. J.-C.) qui, le premier, a donné des indications sur le trépan; avant lui, rien de précis n’existe sur cette opération. On suppose bien, il est vrai, que les Égyptiens pratiquaient certaines opérations 1 ; mais rien n’in-

Page 1