‹ L'opération du trépanChapitre 23 sur 114 · TRÉPANATION DANS L’ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

TRÉPANATION DANS L’ANTIQUITÉ

Outre cotte façon de faire, Hippocrate se servait aussi du cautère, qu’il appliquait sur la suture coron ale (fig. 44) : de la main gauche il protégeait les parties voisines au moyen d un petit cylindre présentant une poignée appelée canule froide , ainsi que l’indique J. Scultet 1 ; de la main droite il enfonçait le cautère dans ce cylin-

Kio.44. — Manière d' opérer d’IIippocrato (d'après Scultet).

dre et « le tournait jusqu’à ce qu’il ail imprimé quelque vestige au crâne ».

Comme nous l’avons dit, Celse a décrit les deux trépans dont se servait Hippocrate ; l’un, le perforât if, construit comme la tarière des charpentiers, muni d’une poignée avec laquelle on lui imprimait des mouvements de rotation (fig. 45); l’autre ( modiolus ), ycivuoç, à couronne tranchante , dentelée, de même forme que celle qui s’est conservée jusqu’à nos jours. Le perfo-

1. Jean Scultet, L’Arsenal de Chirurgie , Lyon, MDCLXXV, p. HO.

so

rat/f, terebra, 6 lait préféré au modiolus, presque entièrement laissé de cùté par les chirurgiens contemporains de Celse1.

Cet auteur dit ensuite que le trépan à couronne dont il se servait avait une pointe centrale; c’est, en somme, le trépan à pyramide , dont on attribue à tort la réinvention à Guy de Chauliac.

Celse parle aussi du ciseau et du maillet , dont il recommande l’emploi dans certains cas. 11 conseille d’utiliser le méningophylax ou gardien des méninges :

« Cet instrument est une lame de cuivre, ferme, un peu recourbée et polie par sa partie extérieure ; on l'introduit entre la portion d’os qu’on veut enlever et la dure-mère qu’elle garantit de la pointe du ciseau, sur le manche duquel le chirurgien frappe plus hardiment et plus sûrement avec le maillet 2. »

L’usage de cet appareil protecteur s’est conservé jusqu’au xvnc siècle. Enfin, Celse a bien indiqué la façon de déterminer le bregma (fig. 46), ainsi que nous le verrons plus loin.

Claude Galien (n° siècle, 131 ans av. J.-C.) a signalé le trépan immersible , dit abapliston 3, tout en insistant peu sur son utilité : « Divers chirurgiens, écrit-il, ont bien imaginé des trépans

1. Oise, Traité de la médecine, en 8 livres, trad. Fouquier et Ratier, Paris, 1824, livre V 1 i 1 , section 3, pp. 486 et suiv.

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