TOME-TUÉFIN
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à son extrémité inférieure. Celle-ci est munie à son centre d’une •pyramide fixe de 3 à 4 millimètres de longueur.
Sur la surface externe du cône sont creusés six sillons verticaux, ayant chacun 5 millimètres de largeur, l'intervalle entre deux de ces sillons est, en haut, de 10 millimètres, en has de 5. Dans ces sillons ou rainures sont placées de petites lames coupantes E, mobiles, flexibles, dont le tranchant est dirigé du côté du fond des sillons, et qui sonL munies de deux à trois petites dents, très fines. Ces lames sont d'acier écroui. Chaque lame est coudée de manière que son extrémité inférieure puisse glisser dans le sillon. Son extrémité supérieure, ou manche de la lame, présente une incisure semi-lunaire, embrassée par une petite bague fixée à la rondelle moyenne.
3° La rondelle moyenne est munie à sa partie supérieure d'un tube cylindrique de 3 centimètres de longueur, taraudé, s’introduisant dans la parLie inférieure du manche B qui forme écrou. Cette rondelle moyenne fixe autour d’elle les lames, d’où le nom de concentrateur que l’auteur lui a donné.
Les lames dépassent un peu par leur extrémité supérieure ces articulations, dont on peut du reste les écarter facilement ainsi que la couronne.
Chaque lame porte le même numéro que le sillon correspondant. Grâce à l’élasticité de l’extrémité supérieure des couteaux et à la forme tronconique de la couronne à laquelle correspondent leurs tranchants, leur extrémité inférieure,
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formant dent, peut dépasser d’une façon durable la face inférieure de la couronne.
Ce sont ces dents qui vont sectionner l’os pendant le mouvement de rotation du manche.
Celte rotation du manche sur le concentrateur s’obtient au moyen d’un système de pas de vis
Fig. 159. — Portion do pariétal dans laquelle uno série d’ouvertures a été pratiquée au moyen du « tomc-tréliu » do A. Tauber;
RR, orifices de trépanation; D, rondolle coniquo vue de profil; DDDD, rondelles remises en placo.
analogue au porte-mine vulgaire des écoliers. La mine est représentée ici par la série des lames qui montent ou descendent suivant qu’on leur imprime un mouvement de rotation dans un sens ou dans l’autre.
La façon de se servir du « tome-trélin » est des plus simples :
T0ME-TRÉF1N
On place la pyramide ou pointe médiane fixée à l’extrémité inférieure du cône tronqué bien perpendiculairement à la surface crânienne. Ensuite, par quelques mouvements de rotation du manche, on fait saillir les dents de quelques millimètres. Lorsqu’elles ont atteint l’os, on fait décrire au manche des demi-tours à droite, puis à gauche, qui enfoncent obliquement les dents ; puis quelques mouvements de rotation complète augmentent la saillie des dents, et. l’on reprend les demi-tours. On fait ainsi, alternativement, des tours et des demi-tours jusqu’à ceque toute l’épaisfeur du crâne soit entièrement sciée.
La rondelle enlevée représente un cône tronqué aux surfaces entièrement unies (fig. 199); sa surface externe a 9 millimètres de diamètre et sa surface interne 7, 6 ou S suivant l’épaisseur du crâne.
Trois lames (ou couteaux) sont d’ordinaire suffisantes pour faire la trépanation.
Les avantages de cet instrument sont de couper vite et bien, de ne pas faire d'échappée, de pouvoir être manœuvré sans efforts, sans exercer de pressions violentes; de plus, les lames peuvent être aiguisées très facilement. Enfin, toutes les pièces de l’instrument se démontent et peuvent, par cela même, être entièrement stérilisées de n’importe quelle façon.
Nous avons essayé plusieurs fois cet instrument sur le cadavre, et nous avons pu juger de sa valeur incontestable.
Un autre de ses avantages, sur lequel A. Tauber a eu raison d’insister, est celui de fournir
d'excellentes rondelles dans les cas de résections temporaires du crâne, lorsqu’un diagnostic douteux oblige l’opérateur à faire une incision en quelque sorte exploratrice du tissu osseux.
En pareil cas, si l’on replace la rondelle sciée dans l’ouverture correspondante, elle remplit exactement l’espace vide, et en raison de la largeur de sa base supérieure, elle ne s’enfonce pas, comme cela arrive habituellement pour les rondelles enlevées au moyen de trépans ordinaires : elle entre à frottement doux.
En somme, avec l’aide de cet instrument, le chirurgien peut pratiquer hardiment une longue série d’ouvertures dans le crâne, et mettre à nu le cerveau dans une certaine étendue. Sur la figure 159, on verra qu’on peutainsi remplir avec les rondelles sciées les ouvertures qui paraissent superflues.
5° Trépan perforalif. — Le trépan perforalif (fig. 160), dont on se servait jadis, n’a plus guère sa raison d’être aujourd’hui. Autrefois, on l’utilisaitavanl d’appliquer le trépana couronne, pour faire d'abord un trou où se plaçait la pyramide ; on a trouvé plus simple de donner à l’extrémité de la pyramide une disposition analogue à celle du perforatif, c’est-à-dire deux biseaux tranchants inclinés de droite à gauche.
G° Trépan exfolialif. — Quant au trépan exfoliatif (fig. 161), aujourd’hui aussi abandonné et
Fig. 160.
Trépan perfora tif.
POLYTIUTEURS
dont se servaient les anciens, il est semblable a celui qu’emploient les tonneliers pour mettre les tonneaux en perce.
Ce trépan exfolialif était constitué par une tige, supportant une plaque en forme de carré long, tranchante sur ses bords latéraux et inférieurs. Lemilieu de son bord inférieur était occupé par une pointe en forme de mèche destinée à assurer la fixité de l'instrument pendant le mouvement de rotation.
7° Polytriteurs. — Dans la trépanation, le maniement des instruments auxquels on est obligé d’imprimer des mouvements de rotation assez rapides est assez pénible; c’est pour cela qu'ont été utilisés le polytritome de Péan (Mathieu), l’appareil à volant d’Aubry, les tours à fraiser des dcntisLcs (en particulier le modèle Bergslrom), etc., etc.
Le polytriteur ou polytritome (fig. 162) est un instrument très ingénieusement combiné, construit par Mathieu. Toutes les couronnes de trépan peuvent s’adapter au manche de cet appareil ; c’est une sorte de vilebrequin dont la mèche est maintenue parle chirurgien, pendant qu’une force motrice met l’instrument en mouvement; un étau solide, dit sergent , sert à le fixer au pied d’un lit ou sur le dos d’une chaise1. Deux roues d’angle à crémaillère sont fixées sur cet étau et mises en mouvement par
l. Gazette des hôpitaux, Paris, 1880, p. 345.
une manivelle que loui'ne un aide; elles peuvent être également mises en mouvement au moyen d’une pédale, mais, dans ce cas, un volant est nécessaire.
Le mouvement se trouve transmis au porteforet ou au porte-trépan par un conducteur métallique flexible en tous sens ; ce porte-foret est
Fig. 162. — Polytritomo de Péan.
C, scie rotative ; M, manivelle ; V, S. écrou (étant dit servent ) fixateur; E, roue dentée à crémaillère ; P, porte-foret ou portoscie ou porte-trépan.
aussi surmonté de deux roues d'angle it crémaillère. Cette série de combinaisons des roues d’angle est destinée à augmenter la vitesse sans diminuerla force de l’instrument, force reconnue nécessaire, vu la résistance produite par le frottemenl des couronnes de trépan et la dureté des os.
Au Congrès de chirurgie français tenu dernièrement à Lyon (1894), E. Deslot a présenté un polytritomo actionné, non plus par un volant à main, mais par une petite dynamo, mue par un puissant accumulateur.
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P0LYTR1TEURS
Le polytriteur ou scie rotative d’Ollier (fig. 163),
construit par Collin, est analogue au précédent,
Fig. 164. — Scie Circulaire mise on mouvement par un tour do dentiste; fragments crAnions découpés avec cet instrument (d'après Saluer).
peut rendre les mômes services et répond aux mômes indications.
[ Teubieh et Pérairb. — Trépan.
Le tour de dentiste , recommandé dernièrement par Knox en Angleterre et par Salzer à la clinique de Billroth, est mû par une roue qui tourne, grâce à une pédale sur laquelle se place le pied de l’opérateur (fig. 164). Un comprend comment le mouvement est ainsi communiqué à la fraise ou à la scie circulaire.
Trouvé a eu l’idée fort originale de cons-
Fig. 165. — Fraiseuse électrique de Trouvé.
truire des fraiseuses qui marchent à l'aide de l'électricité (fig. 165); tout l’appareil électrique est placé à l’extrémité du manche de la fraiseuse.
Dans ces divers appareils qui servent aux dentistes pour pratiquer l’évidement d’une dent, on pourrait remplacer la fraise par une couronne de trépan munie d’une pièce protectrice le rendant abaptiste et d’un manche stérilisàble en verre. Ce serait lû un véritable électro-osléolonic analogue à celui de E. Deslot mentionné plus haut.
POLVTlUTEUfiS
En France, on a eu fort peu recours jusqu’à présent à ces instruments ; mais, en Angleterre et aux Etats-Unis, ils sont plus fréquemment utilisés, ainsi que l’un de nous a pu en juger.
L’un de ces modèles a été imaginé par M. II. Creyer, de Philadelphie, et il a été figuré dans un travail qu’il a publié en commun avecW. W.
Keen et J. K. Mitchell'. Le moteur, comme le montre la ligure 166, ressemble assez à un tour de dentiste; mais ici la roue dentée II, qui meut le grand volant, régulateur du mouvement, est actionnée à l’aide d’une manivelle à main et non par l’intermédiaire d’une pédale. Ce tour peut mettre en mouvement plusieurs sortes d’instruments et en particulier une scie circulaire (fig. 167) ou unostéotome spiral (fig. 168), dont l’usage nous paraît très recommandable.
Tout récemment a paru2 la description d’un
Fig. 16S. — Moteur à main de la scie du Dr Cryer ;
R, roue dentée; D, poulie de réfloxion pour te cible do transmission; B, support du cible; A, vis de réglage.
1. W. \V. Keen, J. K. Mitchell, M. H. Cryer, Hemoval of Gasserian Ganglion as llie last of fourleen operations in Ihirteeri years for tic douloureux, wilh a description of the trephine employed. Communication à la Philad. County med. Loc., 14 février 1894 ( International medical Magazine Advertiser, mai 1894, n° 4, vol. III, p. 289).
2. Crosby M. Wright, A new trephine and bone-cuttcr [International medical Magazine Advertiser, mai 1894 n° 4 vol. III, p. 263).
autre instrument dû à M. Crosby M. Wright, de
Fig. 167. — Scie circulaire du Dr Cryer.
Philadelphie, et assez analogue à l'ostéotome de
Fig. 168. — Ostéotomo spiral du Dr Cryer.
Cryer. Il est mû par une double roue, c’est-à-
dire par l’appareil appelé Bicycle en Amérique, ou bien par l’électricité. On peut y monter une tréphi ne, pou r per cer 1 e c râne , ou une pièce pourvue de trois ou quatre rainures dentelées, représentée sur la figure 169 et faisant fonction de scie.
En Angleterre, on a construit des scies analogues et, sur les indications d’opérateurs, Hawskley, fabricant de Londres, a imaginé des modèles de scie rectiligne (fig. 170) et circulaire
Fig. 169. — Instrument do M. C. M. Wright.