MANOEUVRE DE LA TRÉPHINE
Certains chirurgiens n’emploient pas le curseur, J. Lucas-Championnière entre autres, mais il faut être dans ce cas bien sûr de soi et avoir une habilelé très grande dans le maniement du trépan pour agir ainsi, au risque de léser les méninges. D’ailleurs cette habileté peut très bien s’acquérir par l’habitude.
Usage du tire-fond. — Dès que l’on est arrivé sur la table interne et que l’on s’est assuré que la rondelle osseuse ne tient presque plus, on cherche à la tirer au dehors au moyen de la vis à manche appelée lire-fond (voir fig. 179 et 180, p. 193), que l’on introduit dans l’orifice creusé par la pyramide.
La rondelle osseuse enlevée, on doit régulariser l’orifice du trépan avec le couteau lenticulaire classique (fig. 182); mais une simple rugine peut fort bien remplir le môme but.
Enfin on devra nettoyer la plaie et la débarrasser de la sciure osseuse.
2° Manoeuvre de la tréphine. — Si on se sert de la tréphine, il faut imprimer à cet instrument des mouvements demi-circulaires de droite à gauche et de gauche à droite; pour le reste, c’est la môme manœuvre que le trépan à arbre. Charrière a modifié la tréphine en y plaçant un déclanchement: on ne fait alors qu’un mouvement de quart de cercle.
Nous ne parlerons pas de la manœuvre du trépan de Poulet, nous avons donné (p. 187) la
description de cet instrument qui est d’ailleurs presque abandonné.
Le tome- tré fin d’A. Tauber, au contraire, décrit page '174 (lig. 158), paraît appelé à rendre d’incontestables services.
3° Manœuvre de la gouge et du maillet. — La gouge doit être tenue à plat parallèlement à la surface crânienne ; on enlève d'abord à petits coups la table externe, puis le diploé.
Dès que la lame vitrée aura été entamée, on tâchera d'y introduire une spatule de façon à séparer les méninges de la surface interne du crâne. Cette spatule devra être maintenue par un aide entre la dure-mère et l'os pendant que le chirurgien fera largement agir la gouge et le maillet sans crainte d'accidents : elle remplira l’usage du méningophylax des anciens.
4° Manœuvres pour agrandir les ouvertures des couronnes. — Après avoir égalisé les bords de l’ouverture avec le couteau lenticulaire classique ou mieux avec la rugine, on fera sauter les ponts situés entre les couronnes soit au moyen des scies diverses dont nous avons déjà parlé (voir pages 183 et suiv.), soit avec les polytriteurs, soit avec la gouge et le maillet, ou bien encore avec les cisailles ou les pincegouges.
La cisaille la plus employée est celle de Liston. Les .pinces-gouges spéciales sont : celles de,
PROCÉDÉ DE JABOULAY
J. Lucas-Championnière, de Roux, de O. Lannelongue, de Mathieu (voir p. 198 et suiv.).
La pince-trépan de Farabeuf est excellente aussi pour cet usage ; son maniement est des plus faciles, ainsi que nous avons pu souvent le constater. Enfin le crâniolome de Poirier peut être aussi employé et Ch. Nélaton l’a utilisé avec succès.
Procédé de Jaboulat/. — Jaboulay 1 applique plusieurs couronnes de trépan parallèles entre elles (fig. 212), de façon à faire une trépanation bilinéaire avec travée intermédiaire ; il coupe ensuite obliquement la travée pour réimplanter sa surface osseuse; en effet, les rondelles enlevées, il reste une bande osseuse TT' (fig. 212) tenant en deux points.
Il suffit de la faire sauter obliquement au moyen de la cisaille de Liston, au niveau d’une de ses attaches, pour pouvoir la récliner et ensuite la réimplanter si l’on veut que l’ agrandissement soit discontinu.
G. — Hémostase.
La section du diploé peut provoquer des hémorragies assez abondantes.
1. Jaboulay, Trente observations de chirurgie intracrânienne ( Archives provinciales de chirurgie , tome II 2° année Paris, 1893, p. 188-196).
Fig. 212. — Trépanation bilinéaire avec travée intermédiaire , do Jaboulay .TT', i’ormo do la travée.
L'OPÉliATION DU TRÉPAN
J. Lucas-Championnière cl F. Terrier s’en rendent facilement maître en plaçant sur la surface osseuse saignante de la cire phéniquée. D’autres chirurgiens se servent de paraffine stérilisée; Y. Horsley emploie un mastic antiseptique composé de :
On doit faire fondre ce mélange dans un tube de verre au moment de s’en servir.
D’après Albert il faut se bâter pour faire la section de l’os, de celte façon l’hémorragie est moindre.
Si l’artère méningée moyenne a été déchirée, si un sinus (le sinus sphéno-pariétal par exemple, ou le sinus longitudinal supérieur) a été ouvert, il ne faut pas perdre de temps, et vouloir arrêter l’hémorragie au moyen d’un stylet chauffé à blanc, ainsi que le conseillait Larrey, ou bien à l'aide du thermo-cautère.
S’agit-il d’une hémorragie artérielle, la méningée moyenne par exemple, il faut lier les deux bouts du vaisseau, comme l’avait fait autrefois Dorsey1 2 avec succès. Le mieux est de passer au-dessous de chaque bout artériel une aiguille courbe de Hagedorn ou l’aiguille de Reverdin munie d’un fil de soie, ainsi que Fontan, de Tou-
1. Lehrbuch (1er Chirurgie und Operalionslehre , 1890, Wien, B J I, ss. 111 et sec|.
2. Dorsey cité par J.-F. Malgaigne, Manuel de médecine opératoire , 2° édit., Paris, 1837, p. 220.
Vaseline
Paraffine
Acide phénique .
mes.