OUVERTURE DU CRANE
de produire de la sciure d’os, de s’échauffer facilement, de provoquer des coagulations sanguines et des nécroses consécutives, enfin de déchirer facilement la dure-mère et de blesser le cerveau 1 .
Toutes ces objections, que nous n’essaierons pas de combattre, ne s’appuient que sur des erreurs inadmissibles. Il en est du trépan comme de tous les instruments; il faut savoir le manier, et l’adresse opératoire est en général instinctive, la pratique ne faisant que l’affiner et la perfectionner. 11 faut de plus être prudent, condition indispensable au succès.
Tréphine. — La manœuvre de la tréphine nous parait non plus difficile, mais plus longue; nous avons déjà dit qu’elle avait eu son application surtout dans la médecine navale à bord des navires anglais.
11 faut être aussi prudent avec la tréphine qu’avec le trépan et agir sans brusquer les mouvements, surtout au moment où va s’opérer la section complète de l’os; sans cela on s’exposerait à enfoncer l’instrument muni de la rondelle dans la substance cérébrale.
Gouge et maillet. — Nous avons eu recours à la gouge et au maillet pour la trépanation et nous avons réussi sans difficulté à faire de larges brèches osseuses en très peu de temps, en ménageant bien les parties saines voisines. Nul instrument ne nous paraît laisser plus de liberté
1. Von Volkmann, Associai, des chirurgiens de Berlin, 21 octobre 1889 ( Berliner Klinische Wochenschrift, 1889, n° 90,
à l'opérateur, et ne lui permet mieux de s'assurer à tout instant des effets obtenus.
L’ébranlement cérébral produit par une gouge bien tranchante et de petits coups de maillet bien secs est presque nul; et tout récemment un malade que l'un de nous a opéré de celte façon, sc plaignait, non pas de la céphalalgie qui aurait pu être la conséquence de ce mode opératoire, mais de la petite plaie linguale résultant de la pince à grille que l’on avait placée à travers sa langue pour tirer cet organe au dehors.
En Allemagne on a eu souvent recours à la gouge et au maillet depuis quelque temps. Ce sont les instruments préférés de von Volkmann
Kürster a rejeté cette manière de faire, en se basant sur la commotion cérébrale déterminée expérimentalement chez le lapin par Koch et Filehne au moyen de ce procédé; mais rien n’indiqué que, chez l’homme, pareil accident se soit produit ou puisse se produire. Il pense aussi que ce martelage pourrait déterminer la rupture d’abcès ou de vaisseaux friables 1 2 ; du reste, ce mode de faire a ses indications et ses contre-indications.
Ostéotome de Heine. — Cet instrument, dont nous avons déjà donné la description (p. 00), a été préconisé par B. Scheffcr3; cet auteur a