‹ L'opération du trépanChapitre 35 sur 114 · Loco citato, pp. 544-605, en note · texte numérisé non relu

Loco citato, pp. 544-605, en note

sutures et aussi sur le sinus longitudinal après avoir précédemment déconseillé ce modus faciendi'.

Garengeot a décrit les différents instruments nécessaires à la trépanation1 2 : le trépan perforatif, l’exfoliatif, le trépan à couronne, le tirefond, le méningophylax, le couteau lenticulaire. Enfin il a consacré un chapitre spécial à l’arbre du trépan et aux brosses propres à nettoyer les couronnes de trépan.

Jean-Louis Petit (1674-1750), directeur de l’Académie royale de chirurgie de Paris, a bien donné les indications et les conlre-indicalions du trépan3. D’après lui, la fracture du crâne indique par elle-même le trépan et il en est de même des épanchements sanguins; toutefois il conseille de s’abstenir de trépaner dans les cas où le coma résulterait d’une simple commotion cérébrale.

J.-L. Petit a imaginé l’élévatoire à chevalet représenté figure 122; cet instrument est conservé dans une des vitrines du musée Orfila, et c’est là que nous avons pu l’examiner et le dessiner.

Le chevalet est garni de peau à ses deux extrémités, et peut ainsi s’appliquer sur la voûte du

1. Traité des opérations de chirurgie , Paris, 1731, t. III, p. 122 et suiv.

2. Garengeot, Traité des instruments de chirurgie les g>lus utiles, Paris, 1727, t. II, pp. 91-159, et La Haye, 1725, t. II, pp. 79-133.

3. OEuvres complètes. Traité des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent , publié d'après l’édition de 1790 (œuvre posthume), Paris, 1844, pp. 346 et suiv.

crâne. Au point D est une charnière femelle, dont les charnons sont pris sur pièce au milieu du

chevalet, et reçoivent le charnon nulle; ce dernier est surmonté d’une queue taraudée ; les trous 1, 2, 3, 4 sont taraudés pour recevoir à vis la queue du charnon mâle, ce qui fait le point fixe du levier; par ces quatre trous, on augmente

la force à volonté; tout cela forme un levier du premier genre.

Louis a ajouté un perfectionnement a 1 élévatoire de J.-L. Polit; celle correction consiste (fig. 123) dans la suppression de la charnière du chevalet, pour y substituer un genou qui se prête très bien aux mouvements en tous sens de la bascule, au lieu d'une charnière qui ne peut laisser mouvoir la bascule que dans un seul sens.

Celte sorte d’articulation est l'imitation de l’articulation coxo-fémorale, la tète fémorale représentée par la boule B. et la cavité colyioïdienne par la cavité fixe C. Remarquons qu’on a fait depuis un fréquent usage de ce mode d’articulation dans la confection des instruments chirurgicaux.

A la partie supérieure de la boule R existe un appendice terminé par un bouton qui se trouve vissé sur sa platine. La tète de ce bouton ou tenon ne peut s’engager dans la coulisse siluée à côté du grand orifice, parce qu’on ferme cette coulisse en faisant glisser sur elle une pelite plaque métallique mise en mouvement par le bouton. Une fois qu’elle est placée dans le grand orilicc, dont les bords sont fraisés pour empêcher la tète du tenon de sortir, le levier est solidement articulé.

Tout comme pour l'élévaloirede J.-L. Petit, le point fixe du levier de Louis se change sur les points L, 1, 1.

U. -F. Le.dran (1742), Louis , fl. -IL Sabatier et Lassas onl fait de nombreuses trépanations.

Lassus s’est efforcé de démontrer qu’il ne fallait pas craindre d’ouvrir le sinus longitudinal supérieur1 2.

François-Salvator Morand , dans un cas d’olorrhée, trépana le temporal carié, ouvrit la duremère, rencontra le foyer purulent et guérit son opéré.

Quesnay , membre de l’Académie royale de chirurgie, a conseillé de multiplier les trépanations3; il a préconisé la nécessité du trépan dans les cas douteux 3 ; il est môme allé pl us loin, car il a dit qu’on pouvait au besoin inciser le cerveau4 5 6 si l’on pensait à l’existence d’un abcès profond de l’organe déterminant des phénomènes graves.

Dcsaidt et Chopart ( 1779) ont été tout d’abord partisans enthousiastes s de la trépanation et en ont ensuite rejeté l’usage0.

Il est vrai que ces chirurgiens opéraient à

1. Mémoire sur les plaies du sinus longitudinal supérieur de la dure-mère ( Mém . de l’Académie royale de chirur., Paris, édit, de 1853, t. 111, p. 197).

2. Précis d'observations sur la multiplication de l'opération du trépan (Mém. de l'Acad. royale de chir., Paris, 1853, t. I, p. 9).

3. Précis de diverses observations sur le trépan dans les cas douteux- ( Mémoires de l’Académie royale de chirurgie, Paris, 1855, t. I, p. 5).

4. Des plaies du cerveau (Mémoires de l’Académie royale de chirurgie, Paris, édit, de 1743, t. I, p. 310).

5. ciiopart et Desaul t, Traité des mal. chir. et des opérations qui leur conviennent , Paris, 1779, t. I. — Des Maladies de la télé, pp. G7 et suiv.

6. X. Bichat, Œuvres chirurg. de P. -J. Desault, 3e édit., Paris, 1813, t. II, pp. 39 et suiv.

l’Hôtél-Dicu, où les résultats après toute intervention étaient déplorables, ainsi que l’avait bien fait ressortir Dionis dès le commencement du siècle en 1708 (voir p. 83).

Bichat lit subir au trépan des modifications simplifiant son maniement (fig. 124).

Frappé de l’inconvénient qu’il y avait de suspendre l’opération, à un moment donné, pour enlever la pyramide, il imagina de fixer directement la pyramide à l’arbre, c’est-à-

Fig. 124 — Trépan de X. Bichat,

dire d’en faire la continuation de la tige

La culasse de la couronne fut percée à son centre et surmontée d’un petit prolongementcylindrique muni d’une visde pression(fig. 125) ; cette disposition permit de faire jouer la couronne sur la tige-pyramide, et de la maintenir à des hauteurs variables. La tige fut faite quadrilatère; l’un de ses cotés fut creusé de petits orifices dans lesquels s engagea la peinte de la vis de pression. Cette disposition, ainsi que nous le verrons, fut. adoptée depuis pour la tréphine.

Au commencement de l’opération, la couronne doit être disposée de telle façon que ses

Fig. 125. — Cursourannulaire.

AB servant à limiter l'action du trépan. Vis do pression G permettant d’nbaissor ou de relever le curseur.

1. P.-J. Desault, Œuvres chirurg. ou Exposé cle la doctrine t de la pratique, par X. Bichat, 3» édit., Paris, 1830.

dents soient dépassées par la pointe de la pyramide; dès que la voieesL bien tracée, il suffit de faire descendre la couronne pour que la pyramide soit cachée à l’intérieur de la couronne.

En Allemagne, l’enthousiasme pour la trépanation fut moindre qu’en France; pourtant Lorenz Heister (1683-1758), Shmücker (1715-1785), Treden (1712-1791), y curent recours.

Auguste Gotllieb Richter , professeur à Gottingen, n’était pas partisan de la trépanation préventive dans les cas de fractures simples du crâne. Il ne trépanait que lorsque des accidents se produisaient et aussi quand il y avait enfoncement du crâne.

Il préférait l’ancien trépied à l’élévatoire de J.-L. Petit, modifié par Louis; seulement il supprima la vis de cet instrument et y ajouta un crochet fixé à une chaîne, au moyen duquel il remettait en place le fragment enfoncé1.

En Angleterre, après Richard Wisemann, qui, à la fin du xvnc siècle, fut un des chauds partisans du trépan, on peut citer :

Guillaume Cheseldcn (1688-1752), chirurgien de l’hôpital Saint-Thomas, à Londres, qui eut recours à la tréphine pour trépaner.

1. Itichter’s Anfanysyrilnde der Wundarzneikunst, Gottingen, 1789, Bd II, et Léon Gallez, loc. cit., p. 97.

S/iarp (1751), qui remplaça la forme conique de la couronne de la tréphine par la forme cylindrique1. Il tournait l’instrument à la main, se servant d’un levier en guise de poignée; d’ailleurs il ne craignait pas d’ouvrir la duremère. 11 en fut de même de Warner2.

Percival Polt (1712-1788), chirurgien en chef de Saint-Bartholomew Hospital, fut un ardent défenseur du trépan préventif : il opérait sur les sutures, sur les sinus même, et se servait d’une tréphine munie d’une couronne assez large3 4.

Pierre Copland , Benjamin Goocli et d'Abernethy ont été plus réservés; ils craignaient, surtout ce dernier, le fongus de la dure-mère1.

Samuel Croker King (1793) imagina un trépan des plus compliqués, qui fut peu employé5.

1. Traité des opérations de chirurgie , édit, angl., Londres, 1751, pp. 136 et suiv.

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