‹ L'opération du trépanChapitre 37 sur 114 · Scultet, loc. cit., table VI, fig. 2, p · texte numérisé non relu

Scultet, loc. cit., table VI, fig. 2, p

bourrait les trous produits par le trépan1.

IJey fit faire des scies spéciales2 (fig.

126), qui portent son

d’ailleurs pas nou-

absolue. Puis, à la fin du siècle, une nouvelle ère du trépan fut ouverte; ce récenl revirement dans les idées des chirurgiens tient à deux grandes causes: l’antisepsie ou l’asepsie chirurgicales et la découverte des localisations cérébrales.

En France, et dès le commencement du siècle, on trouve, dans deux thèses importantes, une tendance au rejet du trépan ; ce sonL : la thèse de V. Lacoste' (1802) et la dissertation de Colombol - (1804).

Richerancl (1815) considéra le trépan comme un moyen thérapeutique exceptionnel : on ne devait y avoir recours que dans les cas de fêlure du crâne, lorsqu’il y avait des phénomènes indiquant la compression du cerveau ; de cette façon, on pouvait donner issue au sang épanché; ou bien encore il était, indiqué quand il existait des esquilles enfoncées, comprimant aussi la masse cérébrale1 2 3.

1. Dissertât, chirurg. sur certains accidents qui accompagnent les plaies de la tête, considérés plus particulièrement sous le rapport de /’ application du trépan, présentée à l’Ecole de médecine de Paris le 13 lloréal an X, in Précis historique et Considérations sur l’url de guérir, spécialement sur la chirurgie, par Maugras, Paris, an XI (1803).

2. L’opération du trépan est-elle toujours indiquée dans les cas de fracture du crâne, de compression du cerveau et de commotion de cet organe ? Dissertation présentée le 10 ventôse an XII à l'Ecole de médecine de Paris. Paris, an XII (1804), n° 179.

3. Richerand, Nosographie chirurgicale, 4° édit., t. II, Paris 1813, pp. 238 et 290.

Percy el Laurent (1821) manifestèrent peu d’enthousiasme pour le trépan*.

Il en fut de même de Pâtissier.

Mural1 2 (1828) n’a reconnu qu’une seule indication à la trépanation : la compression cérébrale par un épanchement ou un fragment osseux. Il s’est servi de cure-dents pour enlever la sciure osseuse el comme pansement, a eu encore recours aux sindons!

Boyer 3 4 (1828) proscrivit le trépan préventif, sauf dans la contusion du crâne par coup de feu, et dans les fractures avec enfoncement ou épanchement sanguin comprimant le cerveau.

En cas d’abcès, il dit qu’il fallait se hâter de trépaner. 11 a été moins affirmatif dans les céphalalgies succédant à un traumatisme et dans les cas d’épilepsie traumatique ou idiopathique.

,1.-1). Larrey (1829) n’a reconnu la nécessité du trépan que dans les cas de fractures avec enfoncement de fragments osseux, mais sans s’éloigner de la voûte du crâne*.

1. Percy et Laurent, Trépanation, in Dictionn. des Sciences médicales, en 60 vol., par une Société de médecins et de chirurgiens, t. LV, 1621, p. 631.

2. Murat, Trépan et Trépanation, in Dictionn. de méd. en 30 volumes, Paris, 1828, t. XX, p. 488.

3. Traité des maladies chirurgicales el des opérations qui leur conviennent, 2° éd . , t. V, p. 152, Paris ISIS. — Edit, publiée par le Dr Cornet. Bruxelles, 1828, t. III, pp. 16 et suiv.

4. Clin, chirurg., Paris, novembre 1829, 1. 1, pp. 210 et suiv.

Dupuytren (1837) était plutôt contre le trépan : il ne l’a admis que dans les cas de compression du cerveau par un épanchement superficiel ou profond, ou encore par des corps étrangers1 2.

Male/ cligne 1 fit la statistique de toutes les trépanations faites à Paris de 1833 à 1841, il en trouva quinze cas, tous terminés par la mort; aussi fut-il absolument opposé à l’emploi du trépan .

Gaina (1835) fut aussi opposé au trépan; il ne fit une exception que pour les corps étrangers enclavés dans les os ou les ayant dépassés, mais restés à la portée des instruments; et encore formule-t-il des réserves 3.

Enfin Marjolin (1844) fit une étude complète des plaies de tète, et donna de bonnes indications du trépan.

Mais une réaction en faveur du trépan prit naissance avec Velpeau 4 et avec Dcnonvilliers 5,

1. Leçons orales cle clin, chirurg ., recueillies et publiées par Gaillard et Marx, Paris, 1839, 2° édit., t. VI, pp. 146 et suiv.

2. Traité d'anatomie chirurgicale, Paris, 1839, 2e édit., t. I, p. 376. — De la théorie du traitement des plaies de la télé [Gaz. méd. de Paris, 1836, p. 49).

3. Traité des plaies de la tête et de l'encéphalite, Paris, 1833, 2° édit., pp. 64 et suiv.

4. De l'opération du trépan dans les plaies de la télé (Th. de Paris, 1834).

5. Déterminer les cas gui indiquent l’application du trépan sur les os du crâne ( Thèse de Paris, 1839).

qui démontrèrent que les insuccès du trépan tenaient à ce qu’il n’était guère appliqué qu’à la dernière extrémité1 2.

A. N étalon (1847) eut rarement recours à la trépanation et ne la trouvait légitime que dans fort peu de cas, par exemple : dans la compression cérébrale par des fragments osseux, et dans les épanchements sanguins. En fait, il considérait la trépanation comme une intervention exceptionnelle et très grave’.

Léon Le Fort , en 18G7, fit remarquer qu’en dix ans, la trépanation n'avait été • pratiquée dans toute la France que quatre fois, tant était grande la défaveur dans laquelle était tombée cette opération.

Des discussions s’élevèrent alors à la Société de chirurgie de Paris à propos d’un fait de P. Broca : il s’agissait d'une trépanation pratiquée chez un enfant et suivie de guérison.

P. Broca était partisan de la trépanation dans le cas d’enfoncement considérable avec plaie, avant l’explosion des accidents; tandis que dans les enfoncements sans plaie, il voulait que l’on attendît la venue des complications. M. Perrin combattit cette dernière proposition, adopta la trépanation préventive, et recommanda de ne

1. Compendium de chirurgie, Paris, ISol. Ou y trouve un excellent, résumé de la question et l’indication alors rationnelle du trépan.

2. Eléments de pathologie chirurgicale, Paris, 1847, 1. 11, p. oü3 et suiv.

s’abstenir que si, après un violent traumatisme, il y avait fracture, déchirure de la dure-mère, et contusion du cerveau. Giraldès, A. Verne ail, Déguisé, R. Marjolin, U. Trélat se montrèrent très abstentionnistes; ils déclarèrent n’être disposés à intervenir que dans les fractures avec enfoncement des os, ou dans celles compliquées de la présence de corps étrangers. Legouest fut, de tous, le plus porté à trépaner, tout en faisant des restrictions ; il en fut de même de Léon Le Fort.

Enfin, H. Larrey publia un long mémoire sur ce sujet, mais avec des conclusions d’une prudence excessive1.

En Allemagne, Vincent von Kern , de Gratz (1829), fut peu partisan du trépan2.

11 en fut de même de Caspari, de Leipzig (1823), tout en ayant cependant sur cette opération des idées un peu plus larges 3.

Deux thèses de Dalle, celle de Schwartz (1833) et celle de Ecl. Walther (1836), donnent des conclusions s’appuyant sur des statistiques favorables à cette opération.

Chelius , d’Heidelberg (1836), adopta le trépan préventif pour certains cas 4 et le trépan secon-

1. Étude sur la Trépanation, etc. {Mém. de la Soc. de chirurgie, t. VII, p. 49, Paris, 1869).

2. Abhnndlung über die Verletsungen am Kopfe und die Durchbohrung der Uirnschalen, Wien, 1829.

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