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Loc. cil., pp

TOPOGRAPHIE CRANIO-ENCÉPHALIQUE

Détermination sur le vivant des principaux points de l’écorce.

1° Points de repère sur le vivant. — Les sutures ne peuvent être utilisées comme points de repère; il n’y a que le lambda qui puisse compter.

La sensibilité spéciale que possèdent ces sutures sous l’influence de la pression du doigt, moyen proposé par Fraenkei pour les découvrir, est inexacte et d’ailleurs inutile.

a. Glabelle. — C’est la saillie située au-dessus de la racine du nez; point nasal de P. Poirier.

Il répond au fond de l’angle naso-frontal, ou de la suture naso-fronlale.

b. Protubérance occipitale externe ou inion. — Il y a une différence de niveau entre la protubérance occipitale externe et l’interne; car l’externe est placée tantôt au-dessus, tantôt au-dessous de l'interne. Toutefois ccLte différence n’a jamais dépassé 15 millimètres.

La protubérance occipitale externe est souvent mal accusée et pour la trouver, on peut, en partant du bord postérieur de l’apophyse mastoïde, suivre la ligne courbe occipitale supérieure; mais le meilleur moyen est d’incliner la tête en avant pour tendre le ligament cervical qui s’insère sur çette ligne.

c. Conduits auditifs. — Ces conduits ont à peu près constamment la même situation par rapport anx autres points du crâne et leurs con-

nexions dans les parties profondes sont aussi toujours identiques.

d. Apophyse orbitaire externe. — Cetlc apophyse est facile à trouver au travers des téguments; mais il faut bien déterminer si l’on part de son bord antérieur ou de son bord postérieur, car il y a une différence de 6 millimètres entre les deux. Le bord postérieur de cette apophyse se continue avec la partie antérieure de la ligne temporale (crête temporale du frontal).

e. Bosse pariétale. — Cette bosse aurait son importance pour Turner et pour Byrom Bramwell, ce qui nous semble contestable. Dans tous les cas, elle est difficile à trouver, on peut donc facilement s’en passer.

f. Lambda. — Ce point de réunion de l’occipital avec les pariétaux est accusé par une saillie ou une dépression due au relief de l'angle supérieur de l’occipital. La distance qui le sépare de l’inion est de 6 à 7 centimètres, mais il vaut mieux dire 7.

g. Apophyse zygomatique. — Cette apophyse réalise le fameux plan horizontal ; en tout cas, elle est sensiblement horizontale dans l’attitude verticale et facile à trouver, ce qui constitue deux avantages incontestables pour les chirurgiens.

2° Détermination de la ligne rolandique. — Les auteurs qui ont le mieux étudié celle question sont : P. Broca, J. Luças-Ghampionnière, Silveslrini, Giacomini, von Bergmann elMerkel, Kôhlcr, Tharie, Féré, Reid, Ilare, Dana, Y. Ilorsley, Anderson et Makins, Müller, P. Poirier,

Dcbrierre et René-Léon Le Fort, d’Antona et 0. Lannclongue.

Mais avant ces auteurs, les anciens s’étaient d'abord préoccupés de l’idée de déterminer le bre(/ma, comme l’ont fait ensuite P. Broca et J. Lucas-Championnièrc.

Pour trouver le bregma, Albucasis conseillait d’appliquer le carpe sur la racine du nez du patient, entre ses deux yeux, puis d’étendre la main et les doigts : l’extrémité du doigt du milieu répondait ainsi au bregma.

Avicenne prenait un fil et l’étendait d’une oreilloià l’autre, en le faisant passer par-dessus le nez; puis, l’ayant doublé, il mettait un des bouts sur un des méats en tirant droit vers l’autre méat, par-dessus la tête, et opérait au niveau de l’autre extrémité.

Celse menait deux lignes qu’il marquait avec de l’encre, la première depuis le milieu d’une oreille jusqu’au milieu de l’autre, et la seconde depuis le nez jusqu’au sommet de la tète : il plaçait le bregma au point où les deux lignes se rencontrent (fig. 46).

A. Méthodes françaises. — 1° P. Broca 1 (1871). — Cet auteur a parfaitement établi les règles destinées à trouver la troisième circonvolution frontale gauche, siège du centre du langage articulé.

Par la base de l’apophyse orbitaire externe, il faisait passer, à travers la fosse temporale,

I. P. Broca, Revue d'anthropologie de Paris, 1876, t. V, p. 242.

une ligne horizontale sur laquelle il prenait une longueur de h centimètres ; il oblenait ainsi un second point correspondant à peu près à la pointe du lobe temporal; par ce second point, il

élevait une perpendiculaire sur la ligne précédente, et sur cette perpendiculaire, il mesurait 2 centimètres; il aboutissait ainsi à un troisième • point qui correspondait à peu près au centre de la région du langage. Il se trouvait alors un peu en avant de la

lando.

Pour déterminer Y extrémité supérieure de la scissure de Rolando, P. Broca se servait d’une équerre flexible1. Cette équerre (fig. 129), formée de deux lames d’acier souples, présentait à son sommet et un peu en arrière une petite saillie de bois ou tourillon, perpendiculaire et bien mousse destinée à être introduite dans le conduit auditif externe gauche.

La branche horizontale de l’équerre était pliée

ligne de Ro-

1. Bull, de la Soc. d'anthropol. de Paris, 1873, 2e série, t. VIII, p. 147.

bregma.

sait

sous la cloison du nez ; la branche verticale, repliée sur le sommet du crâne et allantrejoindre l’autre conduit auditif, indiquait le plan auriculo-bregmatique ; le point où cette dernière lame croisait la ligne médiane correspondait, d’après P. Broca, au Il suftiaiors de mesurer la distance déjà connue, qui sépare le bregma de la partie supérieure du sillon de Holando.

2° Jusl Lucas -Chain pionnière 1 (1878) cherche à déterminer la situation du bregma par le toucher. Lorsqu'il ne peut le sentir à la palpation, il place à cheval sur la tète du patient un ruban métrique, à peu près perpendiculaire au regard horizontal, passant par les deux oreilles et appliqué sur les

Fig. 130. — Équerre de P. Broca en place.

Fig. 131. — Tète rasèo.

Le regard est horizontal; un carton échoncré est à cheval sur la tête bien on l'ace des deux conduits auditifs.

1. La trépanation guidée par les localisations cérébrales. Paris, 1878.

conduits auditifs ; juste au milieu du ruban, au sommet de la tête, se trouve le point cherché. Il se sert aussi, et dans le môme but, d’une feuille de carton échancrée (fig. 131 ), de manière à pouvoir la mettre à cheval sur la tôle, ou bien encore, il emploie l’équerre flexible de P.Broca déjà

Fia. 132. — Tracé do la ligne rolandiquo R R'.

B, bregma; A, point de repère 6 7 centimètres en arrière do AOE, apophyse orbitaire externe.

décrite et dont nous représentons la mise en place (fig. 130).

Le bregma déterminé, J. Lucas-Championnière compte 33 millimètres en arrière de lui, pour fixer V extrémité supérieure du sillon de Rolando.

Ce procédé a été critiqué plus par les anatomistes que par les chirurgiens; c’est ainsi que

Foré1 cl P. Poirier5 ont élevé contre lui des objections assez valables; d’après ces auteurs, le plan auriculo-bregmatique n’est jamais perpendiculaire à ce plan vague qu’on appelle plan du regard horizontal', il forme toujours avec l’horizontale un angle aigu ouvert en avant; on tombe

Fig. 133. — Figuro quadrilatère représentant environ l'espaco oti peut êtro appliqué le trépan.

B, bregma ; H, sommet de la ligne rolandiquc; R', extrémité inférieure do cette ligne; F3, pied do la troisième frontale; CDR', trois couronnes de trépan sur la ligne rolandiquo.

donc à 1 ou 2 centimètres en arrière du bregma.

La méthode de .1. Lucas-Championnièrc pour rechercher l’extrémité inférieure de la scissure

1. Revue d'anthropoloqie, deuxième série, t. IV, Paris, 1881, p. 468-487.

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