Léon Gallez, loc. cit., p
4. Cours d'opérations de chirurgie , démontrées au Jardin royal. Paris, 1707.
et les contusions crâniennes, et montra qu'il était partisan de la trépanation préventive. Notons encore qu’il déconseilla vivement l’emploi du trépan exfolialif, le considérant comme dangereux, et lit usage du trépan à couronne.
Le pansement qu’il a préconisé, une fois la trépanation l’aiLe, est assez compliqué. En résumé, il se composait de linge et de charpie qu’il trempait dans un mélange de miel rosat et de baume blanc; il le recouvrait avec un plumasseau imbibé d’esprit de vin, et appliquait ensuite un emplâtre de bétoine sur lequel il mettait une compresse ou une serviette, un bandage couvre-chef et un bonnet de laine. Les bourdonnels faits de charpie et de linge s’appelaient « situions ».
P. Dionis a fait une remarque intéressante à propos de la gravité de l'opération; ne connaissant pas encore les dangers des instruments malpropres et des mains sales sur les résultats opératoires, il a tout attribué au milieu ambiant. « Le trépan, dit-il, est plus heureux dans certains pays que dans d’autres; à Avignon et à Rome, ils guérissent tous; à Paris, le trépan est heureux et encore plus à Versailles, où il n’en meurt presque point; mais ils périssent tous à l' Hôtel-Dieu de Paris , à cause de l’infection de l’air qui agit sur la dure-mère et qui y apporte la pourriture *. »
Auguste Delloste (1654-1730) imagina un appareil (fig. 120) pour le pansement des plaies du
1. Dionis, Cours d'opérations de chirurgie démontrées au Jardin royal , Paris, MDCCV11, sixième démonstration, p. 420.
trépan. C’était une plaque ou lame de plomb percée de trous, taillée fie la grandeur de la rondelle osseuse enlevée et ayant sur ses côtés deux petits prolongements pouvant s’infléchir et s’appuyer
sur les bords de l’ouverture osseuse1 2 (fig. 121).
Fig. 120. — Plaque de Eelloste à neuf trous pour servir aux grandes couronnes do trépan.
«a, longueur de tige correspondant à l'épaisseur do l'os.
Gnillau me Manquest de la Motte (1655 à 1737 ou 1740) fut un partisan très convaincu de la trépanation5 et on peut dire un précurseur.
Outre le trépan préventif qu’il pratiquait dans les fractures du crâne, il a conseillé d'avoir recours aussi à celte opération dans les cas d'apoplexievraie 3, ce qui a été fait plus tard, ainsi que nous le verrons, et dans les cas A' épilepsie traumatique; il rapporte, à propos de ce dernier point, une trépanation suivie lcs colonnes pioyéos.
, 1 au, longueur corresponde SUCCèS. dont ù l'épaisseur do l'os.
René-Croissant Garenqeot (1688-1759) a préconisé, lui aussi, le trépan préventif dans les fractures du crâne et môme dans les fractures par contre-coup. Il a appliqué le trépan sur les
1. Le Chirurgien d’hôpital, 3e édit., Paris, 1734, t. I, pp. 86 et suiv.
2. Traité complet de chirurgie, 3e édition (édit. Sabatier), Paris, 1771, t. l,pp. 543 et suiv.