Compendium de chirurg. prat., Paris, 1831, t. II, p. ü
Il est quelquefois
Fig. 181. — É16vatoire.
sauter les rondelles ou les fragments os-
(fig. 181).
absolument intact des anciens trépa-
Fig. 182. — Couteau lenticulaire.
Albucasis avaient recours à cet instrument pour régulariser les bords de la perforation crânienne qu’ils venaient de faire.
Henry de Mondeville, Guy de Chauliac , Ambroise Paré, etc., le possédaient dans leurarsenal chirurgical et sa forme nes'estnullcment modifiée depuis.
Ce couteau se compose dune forte tige d’acier présentant, à son extrémité, un tranchant de 3 centimètres de longueur, terminé par une lentille hémisphérique ou ovoïde et parfaitement lisse sur sa face externe. Celle lentille est engagée entre les os du crâne et la dure-mère, qu’elle protège pendant que le tranchant régularise la perforation.
Fie. 183. — Manière do se servir du couteau lenticulaire pour égaliser les bords de la section de l'os. La tète doit être absolument rasée.
Autres instruments propres à trépaner.
On peut, pour ouvrir le crâne, remplacer le trépan et la tréphine par le ciseau, la gouge
et le maillet.
On peut aussi, lorsqu’on doit
Fig. 181. — Cisoaui Ifite largo do P. Poirier. enlever Une
grande partie
de substance osseuse, cerner la pièce par un trait fait avec une scie. Nous allons donc examiner successivement ces divers instruments, dont il est utile de connaître le maniement.
1° Le ciseau (fig. 184) employé en chirurgie
Fia. 185. — Ciseau et gouge de P. Vogt.
crânienne est exactement semblable à celui dont se servent les ouvriers : c’est une tige d’acier
Fia. 1S6. — Gougo du professeur U. Trélat.
montée sur un manche, aplatie et tranchante à son extrémité libre.
Tels sont les ciseaux de Mac Even, de J. Lucas- Championnière, de P. Poirier, ou encore celui de P. Yogt (fig. 185).
2° La gouge (fig. 185 et 186) est un ciseau dont la lige évidée supporte un tranchant demi-circulaire.Elleeslmoins dangereuse à manier que le ciseau à cause de sa face Fig. 187. — Gougo do Lcgouest. inferieure mousse
et arrondie.
Legouest a fait construire une petite gouge courbe et solide, à manche résistant et pesant tout à la fois (fig. 187), qui se manie assez simplement avec la main. Elle peut servir d’élévateur dans les cas d’enfoncement crânien, elle
Fig. 188. — Maillot de plomb.
sculpte bien l’os; mais elle ne possède pas la rapidité d’action de la gouge ordinaire et du maillet.
3° Le maillet. — Cet instrument, connu de tout le monde, sert à faire pénétrer le ciseau ou la gouge dans le tissu osseux; il doit être en plomb
Fig- 1S9. — Maillet do bois du professeur Farabeuf.
afin de moins rebondir sur le manche (fig. 188).
Le maillet du professeur Farabeuf est en bois (fig. 189).
4° La pince incisive. — Lorsqu il y a indication d’agrandir l’ouverture faite dans le crâne
Fig. 190. — Cisaille ou pince-gouge.
par une fracture avec enfoncement, ou simplement encore par la couronne de trépan, on peut se servir des pinces incisives ou coupantes.
Ces pinces incisives ou cisailles ont des noms différents suivant les auteurs qui les ont imaginées. Leur principe est basé sur la possibilité de faire avec ces instruments une section nette de l’os à évider, en glissant, sans crainte de lésion
grave, entre la voûte du cr;\ne et la dure-mère.
lelle est la cisaille ou pince-gouge de Mathieu (lig. 190), celle de Roux (fig. 191), celle de J. Lucas-Championnière (fig. 192).
Fig. 191. Pinco-gougo Fig. 192. — Pînce-gougo
de Roux. do J. Lucas-Championnière.
lels sont encore la pince tricoise de Velpeau (fig. 193) et l’emporte-pièce à tranchant unique
de Mathieu (fig. 194). La branche mâle de cette dernière cisaille a la forme d’une lame de cou-
Fig. 194. — Emporto-piùce à tranchant unique do Mathieu.
leau convexe ; la branche femelle a son extrémité dédoublée pour renforcer le point d’appui, c’est-à-dire est pourvue d’une sorte de gouttière où s’enfonce la lame de l’autre branche.
Le professeur O. Lannelougue a modifié récemment, clans un Lut un peu particulier et pour une opération spéciale aux enfants : la crànieclomie. la pince-gouge classique. 11 lui a donné
Fig. 195. — Cisaille ou crltniotome en bec de perroquet du professeur O. Lannelongue.
la forme d’un bec de perroquet; les mors sont très courbes et peu larges ; de plus, l’un est plus long que l’autre. Cette nouvelle pince cou-
Fig. 196. — Pince à séquestres droite.
pante (fig. 19o) permet de creuser rapidement, surtout dans le crâne des enfants, de longues et fines tranchées : elle a été aussi employée
Fig. 197. — Pince à séquestres de Van Buren.
pour la trépanation chez l’adulte, avec les meilleurs résultats.
5° Les pinces à séquestres. — Inutile de décrire ces instruments; il suffit de jeter un coup d'œil sur les figures 196, 197 cl 198 pour se rendre
un compte exact de leur disposition et de leur emploi.
6° Les scies dont on peut se servir pour cerner la pièce osseuse du crâne et l’enlever ensuite sont renouvelées des anciens chirurgiens.
Nous avons vu que nos ancêtres de l’âge de
Fig. 198. — Pince à séquestres à doublo courbure.
pierre y avaient eu certainement recours et qu’elles avaient été reprises par Ambroise Paré, par Scultet, puis par Hey, etc.
Ces scies sont les unes simples, les autres com-
Fig. 199. — Scie droite do Robert et Collin.
posées. Les premières sont : droites (lig. 199), ou recourbées; celles-ci, arrondies, convexes à plaque dorsale formant point d’appui (fig. 200) ;
celles-là, en forme de crête de coq (fig. 201); telle est
Fig. 200. — Scie convexe à plaquo aussi la Scie de üey dorsale formant point d'appui de Ko- . nn\
bert ot Collin. (fig. 126).
Sous la dénomination de scies composées, nous citerons la scie tournante, serrula versatilis , de Scultet (fig. 113, page 80); l’ostéotome ou scie à chaîne
de Heine (fig. 202) ; les scies en rondache, à
Fig. 201. — Scie à crête de coq.
molettes, de Charrière (fig. 203) ; à volant, d’Aubry; la scie de A. Martin (fig. 204); la scie à résection de Bonnet, de Lyon (fig. 205) ;
Fig. 203. — Scie à molettes do Char- Fig 202 Scie à chaîne rière. Le trépan à manivelle E peut être
' dô Hoino. monté sur cet instrument.
la scie américaine de Bowill, mue par un mo-
teur à main, celle de Y. Gracie (fig. 200). Quelques mots de description pour certains
de ces appareils :
La scie à molettes de Charrière (fig. 203) et celle de Bonnet de Lyon (fig. 205) n’olfrent qu’un intérêt historique. Dans celle de Charrière, fabriquée en 1831, le trépan à manivelle peut être monté sur une de ses tiges. La partie la plus importante de celle invention consiste dans la disposition de l’engrenage : les molettes reçoi-, vent l’impulsion delà circonférence, ce qui muï-
Fig. 205. — Scio à résection de Bonnet, de Lyon.
tiplie énormément leur force; or, dans les premiers temps, avant Charrière, la molette recevait son impulsion du centre, et n’avait qu'une puissance d’action peu marquée et môme insuffisante.
Fig. 204. — Scie à champignon de A. Martin.
lleine a eu l’ingénieuse idée de faire glisser une scie à chaîne dans une rainure pratiquée sur une longue lame d'acier moulée sur un manche A, et de la meltre en mouvement au moyen d’une roue dentée mue par une manivelle D (fig. 202).
Sur l’un des côtés de l’instrument est placée une tige courbe, d’acier poli, destinée à protéger les parties molles contre l’action de la scie; celte tige est composée de deux parties rentrant l’une dans l’autre et lixées au moyen d’un cliquet C,
afin de pouvoir s’allonger au gré de l’opérateur. Une autre tige très aiguë, L, s’adapte sur un côté de la lame d’acier au moyen de l’engrenage I; elle fournit un point d’appui pour empêcher l’instrument de dévier. Une poignée B permet de diriger l’instrument.
Avec la scie de Heine on peut scier les os en tout sens, de dehors en dedans, faire sauter un pont osseux, réunir plusieurs couronnes de trépan. 'toutefois, d après Ollier ', la scie de Heine est un instrument assez incommode à manier et très lent dans son action.
Pour notre compte, nous adressons à cet
1. Ollier, Traité des résections, Paris, 1891, t. 111, p. 713 note 2.
ostéolome le reproche d’ôtre trop compliqué et difficile à rendre entièrement aseptique.
La scie de A. Martin1 est composée d’un manche ou arbre semblable à celui du trépan (lig. 204). Une longue tige fixée sur cet arbre se joint par une double articulation à une troisième tige qui supporLc des molettes planes E, concaves D, G, de toutes grandeurs, avec lesquelles on sculpte les os.
Cette scie de Martin nous paraît aussi bien compliquée et d’un entretien trop difficile; de plus, elle est si peu commode à manier que le chirurgien le plus habile est exposé à faire des échappées. Aussi cet instrument n’est-il jamais entré dans la pratique courante.
A New-York, on trouve chez G. Tiemann, fabricant d’instruments de chirurgie, la scie circulaire de V. Graefe 18 fréquemment employée pour les ostéotomies.
Cette
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scie,
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Fig. 207. — Brosse plate destinée à onlevor la sciure d'os.
dont on comprend facilement le mécanisme par le simple examen de la ligure 206, doit être mise en mouvement au moyen d’une manivelle mue par un assistant, pendant que l’opérateur tient, avec ses deux mains, pour l’empêcher de se déplacer, l’étui conique contenant la tige qui la supporte.
Nous avons déjà signalé les scies américaines de Cryer et de M. Trosby M. Wright, enfin celle de V. Horsley.
1. G. Ganjot et E. Spillmann, Arsenal de la Chirurgie contemporaine, Paris, t. II, 1872, p. 314.
Dans les boites de trépan on trouve encore assez généralement une brosse plate en ébène ou en ivoire garnie de crins (fig. 207), pour enlever la sciure d’os. Cet instrument, en tous points semblable à celui employé par les coilfeurs pour décrasser leur peigne, n’est d’aucune utilité, puisque cette sciure peut être chassée au moyen de lavages faits entre le crâne et la duremère. Pour le rendre stérilisablc, Mathieu l’a remplacé avec avantage par une brosse en nickel: au lieu de crins, la brosse est munie de fils de cuivre ou de nickel.
Opération.
Deux questions se posent: Où doit-on trépaner? Comment doit-on trépaner?
S’il existe une lésion traumatique, il faut trépaner au point ou siège la lésion. Jadis les chirurgiens évitaient les tempes, les sutures, les sinus ; cependant quelques-uns, Bérenger, de Carpi, entre autres, (1550), ouvrirent le crâne au niveau des sutures et des tempes; il en fut de même de Garengeot (1731), qui trépana sur les sutures et même sur le sinus longitudinal supérieur.
Malgré cela, l’idée d’éviter ces régions persista dans le monde, chirurgical, surtout à cause des hémorragies qui pouvaient en résulter; aujourd’hui cependant cette opinion des anciens chirurgiens est quelque peu abandonnée. On peut même trépaner de parti pris sur les sinus, le sinus latéral entre autres, dans les affections
Terrier et I3éraire. — Trépan.
suppurées de l’oreille moyenne cl de l'oreille interne.
S’il n’y a pas de lésion traumatique, on doit se guider sur la situation des différents centres, ce que fournit l’étude des localisations cérébrales et de la topographie crànio-encéphalique.
C’est ainsi que 1 un de nous, guidé il y a quelques années par le professeur Charcot, a trépané tout près du sinus longitudinal ’ supérieur et a pu très aisément explorer la faux du cerveau et la lace interne des hémisphères pour rechercher une lésion déterminant des accidents épileptiformes sérieux.
A. — Préparation du malade.
La veille ou l’avant-veille de l’intervention, la tète du patient doit être entièrement rasée, après un nettoyage complet fait avec de l’eau, du savon et une brosse de crins assez durs, ou bien encore avec une décoction d’écorces de bois de panama, et un lavage avec la solution de sublimé à 1/1000 et de l’éther sulfurique.
Un pansement antiseptique préventif doit être ensuite appliqué sur la surface opératoire; il consistera en compresses de tarlatane trempées dans une solution d’acide phénique faible ou d’eau boriquée et recouvertes de taffetas gommé, d’ouate et d’une bande en gaze; ce pansement doit être laissé en permanence jusqu’au moment de l’opéralion.
Y. liorslcy1 recommande de donnerai! malade,